‹ Vittore CarpaccioChapitre 57 sur 87 · E. COMPAGNI · texte numérisé non relu

E. COMPAGNI

Les maçons, en plaçant les tablettes sur lesquelles est gravée l'inscription, se sont trompés dans l'ordre des noms de ceux qui étaient chargés de faire faire la façade.

Voici comment il faut lire, selon la Mariegola : « MDXXXI intempo de Tomaso Mamoli gastaldo et Nicolo Cuci baretero Vichario e compagni (i). »

L'Ecole, dont les finances continuent à prospérer, fait poursuivre les travaux, et en juin 1532 elle donne l'ordre de construire en pierre l'autel de l'Hôtel d'en bas. Après avoir pensé au culte du Seigneur, ils ne négligent pas les affaires terrestres et ils commandent d'autre part « une caisse de fer avec trois clous dessus, pour la mettre sous terre, ou dans quelque lieu sûr pour y enfermer l'argent ». Et ils décident « de faire renforcer un mur de pierres sur le côté droit de l'Ecole pour mettre l'École à l'abri des voleurs et du feu ».

En 1552, on fait recopier par le prêtre Jean de Vitali de Brescia l'ancienne Mariegola, incorrecte, mal écrite et plus mal rédigée, sur un livre neuf orné literis aureis, rubeis, celestisque,

(1) A ce propos, il y a un passage important dans la Mariegola à la date du 10 mai 1532 : « Messire Thomas Mamoli, le présent gastaldo de notre École, et Messire Nicolas Cuci bonnetier, son vicaire et collègue au bureau, se trouvent avoir dépensé pour bâtir et élever notre École sur la rue avec des figures, et faire Scutari en pierre vive, comme on peut le voir présentement, et en Maîtres, en or et peintres et autres dépenses, qui au total s'élèvent à la somme de quatre-vingt-dix ducats.

« Laquelle construction est l'honneur de notre patrie et de notre École, et à la louange de nos prédécesseurs, et à la gloire et l'honneur de cette Illme Seigneurie de Venise, et en souvenir et mémoire de la fidélité de nos anciens et très fidèles aïeux, laquelle construction était aussi nécessaire parce que ce lieu ne paraissait pas une École, mais paraissait plutôt la boutique de quelque métier vil ».

recouvert de velours cramoisi avec des coins et autres ornements d'argent.

A lire les chapitres grossiers et naïfs de cette Mariegola, en suivant pas à pas ses règlements justes et pratiques, en admirant les monuments artistiques laissés par l' Ecole, le désir vient de connaître les hommes qui donnaient vie, activité et prospérité à cette Société.

On rencontre souvent parmi les confrères trois métiers caractéristiques : les zimadori (tondeurs de drap), les baretteri (bonnetiers) et les cofaneri (coffretiers) (i). Mais d'autres métiers y étaient admis, comme nous le prouve une délibération d'une assemblée convoquée le 21 août 1552 dans Y Hôtel d'en haut de l'École. Nous y trouvons Marc délia Barba, messire Cattanio, messire Dominique de Mattia, messire Piérin, messire Bernardin et messire Dominique, tous peintres. Ce sont les peintres qui sont les plus nombreux ; nous en avons l'explication par de nombreux documents du temps, qui nous indiquent que beaucoup de peintres étaient venus dans les lagunes des rives opposées de l'Adriatique. Et de fait, dans les vieilles chartes, nous avons pu trouver les noms, la patrie, jusqu'aux enseignes de boutiques des peintres dalmates, esclavons, istriens. Quelquefois ils s'élevaient jusqu'au grand art, comme André Meldola dit l' Esclavon, mais le plus souvent ils travaillaient pour les arts industriels, à la décoration des façades des maisons et à l'ornementation des coffres pour les trousseaux de noces.

