XXXVI INTRODUCTION
aristotélicien. Il y mêle volontiers la nolion des bi:(arres caJcnls et du syniboJisnie numéral que le Moyen- Age écbafaudail autour du système astronomique des Arabes et de quelque Ptolémée. On verra ça et là tout cet almanaccare, comme disent les Italiens.
Il y a là une préciosité bien spéciale qui n'est pas pour déplaire à notre goût archaïque; il nous semble qu'elle donne à l'art de Dante sa grâce gothique, si je puis dire. Mais cela va par moments jusqu'à quelque apparence de grimoire ; c'est un voile de plus pour un récit par lui-même énignmtique, pour une pensée déjà subtile étrangement.
La \'itaNova a ce caractère, bien rare en toute littérature, et surtout au Moyen-Age, qu'elle ne ressemble à aucun autre livre, et qu'elle n'a été imitée d'aucun. On peut, comme j'ai tâché de le faire, découvrir les influences qui ont contribué à former l'esprit du philosophe avant qu'il la conçut, et lorsqu'il la conçut. Mais il reste qu'il la conçut, et que nul autre ne l'avait fait avant lui. Et ce qui nous trouble, quand nous la contemplons, c'est que, par un mystère singulier, alors même que nous ne comprenons pas bien ce qu'elle exprime, elle ne tombe jamais dans la froide allégorie. Elle reste toujours vivante.
Des questioiis dès lors se posent.
Voici les premières : Peut-on comprendre la Vita Nova ?