‹ Vittore CarpaccioChapitre 30 sur 87 · PAROI DE LA CORNU EPISTOLAE · texte numérisé non relu

PAROI DE LA CORNU EPISTOLAE

P. p., hauteur de la porte principale ou hauteur à laquelle étaient placés les tableaux P. L, porte latérale faite au siècle dernier après la suppression

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carène, très fréquente dans les églises vénitiennes aux xme et xive siècles. Pour se faire une idée du toit de Sainte-Ursule, il n'est que de regarder non pas l'église monumentale de Saint-Etienne, mais d'autres églises, de plus modestes proportions, par exemple Saint- Jacques dall'Orio (1225), Saint-Jean Décollé (1213) et Saint- André délia Zirada (1330) . Ces deux dernières églises ont, en guise de toit, une très belle carène, qui, au xviiF siècle, fut barbarement couverte d'un toit horizontal en maçonnerie. Heureusement le toit de

Saint-Jacques daU'Orioestvenujusqu'ànoussoussaformeprimitive. Pour comprendre la construction du toit, il faut sortir de l'église et observer les murailles latérales, que trois contreforts divisent en quatre compartiments égaux, subdivisés dans le haut en deux petits arceaux. Pour soutenir les parois, les anciens architectes les reliaient par de grosses travées appelées chaînes. Ces

chaînes faisaient tête aux contreforts externes et aux consoles des arceaux, de sorte qu'elles composaient un ensemble de sept travées équidistantes. Remarquons à ce propos que nous ne savons pas si, aux xme et xive siècles, on employait des chaînes de fer, ou si c'étaient toujours des chaînes de bois. Des parois latérales saillissaient à une certaine hauteur des supports continus et obliques nécessaires au soutien des solives. De sorte que nous pouvons nous figurer comme suit l'aspect intérieur du plafond : de support en support couraient sept arceaux entremêlés de nombreux carrés de bois, qui donnaient à l'ensemble l'apparence d'une carcasse de navire renversé. L'espace compris entre l'architrave des tableaux et ce toit en forme de carène était rempli par une série de barbacanes (élément caractéristique de l'architecture vénitienne), placées deux par deux entre une travée et l'autre.

En dehors de la chapelle, dans la paroi méridionale, entre deux contreforts, nous savons, par le manuscrit de Marc-Antoine Luciani, qu'était placé le sarcophage contenant les restes de Jean Bellini. Le premier sarcophage après le portique était celui de Fantin Lorédan; le second, celui de Bellini. Mais, suivant l'usage vénitien, on déposait plusieurs corps dans ces grands sépulcres, qui faisaient partie du patrimoine d'une famille. Le sarcophage, où furent déposés les restes de Jean Bellini, appartint à l'origine à la famille des Abbati, puis à celle de Gabriel di Giorgi ou Zorzi (i).

(i) Les Abbati venaient de Florence et avaient les mêmes armes que les Médicis, six boules rouges sur champ d'argent (Crollalanza, Dizionario blasonico-storico). Ces armes étaient en effet sculptées sur le sarcophage de Bellini avec l'inscription : « Sépulture de Paul et Antoine Abbati frères, et de leurs héritiers ». Des documents des Archives de Venise, il ressort que cette famille habitait la ville dans les premières années du xiv6 siècle. Un Abbati, frère Giotto, mérita la reconnaissance de Venise en faisant élever à ses frais la belle église de Saint-Antoine de Castello (Fr. Sansovino, Venetia nobilissima éd. Martinioni, 1663, page 29). A cette époque habitaient à Venise beaucoup de Florentins, qui avaient formé une confrérie spéciale dont la résidence était précisément dans l'église de Saint-Jean et Saint-Paul. Nos recherches pour savoir comment le sarcophage des Abbati avait passé à la famille de Zorzi sont demeurées infructueuses. Peut-être les Abbati avaient -ils quitté Venise? Dans les testaments des Bellini. des membres de la famille de Zorzi sont parmi les exécuteurs testamentaires : 1489, 23 septembre. Testam. : « Ego Zenevra, uxor egregi viri ser Ioannis Belini pictoris de confinio Sancte Marine... constitus meos fidei commissarios egregium virum ser Gabrielem, q. Georgii consobrinum meum. » — 1498, 14 décembre. Testam. : t Ego Alovisius Bellinus natus d. Ioannis Bellini de confinio Sancte Marine... constitus meum solam fidei commissariam dominam Lucretiam consortem serGabrielis

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