‹ Vocabulaire de Haut-MaineChapitre 9 sur 19 · IX · texte numérisé non relu

IX

Ils rencontrèrent bientôt deux mille Anglais arroulez sur les champs. (Ledru. Bataille de Pontvallain.)

Arseur, s. f. Démangeaison ardente^ bouton d'échauffaison. (Raynouard. Arsum sous Ardre., 7, et Arsura pour Ardura, ibid. 4. — A. Bos. Arseïs.)

.... a esté par sentence dudit prévost... condampnée à estre «ne et brûlée... (L'abbé Ledru. La Recluse. Lettre de rémission, 1485.)

Arsoué, adv. Hier soir. C'est le vieux mot arsoir, hersoir., qui est si bien connu qu'il serait superflu d'en donner des citations. (Du Gange. Ab heri., Erinus. — A. Bos. Ersoir.)

Ar souiller, ?;. a. Rosser. Ailleurs, on ne connaît que le substantif arsoiiille, dont le sens n'est pas tout'à-fait conforme à celui de notre verbe.

Artrichaut, s. m. Aviicha.ui. A Tar trie h aitt ! à l'artriclie ! [Cris du Mans.)

As de pique, s. m. Croupion de la volaille.

Asme, adj. {Vs se prononce). Asthmatique. Aile é bin asme. [Neuville.)

Assaigir, v. a. Rendre sage, calmer. (Du Gange. Sapire, 2.)

^J'estudiay ieune pour l'ostentation depuis un peu pour m'assagir. (MoNTAioNii;. Essafs, liv. III, ch. iv.)

Assaisonner une vache. Lui faire prendre un veau en saison convenable, V. Cotaisonner .

Assaut, s. ni. Chagrin, vive contrariété. Hélâs ! c'tte pouv" Dame, qu'âlVa d s' assauts ! [Vallon.)

Asseiner^ v. a Assigner. (A. Bos. Assener.

Assemblée, 5. /. Assemblée, fête locale ou patronale .

Assez, adv. On dit être à son assez, pour en avoir assez.

Assiéter (s'), v. réf. S'asseoir. V. Siéter. Assillâs, s. m. Banc pour s'asseoir.

Assiller, v. a. Asseoir.

Assiner, v. a. Assigner. V. Asseiner.

Assire,v. a. Asseoir. Assisez-voiis.,^o\iv asseyezvous. (A. Bos, Assire.)

Mes pensées dorment, si ie ne les assis. (Montaicne, Essais, liv. m, ch. IV.)

Dans un fauteuil de cuir l'ra' fit signe de m'assire.

{Chanson.)

Assouâter, assouâtrer, t\ n. Se réunir deux ou davantage pour vivre ou travailler en communauté. Nous verrons que souâter (V. ce mot) vient de soute, société. Il y a encore Assortare, verbe de basse latinité, qui signifie à peu près la même chose, et qui, en tenant compte des exemples rapportés par Du Gange, pourrait bien entrer en ligne pour la formation de notre verbe assouàtrer.

Asteiire, loc. adv. (fs se prononce.) A cette heure, maintenant. Nous le disons comme Montaigne.

Moy asteure et moy tantost, sommes bien deux. {Essais, liv. III, ch. IX.)

J'ay des pourtraicts de ma forme de vingt-cinq ans : ie les compare à celuy d'asteure. (Le même. Ibid., ch. xiii.)

Car Monsieur veult, qui laict asseteure 40 1. de gages par an. (Gandé. Châtelains du Lude au xvii° Siècle.)

Astique, s. f. C'est faction ou le moment de nettoyer le fourbi militaire ou autre.

Astiquer, v. a. Nettoyer.

Astiquer ses boutons. (L'abbé Morancé. Histoire des Mobiles, 'à^ édit. p. 276.)

Atelle, s. f. Broche, grande aiguille. V. Hâtelle. (A.. Bos. Astèle.)

... une compagnie de masques portant tous... une aslelle

OU esclie de fousteau sur l'épaule. (Angot. Charivari à Laval.)

Attanez. Attendez, deuxième pers. du pluriel de l'impér. du verbe attendre.

Attendis (en). En attendant, tandis que. E7i tandis dans le Glossaire de Du Gange [hiterdum], Entendis dans celui de Roquefort, Atendison dans celui du D-- A.Bos.

Attigocher, v. a. Agacer, taquiner. Par corruption sans doute de asticoter,

Auboufin, s, m. Aubifoin, bluet, centaurée barbeau. On disait Anbefin.

xVubépins blancs, Aubefins azurés. (Cl. Marot. Eglogue sur la mort de Loyse de Savoye.)

Aiibour, 5, m. Aubier. (Raynouard. Alborn sous Alban. — A. Bos. Albor, 2.) Les vieux dictionnaires donnent Aubier et Aiibour comme aussi bons l'un que l'autre. N'y a pas daubow\ dit-on, quand une affaire va toute seule, qu'un marché est complètement bon, ou fait avec gens loyaux et sûrs.

Alburnum dans Pline signifie aubier, et exalburnare, ôter l'aubier. (Barbeu du Rocher.)

Auboureux, se, adj . Qui a beaucoup d'aubier. Aubrin, .y. m. Osier jaune pâle ou blanc. C'est pour aiibin (blanc).

D'après M. Anjubault, l'aMÔrm est plutôt un saule qu'un osier, bien qu'on l'emploie comme tel. C'est une distinction toute botaniste, et à laquelle je n'ai rien à dire, si ce n'est toutefois que, dans nos campagnes, il y a quelques variétés de saule et d'osier, que l'on confond ensemble, par suite de

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l'usage analogue qu'on fait des unes et des autres. Nous disons la saule.

Aumusser, v. n. Se dit des animaux quand ils éventent ou flairent en levant ou plissant le nez. Même origine que Moussine)\

Auqueu, auquel, pro;i. Y. Lequeu, lequel.

Aura, pre'p. Au delà. C'est par corruption. V. Daiirà.

Auribus^ s. m. et /'. Chandelle de résine. V. Oribiis .

Auripeau, s. m. Maladie des oreilles. V. Oripiau.

Aussi vrai, loc. adv. En vérité.

Aussite, adv. Aussi. Se prononce ainsi seulement à la fin des phrases : moi aussite, ou avant les mots qui commencent par une voyelle.

Auteron, 5. m. Moissonneur. V. /loe/^ero/v.

Autreplus, adv. V. Outreplus.

Auvet, auvin, s. m. Orvet, espèce de petit serpent. [Anguis fragilis. Linn.) V. Sourd.

Avairie, s. f. Repos d'un champ pendant les troisième et quatrième années. Si Ton pouvait avancer que la première syllabe de ce mot est privative, il serait, par son étymologie, rigoureusement la traduction de sans labour.

Avalaison, .5'. /. Grande pluie, torrent. (A. Bos. Avalage.)

Un grand avâ [le) ment d'iau. (Barbeu du Rocher.) Avalement, .s. in. Toit appuyé contre un mur

et prolongeant de haut en bas le toit voisin. V. Bassegoutte. (A. Bos. Avalage.)

Avaleux de chartes, s. m. Fanfaron. Bourde:^ donc r avaleux de chartes !

Avanger, t\ a. et n. Avancer, travailler plus vite que les autres.

Auec ycelles nous n'auangerons que trop à manger nos munitions. (Rabelais, Gargantua, ch. xxxii.)

Il fouettoit sans njmission les paiges pour les avanger d'aller. (Le même. Pantagruel, liv. II, ch. xvi.)

C'est, dist Panurge, comment ie pourray avanger. (Le même. Ibid., ch. xxvi).

Avangeux, se, adj . Qui travaille vite et bien.

Avec (d') se prononce à'ové. Etre A'avec quelqu'un, c'est être de son opinion, de son parti, etc. V. Ové. (A, Bos. Ovec.)

Aveigneu, aveignu. Participe passé du verbe Aveindre que l'Académie a conservé.

Aveindu, e. Même signification qn'aveignu.

Avenâs, s. m. Se dit des êtres ou des objets qui arrivent promptement et fortuitement ou quand on les attend. (A. Bos. Avenance.) Au commencement d'une foire ou d'un marché, si les bestiaux se vendent à mesure qu'ils entrent en champ de foire, on dit que les avenâs se vendant ben. Je me suis trouvé une fois embarrassé pour finir des travaux, faute du bois nécessaire : en ce moment entrait dans la cour de la métairie oiije me trouvais, une voiture chargée d'autre bois destiné à autre chose. Alil Monsieur., me dit- on, on avangera peut-être avec ces avenâslà.

Avêner, v. a. Retenir un pet. [Tnffé.) Avéras, s. m. Jeune bêle, avorton. (Du Cange.

Averia, Avéra, sous Avermm.)

Avête, avette, s. /'. Abeille. (Rob. Estiknne.

Sous Aueille. — Du Cange. AhollaQimn. — A.. Dos.

Avéte.) V. Mouches à miel.

Chaque fois que les Anglais attaquaient le Bouchet, les ruches se dépeuplaient en partie, et ces petites amazones, appelées dans le pays avètes, se ruaient par milliers sur les insulaires... (M. de Mailly. Légende du Bouchet, p. 15.)

... l'épave d'avet tes était un droit de basse justice. (.d'EspixAY. Héformê de la Coutume du Maine en {508.)

Avieu, s. m. Vieux poteau, vieux tronc d'arbre. Avirer, v. a. Donner la bonne direction, la bonne façon, la vire. (A. Bos. Avoïer, 1).

Avis (m'est) signifie je pense, je crois.

Li singes dist, ce m'est avis..., (Barbeu du Roquer, Marie de France, fable xxxvi, p. 183.) Moi est avis... (Le même. Ibid., Fa.hles, p. 221.)

Il m'est avis qu'il te gaba (Le même. Ibid. Fables, pp.

278 et 311.)

Avivander, v. a. Nourrir, élever. (A. Bos. Viander.)

S'aviander d'une amertume estresme.

(L'abbé Fboger. Ronsard, Ode au roi Henri IL)

Avoir, V. aux. Employé souvent au lieu de êù^e. 11 avait parti, nous avons arrivé à telle heure.

... une troupe de gens armés... étaient venus..., avaient entré dans différentes maisons... (Renault. Notice sur Saint- Ghristophe-en-Champagne.)

Le ]oup il a venu, Il a pris le plus biau.

S'il n'eût été goulu, Il m'eût laissé la piau.

Et le groux ous de la cuisse, Pour faire un chalumiau :

Pour faire danser les tilles Les filles du hamiau.

Les belles et les laides Toutes sur le même terziau.

{Chanson du pays.)

Avocasser (s'), v. réf. Se promener de long en large dans le même endroit. V. Chaper.

Avouguier, v. a. Aveugler. (Du Gange. Avoctilatio. — A. Bos. Avueler.)

Avras. Comme Avéras.

Babiole, s. f. Cerise sauvage, merise. C'est quelquefois le nom d'une espèce de poire. (A. Bos. Babelet.)

Quand il pleut à la Saint-Georges, Il n'y a ni prunes ni babioles.

Babiolier, s. m. Cerisier sauvage.

Bâche, s. f. Bachot, .«^. m. Hotte en osier, ou filet, tous deux de forme conique, pour prendre le poisson. (Du Cange. Bacholata^ Busta.)

Bâcher, bâchotter, v. n. Pêcher à la bâche ou au bachot.

Bacicot, s. m. Baquet pour les eaux grasses. (A. Bos. Bachage^ Barel.)

Les dames du bacicot... (Besnard, Mémoires, t, II, p. 241.)

Bâconner, v. a. Diviser une pièce de bois de manière à ce qu'elle donne en planches ou en voliges un meilleur produit que débitée en son entier. (A. Bos. Baconer.)

Bâcu, s. m. Palonnier. V. Bascul.

Baderne, s. f. Terme de mépris, synonyme de radouille. Vieille baderne! Bien que féminine, cette expression s'applique surtout à un vieux radoteur. (A. Bos. Bade.)

Bafuraige, s. m. Amas d'objets inutiles ou hors de service, débris de fourrage qui restent dans les greniers. Composé, probablement de bé et de fourrage. Voyez ce qui est dit de la syllabe bé, à l'article Bécot.

Bagorriau, s. m. Mélange d'orge et d'avoine.

Bagouillage, s. m. Paroles inutiles et oiseuses. En argot on dit Bagou.

Bagouler, v. a. Parler mal à propos. (Du Gange. Bagori.)

Baguer, v. a. Baguer une coiffe ou un bonnet, c'est y passer un fil de manière à réunir les plis du bord, pour que le brouillard ne les déforme pas. (A. Bos. Baguer.) Baguer des gaules de châtaignier,

c'est les greffer avec des bagues d'écorce prises sur des nouzillards. [Neuville.)

Bahine, s. f. Cabane, y. Baiihine.

Baîle, s. /'. Cresson de fontaine dégénéré. {Le Maîis.) (A. Bos. Bêle, 1.)

Baillevent, e, adj. Qui fait des embarras pour peu de chose, pour ne produire que du vent, comme l'indique le mot. C'est sans doute lui qui a inspiré à Villon le nom d'un de ses héros. {Dialogue de Mallepaye et Baillevent.)

Bairas, s. m. Bairasse, s. f. Mauvaise boisson.

Baire, ou baëre, v. a. Boire. — s. m. Boisson. Baére eime faé, boire un coup. (A. Bos. Baër.)

Il est à remarquer que dans le vieux français, la transcription oi répond tantôt au moderne oûé [oé], tantôt à ai. (Barbeu du Rocher.)

pour donner à bevre à ceulx qui vont à la table —

(Froger. Comptes de fabrique de Courgains.)

Baire-fort, s. m. Boisson forte. On prononce Bairfô,

Baisseur, s. f. Partie basse d'une vallée, repli de terrain. V. Foncée., Fondu.

Baîte, s. f. Boisson. (Du Cange. Bevriotus. — A. Bos. Boite,) V . Bette et tous les mots commençant par Boi.

Baîturage, baîture, baîturée, s. f. Boisson brassée pour les hommes ou les bêtes. (A. Bos. Boite.)

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Baituras, s. m. Baiturasse, 9. /". Mauvaise boisson.

Baîturier, s. m. Ivrogne.

Bal, s. m. Bail. V. [{amender. (A. Bos. BalX)

De bal, le pluriel baux est plus régulier. (Bakbeu do Rocher).

Balet, s. m. Petit auvent, espèce de portique, petit toit au-dessus des boutiques en plein vent, et porche devant la porte des églises. (Du Gange. Baletum.) Balen signifiait une couverture de laine, et c'était un mot passé du breton en français. {Ibid. Balinja.)

Item, eu despense o le charpentier qui vint faire le devis du ballet... (Froger. Fabrique de Courgains et Paroisse de Lombron, en 1521.)

Ballaine, s. f. Ballier, s. m. Ballière, s. f. Amas de balle., matelas de balle., pour mettre sous les petits enfants. (A. Bos. Baline.)

Balle, s. f. Enveloppe du grain et principalement de l'avoine ; elle se vend pour faire des ballières. [Tuffé.) (A. Bos. Baler, 2.)

(Rabelais. Liv. I, ch. xxv^gi'os pain balle.)

Le sortant a le droit... et de disposer de la totalité des balles d'avoine et de trèfle rouge. (Thoury, Usages ruraux de Montfort-le-Rolrou, Gl.)

Baller, v. n. Etre suspendu, flotter en l'air. La langue française n'a conservé de ce verbe que le participe présent. On dit : les bras ballants, qui tombent et se balancent le long du corps. Barbeu du Rocher

pense que haller et hiland viennent de bilanciare, d'où nous avons fait balancer.

Depuis cinq ans dedans ce beau verger, Je voys balant avecque faulx danger,

(Froger. Les Amours de Ronsard.)

Balloire, s. f. Partie d'une pièce de bois délardée pour qu'elle entre mieux dans une mortaise.

Ballonné, ée, adj. Se dit du beurre acheté de côté et d'autre, mis en livres (V. Alivrer] et revendu par des marchands coureurs.

Ballonnier, ère, s. m. et f. Marchand revendeur qui court la campagne, pour acheter du beurre et des œufs. V. Coconnier.{h.. Bos. Baloïer.)

Ballotte, s.f. Poignée ballante de forme ancienne, au moyen de laquelle on ouvre les tiroirs : on la trouve surtout aux vieux meubles.

Ballotte, s. f. Jeu de balle. — Boule de neige, petite boule de papier. Les bulletins de vote avaient, chez les anciens, la forme de ballotes : il nous est resté le ballolage, si connu dans notre vie civique.

Epaminondas n'eust pas le cœur de prendre seulement les balotes en main. (Montaigne. Essais, liv. I, ch. I.)

Ballu, e, adj. Gros, gras et rond comme une balle, ou à ventre ballonné.

Balyer, v. a. Balayer.

Balyeure, s. f. Balayure. V. la citation reproduite au mot Bourrie)\

Balyeux, balyoux, se, s. m. et f. Balayeur. Un livre assez recherché des bibliophiles, imprimé à

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Rouen, vers 1600, a pour titre : Les Ballieux des ordures de ce inonde.

Quand on bat les grains, après chaque airée, le balayeur est poursuivi de huées : QiCis qiCa ïhalai ! Cest l'gas un tel pour la... ème fai ail Hou ! le balyoux!

