CHASSE EN PERSE
La Perse, respectueuse ou tremblante, baissait la tète sous le sceptre d’Aga-Moliamed-Khan.
Un seul chef, Zaul-Khan, son ancien frère d’armes, outragé par lui, avait levé l’étendard de la révolte, et maintenait son indépendance à la tète des tribus turcomanes, dans sa province héréditaire de Mézandézan.
Cet illustre rebelle, qui osait ainsi braver le pouvoir du shah, avait plusieurs fois remporté des avau-
tages sur les troupes royales, grâce à la bravoure de son fils Zolirab, le héros favori de sa race, la terreur et l’admiration de tout l’empire d’Iran.
Mais un guerrier tel qu’Aga-Mohamed n’eût pas facilement désespéré de vaincre avec le temps des ennemis plus redoudables encore que Zaul-Khan et son fils.
Au milieu des dangers sans cesse renaissants de cette dernière guerre , il trouvait dédaigneusement le loisir de se livrer à la chasse ou aux fêtes dans son palais, non que les fêtes eussent par elles-mêmes quelques charmes pour le shali; il laissait à d’autres le plaisir pour but, n’y trouvant qu’un des mille moyens de parvenir à contenter les seules passions qui pouvaient l’émouvoir : l’ambition, l’avarice et la vengeance, les seuls sentiments qu’il lui fût donné de connaitre.
Aucun des despotes de l’Asie n’offre, dans l’histoire, un caractère plus extraordinaire qu’Aga-Mohamed, oncle et prédécesseur du roi actuel de Perse. Le sort ne l’avait fait naitre que le chef d’une des tribus rivales qui ont, à titres égaux, la prétention de placer leur chef sur le trône, quand une révolution l’a rendu vacant.
Dès ses plus jeunes ans, Aga-Mohamed conçut les