(1) Les zimadori, tondeurs de draps, qui formaient une branche spéciale de la grande industrie de la laine à Venise, avaient un autel à eux à Saint-Jean l'Aumônier à Rialto, consacré à leur patron saint Nicolas. Leur École pour les affaires industrielles était à Rio Marin dans le quartier de Santa Croce. On travaillait aussi la laine en beaucoup d'autres lieux de Vénétie, à Feltre, à Vicenza, à Bassano, et les draps, les flanelles, les tricots de laine, la bonneterie sortaient des fabriques de Follina, de Salzano, de Padoue et de Crespano, et tous ces objets étaient portés à teindre à Venise. La corporation des berretteri, qui donna son nom à un pont à San Salvatore, où elle avait son siège principal, fut admise dans la confrérie en 1475, mais en 1506 elle se fondit avec celle des marzeri (merciers). Le commerce des bonnets était très actif : on les teignait rouge sombre, écarlate, cramoisi, violet et bleu clair, et on les expédiait aux marchands albanais en Bosnie, en Herzégovine, en Grèce, dans la haute et basse Albanie, au Pirée, en Dalmatie, etc. Ce trafic dura jusqu'à nos jours, et beaucoup de vieux Vénitiens se souviennent d'avoir vu des Albanais dans leur pittoresque costume vendre des bonnets dans les rues de la ville. Marc Penna, Albanais, fut le dernier négociant de bérets, et ses héritiers continuent encore dans de modestes conditions ce trafic dans une maison de Saint-Jacques dall'Orio. La profession de cofaneri, fabricants de coffres, était une branche de celle des peintres.

L'ECOLE ALBANAISE

Parmi les membres de l'Ecole nous rencontrons encore messire Pierre marçer (mercier), messire Martin muraro (maçon), messire Zanetto valet du gouvernement, messire Nicolas Negro zogieler (joaillier), messire Santin cor délier (rubanier), messire Alvise casseller (fabricant de caisses), messire Nicolas et messire Baptiste taiapiera (piqueur de pierre), messire Mattia sagomador (jaugeur), messire Andrée fontegher (farinier), etc. Un autre groupe nombreux était formé par les marins, qui jouissaient de certains privilèges. Un article de la Mariegola imposait à tous l'obligation d'assister aux assemblées fixées par le gastaldo, exception faite pour ceux qui devaient aller hors du pays pour quelque importante affaire. L'exception concernait spécialement les marins (i).

Dans l'Ecole, on le voit, cette classe populaire était bien représentée, qui, au souci de ses intérêts et à l'amour du gain, savait unir le culte de l'art du bien et du beau. Mais quand commence à décliner la fortune de Venise, les germes de dissolution pénètrent également au sein de ces associations. Les âmes, avec le temps, devenaient molles et corrompues. Les Albanais, qui, dans leur patrie, se pliaient de plus en plus au joug des Ottomans, oubliant leur glorieuse histoire pour se faire mahométans et entrer au service du sultan dans sa garde, trouvaient des imitateurs dans les Albanais des lagunes qui, dans la mollesse de la vie vénitienne, laissaient perdre la vigueur naturelle de leur race. Dans l'Ecole même, la bonne harmonie d'antan disparaissait, et comme, depuis 1454, il était établi que les fonctions du bureau devaient être conférées aux seuls Albanais, un siècle plus tard environ commencent à s'élever de grandes discussions et des rivalités entre les Albanais et leurs confrères vénitiens. On eut recours à un expédient : on nomma alternativement aux fonctions de gastaldo un Italien et un Albanais, mais la décision n'apporta pas

(1) Le 11 avril 1454, on établit que « tous les marins qui acquitteront la taxe du luminaire hors Venise, soit dix sous, ne seront plus tenus de la payer à Venise, à l'exception du pain et de la chandélie ».

une solution efficace à leurs différends (i). Aux discordes s'ajoute la décadence économique. On est loin de la prospérité d'autrefois, et c'est en vain qu'on tente de faire obstacle à la ruine qui menace par des mesures d'économie. « Ce sera une bonne et sainte chose d'épargner une partie des dépenses qu'on pourra faire en moins sur l'ensemble », dit une décision de septembre 1573.

