‹ Vita novaChapitre 36 sur 77 · INTRODUCTION XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLI

Voici maintenant comment il me semble que doit se présenter la suite des faits, ainsi que 7iou s pouvons les comprendre : Béatrice était une charmante et vertueuse jeune fille ; Dante fit des vers pour elle, ainsi qu'il était d'usage qu'on en fit pour les dames, et prit comme sujet de ses vers, suivant le même usage, quelques circonstances de ses rencontres avec sa Dame. Ces vers, à vrai dire, eurent dès le début une tournure allégorique, et l'eurent de plus en plus, à mesure que Dante s'attacha plus aux principes du Doux Style nouveau. Ce caractère allégorique s' affirum plus complètement encore lorsque Dante coordonna ses vers en un récit suivi, car la Vita Nova est un livre entièrement symbolique, et destiné donc à faire découvrir une pensée métaphysique sous une matière sensible. C'est enteiidu, et les idéalistes ne sauraient trop le répéter.

Mais il y a une matière sensible, et voilà oii s'assurent les réalistes. Cette matière sensible est si réelle que Dante nous a même donné, sous le voile d'une quintessence astrologique et géométrique, des dates et une chroihilogie. La première rencontre avec Béatrice est de I2'J4 ; la seconde de 12S} ; et quand à la date de la mort de Béatrice, en termes cnd'rouillés mais intelligihles, elle nous est fixée, avec plus de précision encore, au 8 juin 12^0. C'est deux ou trois ans plus tard, comme on l'a vu, qu'il composa, à la louange et pour la glorification de la Dame, le fameux « petit livre ». Ce fut en

I2p2 ou 12^).

On ne peut guère douter de tout cela. Oui, Dante a fondé son récit sur des réalités historiques, et Béatrice fut une dame

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