Bancelle, s. f. Long banc de bois portatif.

Baner, v. n. Pleurer.

Banne, s. f. Personne grosse, épaisse et commune.

Banniau, le, s. m et /. Tombereau à deux roues, voiture en mauvaise part. {Newrille.)Le baniieau ou la banne est une grosse toile ou tente tendue sur un bateau, et aussi une grande manne. [Dict. de V Académie.)

BeJieau, benel, 6e?ine/, au moyen-àge (Barbeu du Rocher.) Le charbon de Bourgogne... était amené... dans des bennes ou bannes, espèces de chariots longs... (Nisaud. Etude sur le patois de Paris, 1872, p. 82.)

Bannie, ,s\ /. Ban, criée. (Du Gange. Bannum vindemiarum. — A. Bos. Banage.)

... fui vendu en bannye au plus offrant. (Froger, Fabrique de Congé'Sur-Orne, 1530.)

Bannir, v. a. Publier à haute voix. (Du Gange. Banerius.) — L'Académie a conservé au mot ban le sens de publication : les fiancés sont bannis au prône de trois dimanches consécutifs avant de pouvoir se marier, à moins qu'ils n'achètent un ou deux bans.

Et tantost bani ses osts et se hasta d'aller contre le cruel tirant. [Chr. de St-Denis. Loys-le-jeune. ch. xxvii.)

Baratte, 6\ f. Espèce de nymphéa qui doit son nom au jouet que fabriquent les enfants avec son fruit.

Baratté, s. m. Ce qui reste dans la baratte, après le beurre extrait; c'est, en été, pour la collation un aliment agréable, acidulé et rafraîchissant. (Dict. de l'Académie. Babeurre.)

Barattée, s. f. Mesure de grains, contenant cinquante litres ; c'est aussi l'étendue de terrain que peut ensemencer une barattée de grain.

Barbifier (se), v. pron. Se faire la barbe.

Barbifier (se faire). Se faire raser. Barbeier avait la même signification. [Cent Nouvelles nouvelles, 94^) (A. Bos. Barboïer).

Barbouiller, v. a. Bredouiller. Bafouiller se dit dans le même sens, est-ce patois ou argot? (A. Bos. Barbeter.)

Bardeau, s. m. Petit ais mince et court. [Bicl. de V Académie.) Dans le Maine, on s'en sert en guise de tuile pour couvrir les toits.

L'église de Montreuil-le-Henri était couverte en bardeaux, le procureur paie 25 sols 6 deniers pour deux milliers de bardeaux, montés sur l'église, 1501-1512. {Revue du Maine, iSgi,]). 123.)

Barge, s. f. Meule de foin ou de paille, pyramide de fagots. (Du Gange. Berga. — A. Bos. Barge.)

... il doit (le fermier), à sa sortie, battre ses gerbes dans le champ et y mettre la paille en barge. (Thoury. Usages ruraux de Montfort-le-Rotîvu, 119.)

Bas, s. ni. Région du Sud. V. Abas, Amont, et Galerne.

Bascul, s. m. Bout de bois qui sert de palonnier. (Rob. Estienne. Baciil. — Du Gange. Baculare et Baculus, 2.) J'écris bas, quoique Bacidus et Tortographe de Rabelais et des dictionnaires rendent bacul plus régulier ; mais nous prononçons bà trèslong.

Pauvre et chétif baudet, tu travaillesjournellement beaucoup : ie l'aperçois à l'usure de ton bacul. (Rabelais. Pantagruel, liv. V, ch. VII.)

Basse-goutte, s. f. Petite construction dont le toit est en appui contre le mur d'un bâtiment plus considérable, ou dont le même toit est le prolongement du toit voisin. V. Avallement .

Bastant, ante, adj. Actif, énergique, qui sait commander . (^VMy^7/e . )

Bastiaux, s. m. pi. Mauvais meubles.

Bas-vestier, Bas-vestière, s. m. et f. Paysan et paysanne du Bas-Maine, surtout des arrondissements de Laval et de Mayenne. La forme de la veste ou du gilet a dû être pour quelque chose dans l'origine de cette qualification, que le dictionnaire de Trévoux indique comme injurieuse, je ne sais pourquoi. Il est probable que les habitants de cette contrée montraient autrefois, comme aujourd'hui, une propension bien plus marquée que les autres Manceaux à conserver religieusement les anciens usages et les anciens costumes de leurs pères. Je ne pense pas qu'il y ait en cela rien qui puisse donner lieu au mépris : bien au contraire. (A. du Peyroux, Alpes Mancelles, ch. xvi.)

Battas, adj . Tapageur, hâbleur. (Tuffé). (A. Bos, Batëor.)

Le substantif Mafias désigne le battant d'une cloclie. (abbé Delépine, Eglise de Sacé, Mayenne.)

Batte-lessive, s. f. Bergeronnette (oiseau). Elle doit ce nom au mouvement de sa queue. On l'appelle aussi lavandière. (Morancé. La Vallée-du- Loir, p. 111.)

Batterie, s. f. Espèce de cinas construit dans une grange, au-dessus de la place où Ton bat le grain. Faire la batterie, temps de la batterie : c'est l'opération et le moment de battre la récolte. {Neuville.)

C'était le temps des batteries exécutées par seize ouvriers... (Besnard, Mémoires, t. I, p. 18.)

Batteux, se, adj. Celui qui bat la récolte. (A. Bos. Batëor . )

Oh ! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement.

(Anis, Province du Maine, 1895.)

Battre au noir. Chasser les oiseaux au filet, la nuit. V. Eclotoir.

Baubant, s. m. V. Boban. (A. Bos. Balbe, Bobans.)

Baubayer, v. n. Bégayer, balbutier. (A. Bos. Balbeter.)

Baube, adj. Bègue. Notre mot est la traduction littérale du latin balbus, comme baubayer l'est de balbuzare., autant que balbutier. (Du Cange.)

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Bauffrer, v. a. Manger goulûment, bâfrer.

(Dont il fout conclud qu'ilz les bau/f'reroyetit sans y rien perdre. (Rabelais. Gargantua, ch. iv.)

Au diable l'vng qui se faignoit, c'estoil triumphe de les voir bauffrer. (Le même. Pantagruel, liv. II, ch. xxv.)

Baubique, s. f. Grosse trique, gros brin des cépées. (A. Bos. BobCy 1.) L?i Baubique est encore un faisceau moins gros que le fagot^ plus gros que la bourrée^ dans lequel entrent tous les brins gros et menus. (Anjubault, Bibliothèque du Mans, n° 1665 ancien). V. Boubique.

Le citre baubique est celui qui contient de l'eau dans laquelle on a fait tremper le marc de pommes. [Neuville). V. Citre et Betiron. Qualifiant un animal, baubique est synonyme d'hermaphrodite. [Tuffé.)

Bauge, s. f. Baguette coupée pour servir démesure. Bauge eibaguetteoT\X^eui-Q\.vQ, la même étymologie, bacillus ?

Bauger, v. a. Mesurer à la bauge ou à la toise, par exemple les conscrits.

Bauhine, 5. /". Maisonnette^ chaumière. Une boherie ou bouherie était une bouverie, une métairie, etc. (Du Gange. Boaria sous Bov.) Notre mot se dit aussi bovine, qui est plus près du latin.

Beau dommage. Locution ironique qui sert de réponse à ceux qui se plaignent indûment, et qui équivaut à celle-ci : Je vous conseille de vous plaindre.

Bien entendu, nous prononçons biau :

Par un malin mi se levé, Mon biau lin iaune et doré!

(Anis. Vieille clianson bas-mancelle.)

Beau moyen. On ne dit pas : Avoir le moyen de faii'eune chose, mais bien : Avoir beau le moyen.

Bêchée, s.f. Becquée. (A. Bos. Bechier.)

Tout ainsi que les oyseaux en queste du grain, le portent au bec pour en faire ècc/iée à leurs petiz, (Montaigne. Essais, liv. I, ch. xxiv.)

Bécot, s. m. Quand, de deux objets appareillés, un seul vient à rester, il est de bécot ; de même, quand on ne peut faire deux portions égales en partageant des objets dont le nombre est impair, celui qui reste en sus des deux parts est de bécot^ surtout, si par sa nature, il n'est pas divisible. La particule 6e ou bès^ jointe à un mot comme première syllabe, est synonyme de mal. (Du Gange. Bestancium. — A. Bos. Bes.) Cot ou quoi, d'oii Ton a fait cote et quotepart^ signifiaient une position résultant d'une quotité. {Ibid. Cotus.) L'objet qui se trouve seul, quand tous les autres sont appareillés, a donc une mauvaise quote, et voiLà comment il est de bécot.

Bédée. Agir de bédée., c'est agir tout d'un coup. Bédiot, te, 5. m. et /. Jeune bétail.

Bedouau, s. m. Blaireau. (Borel. Bedoiiaa.)

Laissez-moy ces manteaulx de loup et de bedouault. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, ch. xxiv.)

Ce sont belles testes de mouton, testes de bedouaulx. (Le même. Ibid., liv. v, ch. xxvii.)

Dans la fausse liste « des Croisés de Mayenne » en 1158, se trouvait « Rogeriusde Montemelis ». M. l'abbé Pointeau a traduit « Roger de Montaisson » ; le latin « melis » se donne pour « blaireau » qui se dit

« taisson » en manceau. [Revue historique du Maine, t. iv, p. 197, 339.) Il est certain que dans le pays on écrit et on prononce encore : Moîitaîsson.

Le mot se dit aussi pour bedeau (féminin bedelle) : seraitce parce que la robe de ces fonctionnaires était souvent mi-parlie comme la fourrure des blaireaux ? (A. Bos. Be-

del, 1.)

Bedouaudière, s. f. Tanière du bedouau. On dit qu'aux veilles des grandes fêtes, il cure sa bedouaudière, comme le bedeau son église. [Neuville et Barbeu du Rocher.)

Beffer, v. n. Marcher en se cachant, en se rasant près du sol ou le long d'un abri, d'une haie, d'un mur. Ce verbe, pris activement, a été synonyme de tromper, railler. (Du Gange. Beffa, Bifax. — A. Bos. Befer.) V. Biffer.

Il veoit que ce n'est que hiffe et piperie. (Montaigne. Essais, liv. 1, ch. xxv.)

Bégaud, s. in. Epi de blé long et plus élevé que les autres, mais vide de grains. V. Bions.

Bégaud, de, adj. Bègue, sot. (A. Bos. Begart.)

Bège, adj. Brun roux. (Du Gange. Bigera.) En français ôe/f/e, couleur naturelle.

Bégeas ou Béjeas, s. m. Stupidité, enfance des vieillards. // est tombé dans le béjeas. Ge mot semble provenir de bayer, l'absence de l'intelligence ayant souvent pour diagnostic une bouche béante.

Bégler, v. n. Beugler.

Bégnaude, s. f. Galanthine perce-neige. V. Chandeleur.

Bègue, adj. Sot.

Une pamoizon lui ravit La voix, et la hégue parolle.

(Froger, Ronsard, La Franciade.)

Beille, s. f. Portion d'une clôture, qui force en dehors de son alignement, bosse dans un mur, gros ventre chez les mâles et les femelles. Les habitants de Courgains (Sarthe) sont surnommés des Gratte- Beillc.

La baille était une palissade servant de première défense en avant et en dehors d'une ville. (Du Gange. Dalleium et Ballium. — A^ Bos. Bail, 1.)

Beilleu, beillu, e, adj. Ventru, qui aune beille. On dit d'une femelle pleine : grosse beillarde ; et pour désigner le contenu, comme aussi après un copieux repas: turCri'as., une bonne beillaiidée! [Loiié^ Neuville.)

Béjoiter, v. a. Mal jointer, mal ajuster, ou ajuster les objets l'un dans l'autre en laissant du jeu, placer deux objets à côté l'un de l'autre et en sens contraire. De 6e et à.Q jointer; il est bon de faire observer que Jo7je est l'équivalent de. /?«/e. (Du Gange. Justa. — A. Bos. Besjugier, Joïse.)

Béjueler, v, n. Avancer l'un sur l'autre, comme des ardoises sur un toit.

Beliner, v. a. Encenser de la tête comme font les brebis ou belins. (A. Bos. Belin, 2.)

Bellement, adv. Doucement, lentement. S'em-

ploie beaucoup dans le dressage des chiens de chasse. [Vallon.)

reprendre tout bellement votre cœur. (Saint-François

DE Sales.)

Belluard, e, s. m. et/. Qui a de mauvais yeux. On a dû dire dans l'origine berluard^ qui a la berlue. (A. Bos. Belifc,'^.)

Béluette, s. f. Petit poisson ainsi nommé, soit parce qu'il a une teinte bleuâtre, soit parce qu'il brille par moments sous l'eau comme une étincelle ou bluette, quand il se retourne brusquement.

Béluter, v. a. Bluter.

Sassons, Bélutons, La farine au p'tit poupon

{Ronde enfantine, Malicorne.) Il y a d'autres subiects qu'ils ont fteZwi^ej. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. xii.)

Bénard, e, adj. Sot, hébété. (Du Gange. Bernarliis. — A. Bos. Bernart.)

Bennard, e, adj. Pleureur.

Benne, s. f. Personne grasse et courte.

Benner, v. a. Pleurer.

Bennoux, se, adj . Pleureur.

Béqueter, v. n. Nous employons ce verbe comme haleter, ouvrir la bouche, le bec ou la gueule, par suite d'une trop grande chaleur ou d'une conrse rapide : Qiieu chaud! n'on en béquete. Les poissons axphyxiés dans les rivières où rouit le chanvre, béquctent sur l'eau.

Robert Véron, échevin du Mans en 1494, envoie deux gros becquets (brochets) et deux grosses perches à Monsieur le trésorier (Triger. La Maison dite de la Reine Bérengère.)

Ber, s. 771. Berceau. V. Bers. (A. Bos. Bers.)

Berbis, s. f. Brebis. Goule de berbis, sobriquet. [Vallon]. (A. Bos. Berbiail.)

Berdadôt ! Exclamation, quand un objet tombe avec fracas.

Berdanser, v. a. Mettre en branle, faire osciller (1). (A. Bos. Brandeler.)

Berdansière, berdansoire, s. f. Escarpolette.

Berdanson, ne, adj. Tapageur, qui met en branle. [Tuffé.)

Berdâs, s. m. Sottise, extravagance, niaiserie, action non motivée. On dit : S'arrocher à quatre berdâs sur quelqu'un ou sur quelque chose, pour se jeter sur cette personne ou cette chose à grand bruit, avec de grands gestes ou de grandes démonstrations, sans raison ou sans retenue.

Berdds, se, adj. Qui bredouille, qui fait le niais. (Barbeu DU Rocher.)

Berdasser, v. n. S'amuser à des riens, s'occuper ou parler de choses insignifiantes ou nuisibles.

Berdassier, ère, s. m. et /. Qui berdasse.

Berdin, e, adj. Même signification. Berdiner est naturellement aussi synonyme de berdasser.

Berdine, s. f. Louvette des moutons.

(1"! Chercher sous les initiales Dr. ce qu'on ne trouverait pas ici à Der,

Berdir, v. n. Crier, hennir, braire. (Du Gange. Bragire. — Raynouard. Braidiu sous Braire, 7. — A. Bos. Braidir.)

... Il avait biau secouer sa bcrdinguette (sonnette)... {La Croix du Marne, 3 octobre 1897.)

Bergeas, s. m. Bélier châtré, mouton. La Bergiiie était la brebis (Du Gange. Berbix, 1.) et le Bergeail un troupeau de moutons. (Miromesnil. Statistique de 1G99.)

Bergeon, 5. ???. Bout de sillon au moyen duquel on redresse les autres sillons.

Berier, v. a. Broyer. V. Breijer.

Berière, s. f. Bruyère. V. Brière.

Berjoint, s. m. Bout de sillon dans lequel deux autres sillons viennent se confondre ; c'est la même chose que bergeon. De bes, mal, et de joindre^ parce que cette jonction fait un mauvais effet et indique un labour ou un terrain mal disposés.

Berlauder, v. n. S'occuper de choses insignifiantes.

Berliner, v. n. Délirer.

Berlin l'envers, loc. adv. Pêle-mêle, sens dessus dessous.

Bernâche, s. f. Vin doux qui n'a pas encore bouilli, et est encore tout sale. G'est sans doute cette dernière qualité qui lui vaut son nom, à cause de bren, breiin ou résidu. Tous les ans le Gafé des Vignerons, à Coulaiiies, affiche cette boisson pour ses habitués.

Vons boire la bernâche! (Morancé, La Vallée du Loir, p. 110.)

Berné, e, adj. Etonné, hébété.

Bernée, s. f. Mélange de son avec d'autres aliments, destiné aux animaux de basse-cour. Ce mot vient de hren, son.

Bernoux, beurnoux, se, adj. Sale, barbouillé. C'est le français breneux. (A. Bos. Brenier).

Berouaille, berouaillée, bérouée, s. f. Brouillard, brume, brouée. (A. Bos. Broillas.)

Berouaillier, berouasser, berouiner, v. n.

Bruiner.

Berrichon, s. m. Petit oiseau nommé troglodyte. (Belon. De la nature des oisecndx.)

