LU INTRODUCTION
Nous revenons donc peu à peu vers la réalité. On peut la côtoyer tout à fait. Nous allons approcher déplus près la dame de la fenêtre, ou quelque dame au moins trop tendrement aimée. Que dis- je ? Nous allons savoir son nom, — ou au moins son surnom. Car ces dames énigmatiques, ne rûublie:^ pas, étaient toujours nominativement désignées. Un sonnet, que fon est en droit d'attribuer à Dante, nous représente une dame charmante nmis téméraire, qui tente de forcer l'entrée d'une dme, l'âme d'un amant mystique. Mais elle s'est heurtée à une âme forte et fidèle, et toute confuse elle a dû s'en aller. C'est bien là l'aventure qu'avait couru la dame pitoyable.
Le nom de la dame du sonnet est donné par un bon manuscrit ; quelques critiques sûrs et en particulier Barbi nous autorisent à tenir pour probable cette précieuse indication. La dame de la fenêtre, (^ou telle autre qui courut la même aventure^, avait pour nom : Lisette.
Nous découvrons donc une dame vivante. Le scmnet si beau qui nous la révèle est aussi un exemple excellent d'esthétique Dantesque. C'est pourquoi, l'ayant mêlé à mon raisonnement, je voudrais en donner quelque idée au lecteur français, qui peut-être ne le connaît pas. Il est symbolique s'il en fut, et doit se rapprocher par le sens des morceaux les plus philosophiques de la Vita Nova. Mais pourtant quel paysage et quel tableau! C'est un château féodal, une rocca de l'Apennin : une dame y règne ; elle tient en main la baguette, signe du pouvoir, comme les « signori a bacchetta » que nous rencontrons çà et