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C-ler vin auoir, sa poulaille rostir

Poulette, s. f. Petite ampoule, petite tumeur.

Pouoir, .V. m. et v. a. Pouvoir. (Rob. Estien.ne. Pouoir. — Du Gange. Possc. 3.) Gombien de fois

DU DAUT-MAINE 433

n'a-l-on pas lu, dans les protocoles des anciens titres, « soubzmiz au pouoir et iurisdiction de nostre court. >>

Qu'à peine y puetïen oïr messe. (Ledru. La Recluse, p. 68.) Or, cependant qu'ils deuisoient entre eulx De leur pouoir, voicy venir un erre De vent de bise

[U Intermédiaire des chercheurs, XXXV, 1897. La Fontaine. Le chêne et le roseau.)

Poupée, poupine, 5. /.Linge qui enveloppe un doigt malade. (A. Bos. Popine.)

Poupelin, eine, adj. Qui est d'une recherche affectée dans sa toilette et dans ses manières, poupin. (A. Bos. Popelin^ 1.)

Pouplau, s, m. Poupée de grosse filasse, et aussi le chanvre bon à faire de la poupée.

Poupin, 5. m. Pépin.

Poupinière, s. f. Pépinière.

Pourciau, s. m. Pourceau.

Ses pourciaus. (Barbeu du Rocher. Marie de France, Fable XXIX).

J'avâs eune belle cravate En pai de pourciau

Saâpergouâs Je l'attachas par le derrière O un caguenâs.

{Chanson mancelle. — Vallon).

Pourfil, s. m. Profil.

M. de Griqueville... dit... qu'il ne l'avoit veue que de pourfiL (Tallemant des Réaux. Historiettes, Gh. cdlxxvii.)

Pourfrire, v. a. Enduire, badigeonner.

... o79 livres 3 solz, pour avoir pavé, blanchi mon église et

pourpris les murs d'icelle... (Legeay. St-GUles-des-Guérels, p.l8.)

... pour pourfevir lad. église dehors et dedans. (Froger. Fabrique de Congé-sur-Orne, 1513-16.)

Pourfris, s. m. Enduit fin, badigeon. (A, Bos. Porpi^is.)

Pourgeine, pourginée, s. /. Progéniture, bande d'enfants. (Du Gange. Progenies. — Raynouard, Progenia sous Progenies . — A. Bos. Porgeigne.)

Pourginer, v. a. Engendrer. Ipourginant comm' des bêtes, un p'tit tous les ans.

Pourgnant, e, s", m. et /. Paresseux, fainéant. C'est pour néant., de môme que faignant est fai néant.

Por nient chaunge mes pensez.

(Barbed du Rocher, Marie de France, t. I. p. 106.)

Pourjet, s. m. Projet. — Toit en saillie ou auvent qui projette l'eau en avant. — Hangar, petite grange ouverte à tous les vents. [La Ferté-Bernard.)

Pour pas. Locution par laquelle la particule négative ne se trouve supprimée, et l'adverbe /ï^^ placé de suite après la préposition pour., quelleque soit la construction delà phrase. Pour pas que j'aillegions (pour que nous n'allions pas). Dans les us populaires français, il y a des exemples de la suppression de la particule ne : « faut pas le dire, dit pas ça ; » mais cette transposition de l'adverbe pas n'appartient qu'au Maine, je le crois du moins.

Pourri, e, adj. Un usage singulier fait employer cet adjectif comme expression superlative. // est

pourri bon, il est pourri riche. Je pense que cette expression est venue des fruits, quand ils sont bons et mûrs à en être pourris. L'argot dit : pourri de chic.

Fourrier, s. m. Grain de poussière, objet sale ou en débris qui traîne par terre. V. Bourrier (A. Bos. Porrier sous Poldrier.)

Pourvente, s. f. Mélange de fruits, de grains et de légumes, que l'on donne aux bestiaux : c'est évidemment provende. (Du Gange. Providentiœ. — A. Bos. Porvende.)