Yoici.... un petit oiseau tout brun, tout modeste on le

nomme vulgairement bérichon, el à tort roitelet; c'est le troglodyte, l'ami des chaumières... (Mlle Maugeret, La Science à travers champs, ch. xviii.)

Bers, s. m. Berceau. (Rob. Estienne. Ber. — Du Cange. Bersa. — Rayjvouard. Bres.)

Quand vous voyez les nourrices s'en aller esbattre... car leur présence autour du bers sembleroit inutile. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. xni.)

Ce qu'on apprend au bers Se retient jusqu'au vers.

(Leroux. Dictionnaire comique.)

Bersiller, v. a. Briser, déchirer, et aussi brûler, dessécher, ce qui est braisiller., mettre en braise. Lorsque le foin sèche trop vite au soleil de juin, on dit qu'il est bersillé sec {Neuville.) (A. Bos. Bresillier.)

Bersiller, v. n. Cligner de l'œil. (A. Bos. Bericle.)

Bersillon, s. m. Mouvement des paupières continuel et involontaire.

Bertauder, v. a. et n. C'est encore un verbe contiposé de notre substantif bru. (V. ce mot.) Il est usité quand les meubles, les ustensiles, et surtout les charrettes, les uns transportés^ les autres mises en mouvement, font le bruit désagréable qui résulte d'un mauvais assemblage de pièces. De cette acception, on Ta fait remonter à une autre, qui indique la cause de ce même bruit, et est par conséquent équivalente d'osciller, ébranler. (A. Bos. Bertoser.)

Béruère.s./". Bruyère.V. ^n<?re.(A. Bos. Bru, 2.)

Besas, s. m. Tige de pois, de haricot, de pomme de terre. V. Pesas.

Beser, v. a. Peser.

Beson, 5. m. Petit dévidoir qui sert à diriger le fil et à Tenrouler au bout du rouet.

Besson, ne, s. m. et /". et adj. Jumeau, jumelle. (BoREL. Besson. — Raynouard. Besso. — A. Bos. Besson.)

... Le bon Janot mon père Vouloit gager à Jacques sou compère, Contre un veau gras deux, agnelets bessons.

(Cl. Marot. Eglogue à François !■".] La (crainte) vicieuse, qui trouble et afflige, qui est l'engeance du péché, bessonne de la honte, toutes deux d'une ventrée. P. Charron. De la Sagesse, liv. I, eh. xxxiii.)

Bestial, s. m. Bétail. (Rob. Estienne. Bestiail. — A. Bos. Bestiagc.)

Les loups nemangeoient point le bestial. (Bon. Despérie-r Contes et Devis, nouv. XV°).

104 VOCABILAIRE

Qui trop tond son bestial, il se déçoit.

(Le P. Cahier. Proverbes français ) Aux bœufs las de la charrue, Et au bestial épars...

(MoRANcÉ. La Vallée du Loir (Ronsard), p. 147.) ... y comprins le bestial estant à présant en icelle mestairie... (Comte de Janssens, Saint-Pierre-du-Lorouër.)

Bêtes, s. f. pi. Gros bestiaux de la ferme en bande. Lé bêtes sont-è rentrées ? (Barbeu du Rocher, abréviation de bêtes aiimailles . — A. Bos. Bestif.)

Bête rouge, s. f. Insecte presque microscopique. V. Célot.

Bétout, adv. Bientôt. (M. Buon. Ministère des Beaux-Arts.)

Bette, s. f. Boisson. (A. Bos. Boite.)

Ma fy, commère, le ne peuz entrer en bette. (Rabelais. Gargantua, ch. V.)

Betteler, v. 7i. Se dit du lait qui tourne. (A. Bos. Beter, 2.)

Betun, s. m. Nom d'une espèce de poudingue ferrugineux, à cause de sa couleur de petun ou de tabac. (A. Bos. Betumée.)

Beu, s. m. Bœuf. On l'appelle vermais (vermeil), quand il est d'un pelage rouge foncé ; chauvin, quand il est blanchâtre; faiweaii, de couleur fauve ; rongeais, du rouge ordinaire ; caille, de couleur pie; taiipin, d'un pelage noir; nobiais (de noble), quand il est volontaire et indépendant. Ces expressions sont employées surtout pour exciter ces animaux quand ils sont sous le joug. — Beu ville; l'opinion commune est que cette locution ne veut pas dire qu'on

DU IIAUT-MALNE 103

promène le bœuf gras dans la ville au Carnaval, mais qu'il était autrefois accompagné d'instruments de musique, de violes ou de vielles ; c'est pourquoi Ton a dit d'abord beu violé ou vielle. (A. Bos. VermeillieVy Falve, Rogeïer, Vïeler.)

Beugle rampante, s. f. Plante médicinale à fleur violette.

Beuillu, e, adj. Ventru. V. Beille.

Beule, s. f. Petite tranchée dans les prés, V. Boêle.

Beulot, s. m. Meule de foin de petite dimension. V. Mu Ion.

Beurnoux, se, adj . Breneux.

Beurre de mai, s. m. Il jouit d'une grande réputation pour toutes les compositions d'onguents ou autres drogues.

Beurrichon, s. m. Petit oiseau. V. Berrichon. Barbeu du Rocher tire ce nom du breton heure., matin, heureck, matinal.

Beuttiot, s. m. Petite meule de fourrage.

Beuvassier, s. m. Ivrogne. (A. Bos. Beverie.)

Bezoue, bezuet, s. ni. et /. Rouge-gorge. La bezoue ou le hezuet est un oiseau de mauvais présage, et on le comprend en décomposant ces deux noms : le second bès et uet est littéralement : mauvais œil. Pour tout dire, il est possible que l'opinion diamétralement contraire domine dans quelques parties du Maine, oii cet oiseau ne porte pas le même nom, puisqu'il y a telle province de France où il est au contraire considéré comme de très heureuse ren-

contre, par suite de la tradition qui veut qu'un rougegorge ait arraché avec son bec une épine de la Sainte- Couronne du Christ sur la croix.

Biaiche, adj. Sournois, qui biaise.

Biàle, .V. /. Grande veste. (Raynouard. Blial. — A. Bos. Blialt.) V. Biaiide et Bielle. — La Bidle et Isi Bielle sont principalement des vestes de drap de couleur sombre.

Bian, s. m. Curage d'une rivière, réparations de ses rives. Le béan ou bian était le travail exigé par les seigneurs à titre de corvée. (Du Gange. Bienniim)\ et comme c'est en vertu de ce même droit qu'ils faisaient curer les cours d'eau par leurs vassaux, l'opération en a conservé ce nom collectif dans l'origine. — Bian désigne aussi le lit même d'une rivière ou un fossé plein d'eau. Le mot latin hiennwn ou hienninm qui signifie biannage et aussi l'espace de deux ans, n'indiquerait-il pas à quel intervalle cette opération se pratiquait et comment son nom est venu ?

Les propriétaires ou fermiers inférieurs curent leurs ruisseaux, bians et autres cours d'eau assez souvent pour que.. (Thoury. Usages ruraux de Montforl-lc-Roirou.)

Biannage, s. m. Même signification.

Bianner, v. a. Curer une cours d'eau, réparer ses rives.

Biard, s. m. Bard ou échelle mise en travers d'un fossé pour aider à le traverser, civière à bras. (A. Bos. Bière.)

Biaude^ s. f. Blouse, vareuse. (Du Gange. Bialdus, Bliaudiis.) V. Bidle.

Bibacer, v. a. Boire sans cesse. Est-ce argot ou patois Manceau? (A. Bos. Bibita sous Boite.)

Bibax, boivard, qui ne cesse de boire. (Froger. Ronsard, Brève Exposilion.)

Biche, s. m. Vin fait de raisins noir et blanc. C'est le même mot que bis et biset. V. ces mots.

Mais là (à Domfront, canton de Conlie), il portait un autre nom, on l'appelait vin Dicheté, à cause de sa couleur rosée (ni blanc, ni rouge), qui est celle du vin gris. (Chartier. IS Agriculteur Sarthois, 27 février 1898.)

Bicher, v. a. Mesurer une distance contestée. (A. Bos. Biqueter.)

Bichon, ne, adj. Niais, puéril, dadais. Vgâs est ben bichon., einie fumelle bichonne. (Barbeu du Rocher.)

Bicle, adj. Qui cligne de l'œil, louche. C'est le même mot que le français bigle; mais notre prononciation était parfaitement légitime autrefois.

Les mères ont raison de tancer leurs enfants quand ils contrefont les borgnes, les boiteux et les bides. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. xxv.)

Puis jecta son regard biscle sur Nazdecabre. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. xx.)

Bicler, V. n. Cligner des yeux, loucher.

Bicoin, s. m. Coin ou angle de travers, qui n'est pas d'équerre. C'est bécoin. V. pour la particule bé l'article Bécot.

Bidoche, Bidouille, s. f. Poche : son nom indique qu'elle doit être double.

Biécher, v. n. Biaiser.

Bielle, s. f. Espèce de veste. V. Biâle. Biennage, s. m. Curage d'une rivière. V. Biannage.

Bienner, v. a. Curer une rivière.

Vingt et huit bienneurs que me doivent plusieurs mes subgiez à fenner dans mes prez... (P. de Farcy. Aveux de Ghâleau-Gonthier au XV° siècle.)

Biffer, v. a. Marcher en se cachant. On dit particulièrement des maraudeurs et des braconniers qu'ils biffent le long des haies. V. Beffer. (A. Bos. Befer.)

Biger, V. a. Mesurer dans certains jeux, comme dans celui de la boule, par exemple, des distances contestées.

Bignet, s. m. Beignet. (Rob. Estienne. Signet. — Du Cange. Biîiotus, Crespellœ.)

Et des tables toutes chargées Tant de bignets que de dragées.

(LoRET. Muse historique, 18 février 1652. )

Bigot, s. m. Homme qui se laisse mener par sa femme. ^Â. Bos. Bégart., 1, Bigardie.)

Bigoucher, bigouger^ v. a. Aiguillonner. C'est comme Pigocher. (A. Bos. Bigoter.)

Biguenette, s. f. Dévote outrée.

Bigueton, ne, s. m. et/, et adj. Bègue.

Biguetonner, v. n. Bégayer. (A. Bos. Beguer.)

Bilanche, s- f. Bande de terre ou de taillis étroite et longue : elle se dit souvent de tout objet de dimension analogue.

Biland, e, s. m. et /. et adj . Lambin, musard,

DU HAUT-MAINE lO'J

nonchalant. Roquefort donne bis lenttis pour étymologie de biland. V. Baller.

Bilander, v. n. Lambiner. Ibidem.

Bille, s. f. Argent dû à un ouvrier. (A. Dos. Bille, 2.)

Bille, s. f. Tronc d'arbre sans nœuds, partie de ce tronc débitée pour la fente. C'est presque le même mot et la même chose que billot. (A. Dos. Bille, 1.)

Bindeau, s. m. Espèce de tuile de bois ou bardeau.

Binelle (de). De travers.

Binosot, te, s. m, et f. Dévot ou dévote outrés. (A. Bos. Binart.)

Bions, s. m. pi. Probablement blonds ? (A. Bos. Biâïido sous Bla?id.) C'est le nom des épis qui dépassent les autres, sont tout droits et vides de grains. V. Bégaud, Faignant, Nobiais.

Biosse, s. f. Espèce de prune. V. Blosse.

Biquart, s. m. Petit garçon ou petite fille employés à garder les bestiaux, surtout les biques.

Bique, s. f. Prendre eiuie bique, c'est se griser très-joliment.

Bique [Peau de). S'entend du paletot, avec ou sans manches, fait avec la peau mégissée de cet animal, laquelle est d'autant plus estimée que ses villosités sont plus longues.

Dans le Maine et l'Anjou, la présence d'ua bouc ou d'une bique passe pour garantir le bestial des maladies en général. (Besnard, Mémoires, t. I, p. 74.)

Biqueter, v. a. Se dit des chèvres qui mettent bas.

Biquioter, v. n. Loucher. V. Bicler. Biqidoter d'un yen. [Tuffé.)

Biron, ne, s. m. et /. et adj. Louche. Je dois Tétymologie de ce mot à M. Tabbé Voisin, qui m'a indiqué vironner comme synonyme de bironner.

Bironner, v. n. Loucher. (A. Bos. Viron.)

Biroufle, s. m. Rouge-gorge. V. Bezoue.

Bis, Biset, adj. Pain noir-gris. (Du Gange. Bisa^ Bisus. — A. Bos. Bis.) Suivant le Dictionnaire de l'Académie, bis indique aujourd'hui entre le brun et le blanc.

Biser, s. m. et v. a. Baiser.

Quand je m'en feus voèr ma métraisse

Mon Isabiau

Sapergoué !

Mon père i m'dit : Bis' gui (lui) la goule,

Mais n'ia mords pas.

{Vieille chanson mancelle bouffonne.)

Les petits bonnets que portent maintenant les jeunes paysannes sont très peu approuvés par les vieilles, qui tiennent à leurs vénérables bonnettes., et ont donné à leurs successeurs plus éveillés le nom de bise-moi vite. A lire les contes facétieux que nous ont laissés nos bons vieux pères, on croirait cependant que c'était aussi facile et aussi vite fait alors qu'aujourd'hui.

Bissaichée, s. f. Contenu diin bissac. (A. du Peyroux. Alpes Mancelles, ch. xvn.)

Bissée, 6\ f. Pain peu épais qui lient le milieu entre le blanc et le bis.

Bissêtre, adj . Bissextile. Bissêtre était synonime de malheur, ce qui provenait, suivant le Dictionnaire de Trévoux et suivant Furetière, de ce qu'on regardait les années bissextiles comme malheureuses. (Du Gange. Bissexius, 1. — A. Bos .Bissestre .) On connaît partout la légeade du Gi'and Bissêtre.

Roi non pas des plus absolus Car les vents dont il est le maître Lui font souvent bien du bissêtre Etant inconstants et légers.

(ScARiiON. Virgile travesti, liv. P'.)

Blaiche, adj. Sournois. V. Biaiche.

Blanche-putain, s. f. Viorne-obier, ou boulede-neige sauvage .

Blanchir, v.a. Blanchir àw. bois, c'est le raboter. Dans les forêts, faire un blanchi à un arbre, c'est le marquer.

Blanchirie, s. f. Blanchisserie.

Blaude, s. f. Grande veste flottante, blouse. (Du Gange. Bialdum.) Est français.

Blé d'Inde, s. m. Blé de Turquie, maïs. V. Turqiiis.

Blèche, adj. Sournois. V. Biaiche.

Blin, s. m. Bélier. (Borel. Belin. — Du Gange. Balens.) On disait Belin quand on voulait personnifier le mouton.

Oii sont ceux de Thibault l'aignelet et de Regnault Belin, qui dorment quand les autres paissent. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, ch. VIII.)

Bliner, v. a. Encenser de la tôle comme les blins. — Cligner des yeux, faire les yeux en coulisse. — Déraisonner, divaguer, se tromper.

Blonde, s. f. Maîtresse d'un amoureux.

Blosse, s. /". Espèce de prune ; son nom vient de ce qu'on ne la mange que lorsqu'elle est blèclie. (Du Gange. Baloshts. — Roquefort. Bloce.)

Boban, ne, s. m. et /. Dadais, sot. Du Gange, à l'article Leonini versus^ cite des vers de Guillaume Guiart oii le mot bobe se trouve dans le sens de bagatelle, fadaise ; autrement et dans le langage ordinaire, boban était synonyme de vain, présomptueux, glorieux. Raynouard donne babaii comme synonyme de sot. (A. Bos. Bobe, 2, BobierL]

Fidèle à la règle que je me suis tracée, j'écris boban comme je l'entends prononcer, mais il faudrait peut-être baiiban ou baubant, pour nous rapprocher de baube, que nous avons pour synonyme de bègue, lequel lui-même est pour nous un sot. L'infirmité du bégayement n'implique certainement nullement pour nous la sottise; nous disons ainsi parce que les sots ne savent pas s'exprimer convenablement. Cette orthographe de baubant nous rapprocherait aussi de ébaiibi.

Bobancier, bobanier. Même signification.

Bobèche. Môme signification. [May et.) Le Roi 5o6<?c/«(?, opéra-bouffe (?).

Bobillon. Même signification.

Bobillonner, v. n. Bavarder sans cesse, parler de niaiseries, perdre son temps à des niaiseries. (A. Bos. Bobe7\)

DU IIAUT-MATNE 113

Bobinette, s. f. Petit morceau de bois en forme de bobine, qui sert à ouvrir une porte au moyen d'une ficelle.

Tire la bobinette, la chevillette cherra. '

dit le loup au Petit Chaperon rouge, suivant la version de ce conte, accréditée dans le Maine. {Contes DE Perrault.)

Bode, s. f. Vache. [Tuffé.] (A. Bos. Bode.)

Bodeau, s. /. Veau. [Tuffé.)

Bôe, s. f. Boue.

Ha, Fortune ! lant m'es perverse.

Qui m'a mis ou hault de ta roe Et m'a puis jelté en la boe ; (Barbeu du RocHiiR, Théâtre français an moyen-âge, p. 522.) Ils firent cheoir leur piteuse victime à terre, la foulèrent en la boe... {Union littéraire du Maine, 1894, p. 289.)

