‹ Vita novaChapitre 25 sur 77 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

Un certain nombre figiinvont plus tard dans son traité philosophique, Je Convivio. // prit les plus juvéniles pour en faire un livre qu'il appellerait : La Jeunesse, Vita Nova.

Réunir et coordonner des poésies n'était pas une nouveauté.

Il est resté du moyen-âge un grand nombre de ces collections

que l'on nomme en Italie Canzonieri. Il n est pas rare qu'un

Canzoniere soit classé suivant une certaine logique formelle,

fondée par exemple sur la similitude des sujets.

Ce n'était pas non plus une nouveauté absolue que de commenter des poëmes, les gloser, comme on disait, expliquer les circonstances de fait et de pensée qui leur avaient donné naissance. Des poëmes, surtout de la langue d'oc, nous sont souvent parvenus dans les manuscrits, accompagnés de récits plus ou moins longs qui les motivent aux yeux du lecteur ; c'est ce que l'on appelle la raison du pocme, en provençal razo^ et ragione en italien \

Mais voici la véritable innovation.

Jamais, avant Dante, on n'avait songé à relier entre elles les raisons ; « la grande nouveauté, dit Francesco Flamini, c'était d'avoir ramassé en un petit livre, la fleur des rimes

I. On verra, dans la Vita Nova, l'usage que Dante fait de ce mot ragione, que l'on pourrait traduire en français : argument. Les razos qui accompagnent les poëmes des anciens troubadours n'ont pas toujours pour auteurs ces troubadours eux-mêmes, mais souvent des commentateurs ou biographes. Quoiqu'il en soit, D. connaissait certaines de ces razos. Il semble que celles qui accompagnent les œuvres de Bertrand de Born ont été spccialenwnt imitées par lui. Cf. Bertoni, loc. cit. et M. ScHE- RiLLO, Bertram dal Bornio. Rome, i8çj.

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