VITRAUX POSTÉRIEURS AU XIII SIÈCLE
Aux splendides vitraux du xuie siècle reproduits et expliqués dans ce volume, sont venues se joindre dans les siècles suivants, d’autres verrières fort belles aussi, mais de facture et de style fort différent. Elles sont d'un riche ornement pour les chapelles ouvertes par de larges baies dans les troisièmes nefs, dont elles ont modifié l’aspect primitif d'une façon fort heureuse, pour l'intérieur de l'édifice, mais moins peut-être pour l'extérieur auquel elles ont Ôôté de la légèreté et du relief en engageant dans la muraille, la base des contreforts. Présque tous ces vitraux, n'ayant pour sujet que les portraits des donateurs accompagnés des saints leurs patrons, ne demandent aucune interprétation mystique, et l’on ne peut en comprendre toute la beauté qu'en les voyant sur place, ou dans le grand ouvrage de M le marquis des Méloizes, dont les planches grand in-folio sont admirables de coloris et de dessin. Qu'il nous suffise donc d’en donner les noms des personnages, en y ajoutant la date de fondation, afin que le spectateur puisse suivre les transformations de l’art jusqu'aux premières années du dix-septième siècle où ce genre d’ornementation disparaît dans les édifices religieux. Nous croyons nous conformer aux désirs des visiteurs en les donnant selon l’ordre qu'ils occupent dans la cathédrale,
En partant de l'entrée, le vitrail de la première chapelle à gauche occupée par les Fonts-Baptismaux est remarquable surtout pour l’'époque où il fut peint ; il a pour sujet l’'Assomption de la Sainte Vierge ; Get porte le millésime de 1619. Au premier plan, le maréchal de Montigny et Gabrielle de Crevant, sa femme, à genoux devant de riches prie-Dieu. Au second plan les apôtres rangés autour du tombeau - de la Sainte Vierge rempli de fleurs. Au troisième l'Assomption.
— 114 — | La chapelle suivante fondée en 1456 par Pierre Fradet, doyen du a Chapitre, représente dans son vitrail les quatre Évangélistes, et dans # les entrelacs du tympan des scènes empruntées au crucifiement, à la. | résurrection, à l'apparition de Jésus à sainte Marie-Madeleine, à la. % descente du Saint-Esprit. Re Après la chapelle des Fradet vient celle qui fut fondée en 1457 par. Pierre de Beaucaire, chanoine, secrétaire de Charles VII. Les quatre À grands docteurs de l'Eglise, saint Grégoire, saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroise y sont représentés sur des fonds ne * damassée, cette chapelle est actuellement dédiée à saint Loup.Dans s le tympan les scènes de la résurrection largement traitée montrent au-dessus des tombes entr'ouvertes, l'arbre du fruit défendu surle à. clé de droite, et la croix du Sauveur sur celui de gauche, rapproche- : ment mystique de la faute et du pardon.
