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Planche XXXV n° 1, HaBacuc. — Prophète dans le royaume deJuda, il faisait probablement partie du chœur des prêtres ou des lévites chargès de chanter dans le temple, et remplissait sa mission entre les années 605 et 625 avant Jésus-Christ. Le livre qui nous reste de lui, chef-d'œuvre de grand style et de haute éloquence, s'ouvre par un dialogue entre lui et Jéhovah. « Jetez, dit le Très-Haut, les yeux sur les nations |! regardez et soyez frappés d'étonnement... voici que je vais susciter les Chaldéens, nation cruelle, sur la surface de la terre qu’elle parcourt impétueuse. Les chevaux sont plus rapides que les léopards, plus rapides que les loups dans les ombres du soir. » Le prophète s’étonne que le peuple de Juda, prévaricateur sans doute, mais cependant plus juste que le peuple chaldéen, soit ainsi l'objet de la colère du Très-Haut, et Jéhovah fait alors éclater la suite de ses jugements. « A son tour le chaldéen sera frappé, et Juda sera délivré. »
Et le prophète, ému jusqu'au fond des entrailles, chante avec enthocsiasme la majesté puissante de Dieu descendant du ciel pour délivrer son peuple. Ce sublime cantique hardi de conception, débordant de poésie dans ses hautes pensées, ne s'arrête pas au châtiment des Chaldéens ; il prophétise, comme le dit si bien le cardinal Meignan, le règne de Dieu sur tous les peuples après la venue du Messie.
N° 2, même planche, ZacHarie. — Contemporain d'Aggée et comme lui suscité de Dieu pour encourager les Hébreux à la reconstruction du temple, il écrivait entre 515 et 520 avant Jésus-Christ. Son livre .entièrement messianique célèbre l’entrée triomphale du divin Sauveur dans Jérusalem.
Et le tableau, changeant ensuite de couleur, nous représente Israël sous la figure d'un troupeau révolté contre son pasteur et le vendant trente sicles, vil prix d'un esclave, argent maudit qui doit servir à payer le champ d’un potier. Les couleurs s’assombrissent encore en représentant la sainte victime percée de coups, accompagnée dans sa mort de lamentations, auxquelles succèderont les chants de triomphe des nations appelées dans le sein de l'Église.
No 3 mème planche, MALACHIE. — On a comparé ce prophète aux derniers rayons d'un long jour qui fait espérer l'aurore d’un jour éclatant de lumière. Dernier des petits prophètes, il écrivit son livre -433 ans avant Jésus-Christ. Ses reproches les plus vifs s'adressent au sacerdoce dégénéré et négligent de ses devoirs. C’en est fait, dit-il, des prêtres de la tribu de Levi ; et dans une vision prophétique de la Sainte Eucharistie, il s’écrie au nom du Dieu des armées : « Je ne veux plus recevoir l’oblation de votre main, car voici que du levant au couchant, mon nom est grand parmi les gentils. En tout lieu, l’on m'offre
un sacrifice ; on offre en mon nom une oblation pure. » Comme dans l'évangile, l'annonce du seconil avènement de Jésus-Christ vient terminer cette prophétie.
Planche XXXVI, no 4, SopHonias. — Ce vocable souvent employé chez les Juifs, signifie protégé de Jéhovah. Le prophète qui le recut à sa naissance exerça son ministère à Jérusalem, entre les années 620 et." 623 avant Jésus-Christ. La plupart des auteurs, M. Vigouroux en par sa ticulier, le font descendre de David et lui donnent pour trisaieullen Li saint roi Ézéchias. La grâce et la limpidité de son langage rappellent les beautés du style d’Isaïe, cet autre prophète de race royale. Aux menaces” Fa contre les prévaricateurs succèdent les promesses de paixet de bon- E heur réservées aux nations étrangères par le règne du Messie. Le poète 1% chrétien du moyen-âge semble s'être inspiré des imprécations de Sopho= "2 nias en écrivant le Dies iræ. « Le grand jour de Jéhovah est proche.0e > jour est un jour de colère, un jour de détresse et d’angoisses, Un jOUL de ravage et de destruction. »
N° 2, mème planche, Amos. — Dieu ne fait pas acception des persONnES, et leur accorde les dons nécessaires à la mission qu’elles ont à remplir. s Amos n’était qu'un simple berger lorsqu'il fut appelé au ministère prophétique. Il habitait alors Thécué, petite ville du royaume deJuda, A au sud de Bethléem. Envoyé à Béthel, il eut beaucoup à souffrir des prètres des faux dieux, très puissants à la cour du roi de Samarie: Amasias, chef de ces prêtres, l'accusa de trahison auprès de Jéroboam, mais quoique ennemi du prophète, ce prince ne parail pas aVOIE (DU. compte de cette accusation qui fut pourtant suivie, peu de tEMPS APrÈS,; d'une mort mystérieuse. Très élégant dans sa simplicité, le style d'Amos à emprunte à la vie champêtre ses plus belles images. Un passage deses prophéties applicable à l'Église catholique fut cité comme tel par saint Jacques, au concile de Jérusalem.