Boêle, s. f. Tranchée étroite, pratiquée dans les marais ou prés humides, pour retirer Teau. On dit aussi la boêle pour la cloison du nez. C'est le même mot et le même sens que boyau, et anciennement boyelle. (Du Cange. Boelli et Botellus.) Leroux cite ces deux vers anciens :

Par les Uans l'a si profendu Que la boële li chei.

(Dict. comique. Eboëler.)

Ung soir que l'heure estoit brune Yeismes vng rayon plus clair Que le soleil ne la lune Flamboyant comme vng esclair Me cousche en vue boijle Pour regarder ceste estoille.

(Noelz nouueaulx. Denys Gaignot. 1554.)

On trouve souvent horlr ou boile dans nos vieux écrivains. (A. Bos. />oé'7, 1, Boëlée.)

Bogue, boguille, s. f. Cosse de pois, brou de châtaigne, de noix, etc. (A. Bos. Boge.)

Bohine, 5, /. Petite maison, petit bâtiment. V. Bauhine .

Boîle, s. f. Tranchée faite dans lesprés. V. Boêle

Boiras, s. m. Boirasse, i\ /. Mauvaise boisson.

Boire, s. m. Boisson. Est français, mais se prononce h aire.

Los Sœurs... leur portant chez eux deux fois le jour leur boire el mander aprêtô... (Froger. Etablissements de charité à SiUé-le-GiiiUaume, p. 281.)

Boire, s. f. Tranchée dans les prés et toujours pleine d'eau. Si ce n'est pas la même chose que boêle, c'est alors hure, lieu propre à laver, suivant Du Gange. [Bura.]

... la foncière profonde, formée par la rivière de Boire, (ruisseau d'après Rabelais.) Morancé. {La Vallée du Loir, p. 112.)

Boisdoux, s. m. Réglisse.

Boisjoli, s. m. Arbrisseau, daphné sauvage ?

Boisseau, s. m. 11 y avait plusieurs boisseaux dans l'ancien Maine. Celui de la Champagne du Maine, qui était devenu le plus en usage, contenait 25 litres ou 40 livres de blé. On l'appelle aujourd'hui le grand boisseau, et le boisseau légal est le petit (|ui coulirnl 20 litres ou 32 livres. Prononcez bouessiau.

Item pour ung 6oî<e55eai/. d'avenne pour les chevaiilx dndil vicaire, vu d. (Frogeh, Comptes de fabrique de Cowgoins.)

Boisselée, s. f. Mesure agraire, ce que peut ensemencer un boisseau de fromenl ; suivant d'autres, la mesure de terrain qui rend un boisseau de grain. (Du Gange. Boicellata, Bussellata sous Butta, 3.) Se dit aussi pour boisseau.

Bolsure, s. f. Boiserie. {Neuville.)

les deux stalles, la boisure, et les bancs... (Legeat.

St-Gilles-des-Guérets, p. 19.)

la boisure du placard servant de chapier. (Le même.

Noie sur l'église de Sl-Be7ioist.)

réparations conventuelles à faire aux boisures

du réfectoire (Lkdro^ L'abbaye du Perray-Neuf, 17G4).

Boîte, s. f. Confessionnal. V. Boiiette.

Boy te aux cailloux, pour prison. {Cent Nouvelles nouvelles, 96».)

Gomme originalité, je cite :

pour avoir aussi fourny le d. confessionnaire. (Froger.

Fabrique de Congé-sur-Orne, 1637).

Boîtier, s. m. Voleur de bois. — Habitant d'une contrée boisée. (A. Bos. Busche.) Boitte, adj. Buvard: se dit du papier.

Boiturage, s. m. boiture, boiturée, s. f. Eau

bouillie, coupée avec de la farine d'orge ou du son, et additionnée d'ingrédients divers : pommes de terre, navets, betteraves, avoine, feuilles de gui, de lierre, etc., pour les repas du bestial. (A. Bos. Boite.)

Boituras, s. m. Mauvaise boisson.

Boiturier, s. m. Ivrogne. (Du Gange. Vinutn expensabile .) Dans le Dictionnaire de Trévoux et dans celui de Furetière, Boiture signifie une débauche de vin. (A. Bos. Boite.)

Bonard, e, adj. Imbécile. V. Bénard. L'abbé

Esnault donne aussi bonlcard. {Noies manuscrites.)

Bondas, s. ???.Boik1o, i)oQflon.(A. Bos. Bondail.)

Bondrée, 5. /. Femme trèsgrasse, comme un bondon. — Oiseau de proie, buse. [Tuffé.)

Bonhomme, s. m. Homme âgé, paysan. C'est la désignation toute spéciale des journaliers à la campagne. Bon y est indéclinable : on dit des bonhommes et point des bons hommes.

Bonhommiau, s. m. Huttier, propriétaire ou locataire de terres de minime importance.

Bon moyen. V. Beau moyen.

Bonne da. Etre à la bonne da, c'est agir tout bonnement, sans prétentions et sans cérémonies. On dit aussi bonne dague. V. Da et Dague.

Bonnet carré, s. m. Fusain, son fruit. Le Dictionnaire de l'Académie, l'appelle Bonnet-à-prêtre.

Bonnette, s. f. Coiffe à grandes ailes tuyautées; elle s'attachait par un cordon serré autour du chignon, de môme que le serre-tête ou coiffe de dessous. V. Biser.

Bontivement, adv. Avec bonté, par bonté pure. (A. Bos. Boativc sous Bontable.)

Bordage, s. m. Closcrie, très petite métairie. Le bordage était un droit seigneurial perçu sur une borde ou petite maison donnée à bail pour les vils sci'vir.es du château. (Du Cange. Bordagium sous Borda., 5. — A. Bos. Bordar/c.)

li en achèle. force mT^lairies, force grandes, force censés,

force mas, force bordes et bordicus. (Rabelais. Panlagniel, Prologue du îiv. IV.)

Ne sont pas rangées dans la classe des bordages, les maisons, qui, outre un jardin, n'ont que 50 ares de terre labourable. (Thoury. Usages ruraux de Montfort-le-Rolrou, 50.)

Les citoyens de Saintes, iront encore voir leur ôorrfene, ceux de Blois leur closerie, et ceux de Paris, leur mélairie... (Grégoire, Nécessité d'anéanlir les patois, 16 prairial, an II. Société des Arts du Mans, n° 1757.)

Bordager, ère, s. m. Fermiers d'un bordage. On prononce bourdaiger.

La remise des clefs est effectuée par les locataires et fermiers ou bordagers le jour de la sortie à midi. (Thoury. Usages ruraux de Monfort-le-Rotrou.)

Bordiaut, 5. m. et f. Petit bordage. (A. Bos. Boi'dier.)

Bordier, ère^ s. m. et /. Qui fait valoir pour le compte d'un autre. — Bordière, 5. /. Rebord d'un fossé. V. Relis.

Leur profondeur (des fossés), est de deux tiers de mètre, et la lisière ou bordière entré le fossé et la propriété voisine, est d'un sixième de mètre. (Thoury. Usages ruraux de Montfor t-le-Rotr ou.)

Borgneau, s. m. Nasse en osier. (Du Cange. Borgniis.)

Bosse, s. f. Capsule qui enveloppe certaines graines, notamment celle du trèfle. On prononce des boiisses, et on les donne à manger aux chevaux.

Bossé, e, adj. Bossu. (A. Bos. Boceré.)

Je ne veis jamais père, pour bossé et teigneux que fust son lils, qui laissast de l'aduouer. (Montaigne. Essais, Iiv. l ch. XXV. )

Bosselée, s. /. V. Boissclée. (A. Bos. Bocel^

Bosselle, s. f. Epi de maïs.

Bosserelle, s. f. Nasse en osier, horrjneau.

Botte! Locution usitée, lorsqu'on se reprend dans la conversation. Botte l ce n'est pas ç«, je me trompe I

Boubique, s. f. Grosse trique, gros brin des cépées et autres acceptions. V. Baubique.

Le chanvre boubique, est celui où l'on a cueillis ensemble les deux sortes de brins, c'est-à-dire le sexe mâle, vulgairement dit la fumelle, idée ingénieuse, puisqu'il s'agit du beau sexe donnant la teille la plus soyeuse ; et le sexe femelle, dit vulgairement le mâle, parce qu'il est le plus robuste: ce n'est pas linnéen, mais c'est conséquent Est-ce

ni bouc, ni bique? (Anjubault. Bibliothèque du j1/an5, n° 1665 ancien.)

Boucanne, s. f. Œil.

Boucanner, v. n. Bougonner, gronder fort. Bouchaillon, s. m. Petit boucher.

Bouchées (fleurs)^ adj. f . pi.

Voilà les fleurs pelotonnées, bouchées, de nos cultivateurs. (Anjubault. Bibliothèque du Mans, n° 1665 ancien.)

La Larentie rectangulaire.... vit aussi dans les fleurs bouchées des pommiers. (Le même, fbid.)

Boudard, e, adj. Boudeur. On dit aux enfants :

Boudin, boudard Veux-tu du lard?

— Nenni, ma mère Car c'est trop gras.

DU QAUT-MAINE 119

Boudin, boudard, Veux-tu du lait ?

— Nenni, ma mère Car c'est trop fraid.

{Vieille chanson.)

Bouèrfô, bouèrfort, s. m. Boisson forte, bon vin ou bon cidre.

Bouet, s. m. Bouette, s. f . Petit trou, petit passage à travers lequel on voit le jour. Bove, signifiait un canal ou un lieu creux. (Du Gange. Bova. — A. Bos. Boue.)

Un orage qui tomba sur le clocher, la nef et dans

la bouelle de l'horloge... {Eglise de Martigné. Union historique du Maine, 1894.)

les dons faiz à ladite hoyte, tant de pain que d'argent.

(Froger. Paroisse de St-Calais.)

Bouffer, v. a. Manger goulûment. (A. Bos. Bufart.)

Pourquoy ne leur ordonnoit-il au moins quelques bribes, quelque bouffaige, quelque carreleure de ventre. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. xui.)

Bouge, s. m. Cette désignation ne seprenaitpas en mauvaise part dans le Maine :

un petit lieu et bordage nommé Les Aîstres, sittué

en la parroisse dudit St-Sellerin, composé de deux bouges ou chambres à feu, etc. {Chronique de St-Gélerin-le-Géré, année 1695.)

ung bouge dune maison avec les yssuës dedevant et

un petit logis qui est au dairière et demye hommée d'homme beicheur de jardin au bourg de Maigné. {Remembrances du fiief de la Grange-Moreau-en-Vallon, .3 Juillet 1535.)

ung petit fcoî/r/e de maison tant Iiault que bas et dépendances appelé La Locherie. (Ibid.,7 novembre 1596.).

Bougon, ne, .s. 7n. et /. Qui gronde, qui est de mauvaise humeur. L'Académie n'accepte que le verbe bougonner.

Bouguenard, s. m. Petite fille qui court et joue avec ou comme les petits garçons.

Bougranier, s. m. Qui fait ou vend du bougran. Je n'ai pas entendu ce qualificatif, mais il a été usité :

Décès, 1772, 13 août. Michel Bigot, 70 ans, marcliaud bougrannier. Legeay. Noies sur l'église de St-BenoU.)

Bougrasser, v. a. ei7i. Malmener quelqu'un par de vilaines paroles, jurer grossièrement. Y en a qui querellant, mes tai tu bougrasses.

Bouhine, s. f. Petite maison. V. Bauliine. Bouillée, s. f. Petite cépée.

Bouillon blanc, s. m. Molène (plante).

Bouillon noir, s. m. Bardane (plante).

Bonis, s. m. Buis. C'était pourtant ainsi que parlait Boileau :

Et deux fois de sa main le bonis tombe en morceaux.

[Lutrin, ch. v, vers 19).

Peignes de bonis, la mort aux poux. [Cris de Paris, Peignes.)

Boulin, s. m. C'est le support même de l'échafaudage, au lieu d'être le trou dans lequel on le fixe. On dit un trou de boulin.

Bouliner, v. n. Rouler en tombant. — Bouler, comme abréviatif . De mon premier coup de fusil, fai boulé un ieuvre. (A. Bos. Boler.)

Boulonner, v. n. Courber le dos par suite de lassitude, ou de souffrance.

DU iiaut-mainf: 121

Boulot, s. m. Gâteau on forme de boule, fait avec une pomme. V. Bourdon.

Bouquet, s. m. Cime des arbres. V. Housse.

En émondant les sapins, on a soin de laisser au moins quatre couronnes et le bouquet (la pousse des cinq dernières années). (Thoury. Usages ruraux de Monlfort-le-Rolrou, 101.)

Bouquets, 5. m. pi. Désigne la généralité des fleurs cultivées. L'amateur de bouquets est le propriétaire ou le jardinier qui s'adonne à la culture des fleurs. {Neuville.)

Bouquets d'hiver, s. m. pi. C'est le nom des fleurs artificielles.

Bourcette, s.f. Mâche, doucette, plante potagère. Est français.

Chercher soigneux, la bourselte tofTue.

(MoRANcÉ, la Vallée du Loir, Ronsard, p. 149.)

Bourde, s. f. Petite fourche dont une branche est plus courte et plus recourbée que l'autre^ ou pour mieux dire plus infléchie. On s'en sert pour hourrasser les épines ou autres végétaux d'un contact désagréable. (A. Bos. Behorde.)

Bourder, v. a. et n. Arrêter.

M. de J... (Jupilles?), gentilhomme manceau, nommé depuis peu de temps page de la reine Marie-Antoinette, accompagnait la voiture de S. M. Cette princesse le chargea de galoper après un seigneur qui l'avait saluée en la croisant et qui s'éloignait à toute bride. A son retour, le page essouflé ne put dire autre chose que : « Madame, je l'ai Juppé., je

Voivoalé, il n'a jamais voulu bovrdor. » Que dit-il ? demandait la reine. Page, que dites-vous? et le page de répéter. Ce fut tout ce qu'on en obtint.

Bourdigalier, ère, s. m. et f. Qui habite le bourg, par comparaison au paysan qui habite les champs. Les gens des bourgs ne se considèrent nullement comme des campagnards, d'autant moins que tout chef-lieu de canton s'intitule ville.

Bourdigalle, 5. /. Hameau.

Bourdin, bourdon, s. m. Gâteau fait avec une pomme^ et qui en a la forme.

Bourdons (Les), s. m. pi. Ce sont les Trois Rois, qui font partie de la constellation du Baudrier d'Orion. [Tuffé.]

Bourgeois, e, s. m. et f. Signifie proprement quelqu'un qui n'a pas besoin de son travail, et qui vit de ses rentes. N. Devers.

Bourginée, .9. /. Progéniture. V. Pourrjeine.

Bourjon^ s. m. Sillon qui ne traverse pas tout un champ, et se confond dans un autre sillon. V. Bergeon, Ber joint.

Bournas, s. m Terre à sous-sol argileux, un peu brûlante, mais fertile. [S aint-C citais.) (A. Bos. Bornai.)

Bourrasser, v. a. Faire des bourrées ou menus fagots.

Bourre ! bourreau ! Cris par lesquels on appelle les canards, qu'on désignait autrefois par ces noms. (Du Cange. Boureta). Borel, qui donne bourrée pour le même usage, dit que ce mot nous vient des Goths:

suivant Ménage, c'étaient les noms du canard en Normandie. (A. Bos. Bor, 2.)

Bourreau, bourret, s. m. Grosse étoffe, bure. V. Bureau. (A. Bos. Burat.)

Bourre-coquin, s. m. Haricot sec, ainsi désigné au pluriel quand il est cuit : des bourre- coquin. [Le Mans.)

Bourrer (se), v. pron. Manger gloutonnement.

Bourrette, s. f. Toile de gros fil.

Bourri, s. m. Ane mâle qui est dans les fermes le pâliras des domestiques et des enfants. — Morceaux de bois assemblés pour façonner les bourrées marchandes. [Montfort-le-Rotrou.)

Bourrier, 5. m. Grain de poussière. Dérivé du vieux mol pourriêre., qui voulait dire poussière. (Du Gange. Pulvis.) Au pluriel, il signifie ordures, balayures. Dans le Scaligerana (p. 127), il est dit que bourra signifiait balayures in vetustissimo qallico.

Vont grattant les balyures et les boiirriers. (Béroalde de Verville. Moy. de parvenir, ch. 11.) Soutle les bourriers tout autour. (Le même. Ibid., ch. xl). Et cependant, tu vas dardant Dessus moy ton courroux ardent.

Qui ne suis qu'un 6ourr?'er qui vole.

(Régnier. Vers spiriluels.)

Avoir un bourrier dans Vœil., c'est être borgne, et au figuré c'est ne pas comprendre. Toute chose malpropre qui se balaie ou qu'on arrache du sol, est un bourrier, tels que la mauvaise herbe, des débris, etc. Tattends pour labourer que le bourrier soit levé. [Neuville.)

124 VOCAnULAIRE

Bourroche, s. f. Petit panier dont le fond est en forme de bourriche. (Du Gange. Bertavellus.)

Bourse, adj. Oignon bourses maladie particulière à ce légume. (Barbeu du Rocher. — A. Bos. Borser).

Boursicot, s. m. Boursieotte, 6-. /. Châtaigne. (Martin. Dict. franc, de poche. Boursicaut.s. m. petite bourse.)

Boursicotter. v. a. Amasser sou à sou.

