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ECOLE DE JACQUES BELLINI. LES ÉPOUSAILLES

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LAZARE BASTIANI ET SON ECOLE

de la main du grand prêtre, accompagnée d'un cortège nombreux de jeunes filles ; il y avait aussi des jeunes hommes avec des baguettes à la main à côté de saint Joseph. Puis, l'habile artiste l'avait représentée telle qu'elle fut annoncée par Gabriel, et il avait peint au-dessus d'elle une troupe nombreuse de petits anges folâtrant. Ensuite la Vierge allait faire une visite à sa belle-sœur, Elisabeth, qui l'accueillait avec des démonstrations de reconnaissance. Puis c'était, dans une humble cabane, l'adoration du bambin nouveau-né, et dans un rayon de gloire le peintre représentait les milices des chanteurs bienheureux, tenant à la main des reliquaires où était écrit le Gloria in Excelsis Deo, texte de leurs chansons. Joseph se tenait dans un coin, et les deux bons animaux réchauffaient de leur souffle leur Seigneur nouveau-né.

« D'après le tableau suivant, Jacques avait encore montré la Vierge, qui, suivant la loi, se présentait avec son petit enfant devant le pontife Siméon, offrant par la main d'une innocente fillette deux colombes blanches. Puis la crainte d'Hérode la faisait fuir en Egypte, sur une humble bête de somme, avec l'innocent Jésus au maillot, et le bon vieillard Joseph qui portait leurs pauvres hardes au bout d'un bâton. Une foule d'anges ouvraient la marche et servaient la Vierge durant le voyage.

« Après l'arrivée en Egypte de Marie et du saint vieillard, le peintre les représenta l'un dans l'exercice de son métier de charpentier avec Jésus lui passant ses outils, l'autre, la mère, occupée à coudre, assise dans une attitude très gracieuse ; et une gloire d'anges consolaient de leurs chants le couple bienheureux.

« Après la mort d'Hérode, les deux saints époux retournaient en Judée, tenant par la main le noble Enfant qui, le visage riant, les regardait en manifestant sa joie, et les anges guidaient l'âne chargé de leurs pauvres effets.

« Puis, dans une autre toile, le Sauveur apparaissait, intervenant dans les disputes des docteurs, interprétant les Saintes Écri-

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tures, et, avec lui, la Vierge et Joseph, qui, consolés, se réjouissaient d'avoir retrouvé leur espoir.

« Jacques représenta encore d'autres événements douloureux de la vie de Marie, lorsque le Christ, devant aller à la mort pour racheter le genre humain, incliné devant sa mère, reçoit sa bénédiction. Et le peintre, en ces deux visages douloureux, tenta d'exprimer les sentiments d'affection filiale et maternelle.

« Il montra ensuite Jean apportant à la Vierge la cruelle nouvelle que son fils avait été pris au Jardin et conduit au prétoire d'Anna et de Caïphe, et la Vierge tombant évanouie entre les bras de ses sœurs.

« Et dans le tableau suivant il peignit le Sauveur conduit au Calvaire, la croix pesante sur les épaules, ses cruels bourreaux le pressant du pied et du poing et les pieuses Maries le suivant de loin. Pais on le voyait en croix, au moment de rendre l'âme, recommandant sa mère à son cher Jean ; un des bourreaux préparait l'éponge, d'autres jouaient ses vêtements aux dés, et il y en avait qui lui lançaient des plaisanteries et des insultes.

« Pour compléter cette histoire, il représenta le Rédempteur sorti triomphalement du tombeau, apparaissant à sa Mère avec le glorieux drapeau des Saints ; et, en dernier lieu, il avait représenté la Vierge en Reine du Ciel, montée au Ciel après le long pèlerinage de sa vie, couronnée par le Père Eternel et par son fils, du Diadème de Gloire (i) ».

On croit que les peintures de l'Ecole de Saint-Jean l'Êvangéliste ne sont pas toutes perdues. Le peintre Noël Schiavoni de Chioggia prétendait en posséder huit, dont deux, l'Adoration des Mages et les Epousailles de la Vierge, furent, il n'y a pas longtemps, vendues en Amérique ; les autres ont été dispersées. Les tableaux qui appartenaient à Schiavoni sont si gâtés par les restaurations qu'on ne peut se prononcer sûrement * leur sujet.

(il Ridolfi, Le meraviglie delVarte, owero le vite degli illustri pittori Veneti e dello Stato, vol. I, pages 70, 71, 73. Padoue. MDCCCXXXV.

GEXTILE BELLINI.

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