‹ Vittore CarpaccioChapitre 3 sur 87 · VII · texte numérisé non relu

VII

PREFACE

II publia seul, ensuite, dans le Jarbuch der Koniglich Preussichen Kunstsammlungen de Berlin une série d'études et de documents inédits sur Boni face de Pitati de Vérone et son école {igoi-igo2), sur la Madone dite « de la Mer »deGiambellinodes Uffizi de Florence (1Q02) , sur Antonello de Messine et les artistes flamands de Venise {iço2), sur les peintres bergamesques de Venise (iço3),sur Sébastien Luciani et sur les Noces du Titien {1904). Et ce durant, dans d' autres publications, il donnait des études qui, pour être de moindre importance, n'en témoignaient pas moins de patientes recherches et proposaient nombre de raisonnables hypothèses, toutes études qui eurent pour effet de détruire des erreurs invétérées et de mettre en lumière des faits inconnus et d'où sortit comme rénovée une notable partie de la vie artistique d'autrefois en Italie. Et comme s'il avait voulu se hâter de remplir sa vie, sentant sans doute que la mort hâtait aussi son approche, aux études qu'il consacrait avec une inlassable activité à la vie des peintres et à leurs œuvres, il en joignait d' autres sur le mobilier et les arts industriels à Venise. Mais de ces curieuses et utiles contributions à l'histoire du costume, il ne put mener à bien qu'une partie dont les résultats ont été publiés, après sa mort pr ématurée, par l' Institut allemand d'histoire de l'art de Florence.

Fortifiée par des études et des projets communs, mon amitié avec le savant historien s'était changée en intimité, et dans nos longues conversations la figure de Carpaccio se présentait sans cesse à nos regards parmi les visions lumineuses de sa peinture et les nuages de son histoire dont le maigre fonds avait été accru par un mémoire de Ludwig où il apportait des indications nouvelles touchant les œuvres du peintre à l'Ecole des Albanais (1).

Nos libres débats et nos courtoises discussions faisaient chaque jour plus solide une amitié qui répugnait à toute flatterie. Et bientôt il nous vint à tous deux la pensée de mettre en commun nos connaissances et nos goûts pour composer une monographie, aussi complète

( 1) Archivio storico dell'arte, série II, 3e année, fasc. VI. Rome, 1897.

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