‹ Vittore CarpaccioChapitre 66 sur 87 · SAINT NICOLAS DE TOLENTINO · texte numérisé non relu

SAINT NICOLAS DE TOLENTINO

P. F. BISSOLO. --TRIPTYQUE DE L'ÉCOLE DE S AINT-ÉTIENNE (GALERIE DE BRERA, MILAN).

{Voir Pages 24a et 248.)

e Carpaceio.

Planche 91. Page 242.

Sil.'J

pj 1

Planche 92- Page

ECOLES SAINT-ÉTIENNE ET SAINT-JEAN Etienne on plaça les sépultures. Pour rendre hommage aux moines, qui avaient exaucé les souhaits de la Société, on décida que le jour de la fête de saint Augustin, patron du couvent, l'Ecole élèverait son gonfalon sur le champ de Saint-Etienne. Ces gonfalons, emblèmes vénérés des confréries, étaient souvent peints par d'excellents artistes ; ainsi, pour orner celui de la confrérie de Saint-Etienne, on fera plus tard appel au peintre Maffeo de Vérone.

Les exigences de l'Ecole paraissent augmenter avec le temps, car, trente ans plus tard, en 1506, les frères augustins accordent qu' « on puisse librement orner l'autel, mettre des bancs autour et apporter d'autres améliorations et ornements dans cette chapelle, comme il plaira de le faire aux confrères de cette Ecole par dévotion ».

Dans les contrats entre les moines et l'École, nous trouvons souvent le nom, en qualité de gouverneur et protecteur du couvent, de Michel da Lezze, descendant de cet Antoine da Lezze, qui fut le vaillant défenseur de Scutari, mais qui, à son retour dans sa patrie, accusé d'une dépêche mensongère, fut exilé à Istria. Les da Lezze n'habitaient pas loin, dans le palais qui existe encore à San Samuele,et ils avaient leurs tombeaux au temple de Saint- Etienne. Michel da Lezze, généreux patricien, fondait avec son père et un gentilhomme de la maison Falier, en 1487, l'église et le couvent de Saint-Roch et Sainte-Marguerite, non loin de l'École de Saint-Etienne. Cette École, à l'origine, était une confrérie religieuse, mais, avec le temps, un grand nombre de travailleurs de la laine y ayant été admis, on l'appela aussi Ecole des lainiers. L'industrie de la laine était ancienne à Venise. On trouve des règlements qui la concernent dès 1220 sous le consulat de Jacques Dandolo, de Jean Gregori et de Jean Cappello. Elle atteignit son plus haut développement au début du xvie siècle ; diverses Ecoles de lainiers se formèrent à Venise, mais le centre le plus important de cette industrie était, près du Rio Marin, à Saint-Simon prophète,

appelé vulgairement le Grand, où se trouvait anciennement la Chambre de la Foulerie {del Pur go), tribunal composé de lainiers qui jugeait les procès relatifs à cette industrie et veillait à la bonne marche des fabriques et aux progrès des manufactures. Au XVIe siècle, la Chambre de la Foulerie fut transportée sur l'emplacement de la Croce, près l'église de Saint-Siméon et Saint - Taddeo, appelée vulgairement Saint-Siméon le Petit. On y pouvait admirer une table de Carpaccio qui, nous le verrons, est perdue.

L'École des lainiers de Saint- Etienne prospérait, comme les autres, et en 1506, année du dernier contrat que nous connaissions, elle commença à s'orner des embellissements de l'art ; il nous reste de ces embellissements le magnifique témoignage des tableaux de

Carpaccio.

Au siècle suivant, avec le déclin de l'industrie, celle de la laine ne fut pas épargnée. Il s'y ajoutait que des fabriques de Terre ferme obtinrent le privilège de travailler les draps, et que les produits anglais et hollandais faisaient une concurrence ruineuse aux manufactures de Venise. Vers le milieu du xvme siècle, l'industrie était presque disparue ; si bien que l'Ecole des lainiers de Saint-Etienne fut obligée de louer les pièces du rez-de-chaussée à un marchand de fromages, faute de pouvoir payer le loyer au couvent. On en a l'indication par une chronique du temps : « Dans le champ de Saint-Etienne, il y avait une Ecole très ancienne sous les auspices du dit saint, en deux appartements ; sur l'architrave du premier, qui devint dans la suite une boutique de marchand de fromages, étaient gravés ces mots : « D. Stephano Martyrum « Principi pietatis et devotionis causa fraternitas instauravit « MCCCCLXXVI » qui furent couverts par des tables (1) ». L'inscription fut reproduite par Grevembrach en un dessin, où figure également le bas-relief représentant saint Etienne avec les confrères de l'Ecole, qu'on voit encore sur le mur au-dessus de la maison en face de la magnifique église.

(1) Musée Civique. Manuscrits Cicogna, n° 264.

On J:

ÉCOLES SAINT-ËTIENNE ET SAINT-JEAN

Vers l'an 1800, l'École de Saint-Étienne et l'École voisine de la Ceinture se trouvaient dans une situation encore plus critique, proche de la ruine. En effet, vers 1806, les deux Écoles furent démolies pour faire place à des maisons neuves.

On avait déjà mis en sûreté les tableaux de Carpaccio, que les connaisseurs n'ignoraient pas comme ceux des Albanais, car Boschini en parle dans les Ricche miner e : « A l'École de Saint- Étienne, voisine de l'église, il y a cinq tableaux se rapportant à la vie de saint Etienne, d'une grande richesse de personnages et de motifs architecturaux, qui sont de Victor Carpaccio, de même que la table de l'autel : en trois compartiments, qui sont du même auteur, au milieu le susdit saint et de chaque côté saint Nicolas et saint Thomas d'Aquin (1) ».