Pous, s. m. pi. Poussière ou balle de diverses espèces de graines. Des pous de trèfle.

... les déchets du battage des blés appelés châsses, balles ou poux... {Usages ruraux de l'arrondissement de Laval.)

Poussinière (la), s. f. Lune ou constellation (les Pléiades), du commencement d'Août (le 4). On dit : le quartier de la Poussinière qui se reproduit tous les trois mois et qui donne la probabilité du temps. {Neuville, Tuffé.)

Pousson, s. m. Marc de fruits, glandée, etc. On lit posson dans le Dialogue des trois vignerons. (Du Gange. Pulsatorium. — A. Bos. Pouture.) V. Posson.

Foutras, s. m. Poitrail, poutre qui se place comme voussure aux portes-cochères ou aux devantures de boutiques .

Foutre, s. f. Jument. (Du Gange. Poledrus. — A. Bos. Poltrain. — Rousseau. Poudre.) Un a

dit non-seulemenl poultre pour une jument, mais aussi poultrin pour un poulain.

Pouvre, adj. Pauvre. (Du Gange. Pauper. — A. Bos. Povre.)

... excepté povres gens, ma?idmn5, pain quérens. (Angot. Droits de sépulture, dans le Mains, ch. IV.)

Aux pauvres pour Dieu en don par le commandement du roy, III frans IIII sols. (Ledru. Folie de Gh. VI. ch. II, § III.)

Pouvreux, se, adj. Peureux. [Neuville.] V. Apercevant.

Praë, s. f. Charogne. Au figuré, c'est un terme de mépris pour indiquer un homme ou une femme qui mènent une vie crapuleuse ; c'est encore le nom d'un animal de rebut. L'adjectif Prau (de praviis) voulait dire, en langue romane, tout ce que pravus signiGe en latin. (Raynouard. Prau.)

Prêchement, s. m. Sermon. Les prêchements de carême.

Prée, s. f. Prairie. (A. Bos. Praéle. — Rousseau. Praie.)

Heureux vieillard, désormais en ces 'précs Entre ruisseaux et fontaines sacrées A ton plaisir tu te relfreschiras.

(Gl. Marot. Première Efflogue.)

Ici la diligente troupe

Abat les honneurs de la prée,

Des beaus prez l'honneur verdissant.

(Froger. Ronsard, De la venue de l'Esté.)

Premier q\ie,prép. Avant que. (Du Gange. Pri-

mille. — A. Bos. Premiers.) Que tun ouvrage soit faite., premier que d'aller couri.

Son pauvre mari, qui vit premier le corps de sri femme qu'il n'en auoit sceu les nouvelles. (La Reine de Navarre. Nouvelles, II'.)

Mais premier que santé luy rende Pénitence luy a enjoinct (Angot. Vies rhytmées de St-Mélaine, Revue du Maine, 1893.)

Prenre^ v. a. Prendre. / prenant, i pernant, pour ils prennent. (Barbeu du Rocuer.)

Pressimi, adv. Vilement. Je fais mon ouvrage à pressimi. [Tuffé.)

Prêt, .s. m. Le moment opportun. S'emploie avec Taux. Avoir, dans le sens de êtî'e prêt : avoir son prêt se conjugue.

Primer, v. a. Mettre le bestial à pâturer sur les routes, dans les bois, au printemps. (Barbeu du Rocher. Dans le sens de précoce.)

Princerie, .s'. /. On nomme fièvre de princerie

une espèce de fièvre intermittente, je ne sais plus au juste laquelle. S'il existait une fièvre composée de cinq jours de maladie et de deux jours d'intermittence, ce serait celle-là.

Procure, s. f. Procuration.

Profiter, v. n. Grandir, croître.

Dclsir profile à la manière des arbres, il croît, il végète. . . (CAitACcioij. Dicl. critiq. pilioresq. et sentenc.)

