‹ Vive la chasseChapitre 10 sur 12 · ONE CHASSE EN PERSE · texte numérisé non relu

ONE CHASSE EN PERSE

répréhensibles, des actes qui, s’ils ne sont ceux d’un rebelle, peuvent approcher de la rébellion, et ne laisser à moi, votre seigneur et maitre, d’autre alternative que de vous ôter le pouvoir de continuer.

— Par l’ampur du prophète ! par l’amour d’Ali ! s’écria Falteh-Ali, que signifient ces paroles? Je suis votre esclave dévoué, mon oncle! De qui suis-je donc le chien pour penser à une rébellion? Je vous jure, par votre tête sacrée, par votre sel que j’ai mangé si longtemps, que j’ai été emporté ce matin par l’ardeur de lâchasse. Veuillez m’entendre et me comprendre, mon oncle, si j’avais su vous déplaire, j’aurais mieux aimé me couper le doigt plutôt que que de tirer cette maudite carabine. Grâce ! grâce !

— Tout cela est bien, Fatteh-Ali; mais vous allez vous rendre dans votre gouvernement de Shiraz, et, avant de nous séparer, j’ai quelque chose d’important à vous communiquer. Prètez-moi toute votre attention, votre roi parle sérieusement.

En disant cela, il prit dans ses mains un petit coffret bien fermé, qu’il regarda avec une sorte de malice et de mystère en examinant son neveu, puis, appuyant une clé sur le cadenas, il l’ouvrit, et tira un paquet enveloppé d’un mouchoir de soie.

Fatteh-Ali s’attendait à voir luire du moins quel-

que pierrerie ou quelque curiosité qui méritât d’être ainsi conservée précieusement.

Son impatience fut irritée au dernier point, quand, après avoir envelé enveloppe sur enveloppe, rien ne parût encore à ses yeux : c’était peut-être un koran de choix, qu’avant son départ son oncle voulait lui donner; il savait combien le shah était jaloux de passer aux yeux du monde pour un des plus dévoués enfants du saint prophète.

Mais non. .. le paquet ainsi enveloppé n’avait pas l’air d’être quelque chose de très-grande valeur; c’était peut-être le jika, bijou qu’on porte sur sa tète, symbole de la royauté, que son oncle désirait lui remettre de ses propres mains, maintenant qu’il allait représenter, plus immédiatement sa majesté royale dans son nouveau gouvernement... mais ce n’était pas non plus le jika.

Le shah s’arrêta quand il en fut à la dernière enveloppe.

Enfin, par un geste rapide, il l’écarta tout à coup, mais quelles furent la surprise et l’horreur du jeune prince, quand, au lieu d’uu don magnifique, il aperçut un vieux mouchoir taché de sang.

— Yoyez-vous cela? lui dit le monarque en déployant avec calme à ses yeux ce chiffon abomina-

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