LVIII INTRODUCTION
arriver à imprimer, vis-à-vis l'un de l'autre, un texte et une traduction, de dimensions nécessairement inégales, alternativement en prose et en vers, et enfin y enchâsser les dessins, grands et petits, et les lettres ornées. A combien d'obstacles se heurte une pareille entreprise ; quel goût délicat, qu'elle ingénieuse patience y doivent être pratiqués, c'est ce que seuls peuvent savoir ceux qui se sont appliqués à la composition d'un pareil livre d'art; c'est un ita/ casse-tête. Coinbien de recherches, d'essais, ne doit-on pas traverser, de doutes aussi et de découragements ! Mais quelle constante bonne volonté n'y apporta-t-on pas, et quelle gracieuse bonne humeur ! Ce fut pour tous, et ce reste pour moi, un bon et aimable souvenir '.
Mais encore j'y trouvai grand profit. Afin que mon modeste travail put servir à constituer une pareille œuvre d'art, il fallut l'en rendre tout à fait digne. En examinant à nouveau avec mes amis ma simple et naïve traduction, il
I. Si Von put arriver au but, il en faut savoir gré, outre les deux rares artistes Maurice Denis et Jacques Beltrand, aux maîtres qui dirigent les travaux de V Imprimerie Nationale, mais aussi à celui qui centralisa totit le travail pour la Société « le Livre contemporain », à l'homme aimable et lettré, mon ami Gabriel Thomas. — Pour renseigner les bibliophiles de l'avenir sur la genèse d'un pareil monument typographique, je dois noter qu'une intéressante édition ancienne fut prise comme type et point de départ des études. C'est un Térence latinfrançais du xvie siècle, où la prose alterne avec les vers et où les deux textes disposés en colonnes doivent laisser place pourtant à des gravures sur bois. (Le grand Thérence en françoys tant en Rime qu'en prose. — Paris, Guillaume de BossoT^^el, IJS?)-