Promenoir, e, s. m. et f. Nom que l'on donne à tous les petits charriots ou châssis à roulettes, dans

lesquels les petits enfants peuvent se promener abannés à eux-mêmes et sans danger.

Proverbe, s. m. Voix, surtout quand elle est forte .

Proviser, v. a. Voir de loin un objet, chercher à le reconnaître, se faire une visière de la main pour mieux voir.

Prouin, s. m. Provin. (Rob. Estienne. Prouin.)

Prouiner, v. a. Provigner.

Puette, s. f. Petite cheville de bois avec laquelle on bouche les petits trous faits aux tonneaux. (Rousseau. Pue.)

Puissier, s. m. Puisatier, ouvrier qui travaille aux puits. (Neuville.) (A. Bos. Puisëor.)

Pulantie, s. f. Puanteur, au figuré femme de mauvaise vie. (A. Bos. Piilentie.)

Pupu, s. f. Coucou primevère, fleur. [Montfortle-Rotrou.)

Puput, s. f. Huppe, oiseau. (Barbeu du Rocher. Upu

Le Merle et la Puput, Volent d'un même zèle.. .

(CouTARD. Noël des Oiseaux.)

Purjet, s. m. Toit saillant, hangar ou auvent qui projette Teau en avant. (V** de Gaillon. Bulletin du Bibliophile, février 1858.)

Puron, s. m. Pustule.

Pus, adv. Plus.

Quâai ? quaë ? interrog. Quoi ? Nous disons aussi : de quouâai qiC tu dis ?

Après parlât é dist : de quel Sui en estrif é en effrei ?

(Barbbu du Rocher. Marie de France, Equilan, vers 91.) N'a qu'un bâton de vert pommier O quai i mi fera coucher.

0 quai î mî fera lever.

(Anis. Vieille chanson bas-inancelle .)

Quand et, quant et, prép.kxec. C'est quand il y a mouvement ; autrement, on se sert de o ou de ovec.

Nous emportons nos fers quand et nous. (Montaigne. Essais, liv. I", ch. xxxviii.)

Le seigneur de Lescut emmena quant et luy le confesseur du duc de Guyenne. (Gommines. Mémoires, liv. III, ch. xi.) L'estend mort dessus l'herbe, et l'amour quant et luy.

(Ph. Desportes. Epitaphe de Maugiron.)

Alors les afaires mesme aportent quand et eux vn cliastiment accompagné de repentance. (xVmyot. OEuv. de Piutarque. Comment on peut discerner le flatteur d'aucc l'ami.)

Il auoit le médecin quant et luy. (Bonav. Despérikrs. Contes et Devis. Nouv. LXXXIP.)

Le vin a sa vérité quant et soy. {Moyen de parvenir,

ch. LXXV.)

... quant et ma lilleule. {Souvenirs de ta M'" de Créquyi t. I. p. 157.)... quant et moi (ibid., p. 228.) ... quant et quant (ibid., t. III, p. 169.)

Quanquala ? Quand on joue à faire deviner combien on a d'objets cachés, dans la main fermée.

c'est ce mot que l'on adresse sous forme de question à l'autre joueur. On a dû dire dans l'origine et suivant l'ancienne forme : Quantes y a là ? (A. Bos. Quanque.)

Quarrie, s. f. Ciel carré des lits anciens. (A. Bos. Quarre.)

... a baillé au menuisier qui a fait la karye oîi est pendu led. ciel... desus le granl autel... (Froger. Fabrique de Congé-sur-Orne. 1517.)

Quarroy, s. m. Chemin, carrefour. (Du Cange. Quarrogium, Quarrum. — A. Bos. Quaroi.)\ . Carroé.

Quart, s. m. Petite barrique contenant un quart de pipe ou une demi-busse,

... je la priai (ma mère) d'y joindre pour moi un quart, ou demi-barrique de vin... (Besnaud. Mémoires, t. I. p. 172.)

