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MUSÉE ROYAL, VENISE

(Voir Page 20.)

7ittore Carpaccio.

Planche n. P

Planche 12. Page 17.

LAZARE BASTIANI ET SON ECOLE encore que ce Lazare était notre Bastiani qui était aussi peintre mosaïste ; on lui devait déjà la belle mosaïque de Saint-Marc, représentant Saint Serge et Bacchus, et il paraissait capable entre tous de peindre une imitation de mosaïques. Nous ne croyons pas pouvoir nous ranger à l'opinion de ceux qui veulent voir dans le maître Lazare des documents de Ferrare ce Lazare Grimaldi de Reggio, auteur d'un très mauvais tableau qui, de la galerie Rossi de Venise, passa, il n'y a pas longtemps, à la galerie Kaufmann de Berlin (i).

Cittadella (2), au contraire, parle de Lazare comme d'un peintre excellent et croit qu'il est mentionné parmi les plus remarquables peintres anciens et modernes dans l'ouvrage curieux d'an écrivain de Ferrare, Sigismond Fanti.

L'œuvre, qui ne comprend que des planches sans texte, porte ce titre : Triompho di Fortuna (imprimée dans l'illustre cité de Venise par Agostino da Portese, MDXXVI). Autour de la roue de la Fortune et de diverses Vertus se trouvent des portraits de héros, de philosophes, de savants, d'astrologues, d'artistes de l'antiquité et des temps modernes. Dans les planches, les noms classiques de Parrhasios et d'Apelle voisinent avec les noms illustres de la Renaissance, Raphaël, Francia, Mantegna, Dosso Dossi. A la planche XXV, autour de la roue de la Fortune, on voit la figure d'un Lazzaro pictor. Il est évident qu'un peintre du nom de Lazare devait alors jouir à Ferrare d'une grande renommée, puisque Fanti n'hésitait pas à le glorifier à l'égal des artistes les plus illustres. N'était-ce pas ce Lazzaro pictor qui fut chargé d'orner le dôme de Ferrare ? Et il ne nous semble pas téméraire de penser que ce fut précisément notre Lazare Bastiani, car le médiocre Lazare Grimaldi de Reggio n'était certainement pas digne d'une telle confiance, et encore moins des honneurs décernés par Sigismond Fanti. D'ailleurs nous ne connaissons pas à cette époque d'autre peintre de quelque renom répondant au nom de Lazare.

(1) A. Venturi, Archivio storico dell'Arte, 1888, p. 89.

(2) Doc. III. risguardanti la Statistica di Ferrara.

Au XVIe siècle, nous pouvons suivre les traces de Bastiani dans les anciens documents des Archives de Venise, et nous trouvons plus d'une fois sa signature de 1500 à 151 2.

En 1508, son nom est joint à celui de Victor Carpaccio dans un jugement de grande importance. Lazare et Victor sont appelés pour estimer les peintures de Giorgione qui se trouvaient sur la façade du fondare dei Tedeschi (magasin des allemands), et Bastiani est nommé le premier, — non par ordre alphabétique, puisque le peintre Victor de Mathio vient après Scarpaza, — mais comme le plus ancien. Avec un autre de ses disciples, Benedict Diana, bon peintre de la même école, Bastiani peint les étendards de la place Saint-Marc. Ce qui prouve indubitablement que Bastiani fut, en son temps, tenu en grande considération, c'est qu'il eut l'honneur, envié des artistes les plus fameux, d'être appelé au Palais Ducal pour y faire un certain nombre de portraits, alors que Gentile Bellini, de retour de Constantinople, ne reçut la commande que d'un seul portrait, celui du doge Barbarigo (1). De fait, François Sansovino, dans sa Venetia (éd. de 1581, c. 124), écrit : « ... la salle du Collège des 25, avec divers portraits de Doges d'une hauteur de plus d'un bras et demi, en costume ancien, œuvre de Lazare Bastiani ». Et Ridolfi (Meraviglie, I, 67) : « Dans la salle des vingt Savii, située entre celle du Conseil et celle du Scrutin, il fit (Bastiani) un grand nombre de portraits des Doges, qui ont brûlé ».

Enfin, on trouve l'indication de la mort de Bastiani dans cette note des Registres de l'Ecole de Saint-Marc :

« 1512. Mort de Ser Lazare Bastian, peintre à Saint-Raphaël ».

Et sa mort doit être postérieure au 17 mars 1512, car, à cette date, il figurait encore dans un contrat.

Lazare eut un fils, du nom de Vincent, qu'on pourrait faci-

(1) Lorenzi, Monumenti per servire alla Storia del Pal. Duc, Doc. 216.

Ces documents répondent au professeur Testi, qui écrit :

a II paraît que même par ses contemporains Bastiani n'était pas considéré comme un grand peintre. Il n'eut, en effet, en partage aucuae de ces belles commissions qui mirent en évidence les grands maîtres du temps. •

lazare bastiam.

l' annonciation

(musée civique, venise]

(Voir Paee 22.)

LAZARE BASTIAM.

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