‹ Vita novaChapitre 43 sur 77 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

ment de l'essence, telle que pourtant je crois clairement la comprendre, de la poésie Dantesque. J'ai dû expliquer d'abord comment, par l'esprit dn- Doux Style nouveau, que Dante porta à son excès siipréme, l'antique poésie des Dames devait tout entière, toujours, se transformer en une allégorie continuelle. Et puis, peu à peu j'ai cru montrer, par une étude successive, que cette tranformation n'avait pas entraîné la poésie à se perdre, à s'exténuer à l'infini dans une vapeur de chimère, et que l'équilibre avait pu être maintenu, grâce au réalisme florentin de Dante. Car il s'est servi pour faire comprendre sa pensée surnaturelle d'un art essentiellement naturaliste. Je ne crois pas, en parlant ainsi, exposer une théorie, mais constater des faits. Je les ferai mieux constater peut-être au lecteur en prenant un exemple, et en analysant un épisode de la Vita Nova., pour y faire reconnaître par analyse, d'abord une allégorie, puis une vérité objective, et la marque enfin d'une esthétique naturaliste.

C'est ainsi que je finirai.

Chacun connaît l'épisode de la « dame pitoyable », vers la fin du récit de la Vita Nova '. Une dame regarde par une fenêtre. Cette dame est belle et gentille, et, comme elle s'aperçoit qu'amèrement Dante pleure la mort de Béatrice, elle a pitié de lui de façon singulière. L'amant infortuné se laisse attirer par la douceur de cette pitié et de cette beauté, jusqu'à

I. V. N. Ch. XXXV et iq. — Cet épisode a son explication complète au Chant XXX du Purgatoire (CJ. ma note, p. 2iij).

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