Quartaut, quarteau, s. m. Petite barrique contenant un demi-quart ou une partie de quart, (A. Bos. Qua?'teL)

Quarteron, s. m. On dit un quarteron de fagots, au lieu de vingt-cinq, parce que d'ordinaire on les compte par cent. — La recette du gâteau des qualité quartWuns a été connue de toutes les maîtresses de maison. (A. Bos. Quarteron. — Rousseau. Quarteron. )

Quartier, s. m. Mesure agraire pour les vignes.

... cinq quarterons de vigne à la Potterie, que je fais valloir par moi-même. (Roquet. St-Jean-de- la-Motte, p. 332.)

Quarzilleau,.") . m. Petit seau à anse mobile dans lequel on donne à boire aux bestiaux.

Quasiment, adv. Quasi, à peu près, presque. (Rousseau. Quasiment.)

Que remplace qu'il dans les cas où le pronom // est employé d'une manière absolue et suivi soit du verbe avoir, soit des temps conservés du verbe falloir. Ainsi cette phrase : « Je suis sûr qu'il n'y en a pas assez, qu'il en faut encore, » se traduit par : Je sai seur que ny en ajoé, qu'en faut core. C'est la conséquence naturelle de l'usage manceaù qui veut que il se supprime dans ces mêmes cas et avec ces mêmes verbes. V. II.

Quedaine, 5. f. Petite fille qu'on prend pour bonne d'enfants. Je pense qull faut rapporter ce mot à quetin ou queton, employés comme synonymes de disant toujours la môme chose, ce à quoi sont contraintes les bonnes d'enfants.

Quède, adj. Tiède.

Quémander, v. a. (Prononcez quémander. — A. Bas. QueîJiaîider., 1.) Commander. (Du Cange. Bapoostare .] De même pour tous les verbes composés de commander . La prononciation de ce mot et de ceux qui suivent, et ont d'ordinaire com pour première syllabe, fait souvenir que cette même syllabe était remplacée dans l'écriture par une abréviation ressemblant beaucoup à la lettre q. Ceci n'est encore qu'un rapprochement et nullement un conclusion.

Quemencer, v. a. (Prononcer qumencer.) Com-

mencer. De même pour tous les mots composés de commencer.

Quemient, adx). (Prononcez qu'ment.) Comment. (Rousseau. Quem,ent.)

Quemode, adj. (Prononcez qu'mode.) Commode- De même pour tous les mois composés de commode.

Quenaille, s. f. (Prononcez qyUnaîlle.] Tenaille- — Bande d'enfants. (Rousseau. Quenaille.)

Quenaillon, quenas, quenau, quenêt, quenias, queniot, tte, s. m. Enfant. Le mot le plus universellement employé est queniot. Tous ces mots ont une ressemblance prononcée avec queîias, Çuenias^ gnas, qui ont la même signification, et qui semblent indiquer leur origine. V. Guenas.

Rarbeu du Rocher, dans ses recherches étymologiques, hésite entre Gueniau, Keniau et Queniau.

Quenelle, s. f. (Prononcez qiCnelle.) Cannelle ou robinet de bois,

Quenielle, .9. /. Petite fille.

Quenillée, .ç. /. Plante aquatique. V, Canetée.

Queniôrie, s. f. Bande d'enfants.

Quenolle,^./". Larynx, glande thyroïde. (Du Gange. Cannolla.) V. Chenolle.

Quenotte, s. f. Petite dent d'enfant.

Quenouille d'un lit, s. f. Colonne qui supporte les carries des anciens lits. (A. Bos. Quéne.)

Pendant ce temps-là, Menant estocadait contre la quenouille de son lict. (Tallemant. IV, 372.)

DU nA UT-MAINE 443

Que n'y ait. Qu'il n'y ait.

Quercir, v. n. Crever (1) .