Bousiller, v. a. Ramasser des bouses, mal faire son ouvrage, salir. (A. Bos. Boserer.)

Bousine, s.f.Wessie.J'vaste défoncer la bousine, dit-on, quand on veut menacer quelqu'un. De Bottelhis, boyau, ou de Bous, petit vase à mettre des liquides. (Du Gange. Butta, 3. — A. Bos. Busine, 2.)

Boussard, s. m. Petite fille qui a les goûts d'un petit garçon.

Boussiau, s. m. Boisseau. V. ce mot.

Bouteiller, v. n. Produire du bruit ou des borborygmes dans les intestins. Ça gui bouteille dans le cô (corps).

Boutoile, s. f. Bouteille. (A. Bos. Botillier.)

Boutterie, s. f. Petit baril qui contient un demiquart de pipe. (Du Gange. Boutellus.) V. Quart, Quartaut.

Bouvart, bouvas, s. m. Bouvillon. (Du Gange. Bovetta.)

les bœufs. .. de trois ans, dits boiivards. (Besnard,

Mémoires, i. I, p. 82.)

deux bouvards, de l'âge de deux ans.... (Moulard

Fief de AhUeffre en Arçonnay, 16 septembre 1556.)

DU IIAUT-MAINE 125

Bouvine, bovine, 6\ f. iMaisonnelte, masure. V.

Bauli'uw. (A. Bos. Bove.)

Braie, s. f. V. Bre?/oir.

Brancard, brancas, s. m. Grandes balances suspendues avec de grosses cordes.

Branciller (se),?;, pr. Se balancer à des branches d'arbres liées en forme d'escarpolette.

Brandilloire, s. f. Escarpolette. Brander, c'était s'agiter, branler. (Du Gange. Palpare. — Ray- NOUARD. Brandir, Brandar. — A. Bos. Brandeler.)

Brandons^ Branlons, s. m. pi. Le premier dimanche de Carême est celui des Branlons^ ou pour mieux dire Brandons. Ce jour-là, les paysans parcouraient la campagne avec des brandons de paille allumés pour conjurer les sortilèges jetés contre les arbres, et menaçaient ceux-ci de les couper s'ils ne donnaient pas de fruits. (Du Ch^iK. Brandonner %o\\.?, Brande, Burœ. — Dictionnaire de Trévoux. Brandons.) Cet usage n'existe plus dans le Maine, bien que le jour indiqué ait conservé ce nom. Suivant M. Cauvin, dans quelques paroisses, on en pratique un autre qui consiste à frapper avec un cermeau sur une busse qui n'a qu'un fond, de manière à produire un son qui s'entende au loin et qui sert à endormir les mulots et autres vermeniers. A La Chapelle- Saint-Rémy [Tuffé]., dans chaque ferme, on frappe sur une busse où l'on a renfermé un chien, dont les cris aident aussi à endormir les mulots. V. Buie. Peut-être disait-on Branlons au lieu de Brandons, à cause des rondes ou branles qui se dansaient autour des arbres. On trouve une notice dans le tome VIII

du Musée des familles, p. 27, sur les branles qui se dansent en Normandie le premier dimanche de Carême, et de même avec l'éclairage des brandons.

— Ce jour M des brandons », on lirait aussi des coups de fusil, de pistolet, d'arquebuse, etc., on allumait des feux de joie dans les carrefours et sur les places publiques. On prétend que cet usage à une origine payenne, et qu'il était un souvenir de la recherche que lit Gérés de sa lille Proserpine enlevée par Pluton. Gérés s'était munie de torches enflammées pour cette recherche, après avoir inutilement illuminé l'Etna dans le même but. (Journal Le Clocher, 6 mars 1869.

Branlouère, s. f. Escarpolette. (Du Gange. Oscillum. — A. Bos. Branloïer.)

Branne, brenne ou bronne, s. f. Mamelle. De Vronn qui est synonyme dans la langue celtique.

Brannée, s. f. Nourriture préparée pour les bes tiaux et dans laquelle on met du son autrement dit bran.

Brannée, s. f. Femme paresseuse.

Brannoux, s. m. Téteur. Très sérieusement, on trouve des hommes dont la profession consiste à têter les femmes qui ont trop de lait, ou dont les brannes ne peuvent se débarrasser sans ce secours. On aurait encore compris des braniiouses plutôt que des bratinoux.

Brassiller (se), v, réf. Marcher deux en se tenant par une main et en se balançant les bras, comme font les promis. V. Croche-doigt. V. la citation au mot Abrayer.

Brassie pour embrassade . {Cent Nouvelles nouvelles, t. II, p. SI )

Brauder, v. n. Faire l'ouvrage trop vile. [Tuffé.)

Bravement, adv. Magnifiquement.

Il faut nous donner de l'air après avoir si bravement deinné. [Nogent-le-Rotroit).

ia lu assembles

Bravement un brave troupeau.

(L'abbé Froger, Ronsard).

Bravette, bravotte, 5. f. Pièce du tablier qui s'étend sur la poitrine. Je pense que c'est bavette.

Bréda, s. m. Ce mot était très usité, il y a quelques années, dans le Maine, pour indiquer une soirée de jeu ; il vient par ironie, de bredasser, parce qu'on ne s'occupait guère qu'à de petites causeries ou à jouer, dans ce genre de réunions. Breda et Bredasser auraient-ils la même origine que berdir., braire ? — Les mondaines ne disent plus, au Mans, un bréda., mais un veillon., qui est la distraction du Carême.

Bredasser, v. n. S'occuper de choses insignifiantes, lambiner nonchalamment.

Breil, Breuil, s. m. Nom de lieu. (A. Bos. Brueil.)

Dans notre vieille langue, 6rei;7 et vivier sont synonymes ? (Alouis, Revue du Maine, t. VII. p. 54.

bois taillis clos. .. (L'abbé Codtard. Sainte-Sabine,

breuil de forêt, c'est à-dire buisson ou les grosses bêtes puissent se retirer. (U'Espinay, Réforme de la Coutume du Maine de 1508).

La famille raancelle Lefèbre du Breuil a possédé la terre liii Breil (uiicioii fief;, en Sainl-Pierre-des-iîois (Sarthe.)

Brénée, s. f. Mélange de son {hren) et d'autres aliments pour les animaux de basse-cour.

Brenne, s. f. Mamelle. — De Vronn^ qui est synonyme dans la langue celtique.

Brésiller, v. a. Briser. Voyez Bersiller. (Â. Bos. Bresillier .)

Breuche, Breunche, s. f. Résidu qui se forme au fond d'un pot ou d'un autre vase devant le feu . Roquefort le donne d'après Ménage. C'est un dérivé de bren^ qui signifiait un résidu quelconque. (A. Bos. Breii.)

Breyer. w. a. Broyer. Se dit surtout pour séparer le chanvre du fétu .

Breyoir, s. m. Instrument pour broyer le chanvre et séparer la filasse de \ aigrette ou fétu. (A. Bos. Broie, 1.)

Bricole (de), loc. adv. De côté et d'autre, sans but. (A. Bos. B riche, 2.)

Bricole, s. f. C'est un ouvrage peu sérieux, celui d'un domestique de maison ; se dit aussi des gens qui n'ont pas de métier, châtelains, rentiers qui bricolent de côté et d'autre.

Les enfants ne s'étonnent point des petites bricoles que la faiblesse de leurs jambes leur fait faire. (Saint François de Sales.)

Bricoler, v. a. Aller de côté et d'autre, à l'étourdie. Se dit surtout des chiens de chasse.

« Que faisait ce jeune homme avant la guerre ? — Eh bien, ça bricolait... » (L'abbé Moranciî, S3- Mobiles, p. 149, 3° édition.)

Bricoli, .*;. m. Brocoli. Tous les choux montés au printemps se mangent en bricolis. (A. Bos. Broc.)

Chou-fleur brocoli. Bricoli de la halle. (Vilmorin, Cato/ogue annuel de graines.)

Brider une oie, v. a. C'est lui passer une plume dans les narines ou une longue cheville au cou, afin qu'elle ne puisse traverser les clôtures.

Brière, s. f. Bruyère.

Le roy alla le matin sur la brière de Marly. {Journ. de Dangeau,7 et 9 novembre 1G91).

Ssiint-Ma.rs-de-la-Drière, est un bureau de poste de la Sarthe.

deux brières dites «les Brières du Bourg »

(Pasty DE LA Hylais. Baronnie de Bouloire.)

Le Domaine du fief de Boysgaudin 28 octobre 1602,

, boys de haute futaye et buissons, brières,... (Le même.

Ibid.)

Dans le Bas-Maine, on dit la bricane, et s'embricaner, v. r., se cacher dans la bruyère, par ext. : dresser un guetapens. (M. Anis.)

Brimbaler, v. a. Mettre en branle : est encore français. Le Dictionnaire de Trévoux, fait venir ce mot du bas-breton brhnbalat ; le contraire est tout aussi probable ?

Brimbaloire, 6. /. Escarpolette.

Brin, s. m. Filasse du chanvre le plus long et le plus mince. Fil de brin [Loué.)

G douzaines de serviettes de [brin en réparation

(Comte ue Beaughesne. La Roche- Talbot.)

Brin ! C'est une réponse négative. Demande : Avez-vous de l'argent à me donner ? — Réponse :

Brin! Je crois que Ton dit ainsi au lieu d'un mot très-énergique, trop même, et qui est celui-ci à une lettre près ?

Brincaudier, ère, s. m. et f. Domestique qui fait sa besogne trop vite pour qu'elle soit bien faite.

Brindelle, s. f. Femme qui n'est pas bonne ménagère.

Faut-il y rapporter le mot brinde ? Saint François de Sales raconte que « saint Charles Borromée « fai- « sait des carroux ou brindes (santés portées en buvant) avec les Suisses ».

Bringé, e, bringelé, e, adj. Pelage d'un bovin, spécialement le rouge rayé de brun de la race cotentine. (Barbeu DU RocuER.)

Broc, s. m. Fourche à dents de fer. On prononce brô. (Du Gange. Bruca. 4. — A. Bos. Broc.) V. Signale.

Brode, adj. Mal tenu, lâche, efféminé, cancre, sale, grossier. (Cotgrave. Brode.)

Muleasses, roi de Thunes, reprochoit la mémoire de son père, l'appelant ôrode, efféminé, etc. (Montaigne. Essais, iiv. II. ch. VIII.)

Si ce n'est pas pour être entendu en mon périgordin : c'est un langage brode, traisnant, esfoiré. (Le même. Ibid., ch. xvn.)

Dans Rabelais, brodier signifiait le derrière :

Puis s'en va deslacher son brodier si très-impétueusement que on cuydoit que la ville fondist toute en abisme... Le bon roy Artus et toute sa cheuallerie ayant veu desbonder la palremuse du brodier de Gargantua, se prindreut tous à rire si très fort qu'ilz en eurent les passions pendant plus

DU HAUT-MATNE 131

de sept jours. {Chroniques admirables du puissant roy Gargantua.)

Brode se trouve aussi dans le Dictionnaire étymologique de Ménage, qui Tappliqueaux femmes noires. On en qualifiait encore les Allemands en dérision peut-être du pain qu'ils mangeaient, pain se disant brod en allemand. Du Gange, sous Broda, le donne comme synonyme d'un pain grossier, et de même que nous disons proverbialement (grossier comme pain d'orge, on aura dit grossier et sale comme brode, et puis brode tout court ?

Bronbronbrette,5. /. C'est une chanson à boire. On la chante à la ronde. Un buveur chante :

Va pass' la qu'nouille à c'tilla Si vous voulez qu'il file

Va pass' ta q'nouille à c'tilla, Il filera.

Pendant qu'il filera

Que son voisin s'apprôte

Et pendant qu'il boira

Chantons la bronbronbrette La bronbronbrette ! ^ , La bronbronbra ! 1 ^'^ ^« '>''''''''

Pendant que celui dont c'est le tour de boire s'en acquitte, le chœur continue lentement et autant de temps qu'il plaît au buveur de faire durer le plaisir :

Il nie, il file, il file, etc.

Et quand il a bu :

Eli I mais n'a-t-il pas bien filé Tandis que sa qu'nouille a duré.

Et ainsi de suite, à la ronde.

Brojibronbrette doit avoir une curieuse étymologie. Je ne trouve que ôro (brouet) et bronc (âpreté), tous deux dans Rayuouard, qui puissent approcher. Mais il faut en référer évidemment et tout simplement à bibere, comme pour le français ô/6eron ou le manceau broime, qui ont de grandes analogies de consonnance et de sens avec le mot et avec l'usage.

Bronne, s. f. Mamelle. De bibere ? En celtique, mamelle se dit Vronn.

Brôquin, s. m. Guèive {Neuville ei Fresnay.) Est-ce une abréviation de brodequin ? (A. Bos. Broisseq^dn) ; ou un souvenir de l'horrible torture juridique de ce nom ? (L'abbé Ledru, La Recluse, p. 80- 81).

Brosse, s. f. Nom du chêne Tauza ou Tauzin. Brosse est le même mot que brousse.

Le fer au poing ie brossay dans le boys. ..

(L'abbé Froger. Ronsard. Les quatre premiers livres des Odes.)

Brosse, 5 ./". Montant d'un hachet.

Broûas, s. m. Brouhaha, embarras, tapage.

(A. Bos. Broas.)

Dans tout ce broi'tas, je ne sais comment je m'arrengerai.... (Province du Maine, 1894, p. 167).

Broue, s. f. Sueur épaisse et seiublable à de l'écume : c'est broitaz, gelée blanche. (Du Gange. Bruina] ; ou (CiioMPRÉ. Brua, h om\\\e.)

Brouillard de Monsieur de Vendôme , trois quarts de pluie.

Broutard, s. m. Taureau d'un an.

Broutebiquet, s. m. Chèvre-feuille.

Broutier, s. m. Veau de huit à dix mois. [Montfort-le-Rotroii.)

Bru, s. 771. Bruit.

Brucher, v. n. Se dit des animaux qu'on a attachés et qui forcent sur le lien. Un bœuf bruche par le cou ou par la tête, un porc bruche par la patte. (A. Bos. Bruguer.)

Brûler, v. a. Distiller. — Brulefi[r) d'eaii-de-vie^ distillateur.

Brunche, s. f. Dépôt, résidu. Voyez Breunche.

Brunette, s. f. Petit oiseau du genre fauvette, et qui semble tenir du troglodyte ou du moineau. (Cot- GRAVE. Brunette.) Y oyez Paisse-bussonnière.

Buaillon, s. m. Petite lessive. (A. Bos. Buage.) Bue, s. f. Cruche. Voyez Buie.

Buée, s. f. Lessive. Faire courir la buée. (Bar- BEu DU Rocher.)

La pluie nous a buez et lavez.

(Villon. Ballade des pendus.) Entendismes vng bruit strident et diuers comme si fussent l'emmes lauans la buée. (R\belais. Pantagruel, liv. V, ch. XXXI.) faire la huyée. {Cent Nouvelles nouvelles, XLV^.)

Ce mot, indiqué comme vieux par l'Académie, est encore très-usité dans les provinces de l'Ouest. Il se met au pluriel pour brouillards^ vapeurs :

des buées serpentent en suivant le cours des ruisseaux, (l'abbé MoRANGÉ, la Vallée du Loir, p. 122.)

A Dijon, du temps de Ménage, on disait linge maubué (mal bué) pour linge sale.

Buffer, V. m. Souffler avec la bouche, gonfler ses joues. (Du Gange. Buffare. — Raynouard. Bufar.) Buffa esL un souffletdonné sur la joue, d'après Cliompré. (A. Bos. Bufer.)

Buie, s. f. Buire, cruche en grès munie dune petite gargouille. C'est aussi, dans les laiteries, le vase où l'on conserve la crème [Neuville, Savir/iié-VEvêque.) On fait venir buire de bibere ; on en a fait 6?/rette. Roquefort, au mot Bures, rattache ce nom à certaines courses de lance qui se faisaient avant ledimanche de la Quinquagésime, et qu'on nommait ainsi dit-il, parce qu'on y buvait beaucoup. Ces courses, qui pourraient bien avoir quelque analogie avec celles en usage au Mans le jour des Rameaux (Voyez Lanciers), faisaient partie des jeux de Brandons. (Voyez Branlons).Dvi Gange place ces mêmes courses au premier dimanche de Carême, qu'il nomme le jour des Bures, des Bordes ou du Bouhourdis. [Biirêe, Bohordicum, Bordée.)

un jalais de vin contenant cinq pintes dans un buj/s

de terre... (Hrurtebizk, Revue du Maine, 1896.)

Bulot, s. m. Petite meule de fourrage. Voyez Mulon.

Buon, ,9. m. Grand vase de terre en forme de cuvier, et dans lequel on fait la buée. (Du Gange. Buheteriiis.)On trouve souvent de vieux vases en faïence en forme de gourde ou de gargoulette, portant en lettres bleues le mot Byoïi ou Buon. (M. Buon, Ministère des Beaux-Arts.)

Bureau, buret, s. m. lUire. (A. Bos. Buraf, Bure l.)

Mais ce n'est la guise des amoureux, auoirainsy bragues

aualades , auecques robbe longue de bureau La

couleur, respoudit Panurge, est aspre aux potz, a propos, c'est mon bureau. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. VII.)

