INTRODUCTION LXI
Un libraire français intelligent veut avec moi courir cette aventure d'offrir une édition française d'un livre de Dante au public studieux de France. Il croit que ce public existe et je le crois aussi. Le nombre tous les jours des hommes et des femmes qui aiment la poésie italienne du- grand siècle et aspirent à la connaître. L'édition peut donc leur être alerte; elle doit être telle qu'ils puissent lire sans trop de difficultés matérielles le délicieux petit chef-d'œuvre, et qu'ils aient donc devant eux un bon texte, une traduction claire du texte, et des explications suffisantes sur le livre et ses difficultés.
Je me suis imaginé que je pouvais sans trop d'outrecuidance leur proposer cela, et qu'ils y prendraient plaisir. Ils savent bien d'ailleurs que ce plaisir est au prix d'un grand effort de pensée, comme toute lecture de Dante. Le temps n'est plus pour le lecteur français où la Divine Comédie tenait dans quelques antithèses de Victor Hugo, et la Vita Nova dans quelques images d'esthètes anglais ' . Nous commençons à savoir
Dnrrieu, Lt'on Doiei, Jean Guiraud, Hauvette, Liichaire et tant d'autres. L'Université de Grenoble est devenue le centre ces études, et elle a naguère heureusement essaimé : M. Julien Luchaire a eu la joie de voir inaugurer /'Institut français de Florence, laquelle semble comme une étape à moitié chemin entre la France et cette excellente Ecole française de Rome, qui a tant fait depuis trente ans pour les études italiennes.
i.Je rappelle que nous avons connu en France une association de douce libre pensée, qui avait pris ce titre, fondé sur un contresens traditionnel : Compagnons de la Vie Nouvelle.