La série des chapelles interrompue sur un long espace recommence | près de la grille par la chapelle de Saint-Denis fondée à l'époque de 4 la Renaissance par Denis de Bar, chanoine de la cathédrale, évêque. de Tulle et de Saint-Papoul. Le vitrail est d’un élégant dessin renais sance, mais d'un éclairage défectueux par la multiplicité des tons blancs. des motifs d’architeclure. Seize petits tableaux y représententles 3 traits principaux de la vie de saint Denis l’aréopagite, successivement. premier évêque d'Athènes et premier évêque de Paris. Chaque scène est accompagnée d’une légende en quatre vers qui en expliquelle 8 sujet. L'éclipse du soleil au jour dela Passion; la guérison d'unayeugle.… en témoignage de la divinité de Jésus-Christ prêchée par saint Paul, le baptème de saint Denis, de sa femme et de ses enfants par le même apôtre; le sacre de l'évêque; son envoi dans les Gaules; puis toutes les scènes de son martyre et de celui de ses compagnons saint Rustique. et saint Eleuthère, depuis leur comparution devant le proconsul jus” qu'au tableau qui représente saint Denis portant sa tête entre lesmains: Après la grille et proche de la sacristie, chapelle de Saint-Jean Baptiste fondée en 1466 par Jean de Breuil, chanoine, filleul du due Jean de Berry. Sujet principal, l’adoration des Mages et présentation du A dona.eur par son patron saint Jean-Baptiste. Dans le tympan la nais= | sance de l'Enfant-Jésus accompagnée des faits évangéliques quilont Ÿ précédée et suivie, les visions des bergers avertis par les anges, la fuite en Egypte, avec le semeur qui déroute les sicaires ENVOYÉS par. Hérode, en leur affirmant que depuis qu’il a ensemencé le champ quul moissonne, personne n’est passé par ce chemin. Légende du moyen” âge. :
Après la porte de la sacristie, chapelle des Trousseau consacrée dé: 2"à nos jours à sainte Jeanne de Valois, fondée par Pierre Trousseau, 74
chanoine de Bourges, évêque de Poitiers (1413). Quatre lancettes: dans la première à droite, la sainte Vierge et l'Enfant Jésus devant saint Sébastien accompagné d’un évèque.
Dans la deuxième, saint Jacques présente le père et la mère du fondateur ; dans la troisième, le fondateur lui-même, et dans la quatrième, ses deux frères et sa sœur accompagnée de sainte Agnès. Dans cette verrière, un peu différente des autres, les artistes croient reconnaitre les caractères de la fabrication champenoise.
Nous voici maintenant en présence de la chapelle de Jacques Cœur. Des vitraux du xv° siècle consacrés à Saint-Étienne, affirme Olivier Merson, celui de cette chapelle est incontestablement le plus beau. Dans les deux lancettes du milieu, l’Annonciation. Devant la Vierge debout dans une noble attitude, se tient à genoux l’ange Gabriel, lequel est revêtu d’une chape éclatante d’or et de pourpre, sans idée mystique assurément de la part de l'artiste, mais uniquement afin de donner plus d'ampleur au tableau. Aux deux extrémités, sainte Catherine dans la lancette de droite, et dans celle de gauche saint Jacques, patron du donateur ; personnage admirablement drapé, et superbe avec la longue barbe de sa tête pleine de noblesse el de dignité. S'il est difficile d'admettre que le vérinier, comme on disait jadis, travaillait sur le carton des frères Van Eyck, peintres flamands, dont le dernier mourut en 1440, tandis que le vitrail se place entre 1447 et 1451, il faut au moins y reconnaitre les inspirations de leur génie.
Dans le tympan se dessine largement une grande fleur de lis accompagnée de deux cœurs. On y voit des anges en adoration devant les personnes de la Très Sainte Trinité.
Les verrières suivantes, toutes du xune siècle et décrites dans ce volume, nous conduisent à la chapelle absidale de la Sainte Vierge, de Notre-Dame la Blanche à cause de la statue en marbre blanc apportée dans la cathédrale lors de la destruction de la Sainte-Chapelle dont elle était l’un des plus beaux ornements. Les vitraux fort bien traités seraient d'une grande beauté s'ils n'avaient été si sottement mutilés et défigurés par des panneaux étrangers. A la base des lancettes de droite et de gauche se rencontrent des motifs d'architecture en usage au sommet de verrières d'un autre style et d’une autre époque. La scène la Mieux conservée se voit au tableau de l'Assomption d’une exécution à peu près semblable mais plus archaïque que dans la chapelle des fonts dont nous avons parlé plus haut.
Dans la lancette de gauche, au sommet, la Présentation de la Sainte Vierge au temple, et, dans le bas, saint Joachim et sainte Anne lisant les livres sacrés ; et d’autres scènes tout à fait étrangères à la vie de la Sainte Vierge. Dans la lancette de droite, l’Annonciation, l’adoration des Mages et la fuite en Egypte.