... c'est l'bonheu en c'te vie pour ces éfants, et pis cor après s'i v'nint à querci. {La Croix du Maine, 3 octobre 1897.)

Quérée, s. f. Mauvaise viande ; au figuré, femme de mauvaise vie. De Caro. (A. Bos. Corée.)

Quereller, v. a. Réprimander. Mon père i m'a querellé.

... Louis de Chenevyères. . . homme fort querelleux... (Ledru. Messire 0. de Maridort.)

Querias, s. m. Criard, enfant.

Queriateure, s-, f. Jeune fille. Aile aime bin à êVquertée, la queriateure. V, Créiateure .

Querier, v. a. Giier. De même pour tous les composés de crier.

l'me minrant en fraction

Devant la citadelle, Eune grand broche à mon coûté,

Un far creux sus l'épaule.

N'eut i passé qu'un chat par-là.

Que fallait querier ; Qui va là !

{Chanson du pays.)

Qu(e)ri(r), v. a. Quérir, chercher. Va donc le quri., as-tu été le qu'ri ? (A. Bos. Querre, 1.)

Item, à l'ouvrier... quand il vint quérir son paiement.. (Froger. Fabrique de Courgains.)

Querté, e, adj. Propre, bien mis. V. Accrêterei Crête.

(1) Beaucoup de mots commencent indifféremment en Quer, Queur, ou en Cr. et Cre.

Quertelle, s. f. Lailue vivace. V. Cretelle.

Quervaison, s. f. Mort des animaux. Il a fait sa queurvaison. Monsieur, la Coquette (cbienne) elle est queurvée . (Neuville . )

Queste, s., f. (L".y se prononce.) Diarrhée.

Queteinner, quetonner, v n. Bégayer. V.

Aquetonnei\ Hoquetomicr . — V . a. Dire el répi-ler toujours la môme chose. Ici, ce verbe a du rapport avec Quédanty qui, selon Borel, est la même chose que disant.

Quetin, queton, ne, adj. Bègue, qui brouille ses mots, qui dit et répète toujours la même chose. V. ci-dessus. Jean Queton, est un homme qui parle avec difficulté. [Montfort-le-Botrou.)

Quetuau, s. m. C'est le même mot que closcu.

Queu, queule, au féminin Queule, queunne,

p?'on. Quel. Traduction de l'ancien usage qui faisait dire lesqiieulz pour lesquels., et teux pour tel. (Du Gange. Theuma.) Quand le mot qui suit ce pronom commence par une consonne, c'est toujours queu., au féminin aussi bien qu'au masculin : Queu temps! queu piée ! Quand ce mot suivant commence par une voyelle, le masculin motive l'emploi de queul., et le féminin celui de queule ou ùq queunne: Queul einnocent ! queunne einnocente ! Au pluriel, c'est queux, quieux., comme autrefois, pour tous les cas et tous les genres. V. Auqueu, Eules, et Lequeu.

Une chappe de veloux violet, à orfraiz blans et rameaulx vers, esquieulx est cscript :

Le chai au gourpil demanda Par quiex engiens se deffendra La u il serant entrepris ; (Barbeu du Rocher. Marie de France, Fables, p. 387.)

Queuque, adj. Quelque. (Rousseau. Queii.)

Queurieux, se. Curieux, qui aime à planter et à bien tenir ses arbres fruitiers ; soigneux de ses terres et de ses bestiaux. V. Curieux.

Queurô ! queute ! queuheute ! Jeu de cachecache. On crie Tun de ces mots, quand tout le monde est caché, à celui qui fait le loup. Ils doivent avoir été substitués à quiers et à quête, impératifs de quérir et de quêter. (A. Bos. Keute sous Coite, 1.)

Queusser, v. n. Gémir, se plaindre. V. Cusser.

Queutre, s. f. Coudrier, noisetier.