Cinquante pauvres de Courdemanche .... habillés de neuf à ses frais, portant hauts-de-chausse et pourpoint de toile, et robe de bureau.,.. {Union Historique du Maine, t. I, p. 47.)

vêtu d'une povre cotte de burel blancq..-.. (Ledru.

Folie de Ch. F/, ch.III, § 1.)

Buron, s. m. Lavoir formé naturellement par des eaux stagnantes. De buer, laver. (Du Gange. Bura. — A. Bos. Buërie.) En d'autres lieux, c'est un douet ou un mortier.

Busse, s. f. Tonneau de 230 à 2-40 litres, qui est remplacé presque partout par la barrique bordelaise de 225 litres. (Du Gange. Buza sous Butta. — A. Bos. Buce.)

Biissonée, s. f. Buisson. Voyez Paisse et Passe.

Bussonnier, s. m. Lapin qui ne terre point, et se tient aux buissons. Voyez Maisonnier. (A. Bos. Buissoner.)

Buttiot, s. m. Petite meule de foin, plus petite que le veillot.

Buvassier, Buvattier, s. m. Ivrogne. (A. Bos. Beverie., Bevitôria sous Boite.)

Ça. Cette abréviation bien connue, et qu'on emploie généralement au lieu de cela, est très souvent suivie, dans le Maine, de qui, et toujours quand elle précède immédiatement un verbe. Ça (/ni fait bin. Ça qu'est biaii (cela fait bien, c'est beau), ça qu'a demandé. Et aussi ça demandit (cela exigea). (L'abbé Anis, Bas-Maine.)

Cabaret, s. m. Mauvais toit.

Cabasser, v. n. Bavarder. (A. Bos. Cabas.)

Caborgne, adj. Borgne. V. Calorqne.

Cabosser, v. a. Bossuer.

Diogènes le tournoit.... le cabossait. (Rabelais. Pantagruel, liv. III. Prologue.)

Cabossiau, s. m. Seau dégarni d'anses, disloqué, cabossé.

Cacailler, v. n. Crier comme la poule ou la perdrix. Cacabler suivant Roquefort. (A. Bos. Cacab, Quaillier.) — Bavarder.

Cacot, s. m. Terme qu'on emploie, avec les enfants (parler gnangnan)^ pour désigner un œuf ou une noix. (Ménage. Qiiecas.)

Cagibitis, s. m. Mauvaise barraque, mauvais meuble, partie inférieure d'un bahut ou d'un buffet. C'est une grossière injure de dire à quelqu'un : vieux bas de buffet ! ( Tuffé . )

Cagiot, s. m. Cage ou mieux mannequin cous-

DU RAUT-MAINK 137

truit en lattes ou à peu près, et qui sert à transporter vivants les lapins, les volailles, etc. (A. Bos. Cajol.) — Animal de basse-cour trop petit pour marcher, et que l'on transporte dans des cages ou paniers. Caguenas, s. m. Cadenas.

J'avâs une belle cravate

De fin canevas,

Saàpergouâs !

Je l'attachaàs par le derrière

O un caguenâs.

{Vieille chanson mancellc. Vallon.)

Caignard, s. m. Sorte de réchaud. [Esnault.) Caille, s. f. Cet oiseau passe pour avoir le don de pressentir le prix du grain. Les uns pensent que le grand boisseau (25 litres) de froment vaudra autant de francs qu'il y a d'appels dans le chant du courcaillet ; d'autres estiment que chacun de ces appels équivaut à une augmentation de cinq sous, au-dessus du prix de quatre francs par chaque même boisseau.

Pédédette, pédédette, pédédelle, La caille Cacaillc.

Sans être muette, Sans cesse répète :

Pédédeette !

(Vieille chanson mancelle. Vallon.)

Caille, adj. De couleur pie, surtout rouge et blanc. Voyez Ben.

Caille-lait^ s. m. On désigne ainsi plusieurs plantes dont les feuilles ouïes fleurs ont la propriété indiquée par le mot. Voyez Tourneure.

Cette chenille vi\. ^urla caille-lait, ou gaillet, petite

fleurette blanche ou jaune, de la famille des rubiacées. (Mlle Maugeret, La Science à travers champs, ch. xi.)

Caillotin,5. m. Fromage blanc.

Caillou, s. m. Faïence brune, qui se fabrique à Saint-Denis-d'Orques {Sarthe). On dit : nn plat caillou, une tasse caillou. (A. Bos, Caillou, Chail.)

c'était souvent des vases de terre cuite désignés

par le nom de caillou, qui figuraient sur la table des maîtres et domestiques. (Besnard, Mémoires, t. I, p. 85.)

Caillou, s. m. Calus, callosité des mains et des genoux. Voyez Corne.

En se traînant à quatre pieds, saillit sur les deux cailloux. [Nouv. de la Reine de Navarre, Préface.)

Calberdas, s. m. Califourchon.

Calebrette, s. f. Genre de marcotte qui consiste à recoucher sur le terrain, pour l'y faire étaler, la tige marcottée à sa sortie de la terre. Se dit surtout de vignes ainsi provinées.

Calebretter, v. a. Faire des calebrettes.

Caler, v. n. Reculer, céder. Cette locution est, je crois assez usitée en France dans le langage famillier.

Voilà par quels destours vague ma fantaisie Calant ore à l'amour, ore à la jalousie.

(Phil. Desportes. Elégies. XI V«, liv. I.) J'ay faict caler, soubs l'intérest de leur honneur, le plaisir. (Montaigne. Essais, liv. III. ch. v.)

Cette superbe vertu eust-elle calé au plus fort de sa monstre. (Le même. Ibid., ch. xii.)

Calevène, s. f. Temps voulu. Un morceau de bois qui fait la calevène est celui qui brûle le temps voulu. [Tuffé] (A. Bos. Chaline.)

Dr TIAIT-MAINE 139

Galleter, décalleter, v. a. Défoncer à coups de cr(j{c) un carré de terre durcie. {Neuville.)

Calorgne, adj. Borgne.

Calorgner (des yeux.), v. a. Cligner des yeux comme l'ont les myopes. {La Suze.)

Calot, s. m. Noix verte, grosse noix, gros morceau de pain ou de viande.

Dans l'argot de Sainl Gyr, on dit un calot au lieu de une calotte, une toque.

Cambin, ac?v. Combien.

Cameloter, v. o. Comploter, se parler l'un à l'autre à voix basse.

Camelotte, s. f. Complot. Désigne aussi un mé lange soit d'aliments, soit d'engrais. {Neuville .)

Camlgnon,5. ?>«. Petite épingle. Vient de c«c?<??i-^«, pointe.

Caminette, s. /. Camomille.

Caneçon, s. m. Caleçon ; se dit aussi des pantalons que portent les femmes ; cette mode existait même dans les fermes au beau temps de la crinoline ,

Ganet, s. m. Caneton. Le pluriel serait c«^^a^.s. (A. Bos. Canet, 1.)

plus esbahi qu'un ciinet. (Cent Nouvelles nouvelles,

t. II, p. 266.

Canetée, s. f. Lentille d'eau, plante aquatique qui couvre entièrement les sources d'eau vive, pour peu qu'on la laisse pousser. On la nomme ainsi parce que les canards aiment à barboter au milieu.

Canette, 6\ f. Petite bille avec laquelle jouent les enfants. Le Dictionnaire de Trévoux explique les règles de ce jeu.

ea son hostellerie en ceste ville de Paris, à l'enseigne

des {7annefies, rue de la Mortellerie. (L'abbé Lehru, La Recluse, p. 77.)

Canette, s. f. Petite bobine. (A. Bos. Cane, 2.)

Caniveau, s. m. Rigole en terre ou en pierres. Dans le Dictionnaire de TAcadémie, c'est une pierre percée par le milieu : à Paris, c'est un pavé. Voyez Cassis.

Canne giloire, gilouère,.s. f. Clifoire, petite seringue en sureau que font les enfants. Ménage et le Dictionnaire de Trévoux citent ce mot. (A. Bos. Cane 2, Giiilée.) Voyez Giler.

Canne pétoire, s. f. Petite sarbacane très-courte ou canon de sureau, qui est un jouet d'enfants ; il est d'un usage ancien. Elle se nomme ainsi pétoire, parce que lorsqu'on retire le manche avec lequel on la charge, on lorsqu'on la fait partir, elle détonne avec un certain bruit. (A. Bos. Cane, 2.)

Comme quand les petiz garçons tirent d'vng canon de sulz (sureau), auecques belles rabbes. (Rabelais, /*an/a,9rMeZ, liv. II. cb. XIX.)

On se sert encore aujourd'hui de ces mêmes petits projectiles fait avec des morceaux de raves on de navets.

Caparaçonner, v. a. Rosser.

Capituleux, se, adj. Capiteux. Un petit (vin) blanc bin capituleux.

Capucin, s. m. Lièvre.

Noire capucin, au lieu de suivre les raies, commme les

lièvres font d'habitude, se met à traverser la plaine

(Saint-Paul. Souvenirs d'un vieux Louvelier, ch. ix.)

Caque, s. f. La caque du Maine se mesure par deux boisseaux combles et un boisseau rais, ce qui fait 65 ou 80 litres, suivant qu'on se sert du boisseau nouveau (20 litres ou 32 livres de blé), ou de l'ancien (25 litres ou 40 livres de blé . )

Caquot, s. m. OEuf, noix. Voyez Cacot.

Gaquot, s. m. Caquet, hoquet.

Caquoter, v. n. Caqueter, jacasser, avoir le hoquet.

Carabin, ^. m. Blé noir ou sarrazin. — Carabine, 6'. f . Variété dont le grain est moins noir, (Barbeu du Rocher.)

Carcelle, s. f. ou adj. f. Vieille souche creuse et fendue ou entamée du haut en bas. [Neuville .)

Cargnon,^.^. Morceau de pain. De carne, angle: chignon, qui veut dire la même chose, vient de même de cugnus, angle ou coin.

Carinet, s. m. Tuile concave pour placer dans les angles des toits. Sa forme indique pour l'étymologie de son nom, carinatus, fait en forme de carèae. (A. Bos. Carne l, 2).

Carne, ou Cargne, 6'. /'. Mauvaise viande, charogne. (Raynouard. Carn. — A. Bos. Charnail). J'Phaïs pus que cVla carne. Au figuré, c'est un terme de mépris, un mauvais cheval, une femme de mauvaise vie, etc. De Caro.

Carreau,^, tn. Planche épaisse. Carreaudepouce, planche qui a un pouce d'épaisseur (A'ez^t^zV/e). (A. Bos. Quarel.)

Carreleur d'souliers ! Cris du Mans. (A. Bos. Qiiarer.)

Carrie, s. f. Baldaquin carré des vieux lits, charpente assemblée en carré placée dans les puits audessus de la cuve, pour porter la pemire en pierres ou en briques. [Monfort-le-Rotrou). (A. Bos. Quaréle.)

Carroé, carroi, carrouère, s. m. Carrefour. (Du Gange. Carretimiy Carrouellum, Carubium, Qiiamim. — A. Bos. Quaroge).

Ouquel temps les fouaciers de Lenié passoienl le grand carroi. (Rabelais, Gargantua, ch. xxv.)

Les fouaciers proupousareal leurs complaincles....

disant le tout auoir esté faict près le grand cnrroy par de

là Souillé. (Le même. Ibid., ch. xxvi.) A haste s'en alloit, Par maint carroy, par maint canton et place Pour le chercher.

(Cl. Marot. L'Amour fugiiif, l"'' chant.) Quand fut eu plein carroy, Sus ung hault lieu se mist en bel arroy.

(Le même. Ibicl., IP chant.)

Carrosse, s. t?i . Boîte en bois dans laquelle les laveuses s'agenouillent au bord de l'eau.

Carte-à-tabac, s. f. Bureau de débit de tabac. (A. Bos, Chartre^ 2.)

Casse-croûte, .s\ m. et/". Entre-metteur de mariage. Rouche-croù(e, ({lû esl synonyme, est plus expressif.

Casseleau, s. m. Boisseau ou l'une de ses divisions. De Cassula^ petite caisse ; caisse était cassa en basse latinité. (A. Bos. Quartel.)

Casse-pots, s. m. Voyez Jeudi casse-pots.

Gassine, s. f. Maison très petite, cabane ; c'est comme petite case. Cassine doit venir de casa. Plusieurs métairies et autres localités portent ce nom. (A. Bos. Chas. 1.)

Il en achète force mestaines, force granges, force cassines. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, Prologue.)

Les mena boire en vne cassine arrivant à la cassine-

(Le même Ibid., ch. xiii.)

Cassis, s. m. Rigole ou caniveau en pierres ou briques, à fleur du sol. Voyez Caniveau. (A. Bos. Chalceïs., 1.)

Castille, s. f. Groseille à grappes. Est-ce à cause de Facidité de ces fruits, qu'on appelle castilles les querelles ou les paroles aigres ?

Castillier, s. m. Groseillier à grappes.

Castine, s. f. Marne blanche. On l'emploie, dans les forges, pour h.iter la fusion. (A. Bos. Chalcine.)

Catarreux, se, adj. Hasardeux, éventuel, fragile.

Catherine, .5'. /.Coccinelle (plante). (A. Bos. CAne., 1.)

Caufée, i\ /. Consoude (plante). Voyez Cou fée.

Cavalier, adj . Variété de chou à vaches. (A. Bos. Cholière.)

11 est laissé à sa disposition 450 choux cavaliers bien venants par hectare de gros blé. (Thoury, Usages ruraux de Monlforlle-llotrou, 64.)

Gélot, S. m. Insecte presque microscopique, de couleur rouge et de la famille des pucerons ou des tiques; il se nomme aussi bête rouge^ loup rouge^ rouget. On le rencontre principalement sur la renouée, dans les mois d'août et de septembre; il s'insinue sous la peau et cause de vives démangeaisons. Dans d'autres provinces, on le nomme vendangeron. Son nom, suivant les savants qui s'adonnent à faire des catalogues d'histoire naturelle, est lepte automnal. Voyez Sénot.

Génard, cénas, s. m. Mauvais plancher fait le plus communément avec des triques (Du Gange. Solarium . )

Cendrine, s. f. Cendrée, très-petit plomb de chasse .

Genelle, s. /. Senelle, toute sorte de fruits ou baies d'arbrisseaux. Voyez Cinelle. (A. Bos. Cenéle.)

Censément, adv. A peu près, certainement, c'està-dire. (A. Bos. Censer.).

Gentine, s. f. Baie de l'airelle ou myrtille. (A. Bos. Cine, 1.) On désigne aussi la plante par le nom du fruit. Il y en a des tapis dans la forêt de Perseigne. Voyez Sentine.

Sentine, s. f. Fruit violet savoureux de l'airelle myrtille. ( Vaccinum myrtillus. (Anjubault. Boubiques et sentines.)

Gepiau, s. m. Serrure de bois, entrave de bois. C'est la même chose que les ceps, qu'on disait aussi cepiel. (Du Cange. Cippus.) Gros cepiau est un reproche ou une insulte qu'on adresse à un individu lourd, grossier, inintelligent. {Tuffé.) V. Spiau.

Cermeau, s. m. Grande serpe. (Du Gange. Cerminicuhim, Ferramentum) Prononcez Cermiau.

Cernes, s. m. pi. Cercles concentriques autour de la lune. (A. Bos. Cerne.)

Elle courba le large tour De l'air qui cerne tout autour, Le rond du grand parc oîi nous sommes.

(Froger. Ronsard, Ode au Roy.) Et menez au bal les Muses,

En un cerne tout autour

(Le même. Ibid. Aux cendres de Marguerite de Valoys.)

Gerqueux, s. m. Cercueil. (A. Bos. Sarcueu. — L'abbé Coutard. Ste-Sabine, 1S92.) Je n'ai pas entendu prononcer ce mot.

Ges'là, /??'. m. Celles-là. (A. Bos. Icel)

C'est pourquoi. Locution par laquelle on termine les phrases dont la conclusion est facile. Exemples : Vous aurez ça chez un tel, à bien meilleur marché et bien meilleur. Cest pourquoi. — Ce chemin est plus court et meilleur que l'autre. Cest pourquoi.

Cetlà, ceutlâ,,pr. m. pi. Ceux-là. (A. Bos. Icest).

Ceule, pr. f. Celle, féminin de celui. On dit à ceule fui pour afin. Voyez Seule.

Ceuli, pr. m. Celui, ceux.

Geumetière, s. m. Cimetière. V. Sommetière.

Au cémïetièrc va tut dreit. (Barbeu du Rocher, Marie de France, fable 33, p. 172.)

Ceux. pr. 7)1. })l. Ce pluriel du pronom personnel celui, ne s'emploie que précédé de l'article les. Les ceux qui ont fait ça. On dit aussi les ceux-ciens. Voyez Cieun et Sien.

Çhàble, s. m. Herso.. Voyez Châple. (A. Bos. Cliaable.)

Gï\^h\er,v. «.Ilcrsor, briser, réduire enfragmenls. Voyez Châpler.

Châe, s. f. Chaleur. (A. Bos. Chaire.) On dit : que châel (quelle chaleur !) V. Chaiie.

Ghaffourer, v. a. Fouiller, bouleverser, mettre en désordre. De là peut-être on a hiiéckaiiffourée.