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N° 3, même planche, Nanum. — Au temps de saint Jérôme, On NOyait encore en Galilée, les ruines du petit village d’Elquos où naquit Nahum… (le consolé). 1l eut pour mission d'annoncer la destruction de Ninive; capitale puissante de l’empire assyrien, qui tombera avec elle, en puni= IS tion de ses crimes contre le peuple de Dieu. Es : La tradition assigne à ses prophéties la période qui s'écoula entrela
prise de Thèbes par les Assyriens (664 avant Jésus-Christ), et la ruine de" Ninive (608). Comme écrivain il se distingue par la verve et l'originalité de son style. à
Planche XXX VIT, no1{, Micnée. — Ce nom chez les Hébreux signifie « qui : | estcomme Jéhovah ». Le début de la prophétie en indique l'objet. «Woici
"que le Seigneur va sortir de sa demeure; il descendra et foulera les - hauteurs de la terre... Tout cela à cause des crimes de Jacob et de la maison d'Israël. Quel est le crime de Jacob? N'est-ce pas Samarie ? Et ‘queis sont les hauts lieux de Juda, sinon Jérusalem ? » Michée fut le contemporain d’Osée et d’Isaïe, et se rapproche beaucoup de ce dernier par l'élévation de son langage. Il exerça son ministère entre les années 158 et 698 avant Jésus Christ.
No2, même planche, Jonas (en hébreu, colombe). — Ce prophète est connu de tout le monde, par le trait miraculeux de sa mission auprès des habitants de Ninive. Les trois jours qu’il passa danse ventre de la baleine, symbolisaient les trois jours du corps de Jésus-Christ dans le tombeau. Nous n’en pouvons douter après le témoignage explicite du Divin Sauveur : « De même que le prophèle Jonas fut trois jours et trois nuits daus le ventre d’un gros poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours ét trois nuits dans le sein de la terre. »
No 3, même planche, ABpras. — Dérivé de deux mots hébraïques, ce nom signifie serviteur de Jéhovah. On n’a pas de données certaines sur l'époque pendant laquelle a vécu ce prophète. L'absence d’ornements littéraires, dans son style vigoureux et même un peu dur, l'ont fait regarder par quelques interprètes, comme le premier des petits prophètes. Il reçut pour mission d'adresser aux Iduméens les reproches du Lrès-Haut, et de leur dénoncer les châtiments dont allait ètre punie leu? révolte contre le royaume de Juda, et leur alliance fratricide avec les Philistins.
Dans les derniers versets, le prophète, emporté sur les ailes de l’inspiration, décrit avec enthousiasme le triomphe du Messie sur tous les ennemis de son saint nom, figuré par le triomphe des Israëélites sur les Iduméens.
Planche XXXVIII, n° 1, AGGÉE (nom qui signifie Festivus ou l’homme
quiprépare les jours de fête). — Le livre d'Aggée se compose de quatre | petits discours adressés aux habitants de Jérusalem, pour exciter leur - zèle à la reconstruction du temple, signe sacré de l'alliance conclue au Sinaï entre Jéhovah et son peuple. Deux de ces discours prédisent clairement l'honneur insigne que recevra le nouveau temple, de la présence du Messie, et le prophète, s’élançant encore plus loin dans l’avenir, proclame la gloire du règne du divin Sauveur.
Ne 2, mème planche, Jouez (Jéhovah est Dieu, ou celui dont le Dieu ‘est Jéhovah). — Les prophéties de Johel sont regardées comme les plus “anciennes, sans que l’on puisse leur assigner une date certaine. Divers fléaux avaient cruellement éprouvé le peuple d'Israël; le prophète
où la plume du ne trace du a Re un d'horreur et de magnificence.
Son nom paraît jusqu’à neuf fois dans le nouveau Téstamen éclatante de l'autorité dont il jouissait auprès des écrivains” C’est dans le livre d’Osée que se lisent ces mots symboliques de 1 en Égypte de la sainte famille : « Et j'ai rappelé mon fils de l'Ég IL Un autre passage annonce clairement que le Messie descendr: famille de David.
