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Trois fois se renouvela cette même vision, et ce n’est qu'après la troi-
sième, que Lucien, ne craignant plus d'être victime d’une illusion, se ; rendit auprès de Jean, patriarche de Jérusalem, et lui fit connaître sous
quels symboles la vision lui avait révélé la qualité des cercueils que
F l'on devait rencontrer : quatre petites corbeïlles, dont trois d’or et une
d'argent, les deux premières remplies de roses blanches, la troisième
PC de roses vermeilles, et la quatrième de parfums odoriférants. Ravi de
celte révélation, le Patriarche se hâta.de faire commencer des fouilles, d’abord sous un monceau artificiel de petites pierres qui semblait indi-
. quer un lieu de sépulture. On n'y rencontra rien; mais voici qu'un
pieux solitaire, du nom de Nugetius (le P. Cahier écrit : Migetius), favorisé d’une vision, comme l'avait été le prêtre Lucien, vient annoncer,
ï par ordre de saint Gamaliel, que le monceau de pierres re fut élevé
- que pour conserver la mémoire d’un repos momentané du corps, pen-
… dant les lamentations des obsèques, et qu’ensuite il fut enterré non
Join de là, dans l'endroit connu sous le nom de Champ des forts. Diri-
. gées de ce côté, les fouilles ne tardèrent pas à mettre au jour les pré-
cieuses reliques, en présence du Patriarche de Jérusalem, des évêques de Sébaste et de Jéricho, et d’une grande foule de spectateurs, ravis de cette découverte, embaumés par la suave odeur que répandait . dans l'air la tombe ouverte de saint Étienne. Tous les malades qui se trouvaient dans l’assistance — le père Giry
- en compte soixante-treize — se sentirent subitement guéris.
Par les soins du Patriarche, le corps du saint martyr reposa quelque
temps dans l’église de la Sainte-Sion, bâtie sur le lieu mème qui fut le théâtre de son ordination. C’est alors que le sénateur Alexandre fit élever à Jérusalem un magnifique oratoire, à la condition que son corps
y reposerait après la mort, à côté de celui de saint Étienne. Ses intentions furent respectées, et voici que huit ans après l'inhumation du
sénateur, Julienne, sa veuve, obtint de l’empereur, l'autorisation de
… faire transporter à Constantinople les ossements de son mari. Les
fouilles mirent à découvert, en même temps, les restes du sénateur et
" ceux de saint Étienne; et Julienne, soit par erreur, soit par une ruse
habilement dissimulée, choisit et emporta les ossements de saint Étienne. La traversée ne s’effectua pas sans difficultés, tant par terre
que sur mer, et plus d’une fois, les voyageurs se virent exposés aux
plus graves dangers. Ce furent d’abord les chevaux qui s’emportèrent,
‘effrayés par les démons ennemis des saintes reliques; puis une tempête
soulevée par eux, pour submerger le vaisseau. Arrivée à Constantino-
fe ple, Julienne raconta à l’empereur le stratagème dont elle s'était servie,
| … pour doter la ville impériale d'un si précieux trésor. D’après l'antique
légende, le sanctuaire élevé pour le recevoir aurait été lui-même désigné par une circonstance miraculeuse.
Les mules qui conduisaient le char, après une course extraordinairement rapide, se seraient arrêtées tout à coup, sans qu'il füt possible de les faire avancer d’un pas ; de sorte qu'il fallut en cet endroit déposer le fardeau, selon l’ordre exprimé par l’une des mules, à laquelle le narrateur attribue, en cette circonstance, un rôle absolument semblable à celui que l'Écriture Sainte raconte de l’ânesse de Balaam.
De Constantinople, les saintes Reliques furent transportées à Rome, sous le pontificat de Pélage Ier, vers le milieu du vi* siècle, et placées à côté de celles de saint Laurent, premier martyr de l'Occident.
Suivons maintenant, dans le vitrail, les différents tableaux de ce récit. L'ensemble se compose de trois grands médaillons et de neuf petits. Dans les deux coins de la base, le personnage qui répand à flot l’eau d’une urne penchée, nôus apprend que la verrière fut offerte par la confrérie des fontainiers, chargés de l’entretien des canaux qui conduisaient, dans la cité, les eaux empruntées aux sources des points élevés de la région. Détail historique : Le descendant de l’un d'eux, florentin d’origine et de race nobiliaire, épousa sans mésalliance, ni d’une part, ni de l’autre, la fille unique de Cujas.
Deux lignes en sautoir partagent les deux médaillons en quatre compartiments, où l’artiste a reproduit dans chaque une circonstance particulière. Le Père Cahier nous avertit de commencer la lecture par la scène que l’on voit au bas du second médaillon, compartiment substitué, lors d'une restauration inintelligente, à son correspondant dans la même place, sur le premier médaillon. On y reconnaît le prêtre Lucien endormi sur sa couche, près de l’autel et des vases sacrés dont il a le soin. Debout auprès de lui, saint Gamaliel le frappe doucement avec la verge d’or qu’il tient à la main. De riches broderies d'or sur des bandes de pourpre ornent le bas de sa robe blanche, rehaussée encore par une large croix tracée sur la poitrine. L’artiste n'a pas oublié les petites corbeilles symboliques ; mais contrairement à la légende, il n’en a mis que trois.
Le compartiment qui suit sur la gauche (2)* du premier médaillon; rappelle les paroles prononcées par l'apparition. On y voit étendue corps de saint Étienne, sur lequel se précipitent des animaux et des oiseaux carnassiers. Leur fureur se calme, sous le regard d'un ange qui tient en haut, dans ses mains, un petit corps, image symbolique de l’âme du saint martyr. Au compartiment supérieur (3), l'Évêque assis sur son trône recoit de la bouche de Lucien, accompagné de
* Les chiffres, dans le texte, correspondent à ceux que le dessinateur a mis dans les tableaux pour en suivre plus facilement la lecture.
émoin , les Lévéltions de an Gamaliel. (4) Les fouilles accomà ee as et sous la protection Le anges, mettent
A ae mèdaillon qui suit (3), l’un des personnages tient entre e ses bras le couvercle du tombeau que l’on vient d'ouvrir, en présence . du Patriarche et d’un auire Évèque qui doit être celui de Sébaste. Au
des prêtres et des dèles, et vis- . -vis, compartiment (4), les actions de grâces des malaie ie des Pr laissant de côté escabeaux et béquilles: Autre
répare Le désastres d’une longue sécheresse.
nu Petit médaillon (G), Julienne, sur un char, emporte les reliques, et, un médaillon (D), les fait enfermer dans une chässe pendant qu'elle les vénère, pieusement agenouillée.