‹ Vittore CarpaccioChapitre 61 sur 87 · LA VIE DE LA VIERGE ET DE JÉSUS (MUSÉE DU LOUVRE · texte numérisé non relu

LA VIE DE LA VIERGE ET DE JÉSUS (MUSÉE DU LOUVRE

(Voir Page 223.)

ore Carpaccii

Hanche 77. Page 222.

La Visite de Marie à Elisabeth.

La Purification.

La Naissance dit Christ.

La Fuite en Egypte.

La Circoncision.

Le Christ chez les Docteurs.

ÉCOLE DE JACQUES BELLINI. LA VIE DE LA VIERGE ET DE JESUS (MUSEE DU LOUVRE,

(Voir Page 223.)

Planche 78. Pag

LES TABLEAUX DE LA VIE DE LA VIERGE

8° Ysachar Virginem recepit in templo, quae Mo juvante fier se gradus ascendit ;

9° Virga Joseph apparnit florida cm Virgo fuerit commendanda.

Sur la colonne du nord-est on voit encore cette inscription et la scène qui s'y rapporte :

Annuntiacio : Maria it ad Elisabeth : Suspitio : Nativitas Iesu Christi.

Tous les autres bas-reliefs des trois colonnes sont occupés par les épisodes de la vie du Christ.

Mais les fresques, que de 1303 à 1305 Giotto exécuta avec une puissante originalité dans la chapelle des Scrovegni à Padoue, tout près de Venise, eurent une influence bien plus forte sur l'iconographie vénitienne.

Deux œuvres, dues au pinceau d'un artiste vénitien de la première moitié du Quattrocento, traitent le même sujet et sont évidemment inspirées de l'immortel artiste.

La première, qui, si elle n'est pas de Jacques Bellini, est très probablement d'un de ses bons élèves, est la prédelle de la table d'autel représentant l'Annonciation, attribuée à tort à Angelico, qu'on admire dans l'église de Saint- Alexandre à Brescia. La prédelle, qui n'est pas du même auteur que le tableau, est formée de cinq tablettes de forme oblongue, qui représentent : la Naissance, la Présentation au Temple, la Visitation, Un Miracle et la Mort. Inspirées du style giottesque, elles comptent parmi les meilleures œuvres de l'école vénitienne primitive.

L'autre œuvre en douze petites tables, qui est au Louvre sous le nom de Gentile de Fabriano, mais qui nous paraît être au contraire de l'école de Jacques Bellini, semble bien être de la même main et procède pareillement de Giotto. Il n'est pas facile de remettre dans leur ordre primitif ces très beaux petits tableaux, disposés aujourd'hui horizontalement à la file, sans le moindre repère d'art et de chronologie iconographique. Cette table et les tables de ce genre étaient ordinairement divisées en trois compar-

timents à peu près à la façon des triptyques, avec deux pointes de lances au sommet des extrémités et un trèfle écrasé qui couronnait la table du milieu. Les deux compartiments latéraux étaient composés de deux ou trois petites tables à sujets variés, sur une

même ligne verticale. Beaucoup de ces tablettes furent séparées de leur table et dispersées de tous côtés dans les musées, perdant ainsi l'unité organique en vue de laquelle l'artiste les avait assemblées.

Nous avons quelques tables encore intactes , disposées

dans l'ordre voulu par l'artiste sur deux ou trois files verticales de tableautins, avec une figure plus grande au milieu, par exemple celle de la Circoncision de Caterino au Musée de Venise, et les deux tables de Quiricio de Murano, l'une qui est au Musée de Rovigo, l'autre à l'Académie de Vienne.

Les douze tablettes du Louvre devaient former en colonnes les deux côtés du tableau, qui avait au milieu, sur toute la hauteur, une figure, probablement une Annonciation.

Si l'on place les tablettes du Louvre six d'un côté et *ix de l'autre, selon cette espèce de parallélisme entre les actes de Marie et ceux de Jésus, que nous avons vu si habituel dans les légendes, l'ordre primitivement voulu par le peintre apparaîtra aussitôt :

i° L'Ange annonce à saint Joachim la naissance de Marie ;

2° La Naissance de la Vierge;

30 Ses parents conduisant la Vierge à l'escalier du Temple ;

40 La Vierge monte seule l'escalier ;

a) La Visite de Marie à Elisabeth ;

6) La Naissance du Christ ;

c) La Circoncision ;

d) La Purification ;

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la place nEi signori, padoue. (Voir Page 230.)

JACQUES BELLINI. L'ADORATION DES MAGES (COLLECTION DE MRS CHAPMAX, NEW-YORK).

ttore Carpaccio.

Planche 79- Paêe -- l-

LE FOND DE L'iMPALLIATA DA PUERPERA DE FRANÇOIS XANTO AVELLI. [Voir Pagf! 228.)

