‹ Vita novaChapitre 7 sur 77 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

si cette soif, cet appétit,, (suivant Vexpression Dantesque), n'eussent pas possédé l'âme de Dante, comment peut-on supposer la vérité de ce fait surprenant entre tous : ce jeune homme du monde, ce soldat, ce pocte acquiert (au moins en ses formes générales), toute la science de son temps, et cela, tout seul ou à peu près, par un effori personnel de volonté, et avant l'âge de trente ans ?

// faut se rappeler quelle était cette science, qui excitait tant d'amour, et quels attraits elle pouvait exercer sur l'esprit d'un jeune homme de cet âge. D'abord c'était une science chrétienne, la possession de la vérité éternelle révélée de Dieu ; telle était h premier aspect qui se présentait à l'âme d'un chrétien tel que Dante. Mais il faut se rappeler aussi quelle forme nouvelle avait récemment prise la science chrétienne, par l'enseignement qu'avaient donné les maîtres de l'ordre de Saint-Dominique. C'était une encyclopédie immense et sans limites; elle s'étendait par sphères successives, depuis les connaissances sensibles les plus précises, jusquà la raison pure, jusqu'à la contemplation extatique de la vérité absolue; elle comprenait toutes les connaissances humaines, et par sa méthode symétrique, elle les ordonnait toutes en Dieu. Mais si elle satisfaisait l'intelligence, elle comblait aussi le cœur ; elle est fondée sur la raison, mais aussi sur l'amour : le Dieu vers qui elle mène est le Dieu Incarné et Rédempteur.

C'était de quoi ravir l'esprit d'un jeune étudiant passionné.

Une autre chose encore pouvait toucher intimement sa pensée toscane, sa pensée latine, famais, nmlsréle cours des siècles,

Page 1