X INTRODUCTION
galante et haute avnpagiiic, amoureux de la nature, sensible à la beauté et aux grâces féminines, connaissant les troubles d'un cœur brûlant. C'est un gentilhomme florentin, un soldat, un poète courtois : il fait la guerre et il chante l'amout .
Tous ces traits nous sont nécessaires pour comprendre sa figure, et dés l'abord ils nous sont fournis par la Vita Nova. Mais ce ne sont encore pourtant que traits de surface et qui ne nous révèlent pas le fond de son âme. En dernière analyse il règne dans ce cœur un amour, qui domine tous les autres, c'est l'amour de la science. Il faut dire un « amour », car c'est le mot : vouloir, d'un désir illimité, la possession de la vérité, pour trouver en elle la béatitude, comme la trouve l'amant heureux dans l'amour de sa dame, c'est là le mouvement d'âme qu'il faut savoir reconnaître dans quelques-uns de ces sublimes fils du xiii'^ siècle, dont Dante est le type le plus complet.
Nous ne pouvons plus très bien nous représenter, je pense, en nos siècles un peu lassés et déçus par l'excès nu'nie du savoir, ce que put être, en d'autres temps, l'amour de la science. « Pense:;^, dit Ruskin, au goût délicieux et délicat qu'on trouvait jadis à cette nourriture-là, quand elle n'était pas aussi commune qu'aujourd'hui, quand les jeunes hommes — ceux de belle race — en avaient faim et soif ' / » Si cette faim.
I. Dans Fors clavigera (citulioii que j'emprunte à M. André Chevrilloii).