‹ Vita novaChapitre 49 sur 77 · DESSEIN DU PRESENT LIVRE · texte numérisé non relu

DESSEIN DU PRESENT LIVRE

Si je rappelle bien mes souvenirs il y a quinze ans ou peu s'en faut que je mis la main pour la première fois à cette traductioi de la Vita Nova. Je me rends compte que je connaissais alors fort peu de chose du «-petit livre ». Je savais seulement l'attrait singulier qu'il exerçait sur moi. C'était un objet archaïque et charmant. J'y voyais paraître, dans des paysages toscans et des architectures ogivales, des figures pures, graciles et souriantes, pareilles aux dames des allégories de Giotto à Assise, ou bien à celles que les sculpteurs de notre xiii^ siècle ont dressées, sous des portails fleuris, à Reims ou à Strasbourg.

J'exagérerais si je disais pourtant que je n'apercevais rien dans la Vita Nova qu'u)i ravissant « bibelot ». J'entrevoyais ses beautés profondes et ses enseignements cachés. Un culte ancien pour la Divine Comédie m'y avait assurément disposé. J'ajoute que les études déjà asse^ étendues sur Pétrarque et la génération qui suivit Dante, m'avait exercé à chercher le secret de la poésie italienne des premiers âges. Mais cela ne faisait pas que je susse delà Vita Nova, beaucoup plus que ceci : que je l'adorais pour sa mélancolie sereine et son sourire consola-

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