Gargantua.... ratissoit le papier, cliauffourroil le parchemin. (Rabelai?. Gargantua, ch xi.)

Le iour subséquent, passasmes Procuration, qui est ung pays tout cahffouré et barbouillé. (Le même. Paalagrud, liv. III, ch. XII.)

Leur retraicte mesme est pleine de corruption et d'ordures, l'idée de leur amendement chaffourrée. (Montaigne. Essais, liv. m, ch. II).

Chaillou, s. m. Caillou, silex. Voyez Cosse. (A. Bos. Chail.)

Vous voirrez la terre trembler, Pierres et chailloux se fendre.

{ Vieux cantique, Tuffc).

Ghaintre, s. f. Haie très large, taillis étroit. [Reî^avlt. Notice sur St-Christophe-en-C/ia?7ijjagiie,

Ghaircuitier, ,s-. m. Charcutier.

La langue moderne a conservé ici la forme inusitée char, et au contraire le peuple manceau emploie en forme régulière chair. (Barbeu du Rocher.)

Ghairdron, .s\ m. Chardon.

Ghairdronnet, s. m. Chardonneret. (A. Bos. ChardereKtl.)

Chaire, s. f. Chaise. (A. Bos. Chaére.)

Apportez nioy à ce bout de table une chaire. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, cli. xxxiv.)

Parmy ces humeurs, il auoit cette-cy bien contraire à celles des princes, qui pour despècher les plus importants affaires, font leur throsne de \e\iv chaire percée. (Montaigne. Essais, liv. I«% ch. m.)

S'élançant brusquement d'une chaire où elle estoit assise. (Le même. Ibid., liv. II, ch. xxxv.)

Car il n'est pas conuenabie que quanil on se lève de la chaire d'un barbier, on se présente deuant un miroir. (Amyot. Œuvres morales de Plularqne. Comment il faut ouïr.)

avoir faict et fourny à lad. église \me chaire

acoudouêr (Froger. Paroisse de Lombron, 1638.)

Je trouué à la ruelle du lit vne cherre pour me seoir. (Recueil général des caquets de l'accouchée. Edit. de 1G23, p. G.)

La chaise à sel formait au-dessous du siège uu coffre fermant à clef; on en trouve encore. (1878, C.-H. de Montesson.)

La chaise de nécessité, meuble indispensable placé dans la garde-robe. (L'abbé Ledru. La Recluse, p. 59.)

En revanche, pour dire une chaire, on dit une chaise ; ceci se faisait aussi quelquefois ailleurs que dans le Maine :

Les prédicateurs dans leur chaize Prônent maintenant tout à l'aise.

(Loret. Muze historique, 2 août 1653.

D'Amiens l'evesque ou pasteur

Admirable prédicateur

Mercredy jour sainte Thérèse Monta l'Hprès-dînée en chaise.

(Le même. Ibid., 18 octobre 1653.)

Ghairier, ère. s. m. et /. Loueur ou loueuse de chaises.

Ghairier, s. ?}i. Gi-and linceul qui se place dans le cuvier à lessive et par dessus le linge. De charrée que nous disons chairée ou cherrée.

Ghairpi, s. m. Charpie. Nous disons : fai fait du chairpi pour les blessés. 'A. Bos. Char pi.)

Chairpigner, chairpir, v. a. Déchirer, égratigner, écharper. Voyez Charpeigner.

Ghairpillère, s. f. Morceau de toile qu'on étend sur le sol pour vanner des graines. V. Ckarpillère et Serpillère. (A. Bos. Sarpillière, 2.)

Ghaise, s . /. Chaire. V. ce mot.

Ghalanberdin, s. m. Mauvais sujet, et qui surtout ne veut rien faire. Ne serait-ce pas nonchalant et Lerclin ?

Ghale, s. f. Engelure, bubon, boulon d'échauffaison. L'étymologie est évidemment calor, chaleur, à cause de Tinflammation prurigineuse que développent ces petits accidents. (A. Bos. Chaline.)

Ghaleur, s. f. Etre en chaleur, c'est l'état du rut chez les femelles. Voyez Chasse et Feu.

Challe, y. f. Enveloppe feuillue de la noisette. (A. Bos. Escale.)

Ghaller, v. a. Ecaler, Voyez Echaller.

Ghaloigne, s. m. Chanoine. [S av if/i} c'-V Ev rr/iw .)

... . .T'ai entendu constamment nommer la riir des Chaloignes (Chanoines) du Mans. (Barbeu du Rocher.)

Ghaloignie, s. f. Canonicat, prébende.

DU UAUT-MAINE 149

Création d'une première chanoinie d'honneur héréditaire pour Monseigneur le cooite de Mailly le 6 août 1758.

Ghamaroux, s. m. kvoivxm air de chamaroitx, c'est prendre une figure mécontente et furieuse, air renfrogné. (Barbeu du Rocher.)

Chambre, s. m. Chanvre. Nous appelons chambre mâle celui qui porte les graines, et chambre fumelle celui qui porte les étamines. C'est le contraire de la vérité. Il vaudrait bien mieux écrire chanbre que chambre, comme le conseille M. Anjubault, à cause du latin cannabis. C'est par un m que j'ai toujours trouvé ce mot dans les vieux actes : est-ce une bonne raison à invoquer? Je ne sais.

Le chanvre boubique est celui on l'on a cueillis ensemble les deux sortes de brins, c'est-à-dire le sexe mâle, vulgairement dit la femelle, idée ingénieuse puisqu'il s'agit du beau sexe donnant la teille la plus soyeuse ; le sexe femelle, le porte-graine, dit vulgairement le mâle, parce qu'il est le plus robuste: ce n'est pas linnéen, mais c'est conséquent.

Est-ce ni bouc ni bique 1 (Anjubault. Boubiques et

senlines.)

Rabelais commet la même erreur, liv. III, ch. 49. Pantagruelion. (Barbeu du Rocher.)

Chambre, s. f. Salle de la mairie oii se réunissent les conseils municipaux, et où se célèbrent les mariages. Etre marié à la chambre, c'est l'être civilement. V. Consel.

Chambrière, s. f. Porte-poêle qui se fixe à la crémaillère. — Morceau de bois placé à la tête d'un rouet. — Bâton ferré qui tient aux charrettes et qui sert à les accoter devant et derrière.

Chambru, e, adj. Chanvreux.

Chamine, 5. /. Tache blanche qui se voit sur le vin. Peul-ôlre serions-nous plus conséquents en disant chanine^ à cause de channit. V. ce mot.

Champ aïer, v. a. Conduire les bestiaux en champ. (Du Gange. CA«m/;fi«re. — k.Bos. Champoïer.) C'est aussi le travail des abeilles : m' z avettes cliampaïant beri. (Barbeu du Rocuer.) Champaïer indique au figuré, l'action de mettre quelqu^un à la porte ou de donner la clef des champs ; c'est aussi envoyer promener, courir sus.

Champaiger, v. a. Comme champaïer. Le coq champaige les poules. [Neuville.)

Le droit de cliamparl (campi pars, prélèvement sur les récoltes.)

(DiEDDONNÉ. Hildebert de Lavardin, 1103.)

Champaigne, s. f. Champagne, pays fertile, très peu boisé, en culture et en champs depuis des temps reculés, plaine ou plateau. La Champagne du Maine. (A. Bos. Champaujne ) — On appelle aussi Champagne la pêche de rivière, louée sur une certaine longueur de rive [Le Mans)., ou entre deux écluses. (Barbeu du Rocuer.)

Champaigner, ère, s. m. et /. Qui habite un pays de Champagne.

Champéié, e, champèieux se, adj . Se dit d'un pays de Champagne, où il y a beaucoup de champs et peu de bois ou de haies.

Champi, e, adj. Enfant trouvé. Nous désignons ici le résultat par un mot qui convenait autant à ceux qui en étaient la cause. Du Cange [Campcnses) cite

D[' HAUT-MAINK loi

champil pour bâtard, et champisse pour fi//e débauchée. De plus, le passage suivant prouve qu'on l'employait aussi pour goguenard, indécent, ordurier.

Et ces champlsses contenances de nos laquais y esloienl aussy. (Montaigne. Essais, liv. I. ch. xlix.)

Pour être plus intelligible, il faudrait pouvoir citer tout ce qui précède dans Montaigne, ce qui serait un peu long.

Champleure, s. f. Robinet qu'on place ou qu'on enlève à volonté, cannelle. Voyez Douzil.

Chanlepleure d'eaue vive redundant... Paris, 1537. {Catal. de vente de livres du 14 février 1895, Paris, Em. Paul.)

Chanceau, s. m. Chancelou cancel, chœur proche le grand autel d'une église.

Item, à Olivier Vivien, qui a fait les vitres du ciianceau... (Froger, Réfeclion de l'église de Ohevaigné en 1510.)

Chandeleur, s. f. Pervenche naine qui fleurit à Tépoque de la fête de ce nom, vers le commencement de février. — Galanthine perce-neige. Voyez Begnaude.

Chanlatte, s. f. Voyez Chaulatte.

Ghanne, s. f. Croûte blanche sur le vin ou le cidre. (Barbeu du Rocher. — A. Bos. Chenir.)

Ghanni, e, adj. Qui a des moisissures blanches.

Ghannit, s. m. Moisissure blanche, tache blanche sur le vin. De canilies^ blancheur. (Â. Bos. Ckene'ce).

Chanteau, i\ m. Est français.

A Noél les domestiques des fermes vont passeï- la Tête chez leurs parents, et emportent un pain nommé chanteau quelquefois même, me dit-on, le chanteau est accompagné d'une volaille, même d'une oie. (Perrot, Enquête agricole, Laval.)

Chanvru, e, adj. Chanvreux.

Chapeau, s. m. Gale de la tête des enfants naissants.

Chaper, v. n. Se promener de long en large. Terme auquel a donné naissance l'usage des chantres d'église qui se promènent en chapes dans le chœur, à certains moments des offices.

Aux chappeneux... {Dubois, Sacristie de la Cathédrale

au xv° siècle, 1893.) Quatre chappes de satin rouge me usées... (Le même Ibid).

Chapillon, s. m. Enveloppe du grain de froment dans l'épi. (A. Bos. Chapei, 1.)

Châple, s. m. et /'. Herse. Quand les herses ont des dents de fer, ces dernières sont assez souvent en forme de lames de couteau; or, cliaple indiquait les blessures ou les effets produits par des instruments tranchants. (Du Gange. Capidatura sous Capulare.) Les boulangers appellent chapelure les râpures du pain. Capilotade provient de la même source :

Et nous les mettrons En caca En pipi En capilotade.

Comme une marmalàde.

{Chanson).

DU UAUT-MAINE 153

Ghâ,pler, v. a. Herser, mettre en morceaux, hacher. On disait autrefois chapmder . (Du Gange. Capulare. — P. Chompré. Capulo.)

Es Sarrasins se férirent et tant y férirent et chaplérent

qu'ils les occirent tous. (Chr. de Saint-Denis. Charlemagne. liv. IV, ch. VI.)

Chapon, s. m. Graisse qui s'amasse sur le cou ou sur le dos du porc.

Ghapper, v. a. Appeler quelqu'un à haute voix. C'est Jiipper.

Chaquer, chaqueter, v. a. Agiter vivement un objet, secouer la tcte à droite et à gauche, heurter les mâchoires les unes contre les autres. Qiiiens ! rer/arrrmon qn'ment qui chnqii{e)fe. Y o^ez Saquer. (A. Bos. Sachier.)

Ghardron, s. m. Chardon.

Ghardronne, adj. f. Pomme de terre rustique qui porte le nom de son inventeur Chardon.

Ghâre, w. n. Choir. Le verbe choir existe au Maine dans tous ses temps. L'Académie n'en autorise que l'infinitif et le participe passé.

Chariot du Roi, de St-Martin, de David, s. m. Ces trois noms désignent la constellation de la Grande Ourse. [Tuffé.)

Gharitons, s. m. pi. Confréries de charité fondées autrefois dans les temps d'épidémies, pour l'ensevelissement des morts. Il en existe encore quelquesunes. (A. Bos. Charitaqe.)

Gharnaige, s. m. Embonpoint, se dit aussi par extension du teint ou du visage, (A. Bos. C/iarnail.)

Charnaigé, e, charnaiger, ère, adj . Qui a du charnaige, ou qui est en charnaigé. (A. Bos. Charnable.)

Charpeigner, v. a. Déchirer, mettre en charpie. Le Glossaire de Du Gange le cite ^owv carder (au mot Cardura.) Carpant était synonyme de hachis. Faut-il y rapporter la charpagne (panier) d'osier? (L'abbé MoRANcÉ. Vallée du Loh\ p. 120.)

Charpinasset eum. . charpinauit eos. (Ant. Arena. Meygra entrcpriza.)

Charpiller, charpir, v. a. Même signification. La charpie est le substantif de notre verbe.

Charpillère, cherpillère, 5. /". Morceau de toile grossière que l'on étend sur le sol pour vanner des graines. V. Ser piller e.

Charrière, eharroiére, s. /. Allée d'exploitation dans les bois ou à travers les champs. (Du Gange. Carreria. — A. Bos. Charière.)

Les sentiers doivent avoir cinq pieds de large, les carrières dix pieds. (Monteil. Histoire des Français de divers états. xiv^ siècle, épître 42".)

Se mistrent à voie pour aller droit à la charrière de Gharcoy. (Chu. de Saint-Denis. Saint-Loys. ch. m.)

Charte, s. f . Gharrelte et autres voitures. (A. Bos. Char et, 1.)

... le chemin qui doit passer dans ledit cimetière avec charte et chevaux de charges. (Roquet. Saint- Jean-de-ta- Motte, p. 333.)

... moyennant que je donne tous les ans une demi- chartée de. i)aille... (Le même. ]bid, p. 332.)

DU UAUT-MAINE loo

Ghârtée, s. I. Charretée. (A. Bos. Charéc.)

delà pierre, deux cliartécs, qui cousta cliacune char-

tée quatre sols six d. prinse sur la perrière (Froger.

Rcfeciion de l'église de Chevaigné en 15 10.)

Chârtier, s. m., ère, adj. f. Celui qui conduit des chevaux de travail. — Allée cliàrtlère, par où passent les chartes. (A. Bos. Chareter.)

furent avecques les chârtiers ced. jour pour aider a

chergerlad. pierre. (Froger. Réfection de l'église de Chevaigné en 1510.)

Chàrtillage, s. m. Bois propre fi la confection des corps de charrette.

Ghârtis, 5. m. Corps de la charrette, moins les roues. (A. Bos. Charctil.)

GreaierSj granges, chartis, et caues et celliers. (Régnier. Salxjres, xw.)

Chas, 5. tn. Colie grossière faite avec de la farine.

Chasse-artu, chasse-mâlé, chasse-marre ou mare, s. m. Bruit qu'on prétend entendre la nuit dans Tair et ressembler à la voix d'un chien. Voyez Noccl. Borel donne chasse-mare comme synonyme de cauchemar ; c'est, dans le Dictionnaire de Trévoux, le nom des sorcières. Suivant Du Cange^ le mar était le mal (Gloss. Mar. 2), mare le diable ou un monstre (Ibid., Lama. 2), et enfin mâle ou 7naloit, un maudit (Ibid., Malemittere.) Guillaume Coquillarta dit quelque part :

Elle chasse les loups-garous Et les chasse-mares de nuit.

Voilcà bien de quoi satisfaire le plus scrupuleux

lof) VOCAriULAIRE

étymologophile, en ce qui louche mâle, mare et mâro ; mais artu^ erlu, ou ftii ? Est-ce arsus, brûlé ? Est-ce erte venant, suivant Ménage, de l'italien erta ou du latin crecta^ qui indique une position sur un point élevé, et dont on a fait à Verte., puis alerte ? ou bien artabatitœ, monstre, artalnit, cercueil (Du Gange.) ? Ce îiiare, qui se prend toujours ainsi en mauvaise part, est-il pour quelque chose dans maraud, marloup, tintamarre ., etc. 'î Maro signifie trépassé en celtique ou en breton de nos jours.

La chasse-artu est décidément la chasse du roi Ar//i2<5 avec les diables et les sorciers. M. du Peyroux cite dans ses charmantes'impressions de touriste qu'il a intitulées les Alpes Ma/icelles, h l'article de la Roche-Pichemer et dans la complainte de Catherine-Sans-Pitié, ce couplet ;

La cliasse Arthus s'avance Avec ses bruits de fers.

Mille démons en danse Voltigent dans les airs.

Suivant le D'' Ozanam [Correspondant, 25 août 1858.), les habitants des Landes ont, au sujet des bruits que les grands vents produisent dans la cime des arbres, l'opinion que c'est le roi Arthur qui passe avec sa meute.

On lit dans ]a Revue des Deax-Mondes, du 1" mars 1834, dans l'article De V Allemagne depuis Luther, que la chahut était la danse des sorciers autour du diable. Devons-nous, en vertu de la conformité d'origine, considérer chahut comme la contraction de chasse-artu ? on a trouvé des étymologies moins spécieuses? Dans cette môme Revue et dans le n" du

DU UAUT-MAINE 157

...juillet 1839, M. X.Marmier, signale le Mara, comme un monstre hideux auquel les habitants de Tile de Férôé croient et qu'ils redoutent, parce qu'il surprend l'homme dans son sommeil, s'accroupit sur sa poitrine, et l'oppresse. Voilà bien le cauchemar en fait et en origine.

