‹ Vitraux de Bourges; vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Bourges;Chapitre 3 sur 70 · L'ART DU VITRAIL · texte numérisé non relu

L'ART DU VITRAIL

Cette monographie des Vitraux de Bourges nous a semblé un guide utile aux visiteurs de notre cathéilrale, et en même temps un résumé et un complément des études qui ont déjà été faites sur ce sujet. Au cours des années 1898, 1899, nous avons publié successivement dans la Semaine Religieuse du diocèse les différentes planches de dessin autographique, servant pour ainsi dire de schema à l’explicotion légendaire donnée par M. le chanoine Clément pour chaque vitrail. Aujourd’hui, en offrant au lecteur ce volume de dessins ! et de textes réunis, nous voudrions exposer l’idée qui nous a guidé nous-même dans ce travail, l'idée de l’art du vitrail. Ce sont les règles spéciales de cet art et quelques principes d'esthétique qui nous introduiront dans cette étude, nous empêcheront de nous y égarer, et nous donneront les raisons de notre admiration pour les vitraux de Bourges.

On sait que Saint-Etienne de Bourges, pour l’ensemble de ses verrières, oecupe la première place après Notre-Dame de Chartres, entre toutes les cathédrales de France, et, l’on pourrait dire, après Notre- Dame de Chartres, entre toutes les cathédrales du monde entier. Si Reims, Sens, Poitiers, Le Mans, Amiens, Paris, Cologne possèdent des morceaux d'une beauté supérieure, les deux plus riches collections sont encore à Chartres et à Bourges?. Mais quelles sont dans notre cathédrale les

{: La couverture de ce volume représentant le portail sud de la Cathédrale, est la reproduction d’une aquarelle de M. Thomas M. Rooke de Lopques lithosraphiée par la maison Gibert-Clarey de Tours.

2. L'histoire nous a conservé les noms de quelques artistes verriers qui ont illustré notre Berry Ce fat à la requête d’un verrier nommé Henry Mellein, demeurant à Bourges, en 143!, que Charles VIT confirma les privilèges déjà

ctroyés aux peintres verriers par lettres patentes des rois Charles V et

LE verrières qui assignent à celle-ci un pareil rang? Cesont les verrières de ses 164 fenêtres primitives et de ses 45 roses du x siècle. Elles. ma quent,suivant Viollet-le-Duc,l’apogée dela peinture sur verre. Parmicelles qui sont nostérieures à cette époque, on trouve assurément des œuvres de maîtres que l’on doit admirer sans parti pris d’exclusivisme, commen par exemple le ravissant vitrail de la chapelle des Tullier attribué à $ Jean Lécuyer, ou celui de la chapelle Jacques-Cœur où se révèle la È manière des frères Van Eyck. Mais il nous faut toujours revenir à nos : à plus anciennes verrières, si nous voulons avoir l'expression la plus vraie de l’art du vitrail.

Charles VI. Ces lettres déclaraient les peintres verriers « francs, quittesset 4 exempts de toutes tailles, aides et subsides, garde de porte, guet, BR , et autre subvention quelconque ». <

Un des maîtres qui tient le premier rang dans cet art en Italie, est le dominicain Guillaume de Marcillat; originaire du Berry. Il fut appelépar Jules Il avec un autre français, maître Claude. pour orner de vitraux le palais du Vatican. On admire encore ses œuvres à la cathédrale d'Arezz0, à ROME, au chœur de Santa Maria del Popolo, au Bargello, et au Musée de Florence: ;

Nous trouvons dansle livre du baron de Girardot, Artistes de la ville ELA lt Cathédrale de Bourges, d'autres noms de verriers inscrits aux archives dela , villeet aux registres du Chapitre de Saint-Étienne : Pierre Guillon (1485), Petit Jehan (1494); Guillaume Labbe (1495), verrinier inscrit pour 14 livres low * nois pour avoir fait six panneaux de verre, en la salle basse de lhôtelhde ville, de Mgr le Dauphin et de Mgr d'Orléans, et des Maire el ESCREUINS EL UN pour avoir rabillé les autres voyrines rompues par le vent; Jacquelyn de à Maulusson fail un palron de voirière où est une Nalivilté de Notre-Seigneur que M. J. Fradet fait mettre en la maison de ville » ; Lambert Anthoenne (1503); Jacques Meignen dit d'Auvergne; Jean Joing 507) : Nicolas Rondet (1507); Pierre Ar nault (1526) ; Jehan Arnault (1550) ; ue Lescuyer — le plus célèbre des peintres verriers berrichons dont nous pouvons encore admirer Bourges plusieurs verrières particulièrement le vitrail des Tullier, UM puL… chef-d'œuvre, et le vitrail de Saint-Bonnet. Nous le voyons inscrit AU LEBIS= tre de la ville en 1527, pour 62 livres pour 191 pieds de vistres neuvespoun les escolles et avoir rabillé el remises en plomb. Il répara en 1546 les MIÉPAUx du grand portail de la Cathédrale. I1 mourut à Bourges et fut inhumé à Sant Jean-des-Champs, en 1356. — P. Lefebvre (1603); Louis Pinaigrier (1624) petit un fils du célèbre verrier Robert Pinaigrier, de Paris, inscrit pour 30 ivres pou dix-sept armoiries sur verre du Roy, de Mr le Prince, de la ville, “des Maire à et Eschevins, de la Reine, de Madame la Princesse-mère, en la galerierde l’hôtel-de-ville; Jean Arsan (1526): Nicolas Chappu (1630); inscrit pour 24 livres pour un vilrail avec armoiries, posé dans une croisée du réfecloür'e des Pères Minimes ; Perrin (1659).

