‹ Vittore CarpaccioChapitre 75 sur 87 · LION DE SAINT MARC (PALAIS DUCAL, VENISE · texte numérisé non relu

LION DE SAINT MARC (PALAIS DUCAL, VENISE

( Voir Page 289.)

Itore Carpacciu.

Planche 113, Page 286.

VITTOKE CARPACCIO. - - TABLEAU D'AUTEL DE L'ÉGLISE SAINT-FRANÇOIS DE PIRANO.

(Voir Page 2ço.)

Planche 114. Page

AUTRES ŒUVRES DE CARPACCIO ET DE SON FILS tiennent au milieu une composition de grande dimension, entourée d'épisodes peints sur des tablettes. Vancone est un peu éloignée du mur sur lequel est tendue une étoffe de laine mise là pour protéger, selon l'usage, le tableau de l'humidité des murs. Puis en suivant, on voit une autre petite ancone, et ensuite s'ouvre une chapelle dans laquelle il y a un pupitre recouvert d'une étoffe avec l'image d'un saint, qu'on faisait baiser aux fidèles Aux travées, tout le long des arceaux du temple sous la galerie des chantres, sont suspendus des chandelles, une lampe de forme orientale, et un certain nombre de petits navires qui devaient être des ex-voto de marins.

Dans ce même temps, où furent achevés les deux tableaux Saint Joachim et sainte Anne et les Dix mille martyrs, doit, à notre avis, avoir été placé aussi un Crucifiement, dont il ne reste qu'un fragment qui est à la Galerie des Uffizi. Au milieu d'un groupe d'hommes en armes, avec des hallebardes à la main, vêtus élégamment à la mode vénitienne du Quattrocento, disposés sans art et d'une simplicité de lignes et de mouvements correcte, encore qu'un peu crue, se détache, habillé d'un beau brocart à fleurs et avec une espèce de mitre blanche sur la tête, la figure d'un prêtre hébreu, aux pieds duquel est assis un enfant, qui a la tête levée, et qui tient des deux mains jointes sa jambe droite repliée. Les études pour cette figure se trouvent avec quelques autres dans un dessin avec aquarelle de la collection Heseltine de Londres.

Nous ne savons à quelle époque de la vie du peintre placer le tableau de la collection de Mme André de Paris, et nous n'avons pu non plus deviner le sens caché du sujet, qui s'écarte beaucoup des compositions ordinaires de Carpaccio, si pleines de simplicité et de clarté. Une bande de jeunes femmes, habillées à la vénitienne, avec d'étranges casques sur la tête, s'avance dans la campagne vers une espèce de tribune, ornée de riches étoffes et de tapisseries, où sont assis un vieillard à barbe blanche et trois élégants jeunes hommes, qui ont l'air de juges. A côté de la tribune, un secré-

taire est en train d'écrire assis devant un bureau. Encore que cette composition soit d'une forme mesurée et sévère, nous ne trouvons pas dans toutes les œuvres de Carpaccio une scène aussi fantaisiste que ce mystérieux tribunal, ni des personnages aussi étranges que ces héroïnes de légende. Et nous serions tentés de douter de l'authenticité du tableau, si des critiques autorisés, comme Gustave Frizzoni, n'y avaient reconnu sa main. Le sujet d'ailleurs, d'après Frizzoni, ne serait pas obscur, et devrait être recherché dans la légende de sainte Ursule et de ses compagnes. Il ne nous semble pas cependant que l'étrange composition se rapporte à cette légende. Si le tableau est vraiment de Carpaccio, nous croyons avoir quelques indices sur l'endroit où il se trouvait, avant de passer les Alpes. Nous avons indiqué que dans la galerie Albarelli de Vérone, qui a été dispersée, se trouvaient deux tableaux attribués à Carpaccio. L'auteur de la description de ce musée y reconnaissait au contraire le pinceau de la première manière du Titien (?),mais il ajoutait, avec une évidente contradiction, que les deux paysages attribués à Carpaccio, et à' une exécution soignée, étaient « avec des personnages représentant une histoire inconnue qui venait peut-être d'Istrie, à en juger d'après les sentiments des personnages ». L'écrivain, précisément parce qu'il n'arrivait pas à comprendre le sujet, suppose que les faits se sont passés dans la lointaine Istrie, suivant l'opinion commune qui faisait Carpaccio originaire de ce pays. Peut-être le tableau, qui est aujourd'hui la propriété de Mme André, est-il l'un des deux tableaux, représentant une histoire inconnue, qui se trouvaient dans la galerie Albarelli.

Dans cette période, c'est-à-dire après 1515, à laquelle, d'après des autorités très sûres ou de solides conjectures, appartiennent quelques œuvres de Carpaccio, on remarque des signes certains de décadence chez l'artiste. Quelques peintures sont d'un coloris criard et d'un dessin trop rigide, d'autres portent au contraire la marque d'une certaine mollesse de dessin et d'une certaine

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PI. 25. VITTORE CARPACCIO. — RENCONTRE DE SAINTE ANNE ET DE SAINT JOACHIM. DE CHAQUE COTÉ, SAINT LUDOVIC ET SAINTE URSULE. TABLEAU D'AUTEL POUR L'ÉGLISE DE SAINT-FRAN- ÇOIS, A TRÉVISE

(Galerie de V Académie, Venise.)

, AUTRES ŒUVRES DE CARPACCIO ET DE SON FILS confusion du coloris, où dominent les jaunes de façon à nous faire penser à une collaboration de ses fils ou d'autres élèves. Mais même dans cette dernière période de sa vie, Carpaccio sait par moments retrouver son ancienne vigueur. C'est ainsi que le Lion de Saint- Marc, exécuté pour le Tribunal des Camerlingues de la Commune et maintenant au Palais Ducal, qui est de 1516, est d'un dessin puissant. A gauche du spectateur se détache, entre les arbres le nom de l'auteur écrit en ligne serpentine et suivi de la date :'

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