XXVIII INTRODUCTION
tachent, plus au moins au style de l'école de Bologne, c Plus ou )iioius »^ dis-je, — et cette réserve s'impose d'elle-même. Peu à peu seulement, comme il était naturel, les influences mystiques et symboliques exercèrent sur Dante leur action. Elles s'y développèrent surtout par l'action de Cavalcanti. On aperçait très vite le jour où la poésie, l'amitié, l'amour, si réels soient-ils, ne se représentent plus à lui que dans leur sens d'allégorie. Tout le monde se rappelle le célèbre sonnet du vaisseau (Guide vorrei) ; Dante, Guido, des amis, des dames, pour vivre à tout jamais dans le même désir et la même volonté, pour toujours parler d'amour, doivent tous s'embarquer ensemble sur des ondes, qui Jie sont pas, croye:(-le, un banal Fleuve du Tendre^ nuiis la mer illimitée et éternelle de la pensée.
Dans cet état d'esprit, Dante a fait des vers pour sa Dame, et puis cette Dame est morte, et l'âpre réalité de la mort a porté son aiiunir à se transformer de plus en plus en la pensée et la science des vérités éternelles. Poète toujours, il a chanté en vers cette nouvelle évolution de ses amours mystiques. Tous ces vers sont bien l'œuvre d'un poète de l'Ecole du Doux Style, — cela est certain. — Mais il nous faut voir mai)itenant comment il va se distinguer de ses premiers maîtres bolonais, de Cavalcanti et de tous les autres. Je voudrais montrer quelle est la grande originalité de sa première œuvre.
Un jour est venu où il reprit en main tous les poèmes aiiuvireux de sa jeunesse ; il mit à part ceux qui lui paruretit pouvoir rentrer dans des cadres où il voulait les enchâsser.