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3° LES GRANDS PROPIHÈTES
Planche XXXIX, n° 1, DANIEL. — Au seul nom de ce prophète, se présente à l'esprit la statue colossale qui se dressa, pendant un songe, en face de Nabuchodonosor ; statue mystérieuse dont la tête était d'or, la poitrine et les bras d'argent, le ventre et les cuisses d'’airain, les jambes de fer, les pieds en partie de fer et en partie d'argile. Frappée sur ses pieds par une petite pierre détachée de la montagne, la statue s'écroule; l'or, l'argent, l'airain, le fer et l'argile disparaissent comme la paille qu'emporte le vent, tandis que la petite pierre devient une grande montagne qui couvre toute la terre. Le roi de Babylone fut saisi d’admiration, lorsque le prophète lui montra dans ce songe la succession des empires jusqu à l'arrivée du divin fondateur, dont l'empire vivra dans la sainte Église jusqu’à la consommation des siècles. L'historien Josèphe, grand admirateur de. Daniel, nous raconte que Cyrus, lors de son passage à Jérusalem, se fit donner lecture de cette prophétie dans laquelle il pouvait se connaître lui-mème. Un autre trait non moins célèbre se raltache à la mémoire du prophète, l'interprétation des trois paroles mystérieuses qu'une main traça sur la muraille, en caractères de feu, annonçant à Balthasar la destruction par Cyrus de la ville de Babylone. £a faveur dont ce prophète jouissait auprès de Nabuchodonosor, et plus tard auprès de Balthasar, lui permit de remplir, pendant la captivité, un rôle analogue à celui de Joseph auprès du roi d'Égypte. Issu de race royale, il mourut fort âgé, vers l’an 534 avant Jésus-Christ. La signification de son nom « Dieu est mon juge » présageait dès sa naissance la mission qu'il aurait à remplir.
No 2, mème planche, Ézécmer (en hébreu, Dieu est fort). — Les oracles de ce prophète se dégagent de visions tellement en dehors de toute imagination humaine, que l’on y reconnait aussitôt l’inspiration de l'Esprit de Dieu. Chaque chapitre de son livre qui n’en contient pas moins de quarante-huit, nous donne la description de l’une de ces visions prophétisant les châtiments que Dieu réserve à son peuple prévaricateur qu'il va laisser tomber entre les mains des nations étran-
DB gères, puis les châtiments non moins terribles dont les crimes e ce
mêmes nations les accableront à leur tour.
Après l’expiation, le pardon et la récompense. Le peuple de Dieu: dé.
livré de la captivité relèvera de ses ruines la ville de Jérusalem, et voici que les nations étrangères viendront prendre part à l'héritage des.
enfants d'Israël «et à partir de ce jour le nom de la ville sera»: le Sei-
gneur est avec elle. C’est par ces mots que se termine la dernière vision" prophétisant ainsi le règne du Messie dans la Sainte Eglise: EzéchieL"»
était de race sacerdotale ; il avait environ 25 ans lorsqu'il fut conduit. en captivité, et fut cinq ans après honoré du ministère prophétiques rempli par lui pendant 22 ans. On l’a surnommé le prophète dela
divine justice.
N. 3, même planche, JÉRÉME. — On a surnommé Jérémie le prophète de la justice divine. Aucun autre n’adressa de plus durs reproches aux.
juifs infidèles à la loi du Seigneur. Les châtiments dont il les menace
ont pris de sa bouche un caractère si poignant et d’une si profonde émo=
tion sur les malheurs de Jérusalem, que l'Église leur emprunte, pendant la Semaine Sainte, les scènes pathétiques du drame divin de la Passion:
Dans ce qu'il a d’historique, le livre de Jérémie est un complémenttrès
précieux pour le IVe livre des Rois, pendant les dernières années du royaume de Juda. Mais c’est surtout au point de vue messianique qu'il
nous intéresse le plus. Saint Matthieu lui-même n’a fait que reproduire,
dans son évangile, la prophétie du massacre des Innocents. «Une Voix sera entendue dans Rama, plainte éplorée et multiples gémissements;
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Rachel vleurant ses fils, et refusant toute consolation, parce qu'ils ne sont plus. » Ce grand poète de la douleur exerça pendant de longues
années son ministère commencé en l'an 628 avant Jésus-Christ.
Planche XL, n. 1, Isaïe (dénomination, Jéhovah sauve).— C'est de tous. les prophètes celui qui parle le plus clairement du salut promis parle Seigneur. Il exerça son ministère à Jérusalem pendant plus de 60 ans”
(809-758 avant Jésus-Christ).
Tous les Pères de l'Eglise le comblent d’éloges, l'appelant tantôt le" divin, tantôt l’admirable et le plus éloquent de tous les prophètes
Nulle part autant que dans son livre, se développe l’idée messianique:
Saint Augustin l’a surnommé l’Evangéliste de l’Ancien Testament. “En O ;
neuf discours, du xLIx° au LvIr® chapitre, se trouve éloquemmentexposée l'expiation des péchés des hommes, par l’oblation volontaire de
la divine Victime, le Serviteur de Jéhovah, le Messie; puis danS un autre groupe de même proportion, la royale splendeur de l'Eglise
sur la terre et dans les cieux.
N° 2, même planche, Moïse. — Comme type du divin Sauveur, Moïse
a naturellement sa place parmi les prédicateurs inspirés des oracles
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