XXXVIII INTRODUCTION
Si une himicrc complète ne peut pas être donnée partout, c'est que Dante ne l'a pas voulu. Il nous a bien expliqué, dans un chapitre de son livre, que le poëte doit toujours savoir luimême ce qui est caché sous le voile de ses allégories ; mais, ajoute-t-il, il n'est pas nécessaire que le lecteur le sache toujours. Et s'il arrive que, nous lecteurs, ne l'entendions pas bien, il ne s'en met pas plus en peine, et asseï^ vive nient il nou.s renvoie che^ nous. C'est à nous à chercher.
Un poiine doit toujours avoir un sens caché. C'est le mystère nnî'ne qui en fait la beauté. Telle est l'esthctiqut des nu'illeurs poètes du moyen-âge italien. Et Dante, avec son origitialité personnelle, est resté fidèle à l'esthétique de son école. Il ne nous a donc pas expliqué le sens de tous les détails du tableau ; vmis on en reconnaît cependant un très grand nombre sur lesquels il est impossible de jeter la lumière.
La Vita Nova est un livre allégorique, et il est possible de découvrir souvent le sens de son allégorie. C'est la réponse aux premières questions ' .
I. Le Dante âe la V. N. est déjà bien te Theologus Dantes que ta tradition nous présente. Si nous doutions encore que te fond de la V. N. 50/7 pliitosopliique et tJjéoîogique, nous pourrions du moins nous assurer que l'autorité ecclésiastique romaine n'en doutait pas au xvie siècle. A cette époque, sous le coup de la lutte contre rhèrésie, l'orthodoxie des livres était recherchée avec une rigueur que le Moyen Age n'avait pas connue. L'édition princeps de la V. N., qui fut imprimée à Florence par Sermartelli en 1/76, est revêtue du visa de l'Inquisition donné par un Frère François de Pise, mineur conventuel^, « inquisitor générale dello stato di Fioren~a ». Paget Toynbee et après lui Barhi (p. LXXIX) ont