L INTRODUCTION
rence entre le récit du Convivio et celui de la Vita Nova. Dans le Convivio, Dante ne se reproche anciinenient son nouvel amour, ne le considère nullement comme vil, mais bien comme noble. // s'y abandonne sans remords et nu'mc sans scrupule, avec seulement quelque « honnête lamentation » en songeant au culte de Béatrice.
Le récit delà Vita Nova est tout autre, certes. Mais pourtant, soyons sincères : on peut le prendre lui aussi dans un sens purement allégorique. Il faut l'avouer. J'ajoute même que ce sens est celui qui nous apparaît le premier, lorsque nous nous sommes persuadés du moins, en commentant les chapitres précédents, que tout du long du « petit livre », Amour figure la vertu et Béatrice la béatitude. Les détails descriptifs, si pittoresques soient-ils, ne suffisent pas pour nous détourner de cette interprétation: la dame regarde par la fenêtre ; oui ; mais, ce faisant, comme chacun sait, elle symbolise la vie extérieure (tandis que Béatrice figure la vie intérieure). Le regard par la fenêtre c'est donc l'attrait du monde et de ses mensonges ; la pitié ou l'amour qui vient par cette voie, c'est, comme Dante le dira, cette a fausse image de bien », qui entraîne au péché les dnws supérieures.
Pour se procurer un type fictif de dame et y adapter cette allégorie, Dante, en quelque sorte, n'avait qu'à prendre dans le trésor de la poésie courtoise. Car les exemples sont nonû^reux che~ les poètes, de secondes auiours, rivales de l'amour primitif, de conflits d'amour, de fautes par infidélité de pensée, de remords et de généreux pardons. Ce sont épisodes usuels.