‹ Vita novaChapitre 68 sur 77 · INTRODUCTION LXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXIII

et par le sens, on arrivait à donner quelqu'idée de la beauté de l' original. Et quand même on n'y eût réussi que par moments et par fragments, on pense que ce serait déjà avoir obtenu un grand résultat. On a espéré pouvoir donner du moins du mystérieux écrit, un mot à mot intelligent, asse:^^ éclairé des beautés de l'original pour en produire comme un reflet aux yeux du lecteur.

« // a fallu, pour ce faire, et surtout tour la traduction des vers, imposer à la langue française des brusqueries et des inversions qui ne lui sont pas usuelles, au moins dans la syntaxe moderne. Ce pourquoi on a dû nécessairement donner souvent à la phrase un tour suranné, tout en se défendant de l'archaïsme : car traduire en vieux français, comme Littré le fit jadis pour l'Enier, est une entreprise toute autre.

« Sans faire d'archaïsme pourtant, on n'a pas cru devoir se refuser l'usage de certains mots bien connus, qui appartiennent au vocabulaire du Roman de la Rose, tels que : semblant et semblance, doutance, remembrer, d'autres encore ; car à vrai dire on ne pouvait pas s'en passer. De même, on n'a pas pu éviter d'employer quelques mots dans le sens qu'ils avaient au xiv* siècle, et non dans celui qu'ils ont malheureusement pris aujourd'hui : piteux, avec plusieurs dérivés, et surtout gentil et courtois, pour lesquels nous n'avons pas d'équivalents '. »

i. J'ai dû transporter simplement de l'Italien, sans les changer, les expressions du langage philosophique, alors même qu'elles ne carres-

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