M. le marquis des Méloizes, cite dans son ouvrage des Vihr'au® poslémieuns au XIIE siècle les noms d'autres verriers en Berry : Guillot du Saussay et Gilet Benoist (1416) qui travaillérent aux vitraux de la See Henequin de Vulcop; Guillaume le Vieil. x

Les archives de Saint-Étienne nous parlent aussi d'on peintre du nom.de Guillaume Dalida qui fut chargé de rabiller les vitraux brisés par lécroulement 4 de la tour en 1506 ; mais un te de Rouen avec lequel le cardinal Bohier. alors archevèque de Bourges (1517-1519), avait conclu un marché} Fourmi les verrières nouvelles. me,

Nous n’avons pu trouver aucun nom d'artiste verrier du xru° siècle:

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- Orcomment pouvons-nous aujourd'hui reconnaître le vrai vitrail, le vrai vitrail qui fut aussi longtemps méconnu que l'architecture gothique en France ?

Déjà en 1774, Levieil par son livre devenu classique, l'Art dela peinture sur verre et de la vitrerie, commençait timidement le mouvement de réaction du bon goût en faveur des œuvres du moyen-âge, mouvement continué cinquante ans plus tard par les travaux de Brongniart, directeur de la manufacture de Sèvres qui a rallumé en quelque sorte les fourneaux des peintres-verriers, puis par les belles études de Gessert, de Lasteyrie, de Caumont, des PP. Martin et Cahier, de Violletle-Duc, de Revoil, de Grasset et de Meiguan, en ces dernières années de M. Georges Lafenestre, de M. Olivier Merson et de M. Lucien Magne, l'éminent organisateur du Musée des Vitraux à l'Exposition universelle

= de 1900. Avec eux nous arrivons à l’art merveilleux que Châteaubriand

ne semble même pas avoir soupconné dans son Génie du Christianisme, mais que plus tard mettront en lumière d’autres érudits penseurs et chercheurs, issus de l’école romantique, passionnés pour les choses d'autrefois, à la suite des Montalembert et des Victor Hugo, &brisant les vieux moules des poncifs gréco-romains, élargissant le sentiment du beau et le faisant pénétrer dans les masses ».

Que nous sommes loin du temps où M. Romelot, l'historien de notre cathéulrale, pouvait appeler nos anciennes verrières, « de vieilles

… friperies gothiques qu'il fallait laisser dormir sous l’épaisse couche de

poussière qui les recouvrait ». Loin aussi les temps où l'on détruisait systématiquement les vitres peintes. Les chroniques nous le disent, à la fin du xvi° siècle, c’étaient les « coureurs de losanges » verriers Suisses, qui se mirent à battre les campagnes et à camper dans les villes, fabriquant sur place très rapidement des verres blancs à compartiments losangés, pour remplacer les vitraux obscurs ou détériorés.

Un peu plus tard, au xvur siècle, c'étaient les mêmes actes de vandalisme décrétés par les Chapitres de Notre-Dame de Paris, de Reims, de Chartres, de Bourges !. Le Vieil lui-même, le grand verrier, qui s’indionait contre les mutilations faites aux vitraux de l’église de Saint- Merry, avouait sans peine qu'il avait démoli, en 17#1, les deux derniers panneaux du chœur de Notre-Dame pour les remplacer par du verre

blane. Dom Chastelain, bénédictin de Saint-Rémi de Reims, disait plus

fort encore : « Afin de donner à cette grande basilique un air de majesté et demagnificence qu’elle n'avait pas, les religieux, non contents d’avoir fait mettre presque toutes les vitres en verre blanc quelques années

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