‹ Vita novaChapitre 67 sur 77 · LXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXII INTRODUCTION

extrême variélé'. Elle est tout à fait justifiée. Toute tentative pour unifier l'orthographe eût été absolument artificielle. L'orthographe contemporaine était mal fixée. On ne sait pas quelle était celle de Dante ; il est bien vraisemblable que son esprit méthodique eût prétendu y fixer des régies ; mais on ne peut pas les supposer. Je pense que Barbi a trouvé la seule solution plausible, en laissant subsister le flottement qu'il trouvait dans son manuscrit type.

Je n'en dis pas plus du texte. Quant à la traduction on la jugera.

« Est-il possible de traduire la VitaNova? » — écrivais- je en i^oj. — Et je faisais cette réponse : « Non sans doute, et moins encore que bien d'autres œuvres poétiques. On ne pourra jamais rendre et Fharmonie des mots et celles des profondes pensées ^ Mais il a semblé que, par un e^ort ingénu, en s essayant à modeler naïvement sur les mots italiens les nuits de notre langue qui s'y adaptent le mieux par la mesure

1. L'orthographe Je la prose dijpre de l'orthographe des vers, et cela se comprend. Mais dans la prose même, et dans les vers mêmes, l'écriture des mots varie sans cesse. Je cite notamment le mot qui signifie tout; on h trouve sous les Jormes : ogni, ogne, onni, oane... Les prépositions et les prénoms sont parjois liés, et le plus souvent disjoints : negli, ne li, agli, a li. — Z-'u Jormant diphtongue avec o, parait ou disparaît : vole, vuole, cuore, core, omo, uomo (C/. ce que j'en dis, p. iSs). — Ces variations se rencontrent parjois dans la même ligne.

2. Le meilleur résultat jusqu'ici obtenu est la traduction anglaise de Dante-Gabriel Rossetti. Mais l'anglais est, pour traduire, une langue merveilleuse, et Rossetti d'ailleurs, au moins pour les poèmes, ne s'est pas asservi à une grande rigueur.

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