La ruine fut lente, mais inévitable, et au xvme siècle l'Ëcole avait cessé de vivre. Quand le décret des Dix du 5 septembre 1780 supprima l'Ëcole du Sovvegno dei Pistori (boulangers) dans l'église de Saint-Mathieu de Rialto, on leur assigna l'Ëcole, déjà fermée, des Albanais à Saint-Maurice, qui depuis lors prit le nom d' Ecole dei Pistori (2). Les nouveaux hôtes élevèrent sur le champ de Saint-Maurice un étendard à l'endroit qui est encore marqué d'une pierre, avec l'inscription dont voici la traduction : « Place de l'Étendard de l'Ëcole de la B. V. des Albanais, maintenant des Boulangers ».

Beaucoup des objets précieux réunis par les Albanais furent vendus ou dispersés. Le souvenir de certains d'entre eux est conservé dans une vente faite en 1762 par les Provéditeurs de la Commune : « 1 croix, 19 marcs ; 4 chandeliers : 26 m. 6 onces ; 6 chandeliers neufs : 36 m. 6 onces ; 1 grand, 13 m. 2 onces ; 4 moyens : 12 m. 4 onces; 1 paix : 5 m. 3 onces; 2 couronnes et 3 diadèmes, ensemble 5 : 2 m. 4 onces ». Il resta encore dans la salle de l'Ecole quarante-trois tableaux, outre les six tableaux de Carpaccio, dont on ne connaissait ni l'auteur ni la valeur. Ils auraient peut-être été vendus comme tant d'autres œuvres remarquables, si un décret des Dix du 12 juillet 1773 n'avait pas mis un frein au gaspillage malhonnête, qui dépouillait la patrie de tant d'objets

(1) « 1574, 21 juin à Venise : que dorénavant il y ait un gardien (gastaldo) Italien, et l'année suivante un gardien Albanais, et que l'année où il y aura un gardien Italien, le vicaire soit Albanais ou de

a Nation, et que l'année où le gardien sera Albanais le vicaire soit Italien et que leurs collègues soient par moitié Italiens et Albanais, sous réserve que les Albanais donnent des preuve s authentiques de leur nationalité ; et le gardien doit prouver qu'il est Albanais depuis trois ans, et les collègues depuis deux ans ; et que des collègues semestriels que l'un soit Albanais et l'autre Italien, et les syndics un Albanais et l'autre Itaiïen ».

(2) Tassini, ouvr. cit., p. 574.

L'ÉCOLE ALBANAISE

précieux. Le décret nommait des inspecteurs chargés de visiter toutes les églises, tous les couvents de la République et de dresser une liste des œuvres les plus importantes qui s'y trouvaient. Ces listes, d'un modèle déterminé, devaient être signées en chaque endroit des préposés, lesquels devaient faire expressément la déclaration qu'ils n'avaient qu'en dépôt les objets précieux par leur valeur artistique ou matérielle, et qu'ils étaient responsables de leur conservation.

Antoine Marie Zanetti, le fameux historien de l'art, fut un des deux inspecteurs pour la ville de Venise, et il dressa une liste des meilleurs tableaux existant dans les églises, les monastères et les écoles de Venise, divisée en quartiers et signée des préposés de l'époque. Ce Catalogue subit de singulières vicissitudes. Sous le premier règne italien, il fut porté à la Braidensis de Milan; puis, sous la domination autrichienne, à Vienne, et ce n'est qu'en 1869 qu'il fit retour à Venise où il se trouve aujourd'hui aux Archives d'Etat parmi les manuscrits olim Brera n° 93.