Conformément à la décision citée du Conseil des Dix de 1773, Antoine-Marie Zanetti, le 14 septembre 1773, visita l'École et écrivit sur la Mariegola même : « Cinq tableaux avec des épisodes de la vie de saint Etienne. La pale de l'autel, avec le même saint, saint Nicolas de Tolentino et saint Thomas de Villanova. Toutes peintures de V. Carpaccio ».

Lors de la suppression des couvents et des Écoles, en 1806, les tableaux furent placés au Dépôt, et le délégué du gouvernement, Pierre Edwards, le 26 octobre 1807, note dans le Catalogue, comme provenant de l'École des lainiers : la table de l'autel, qui formait un triptyque avec saint Etienne, saint Nicolas de Tolentino et saint Augustin, et quatre tableaux représentant la Consécration des sept Diacres, la Prédication de S aint Etienne au Peuple, la Dispute du Saint avec les Docteurs, le Martyre, toutes, d'après Edwards, œuvres de Carpaccio (2).

Ces tableaux, comme tant d'autres, subirent diverses vicissitudes. Le triptyque de l'autel, ainsi que la Prédication au peuple

(2) Archives d'État, Direction domaniale, Bureau de l'Économat Edwards. Elenchi ed Inventari. Elenco degli oggetti de B. A. Scelti a disposizione di S. A. I. Eug. O. Nap., Vice-Re d'Italia, Principe di Venezia, per commissione dell'Intza générale dei Béni délia Corona del delegato P. Edwards.

et la Dispute entre les Docteurs, sur la demande du vice-roi Eugène de Beauharnais, furent envoyés à Milan et placés dans le Musée de Brera (i). En 1812, l'empereur Napoléon ordonna de faire un échange de tableaux entre le Louvre et la galerie de Brera, et en janvier 1813 la Prédication au Peuple fut envoyée, avec quatre autres tableaux, à Paris, où elle se trouve actuellement (2).

Des deux tableaux restés à Venise, l'un, la Consécration des sept Diacres, fut vendu à un riche négociant, David Weber, qui possédait une belle collection artistique dans son palais de Saint-Canciano, décrite en détail par Moschini dans son Guide de Venise de 1815 (3). Le tableau passa ensuite dans la collection de l'Anglais Solly, et finalement au Musée de Berlin. Le dernier tableau, la Lapidation de Saint Etienne, fut donné, avec l'estimation de vingt louis d'or, avec dix autres tableaux de divers auteurs, pour un total de 687 692 lires italiennes, et comme paiement partiel aux héritiers du peintre Joseph Bossi de Milan, dont on avait acheté la fameuse collection artistique de Bossi pour l'Académie de Venise. L'ornement de cette collection était le prétendu carton des dessins de Raphaël, qui ne contient en réalité, comme l'a bien vu Jean Morelli, que deux dessins de Raphaël, les autres étant de Pintoricchio et d'artistes postérieurs inconnus (4). Les héritiers de Bossi vendirent ensuite à un marchand d'objets d'art de Milan ces tableaux de Venise, dont une partie, en même temps qu'une autre œuvre de Carpaccio représentant saint Thomas d' Aquin, fut acquise par le roi de Wurtemberg et transportée au Musée de Stuttgart.

Il est difficile de retrouver l'ordre dans lequel les tableaux de

(1) Arch. d'État de Milan. Intendance générale des Biens de la Couronne. Note du 13 septembre 1808.

(2) Ibid. Rescritto Vicereale dato del quartiere générale di Souray, 2 agosto 1812.

(3) Dans les volumes de la direction domaniale, vol. 342 (Statistica, quadri et Capi d'Arte disposai ed existente al 1827, 10 Aprile), dans la partie intitulée « Stata dei quadri di proprietà del Ramo Demanio estratti dal Depositorio dell'ex commenda di Malta, e concessi a privati, chiese et publici stabilimenti délia Prov. di Venezia »,au n° 53 on lit : « École des Lainiers de Saint-Étienne : Tableaux sur toile représentant l'élection des sept diacres faite par saint Pierre, de Victor Carpaccio. Remis à M. Weber sur décaet du gouvernement, 4 juin 1820 ».

(4) Jean Morelli, Munich, trad. p. 284, sqq. Boulogne, 1866.

\S-RELIEF DES BATTUTI, SUR LA FAÇADE DE L'HOSPICE DE SAINT-JEAN L EVANGÉLISTE, VENISE, ï$34-

{Voir Page 2§=j.)

Cajn&ld uunicw.t-

IL dlonic celomiti potctirc ioto p.ific fioloefpmtoficto.

(rccLigicwt'oO i nudit iiucdim fttl .lfc.HU. Gt .îlonoj cç/lojùircltruifcin # rôroiitùlomcr tcli r.mcn Hurtin c nortro miter @jmcto Ile pb.ino.ctxtiin toncti dcr.111ctcrtd10.3l confpato cet qiul tiin uitcnccrli per 1101 1 pcccjtou .Thncu j^Vcqucnco loicciic / Tdpimcipio ccqiictrifloftTJ fcittm* cô ç\xçjatio\*~\lolcmo ctlutiicnio .1 Ixnicu c ûucc cd itoltro l'cç/1110: 010 c txl piotatoi noftio iiiilcrlliii ârcplwno prrlcfjlnrr 1 Ttlc iïtimt noltve • £*pu uolti clr qiidfci nolh'4 num'niîi fc pnuapuni .ilcçcr i'ti cipttiilo. Cufam di rr.itri rebu oir bu nidcniciitc imciicdjuto\ii fMttr lioftw emu nticiii.m.i.pcriiipctr.iid.ll figiio.' Li gratutd #pmto llinctr». b qtul ne 0011 cedj pciLi I11.1 uifinit.1 bouta cimfcnorHu

Page 1