XL INTRODUCTION
■un fond de vérité, que tous les faits ny sont pas imaginaires, que Béatrice en un mot a existé. Nous savons son nom par Dante lui-même. Il nous a dit en outre qu'elle était belle à merveille, et parée des vertus qui sont les plus précieuses au monde à trouver en une dame. Il nous a même donné quelques précisions asse^ formelles, comme on le verra, sur les détails de sa beauté, taille, teint, regard, voix. Il l'a entourée d'une famille, père, frère et de compagnes et d'amies. Il est vrai qu'au même point où il la nommait d'un nom réel, il nous signifiait, par la vertu même de ce nom, qu'elle était dame allégorique et représentait l'idée de la béatitude. Mais cette manière de jeter le lecteur dans le doute est une for nn: de sa poétique. Cela n'empêche pas de croire que Béatrice fut une dame véritable et vivante.
Il faut croire aussi que Boccace, tout Boccace qu'il est, a donné un renseignement correct en disant que Béatrice appartenait à la famille des Portinari, dont les maisons, dans les vieux quartiers de Florence, étaient presque contiguës à celles des Alighieri ; que Béatrice était la fille de Folco Portinari, noble et pieux citoyen de la ville ; qu'elle épousa Simone de Bardi et mourut jeune '.
I. Parmi les raisons qui feraient croire que Boccace était bien renseigne, on n'a peut-être pas asse:( signaté celle-ci : que son père pendant de longues années, et du vivant assurément du mari de Béatrice, avait été au service de la famille des Bardi. D'ailleurs on remarquera que l'accord le plus continuel peut être établi entre les indications de personnes, d'iige et de dates que Dante nous donne et les renseignements de fait que Von possède sur la famille Portinari.