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XLII INTRODUCTION

réelle. Mais, dans la Vita Nova^ il y a bien d'autres réalités historiques encore. On y lit par exemple tout tin chapitre d'histoire littéraire ; c'est l'épisode dn premier sonnet, qui nous introduit dans un cercle florentin au xiii' siècle, nous fait deviner Cavalcanti et son école. Combien d'autres réalités ne découvrirait-on pas encore ?

Le principal est ceci : Dante a rimé allégoriqucuwut pour une dame véritable. De cela nous aurions pu être sûrs d'avance, en observant les usages et l'état d'âme des poètes de son temps et de son pays. Il n'était pas possible que sa dame poétique ne fût pas une dame véritable, fe ne sais pas s'il est prouvé qiw quelque pocte courtois ait versifié pour une dame imaginaire. Mais assurénwnt cela n'est arrivé, ni ne pouvait arriver à aucun poëte florentin. J'en ai pour garant ce profond connaisseur de l'âme florentine, Isidoro del Lungo. Il a écrit sur la réalité des Dames florentines quelques-unes des meilleures pages qui soient de critique Dantesque \ Je les analyse

A première vue, observe del Lungo, il peut paraître vraisemblable que les Dames des poètes fussent fictives et imaginaires. Les Dames, en effet, de nos antiques rimeurs n'avaient rien à faire avec la femme que le sort leur avait donnée pour compagne de leur vie, — (pour compagne très chère, lorsqu'il plaisait à Dieu!) — Leur « Madame», leur « Dame gen-

I. Cf. Béatrice nelta vita e netla poesia del secolo xiii (Milan, iSiji), pp. 13 sq.

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