INTRODUCTION LIX
nous arriva de la trouver un peu rude et dure, et je me convainquis vite qu'il y avait à lui donner un peu plus d'aisance. Cependant, pour pousser plus loin l'étude, quelque chose me manquait, et c'était de voir mon texte imprimé. Chacun sait combien les phrases changent d'aspect en passant de l'écriture à la typographie ; mais cela est surtout vrai d'une œuvre où tout le mérite presque réside dans la valeur et la figure des mots, comme est la traduction d'un texte ancien et difficile. Le secours qui nous était en ce point nécessaire nous vint d'une maison amie, la revue « l'Occident. » C'était bien là le laboratoire de poésie et d'esthétique dont nous avions besoin pour notre expérience. M. Adrien Mithouard m'ouvrit gracieusement la porte, et la première édition de ma traduction parut dans la collection de /'Occident '.
Je pus la retoucher encore profondément et arrêter la rédaction qui devint celle de l'édition de luxe.
Ayant cette rédaction devant les yeux, je me persuadai quelle valait la peine d'être offerte à d'autres encore qu'aux artistes raffinés qui l'avaient adoptée surtout comme légendes de belles œuvres d'art. Je crus qu'elle pouvait servir à donner en France une édition complète et commentée de la Vita Nova. Entre temps, en eff'et, il était arrivé qu'une édition critique du texte avait paru en Italie par les soins de l'crudit Michèle Barbi. C'est là ce qui me décida à offrir mon travail à une
I. L'Occident, 71°^ de mai, juin, juillet, août, septembre i(}OJ. Tirage â part dans la Bibliothèque de I'Occident, in-S° de 62 pp.