‹ Vitraux de Bourges; vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges;Chapitre 29 sur 70 · PLANCHE XII · texte numérisé non relu

PLANCHE XII

Des cinq médaillons dont se compose le vitrail consacré à saint Nicolas, deux ont de nos jours remplacé ceux de la base que le xvnre siècle avait brisés. Les historiens sacrés nous racontent que l'enfant qui devait être, pendant tout le cours de sa vie, un si puissant thaumaturge, manifesta dès sa naissance les inspirations surnaturelles d’une

Ame appelée par la grâce, aux plus sublimes degrés de la perfection. Au moment où, selon l’usage des peuples d'Orient, on venait, dès ce premier jour, de le plonger dans un bain, il se redressa tout à coup de lui-même, se tint ferme sur ses pieds, joignit les mains, et resta pendant deux heures dans l’atiitude de l’extase et de la prière. Ce prodige Fa a fait croire que son àme s’ouvrit alors aux lumières de la raison, et que même il avait été sanctifié dès le sein de sa mère. C'est l'opinion, — desaint Michel l’Archimandrite. Quoi qu’il en soit, l'enfant ne tarda pas à exciter l’admiration par la vivacité d’une intelligence au-dessus de son âge, lorsqu'il reçut les premières leçons des maitres auxquels ses parents l’avaient confié. Toutes ces circonstances, un peu voilées peut-être sous le pinceau de l'artiste, apparaissent dans la première La moitié du médaillon de la base, où l’on voit la mère (G) paisiblement étendue sur sa couche, devant une servante qui lui présente une __ Coupe; puis une servante (C) apportant l’eau des ablutions pour l'enfant qui se tient debout sur les genoux de sa nourrice ; etce mème enfant (D) écoutant, avec d’autres écoliers, les leçons du maitre qui tient à la main sa férule.

Sans transition, le peintre nous transporte au moment où le saint recut le caractère épiscopal, et le représente nimbé entre deux évèques crossés et mitrés, et comme lui, assis sur un trône.

L'idée du peintre a trait, dans ce tableau, aux circonstances miracu- —__ Jeuses qui motivèrent l’élection de saint Nicolas. Lors de la vacance du siège de Myre occupé quelques années auparavant. par son oncle du même nom que lui, et dont il avait reçu l’ordination sacerdotale, saint Nicolas vivait pieusement retiré dans un monastère. Plusieurs évêques de l’Asie-Mineure s'étant réunis pour le choix d’un nouveau titulaire, l’un d’eux entendit pendant la nuit qui précéda l'élection une voix qui disait: « Choisissez le prêtre qui entrera

le premier dans l’église ». Ce fut saint Nicolas qui, poussé par un senti-. ment de ferveur plus parfaite encore que de coutume, s’y rendit de très grand matin, sans se douter que la main de Dieu le conduisait à l’épiscopat.

Les scènes du second médaillon et de la moitié du troisième se rapportent à l’un des traits les plus connus de la vie de saint Nicolas. La vénération pour sa sainteté s'était déjà tellement répandue dans toutes les régions de l'Orient, que trois étudiants de noble origine, — saint Bonaventure ne parle que de deux — qui se rendaient à Alexandrie pour y suivre les cours d’une école alors fort célèbre, se détournèrent de leur chemin pour aller recevoir sa bénédiction, et mettre leurs études sous l'inflaence de ses prières. Forcés de s’arrêter dans une hôtellerie isolée de toute habitation, ils y furent égorgés pendant Ja nuit par l’hôtellier cupide qui s’empara de leur argent, et jeta leurs corps coupés par morceaux dans un vaste saloir. Instruit de ce crime par une vision surnaturelle, le saint évêque accourt revêtu de ses habits pontificaux. « Qu’'as-tu fait, misérable ! des corps de tes victimes ? Conduis-moi dans {on cellier. Lève ce couvercle. » Épouvanté et poussé par une force irrésistible, l’hôtellier obéit; le saint évêque se met en prières, et sous sa bénédiction les trois jeunes gens ressuscités sortent miraculeusement du tonneau.

Dans le vitrail (première partie du second médaillon), les trois jeunes gens sont à table, probablement dans la maison de l’évêque qui étend vers eux sa main bénissante; probablement aussi, c'est l’un d'eux que l'on voit à gauche dans l'attitude d’un voyageur.

La scène supérieure du même médaillon nous montre l’hôtellier prenant par la main l’un des écoliers, et les conduisant tous les trois” dans la pièce qu'ils doivent occuper pendant la nuit. Le peintre lui a mis une hache sur l'épaule en signe de ses mauvaises intentions. Saïnt Nicolas, debout sur la gauche, n’est là que pour montrer qu'il les a pris sous sa protection.

La scène du meurtre vigoureusement représentée occupe, avec celle de la résurrection, la première moitié du troisième médaillon.

Un trait délicat de char:té très chrétienne, dans son motif et ses résullats, occupe l’autre partie du même médaillon.

Sans se soucier de l’ordre chronologique, le peintre l'emprunte aux premières années de la vie de saint Nicolas. Il était jeune encore, lorsqu’il perdit son père et sa mère, et trouvait son bonheur à consacrer aux bonnes œuvres les biens qu'ils lui avaient laissés. Il apprit qu'un de ses voisins de noble famille, mais complètement ruiné, méditait de livrer au désordre ses trois filles qu'il ne pouvait doter. Voici ce qu'écrit à ce sujet l’auteur de la Légende dorée :

Û d horre Pas cette félonie, et dorée la Ja maison de ce malheureux père une somme en or pliée FREE En se levant le Hans le père trouva cet or, F6 ren don

N tei É Dieu € en fit en une seconde fois; et le père voulait savoir qui venait ainsi à son aide ; et peu de jours après, Nicolas doubla la somme, . aie chez son voisin. Fe bruit qu rele fit en Done le par se > Jeva 7h

ainsi, que je te vois ». Et il courut encore plus nié, el reconnut saint no ;et alors il rs en terre, et voulut Jui baïser les pieds ;

Fu filles (GC) reposent ensemble, # saint Nicolas SR (D) en NCA EE its pontificaux, quoiqu'il ne fût pas encore évèque lors de cet acte

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