Cf. Olivier Merson, Les Vülraux, p
auparavant, entreprirent encore de la faire reblanchir depuis le haut jusqu’en bas, depuis le mois d'octobre 1755 jusqu’au mois d'octobre
1757, de façon qu’elle parut toute neuve. »
Aussi bientôt les Jacobins briseront la plupart des vitres armoriées,
et voudront faire fondre les plus riches couleurs qui leur semblaïent…
contenir de l'or. Heureusement le citoyen Daret sauvera ces trésors, en
démontrant que l'analyse ne trouve dans les colorations pourpre que“ À
des traces de cuivre. N'est-ce pas à rapprocher de l'aventure de ce
voleur barbare du vie siècle que nous lisons en saint Grégoire de
Tours ‘? Celui-là avait détaché de leur châssis les vitres de l’église d'Izeure, croyant en tirer par la fusion de l’argent et de l'or. D'où
nous pouvons conclure deux choses : premièrement que l’humanité
ne change guère ses préjugés et ses vices ; secondement, que l'artssi français du vitrail s'annonce bien aux premiers siècles de notre histoire sur les terres de la Touraine et du Berry.
Mais il est temps de revenir à notre sujet. Ces seuls exemples nous
ont montré le chemin parcouru depuis la décadence qui a suivie xiue siècle jusqu’au réveil de l’art en ces dernières années. Cherchons maintenant les règles de l’art du vitrail, et les principes d'après les= quels les maîtres ont établi la supériorité des anciennes verrières. Tout le monde est à peu près d'accord pour admirer l'éclat incomparable des couleurs des verres peints ou teints dans la masse aux xne et xt siècles. Du fond d’une nef regardez ces fenêtres de l’absideembrasées par les feux du soleil levant ou du soleil couchant. Ce sontles plus beaux et les plus magiques reflets de la lumière dans la nature;
les rayons ardents, les lueurs de fournaise, l’azur du ciel, le ruisselle=
ment d’or et de diamants, le scintillement des étoiles, l'épanouissement des fleurs du Paradis. A côté de ces merveilles quel pauvre effet produit la trainée de lumière blanche et jaune des autres verrières de date plus récente ! Cependant ne nous arrêtons pas ici à une impression vague, à un effet de lumière quelconque. Un miroitement decouleurs, du kalé‘doscope, voilà tout ce que nos pères accordaientde qualité à l'œuvre du moyen-âge.
« Le grand mérite des verrières du xur siècle, disait M. Barreau, consiste dans la science théologique et le brillant des couleurs, les beaux effets de lumière et les teintes mystérieuses répandues dans l'intérieur de nos temples. » La foule aujourd’hui n’en juge guère autrement; etne se demande pas les raisons de cette perfection du coloris. Cela nesuffit pas. Nous voudrions donner du vi'rail une conception moins enfantine, plus précise, plus artistique, plus élevée.