Zanetti mourut pendant la confection du Catalogue, et dans les Riferte (Rapports) de son successeur G. B. Mengardi, qui vont de 1779 à 1795, nous trouvons le Ier juin 1784 les indications suivantes : « J'ai découvert dans l'Ecole dei Pistori à Saint-Maurice six tableaux excellents de Vittore Carpaccio tout à fait dignes d'être inscrits sur le catalogue et d'être confiés à qui de droit pour leur conservation ». Et en effet, à la dernière page du susdit livre, dans la partie qui concerne le quartier de Saint-Marc, nous trouvons les six tableaux indiqués en note, comme suit :

« Dans l' École de Sainte-Marie et Saint-Gall des Albanais, à Saint-Maurice, de la corporation dei Pistori,

« Se trouvent dans cette Ecole six petits tableaux de Carpaccio et tous du côté gauche.

« Le premier représente la naissance de la Vierge.

« Le second représente la présentation de Marie au temple.

« Le troisième représente les épousailles de Marie et de saint Joseph.

« Le quatrième représente l'Annonciation de Marie. Il est écrit dans la bordure de ce quatrième tableau : « Au temps de Zuane de « Nicole Zimador et ses collègues. MCCCCCIIII au mois d'avril ».

« Le cinquième représente la Visitation de Marie à sainte Elisabeth.

« Le sixième représente la mort de Marie, ou, selon d'autres, celle de sainte Anne.

« Ce 27 août 1784.

« Reçu comme dans l'original de feu Zanetti, inspecteur, délivré par M. Nicolas Colotti, gardien de l'École (1) ».

Dans les Rapports du successeur de Mengardi, le peintre François Maggiotto, fils du fameux Dominique, nous trouvons, à la date du 18 octobre 1796, les indications suivantes :

« Dans l' Ecole de Sainte-Marie et Saint-Gall à Saint-Maurice, il y a six tableaux de Carpaccio en mauvais état ».

De ces œuvres, ni Sansovino dans sa Venetia, ni Boschini dans ses Ricche miner e, ni Antoine Marie Zanetti n'avaient parlé.

Après la chute de la République, l'École des boulangers fut dissoute par Napoléon avec les autres Écoles et confréries. Dans l'important Catalogue du choix d'objets d'art mis à la disposition de S. A. I. Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, prince de Venise, dressé sur l'ordre de l'Intendance générale des biens de la couronne par le délégué Pierre Edwards, nous trouvons à la date du 22 mars 1808 :

« Dépôt du 28 du dit (janvier 1808), École dei Pistori : 49. Vittore Carpaccio.

« La Naissance de la Vierge Marie, toile : ire classe (ordre de valeur).

« La Présentation de Marie au temple, toile : ire classe.

« L'Annonciation de Marie, toile : ire classe.

« La Visitation de sainte Marie-Elisabeth, toile, ire classe.

« Les Épousailles de Marie, toile : ire classe.

(1) Archives d'État. Inq. d'Ét. Tableaux insp., carton 909, 1796-97,

r L'ECOLE ALBANAISE

« Benedict Diana : La Mort de la Vierge Marie, toile : ire classe ».

Quarante-trois tableaux étaient considérés les uns comme de très mince valeur, les autres comme de la dernière qualité.

Eugène de Beauharnais inaugure le grand musée de Brera, demande des tableaux aux dépôts de Venise, et il en résulte un premier envoi de Pierre Edwards à Milan.

Deuxième détail : « Peintures extraites de la collection et envoyées en plusieurs fois à Milan en 1808, conformément aux ordres de S. A. I. le Prince et Vice-Roi transmis par S. E. M. l'Intendant général des biens de la Couronne.

« Ecole des Boulangers : Vittore Carpaccio : la Présentation de la Vierge Marie au Temple, toile.

« Les Epousailles de la Vierge Marie, toile ».

Plus tard nous trouvons :

<< Observation sur les tableaux qu'on doit envoyer à l'Intendance générale des biens de la Couronne, par le délégué Edwards sur l'ordre et commission de S. E. l'Intendant général, 28 janvier

« Première liste : Vittore Carpaccio : la Naissance de la Vierge Marie, toile ».