IMPALLIATA DA PUERPERA, PORCELAINE DE FRANÇOIS XANTO AVELLI, DE ROVIGO ( I 5 30)

(musée civique, venise). (Voir Page 228.)

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ECOLE DE JACQUES BELLINI : HISTOIRE DE LA VIE DE LA VIERGE (PRÉDELLE DE LA TABLE D'AUTEL

dans l'église de saint-alexandre, brescia). (Voir Page 223.)

Planche 80. Page 225.

LES TABLEAUX DE LA VIE DE LA VIERGE

e) La Fuite en Egypte ; /) Le Christ parmi les Docteurs ; 5° Le Miracle des Vergettes fleuries ; 6° Les Epousailles.

Nous trouvons un autre exemple de ce parallélisme entre les deux vies de Jésus et de Marie dans six tables du Musée de Berlin, qui, à notre avis, doivent être attribuées à la première manière d'Antoine Vivarini.

Deux autres cycles de la vie de la Vierge furent exécutés à Venise avant Carpaccio : l'un par Jacques Bellini, à l'Ecole de Saint- Jean l'Évangéliste, qui est perdu; l'autre par Michel Giambono. D'aucuns croient que faisaient partie du premier des tableaux récemment émigrés outre-mer, dont l'un, l'Adoration des Mages, orne aujourd'hui la collection de Mme Chapman, de New- York. Le second fut, vers la moitié du Quattrocento, reproduit par Michel Giambono sur deux mosaïques de la voûte de la chapelle des Mascoli à Saint-Marc ; elles représentent d'un côté : la Visite à Elisabeth et la Mort de la Vierge ; de l'autre, la Naissance de la Vierge et la Présentation au Temple. Les mosaïques sont tout entières de la main de Giambono : elles dénotent la même technique qui, au dire des spécialistes, est parfaite, et, de plus, les mosaïques de la Visite et de la Mort portaient comme les deux autres l'inscription : Michael Çambono Venetus fecit, qui avait été effacée par les restaurations. Mais probablement dans les cartons d'après lesquels les mosaïques furent exécutées on retrouverait le crayon d'Andréa del Castagno. Dans les mosaïques, où on lit encore la signature de Giambono, les personnages se meuvent entre trois édifices qui portent la marque de l'architecture ogivale, fleurie d'orne ments bizarres, de dentelles de marbre, de sveltes colonnettes. Dans les deux qui font vis-à-vis, que le même Giambono exécuta sur les dessins d'un artiste plus moderne, comme del Castagno, les motifs et les caractères de l'art ne sont plus les mêmes, et dans l'architecture triomphe le majestueux style classique. Dans

les mosaïques qui sont dans le goût du moyen âge, la composition et les groupements des personnages présentent plus d'une ressemblance avec les tableaux de Carpaccio, qui sans doute subit toutes ces influences quand il s'appliquait à orner de son pinceau l'École des Albanais.

Les cycles picturaux de Carpaccio étaient généralement interrompus à mi-autel. Le côté de l'Évangile recevait la lumière d'en haut à gauche, celui de l'Ëpître d'en haut à droite, comme on le voit par les tableaux eux-mêmes, en observant la direction des ombres des personnages. Le cycle des Albanais fait exception à cette règle : il était disposé en une seule file, à la façon d'une frise, comme le prouvent non seulement les projections des ombres, mais encore le rapport déjà cité de Mengardi, où il est dit que les peintures étaient toutes à gauche de la salle de l'Hôtel, qu'on peut encore imaginer en dépit des transformations et des restaurations qui l'ont déshonorée.

L'autel s'élevait en face des deux fenêtres, l'une regardant de biais le champ de Saint-Maurice, l'autre la rue dite du Piovan sur laquelle, au temps de Carpaccio, ne s'était pas encore élevé le palais grandiose, que fit construire au XVIe siècle Denys Bellavite, marchand d'huile et de farine, qui en fit décorer la façade par Paul Véronèse. Les tableaux de Carpaccio furent placés sur le mur à gauche, évidemment pour profiter du meilleur jour, qui venait de la fenêtre placée près du vaste champ de Saint-Maurice.

La longueur des tableaux mis à la file est de 8 m. 14, celle du mur de 9 m. 42; il reste donc une longueur de 1 m. 28 qui doit être répartie en sept piliers, placés entre les tableaux, et larges chacun d'environ 18 centimètres.

Sur le tableau de l'autel, probablement le plus ancien de l'Ecole, on n'a pas d'indications, mais, par comparaison avec les autres Écoles, on peut supposer qu'il représentait la Madone avec saint Maurice et saint Gall à ses côtés.

La série des tableaux commence avec la Naissance de la Vierge

MICHEL GIAMBONO. -- LA VIE DE LA VIERGE. MOSAÏQUE DE LA CHAPELLE DEI MASCOLI

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