‹ Vittore CarpaccioChapitre 15 sur 87 · LAZARE BASTIANI. LA NATIVITÉ (MUSÉE ROYAL, VENISE · texte numérisé non relu

LAZARE BASTIANI. LA NATIVITÉ (MUSÉE ROYAL, VENISE

(Voir Page 24.)

ttore Carpaccio.

Planche 17. Page 22

LAZARE BASTIANI.

PREDELLE (MUSEE BRERA, MILAN, ( l 'oit Page 20.)

Planche 18. Page 23. H

LAZARE BASTIANI ET SON ECOLE Ce sujet de l'Annonciation fut repris plusieurs fois par Bastiani. Il en exécuta une jusque sur les panneaux de l'orgue de Saint- Michel à Padoue, mais il n'en reste, malheureusement, que l'ange Gabriel, sur un fond de paysage animé, selon l'habitude du peintre, par des eaux et par un groupe de personnes qui s'entretiennent. Cavalcaselle a aussi rendu à Bastiani une autre toile qui devait former le côté interne des mêmes panneaux, représentait l'archange Michel et portait la signature fausse de Jacques Nerito, élève de Gentil de Fabriano.

Deux autres panneaux d'orgue de Bastiani, où est peinte une Annonciation, qui proviennent probablement de l'église de l'île vénitienne Sant'Elena, sont au dépôt de l'Académie de Venise, et portent au dos des dessins au fusain, qui sont probablement de la main du maître.

Enfin, une tablette d'un beau coloris, représentant l'Annonciation, de Bastiani, a été vendue en Angleterre par le libraire Ongania de Venise.

Bastiani peignit aussi quelques Madones, parmi lesquelles il faut citer la Vierge aux Beaux Yeux, qui était dans le bureau des gouverneurs délie Entrade (revenus), et fut attribuée par les critiques du xvme siècle à Jean Bellini. Edwards, cependant, écrivait, dès 1807 (1), que beaucoup de gens doutaient que le tableau fût de Bellini et l'attribuaient plutôt à Vivarini. Mais le paysage caractéristique du fond, avec ses palmiers d'une forme singulière, le type des enfants à peu près identiques aux petits enfants de la peinture de Murano, l'expression dure et sévère de la Vierge, et les doigts des mains aux phalanges osseuses et raides, doivent faire attribuer l'œuvre à Bastiani. Une autre de ses Madones, qui est au Musée de Vérone, a été reproduite par lui sur une table, actuellement au Musée de Venise, où se trouve également une autre peinture représentant Saint Conte, saint Damien et autres Saints, qui nous

(1) Areh. di Stato. Direct, génér. des biens du Domaine, bureau de l'Économat, carton Edwards.

paraît être de Bastiani. Au contraire, une Madone du même Musée, qui porte la fausse signature de Cima de Conegliano, est de son école. Mme Lagan affirme avoir vu à Bari un tableau de Bastiani sur lequel nous n'avons aucun renseignement.

Bastiani fit encore deux médiocres tableaux, l'un pour l'église délia Madona del Torresino à Cittadella, l'autre pour l'église de Saint -Antonin de Venise, qui représentent tous deux le même sujet, la Piété. Ce dernier, que Cavalcaselle place dans la prime jeunesse de l'artiste, sous l'influence de Mantegna, doit, au contraire, être rapporté, pour la rondeur des plis et une certaine morbidesse du coloris, à la seconde manière de Lazare. Il en va de même pour la Nativité avec quatre Saints (i), qui est actuellement à l'Académie, surtout si l'on considère la proportion des corps, trop longs par rapport aux têtes.

C'est encore à l'école de Bastiani, sinon au maître lui-même, que nous semblent appartenir les huit petits tableaux de l'église de Sant'Alvise à Venise, que certains critiques ont considérés comme une contrefaçon moderne, et que d'autres critiques, des plus autorisés, comme Ruskin, ont attribués à la prime jeunesse de Carpaccio, dont certains portent faussement la signature (2).

Nous croyons que ces huit petits tableaux ont orné quelque temps la balustrade de l'orgue de l'église de Santa Maria délie Vergini, en même temps que deux tables, de plus grande dimension, qui sont maintenant au Musée municipal de Venise et représentent, l'une Adam et Eve auprès de l'arbre du Paradis, l'autre l'Arbre de l'Eglise avec, sur les côtés, le roi David et la Sulamite. Les deux tables de sapin sont entourées d'une étroite corniche, qui n'est pas rapportée mais taillée dans les tables mêmes, et elles ne forment chacune qu'une pièce avec la corniche ; d'où l'on peut déduire qu'elles devaient servir de panneaux d'orgue. Suivant les documents des Archives, ces deux tables proviennent

(i) La Nativité était dans l'église de l'île de Sant'Elena.

(2) Les huit petits tableaux furent, au dire de Cicogna {Iscrisioni venez., v. 624), acquis en 1842 par l'abbé Fr. Driuzzo et placés dans l'église de Saint-Alvise.

Page 1