Une note particulière d'Edwards dit : « Il semble que ce soit une de ses œuvres de la fin du XVe siècle, mais c'est une des plus faibles. Elle a subi quelques dommages, mais de peu d'importance (1) ».

Ces trois tableaux passèrent donc à Milan et les trois autres restèrent dans les dépôts de Venise.

On trouve encore, en 1822, les notes suivantes : « Etat général des tableaux et effets de la propriété domaniale existant dans le local de la commanderie de Malte, donnés en garde au professeur comte Bernardin Corniani, soussigné le 13 mars 1822, nos 784, 785, 786 : École des Boulangers : tableautins : haut. 3 m. 10,

(1) Archives d'État. Economat. Dossier Edwards, 1808, c. 22.

largeur 3 m. 10. Etat suffisant; simple toile. Visitation de sainte Elisabeth. La Mort de la Vierge Marie, l'Annonciation, Vittore Carpaccio (1) ».

En 1838, le prince de Metternich, désireux d'enrichir le musée qu'il avait formé à l'Académie de Vienne de tableaux de l'école vénitienne, envoyait à Rome pour en faire un choix les deux peintres Engert et Fuhrich, qui choisirent dans les dépôts 85 tableaux, parmi lesquels Y Annonciation et la Mort de la Vierge Marie de Carpaccio, qui étaient dans un état suffisant, comme il est dit dans le rapport.

En 1814, on voulut orner le Musée Correr de Venise de certains des tableaux qui étaient dans les dépôts, et on prit le dernier tableau, qui restât encore à Venise du cycle de l'École des Albanais, la Visitation, et on le plaça au Musée.

Suivons maintenant l'exode des tableaux à travers les divers musées.

Dans la galerie de Brera, salle VII, nous trouvons cette indication :

« N° 307, Vittore Carpaccio, la Présentation de la Vierge Marie au temple, toile, haut. 1 m. 27, largeur 1 m. 37, vient de Venise, de l'École dei Pittori (sic).

« N° 309 : les Epousailles de la Vierge Marie, de la même dimension et provenance ».

Quand, en 1816, les Autrichiens s'emparèrent du royaume lombard-vénitien, Pierre Edwards fut invité à présenter un rapport sur les tableaux, restés dans les dépôts de Venise. Le rapport, établi avec un soin minutieux, indique les tableaux qui furent envoyés, sur le désir de Beauharnais, à Milan et à Modène. Ils ne furent pas tous destinés par Beauharnais aux musées publics, et certains passèrent aux mains de particuliers, comme la Naissance de la Vierge envoyée à Milan en 1811, qui se trouve maintenant

(1) Ibid. Statistique domaniale, vol. 339.

L'ECOLE ALBANAISE

à la Galerie Lochis de Bergame sous le n° 235 (haut. 1 m. 29, largeur 1 m. 26), provenant, comme l'indique le catalogue, de la galerie du comte Théodore Lechi de Brescia. Mais comment est-elle passée de Y École des Albanais à la galerie de Lechi ? On l'ignore, et il est permis de supposer qu'elle a été donnée au comte de Brescia par Beauharnais.

De même furent données à l'Académie de Vienne par l'empereur Ferdinand : Y Annonciation (n° 43 du Cat., haut. 1 m. 27, largeur 1 m. 39) et la Mort de la Vierge (n° 69, haut. 1 m. 28, largeur 1 m. 33).

Enfin, au Musée de Venise (collection Correr), sous le n° 31 des peintures (page 68 du Cat.), se trouve encore la Visitation (haut. 1 m. 28, largeur 1 m. 37).

L'observation que ces six tableaux devaient appartenir à une même collection, représentant la Vie de la Vierge, fut faite pour la première fois par le critique d'art autrichien Théodore de Frimmel, dans un article publié dans le Repertorium fur Kunstwissenschaft (Berlin et Stuttgart, XI, 320). La pénétrante remarque de Frimmel, fondée sur une simple impression, est pleinement confirmée par les documents.

Page 1