M. Paulin Paris dit que mar est la vieille traduction française de l'adverbe malé. Voir son excellente édition des Grandes Chroniques à l'article Cliilpéric^ ch. XIX,

Voir aussi La Villemarqué, Romans de la Table Ronde, p. 123.

Chasse Gallery. Légende singulière qu'on retrouve sous des noms divers en France, et même chez d'autres races que* la nôtre, et qui montre dans ce Gallery, seigneur impitoyable et cruel, un impie passant son dimanche à la chasse, et pour cela condamné par un saint ermite à chasser éternellement. Les paysans (vendéens) entendent-ils des bruits nocturnes, c'est la chasse Gallery qui passe. (Baudrillaht, Populalions agricoles de la France, Poitou, La Vendée, p. 181.)

Chasser, v. a. Saillir. On dit faire chasser une vache par le taureau ; elle est en chasse quand elle est en feu. Voyez ce mot et Chaleur.

Chasslère, s. f. Gage à faire sécher les fromages. (Du Gange. Casearius. — A. Bos. Chasier.)

Chat de mai, s. m. Les jeunes chats qui naissent dans le mois de mai passent pour avoir la malchance, être sujets à la rage et à toutes sortes de défauts. Ils ne sont bons qu'à noyer, et c'est l'usage qu'on en fait assez généralement.

Les Humains m'oyaient qu'il iHait dangereux de se maiier

au mois de mai ; cette idée s'est perpétuée chez les Juifs. (Grégoire. Nécessité d'anéantir tes patois, rapport du 16 prairial an II, société des Arts du Mans, no 1757.)

Châtiau, ch'tiau, s. 7n. Château. Dans le pays do Sablé, ch'tiau est l'abrégé très ordinaire de Chàteau-Gontier.

au bon chastiau de Juillé (l'abbé Leuhu. Bataille de

Pontvallain.)

Chatonner, v. a. Se dit des chattes qui mettent

bas.

Mais, Monseigneur^ elle a chalonné, dit Boisrobert. (Talle- MANT DEsRÉAUx. il^"° de Goumay.)

Chatonner, v. a. Remuer la queue. (A. Bos. Chatoner.)

Chatri, 5. m. Corps d'un animal sans les pattes. Un chien qui a le chatri long. (Barbeu du Rocher. )

Chatte. Voyez Ma chatte.

Chaubourre, s. y?z. Enduit fait avec de la chaux bourrée.

Chaudefouace, s. f. Petit chardon qui pousse danslesterresrocailleusesetbrulantes.ee doit être reri/nginm des botanistes. Son nom semble avoir de l'analogie avec panicaut., qui est aussi celui d'un chardon, du même peut-être.

Ghaudronnée, s. f. Pommes de terre ou amalgame de plantes et racines potagères que l'on fait cuire pour \q% pores. Voyez ce mot.

Ghaue, s. f. Chaleur de l'été. On dit la chaiie, qiié chauel (A. Bos. Chaire.)

Chauffaud, .s. m, Echafaud, échafaudage. (Du

Gange. Chaufarium^ Chauffaudus, Echaffaudiis , Martinetiis.)

Ne strucluras vulgariter ckauffaux pro ipsis predicanlibus vel predicare volenlibus erigant. [Concilium apud civitatein Andegavensem, anno iiiS rus.)

Logez-nous en voslre chauffault Ou grant tranuillez de la hault.

(Jehan Daniel dit maistre Mitou. Noels nouueaulx.)

Item aux paintres pour les ,chaufaux, des choses

faictes à la réceplion et entrée de mesdils Seigneur et Dame (Charles V, comte du Maine et de Provence, et Jeanne de Lorraine, sa i'emme) au Mans le "23 avril 1475. (Dora PioLiN, Théâtre chrélien dans le Maine.)

la concierge qui avoit esté blessée es eschaffaiilx

qui estoient tombez des dites lices. {Union littéraire du Maine, l8Qi, p. 178.)

Chauffauder (se), v. réf. Echafauder. Les ouvriers disent : On est après nous chauffauder. (A. Bos. Cliaaf aider.)

quand il aida à cliaufaulder en l'église. (Froger, Fabrique de La Suze, 1481.)

Item pour deux hommes qui ont chaufaudé pour assoir lad. victre, m s. mi. d. (Froger. Paroisse de Saint-Calais.)

GhaulTe-couche, s. m. Homme qui se mêle des détails féminins du ménage, des toilettes et des ouvrages de femmes. On dit aussi chauffe-la-conche . Voyez Manette.

ChaufiFourer, v. a. Bouleverser, fouiller, mettre sens dessus dessous. Voyez Chaffourer.

Ghaufouace, i\ /'. Chardon . Voyez Chaude fouace.

Cliaufroidie^.9. /.Refroidissement subit du corps, pleurésie.

Ghaulatte, s. f. Pièce de bois sciée de biais dans l'épaisseur, et qui porte sur les coyaux. Voyez ce mot.

Chausse, 5. /. Ce mot n'a conservé dans le Maine, que l'une de ses anciennes significations, supprimée par l'Académie ; il s'emploie surtout au pluriel pour désigner les bas ou chaussures des jambes. Les avares ont l'habitude de mettre des pièces d'argent dans un bas caché dans l'armoire au linge. Dans le temps des écus de trois et six francs, ceux-ci se serraient dans des sacs en toile longs et étroits, remplacés aujourd'hui par les étuis à pièces d'or.

Chausser, v. a. Se dit du coq quand il couvre la poule. (A. Bos. Chalchier.)

Ghaussumer, v. a. Chauler.

Chaussumier, s. m. Chaufournier.

Chauvarder, v. n. Rire, à peu près comme chauvir.

Chauvin, adj. De couleur blanchâtre. Noyez Ben. (A. Bos. Chenéce.)

Chauvir, v. n. Outre sa signification ordinaire, ce verbe veut encore dire : blanchir des cheveux, pâlir du visage. (A. Bos. Chehir.) Au figuré, c'est êlre désagréablement impressionné, rire jaune.

Gheau, .s\ ni. Petit chien. Voyez Cfiiaii.

Chéche, adj . f. Féminin de se (sec). Us n'ont point de brique chéche. (Thoury. Montfort-le- Rotrou.)

Chécher, v. a. Sécher.

Chéiais (je). Imparfait de l'indicatif du verbe

DU HAUT-MAINE IGl

choir. I châa (P la piée^ la neige aile est chute ou dlle a chu. (A. Bos. Chëoir.)

l'un aidoit à l'autre et redreçoient les clieois (les

chuts, ceux qui étaient tombés.) (l'abbé Ledru. Bataille de Pontvallain.)

Chéiant. Participe présent et troisième personne du pluriel de l'indicatif du verbe choir.

Cheignon, s. m. Bon morceau de viande ou de pain. Pour chignon. Voyez Quignon.

Ghen, s. m. (Prononcez chin.) Chien.

Ghenarde, s. /' Colchique des prés, quelquefois navet ou raifort sauvages. Le chenarde se nomme ainsi parce qu'elle a, dit-on, la propriété de faire mourir les chiens. On fait sécher la racine au four, ce qui la réduit considérablement ; quand on est parvenu à en faire avaler une partie à un chien, elle reprend dans son estomac un volume tel que cette dilatation amène la mort. C'est par cette même raison que Furetière appelle le colchique de la chiennée.

Chenau, s. m. Chenal, petit conduit. (Du Cange. Chenalis.)

Gheniau, s. m. Petit chêne.

Paie à Hiérosme Lambert, pour ses sallaires d'avoir par deux fois diverses abattu des chesneaux dans le bois de Loresse (Fhoger. Paroisse de Lombron, d6Gl.)

Ghenevière,.s./. Chanvre, au lieu d'être le champ où il est semé. — On donne encore le nom de chenevicres à certaines chansons qui se chantent en arrachant le chanvre : il en est qui portent le caractère d'une haute antiquité et presque toutes sont char-

mantes de naïveté, de bonhomie caustique et gauloise ; il y en a môme oii Ton pourrait reconnaître un Atticisme véritable. Il est impossible de désespérer de les voir publier un jour.

puis deux jardins en c/teneum«7, — (Cle de Janssens.

Sainl Pierre-du-Lorouei\ 1897.)

Chenolle, s. f. Larynx, glande thyroïde dite pomme d'Adam. (Du Gange. C'«mîo//«. — A.Bos.C/ie- 7iole, i .) Il y avait à Vallon un vieux savetier, Pierre Gandon, surnommé Le Père La Chenolle^ beau parleur et infatigable chanteur^ et qui a fourni bien des matériaux à ce Vocabulaire. Voyez Quenolle.

Chérir, v. a. Caresser, embrasser, comme le font ostensiblement les fiancés ruraux.

Gherpentier, s. m. Charpentier.

Guyon Gervaise, cherpenlier pour fere de son mestier de cherpenterie le clocher (Froger. Fabrique de Congé-sur- Orne, 1538.)

Item, à Thibault Bellenger qui cherpenta le boys de lad.

église (Le même. liéfeclion de l'église de Chevaigné en

Cherpigner, cherpir, v. a. Echarper. Voyez Charpigner.

Cherrai (je). Futur du verbe choir.

Ils tirent clieoir leur piteuse victime à terre, la l'oulèrent en la boe [Union liltéraire du Maine, 1894, p. '^89.)

Tire lu bobiuelte, la cheviliette cherra, [Le Peiil Chnpcro)i Rouge, version mancelle.)

Cherrée, v. f. Charrée.

Cherrier. s. /n. Grand linceul qui s'étend dans le

DU ITAUT-MAINE 163

fond du cuvier à lessive el renferme tout le linge. Voyez Chair 1er.

Cherrue, s. f. Charrue. (A. Bos. Cheniier.)

Chésière, s. f. Espèce de cage dans laquelle on fait sécher les fromages. (Du Gange. Casearius.)

Chésis (je), ou ye c/«/^. Prétérit défini du verbe choir.

Ghétiver, i;. a. Epargner, économiser un peu trop. (A. Bos. Chditiver.)

la tour de Ckétiveau à. Gourdalne {Captiva aqua, eau-

captée). (DiEUDONNÉ. Uildeberl de Lavardin,\\()h.)

Cheulue, s. f. Radicules des plantes. Ce doit être chevelue. Du Cange croit avoir trouvé clievelëe pour joroî^m (au mot Chenellus.). Voyez Jeûlue et Jôlue.

Cheurgien, s. 711. Chirurgien.

Gheute. Participe passé féminin de choir. Voyez Chute .

Ch (e) vau ou j'vau, s. m. s. Cheval.

Ferreras-tu pas, ron, ron, la, Ferreras-tu pas mon chiva (/) ?

(Anis. Vieille chanson bas-mancelle .) Icil ki li kevaus esleil (celui à qui l'iail le cheval). (Barbeu DU ROCHER. Marie de France, Fables, p. 30):J.)

Chevergne, s. m. Poisson qui n'appartient pas au genre carpe ou ci/pri)i : c'est une able ou ablette. (Anjubault, Chronicjue de VOiiest, 8 août 1859, et Uevue des espèces de poissons, Bibliothèque du Mans, n". . .) Dans le reste de la France, on le nomme

la. chavaine^chevasne ou c/ieverne,\e meunier, le cheiml ou grillard. Au temps de Belon : un chouan, un testard.

Il est cependant classé comme cyprin par Lacépède, qui le nomme cyprin jesse.

Cheviller,?;, a. Craindre de se fatiguer ou de fatiguer les autres, se soulager ouïes soulager.

Cheviller, t\ «. Mettre en tète ou Qncheville devant des chevaux ou des bœufs, un cheval bien dressé. (Du Gange. Limonerins .)

En bon français, on dit de celui qui conduit bien une affaire, qu'il en est la cheville.

Chevir, v. a. Jouir de son bien. Le substantif chevance est encore français. (A. Bos. Chevir.)

et que les maris ne pouvaient plus chevir d'elles.

(Reine de Navarre. Nouvelle XLVI^".)

Cheye (que je). Subjonctif du verbe cAozV. Voyez C luire.

Chiai, s. /". Chair, viande. Par contre, nous disons : fai nn tacot gui m'a resté dans la viande du pied.

Chiart, chiau, s. m. Rejeton qui pousse sur les racines des végétaux. (Du Gange. Capriolus.)

Chiau, s. m. Chien qui vient de naître. S'écrit aussi chiot, chiotte . En fauconnerie, on nommait cheaus ou chaux les petits loups. (Du CANOii. Canis alanus. — Dictionnaire de Trévoux. Cheau.)

Les ctiaiaulx des lyons seront mués en poissons de mer. (CHUONiyL'E DE Saint-Denis. Loys-le-gros, ch. m.)

Ghiaulée, s. f. Bande de petits chiens, et par extension, de petits animaux. (A. Bos. Chaeillon.)

Chiauler, v. a. Se dit des chiennes qui mettent bas, et des arbres qui tracent. (A. Bos. Cliaëler, 2.)

D'une leisse un veil cunter Qui preste esteil à chaéler,

Tant kéle eust chaellei.

(Barbeu du Rocher. Marie de France, p. 86.)

Chichard, e, adj. Chiche, avare.

Nul n'y sera vsurier, nul eschart, nul cliichart, nul refusant. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. iv.)

Chicheté, s. f. Avarice. Ce mot devrait être resté français, puisqu»'on dit chiche et chichement.

Cependant qu'il se contente de l'espargne et chicheté de sa table. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. vai.)

Toutes fois il y en a qui par espargne méchanique et par chicheté refrènent bien leur cupidité. (Amyot. OEuv. de Plutarque. Les Règles et Préceptes de santé.)

Au diable soit chicheté. (Bon av. Despériers. Contes et Devis, nouv° lxix°.)

Cette dernière locution est remplacée aujourd'hui par celle-ci : Crève l'avarice !

Chignon,:^, m. Bon morceau de viande ou de pain. C'est comme Quignon.

Ghiguerdi, e, adj. Pâle, maigre et défait.

Chin, cin, prép. Chez. Je vas cin nous., cin mes gens. [Neuville.)

Chinchée, s. f. Très petite quantité ou dimension.

161) VOCABLLAIHE

Ghinchon, s. m. Terme d'affection à l'égard des petits enfants. C'est mon Benjamin^ mon chinchon.

Chinchonner, v. a. Câliner.

Ghintre, s. /'. Hallier, haie très large plantée de plusieurs rangs de souches et couverte de broussailles, taillis étroit. Pourrait aussi s'écrire chaintre. (Du Gange. Cinctada.)

Chintrer, v. a. Cingler de coups.

Ghiou, s. m. Petit enfant. De cliiau.

Ghipoit, te, adj . Avare, qui chipotte.

Ghippe, s. f. Chiffe. (A. Bos. Chipe.)

Ses filz le nom de conte port

Qui n'iert mie vestuz de chippes. '

(GuiLL. GuiART. tome I'""., vers 74.)

Ghippe, choppe, adj. Mou, làcl.e, blèche. Tout le monde connait l'expression proverbiale : mou comme une chiffe ; notre substantif et notre adjectif sont donc synonymes de chiffe.

Saint-Pierre c/iop;)« plusieurs fois — clioppeniens...

(Saint François de sales.)

Chnic, s. m. Eau-de-vie. 'L. Larghey. Excentricités du lanr/age finançais.)

c'est pire que le chnic tout pur de mon capitaine,

vous savez, qu'était malade à Saint-Sigismond, et qui disait que c'était Am fil- de- fer. (Morancè,, Mobiles de la Sarthe, p. 276, 3° édit.)

Chiquer, î;. a. Manger gloutonnement.

Au chien auquel on jette un morceau d'aliment, on dit ;

DU n A UT- M A IN K 167

chique-ça ! Il a tout chiqué, i n'a rin laissé. (Barbei; du Rocher.)

Çtiôlue, 5. f. Radicules. Voyez Cheulue eijoliie.

Chômer, v. a. Ce verbe n'a que bien rarement son sens régulier, qui est manquer de travail. Avec nous, il veut dire être dans la misère^ manquer de pain ou d'autre chose : les maçons diront : fsommes à la chôme de chaux ou de pierre., etc.

Ainsy sans doute il c/toumn'a moins que les aultres. (Montaigne, Essais, liv. I"'', ch. xxv.j

Que chomnifis-lu, o poure misérable !

Boi moi d'autant. La viande est sur la table. Amyot. Œuvres de Plutarque. Qu'on ne sçauroit viure suivant la doctrine d'Epicurus.)

Chonehon, s. m. Coche de graisse des personnes grasses qui se sanglent trop.

Chopet, adv. Peu.

Ghoquet, s. m. Espèce de cruche.

Chouan, s. m. Chat-huanl. (Du Cange. Cauanna. — Raynouard. Chau.) La chouette doit tirer son nom delà même origine que le chouan. Personne n'ignore que, dans les temps modernes, le nom de chouan est devenu une qualilication politique. On dit en outre des royalistes, qu'ils ont des pieumes aux pattes, parce que c'est une particularité de l'oiseau en question. Pendant la période électorale on crie hou ! houhou ! lorsqu'un royaliste entre dans un café. {Tuffé.)

Aulcuns le dirent, estant ieune aignelet, par quelque duc ou chauant la rauy. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, ch

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