INTRODUCTION XXXV
verve s'était d'abord essayée... Il est toujours prêt à rendre raison de chaque vers échappé à sa plume... Ce philosophe apporte une gravité religieuse à l'accomplissement de son œuvre poétique. »
L'idée est ingénieuse et profonde, d'attribuer a l'excès d'une conscience délicate les discussions et les divisions de la Vita Nova. Elle est juste ; l'esprit de scrupule et d'analyse restera à tout jamais celui de Dante. Ce penseur qui, jusqu'à l'âge d'homme, n'avait jamais approché une Université, aima non seulement l'étude mais même l'enseignement, jusqu'à garder toujours en lui quelque chose du professeur, — le geste au moins. Dans la Vita Nova // s'intitule lui-même « glossateiir\ » Et il s'en donne l'attitude. Observe^-le lorsqu'il cite des textes, soit de son livre même, soit des Ecritures, soit des auteurs. On dirait qu'il tient le manuscrit en main, et qu'il désigne le passage du bout de son doigt, ainsi que le fait, en chaire, le maître qui commente : « C'est là ! — dit-il, — quivi ^ ! »
En prenant les choses sous cet aspect, on arrive même â trouver plaisir à la contexture scolastique de la Vita Nova, ainsi quà d'autres bi:(^arreries qu'elle contient. Car l'imagination de l'étudiant passionné que fai dit, toute débordée d'enthousiasme par la découverte nouvelle de la science, se plaît en un pédantisme innocent sous la forme d'un certain jargon