‹ Vita novaChapitre 9 sur 77 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

qui s'enseignent eux-mêmes, un autodidacte, ainsi que l'ont été plusieurs grands pejîseurs ; mais le fait est plus extraordinaire pour lui que pour bien d'autres, vu la complexité et le nombre des connaissances que supposaient l'étude de la théologie scolastique. Il faut bien croire, et cela va sans dire, qu'il trouva dans cette Florence de sa jeunesse, sinon des maîtres, du moins certains directeurs de pensée \ Mais à la vérité nous ne savons pas exactement quels ils furent. En tous cas il ne trouva pas un enseignement régulièrement organisé.

Nous apercevons du jnoins qu'il rcficontra de bonne heure une sorte de cercle poétique et littéraire, auquel il s'affilia aussitôt, un de ces groupes intellectuels, qui sitôt et si naturellement se formèrent à Florence, faisant prévoir longtemps à l'avance les célèbres académies ^. C'était un groupe de gens du monde, (dirions-nous aujourd'hui), et de poètes, tous adonnés à l'amour de la science, de la poésie et de la beauté. Ce cercle où l'on nous introduit dès les premiers chapitres de la Vita Nova, fermé étroitement à tout profane, était gardé et gouverné par le grave et doux Guido Cavalcanii, celui que Dante appelle « le premier de ses amis. » Tous ceux qui y sont admis sont nommés sages, et l'on entend par là qu'ils sont poètes. Ils

1. C'est en ce se)i5 sans doute que D. a pu dire que Brunctlo Latini « l'a enseigné » (Cf. Inf. XV, v. Sj).

2. Cf. ce que j'ai dit de /'académie que semhlcnt avoir fermée au XIV' siècle les atiiis de Pétrarque. (Lettres de Francesco Nelli. Paris, Champion, iSç)2, pp. So, sq.).

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