Qm.,abrev. Qu'il. On supprime le son / devant une voyelle quelquefois, et toujours devant une consonne et devant l'aspirée : qui qui di ? de qudë qui disant ? faut qui vienne ben vite ; foré quil arrivant dmain ; fcré qui liageant mon bié. (Barbeu du Rocher.)

Quiaë, s. f. Claie, petite barrière en épines. (1).

Quian, s. m. Clan, petite barrière.

Quianche, .V. /. Verrou de bois. V. Clanche{l mouillée.)

Quiâquer, v. a. et n. Claquer. — Bavarder à tort

(1) Cherchez à 01 et Ti les mots qui ne se trouveraient pas ici à Qui.

et à travers; se dit des poules. — Craquer (mentir.)

Quiavelée, s. f. Vipérine (plante).

Quidan(être k),loc. Etre d'accord. \.Daquédent et Taqiiédent.

Quieu, ne^ proîi. Le tien. De même pour tous les mots terminés en quien.

Quiendre, v. a. Tenir. Je quieiis, tu quiens, il quient, nous tenons, vous tenez, ils quiennent. C'est bien la règle de prononciation que nous avons indiquée à la lettre T. Il en est de même pour tous les composés du verbe tenir. Quien ben ! quien benl

Quignon, s. m. Petit tas de fagots ou de gerbes, construit de manière à ce que le sommet soit anguleux ou à pignon. C'est ce sommet aigu qui lui a fait donner son nom. (Du Cange. Cornetuni^ Cugnus.) {Neuville .) — Quignon de pain se dit, par la même raison, d'un morceau de pain coupé en pointe, dans la croûte.

Quillebot, s. m. Jeu auquel on emploie une quille seule. C'est moi-h.-moi quille boiteuse.

Quinauder, v. a. Rendre quinaud, jouer un malicieux tour. On entend encore quelquefois ce vieux verbe dont il ne reste plus en français que l'adjectif.

Quincart, s. m. Jeu du tonneau. Le clincart était une monnaie flamande semblable sans doute aux palets de cuivre dont on se sert au jeu du tonneau.

(Du Gange. Clicquardus, Quincarius. — A. Bos. Quinquart.) V. Clincaillier.

Quinepeu, s. m. Sorte de toile commune. {La Fer té-Bernard. )

Baillez-moi mes deux sabots

Avec mes deux tricouses,

Ma culotte de quinepeu

0 ma vieille veste rouge.

Ma grand blouse bin rac'modée,

J'aurai l'air d'un officier.

( Vielle chanson manceilc.)

Quinte, s. f. Nom de lieu, faubourg.

Réunion de cinq villages. Ce mol qui désignait la banlieue de la ville (les quintes du Mans), perdit son sens numérique à peu près comme notre mot quartier. (Dieudonné. Hilde. bert de Lavardin. 1105.)

Quios, S. m. Clos, petit champ, enclos.

Quiot, s. m. Petite barrière, clan, hachet.Y . ces mots.

Quiotiau, quiousiau, s. m. Cloteau, très-petit champ.

Qui s'entend. C'est-à-dire.

Qui touche mouille ! Locution proverbiale indiquant dans notre pays, une complicité, une solidarité. Dans certains jeux, notamment celui des petits palets, ce sont les termes consacrés pour dire que deux objets qui se touchent doivent être par cela même considérés comme à la même distance du but. Dans la chanson si populaire de Debraux, Fanfan la Tulipe, il y a :

Si le roi m'app'lait dans les combats De nosjeun's soldats Guidant les pas J'm'écrirais :

J'suis Français I Qui touche mouille !

En avant I

Quotatibi, s. m. Ecot, quote-part. V. Cotatibi. (A. Bos. Quotage.)

Quoua, quouart, quoue, s. m. et f. Queue. V. Conart Coiic et Coiict. Tmengerai bin petit quouart qui branle, dit le loup dans un vieux conte manceau, en voyant un jeune cochon qui pétrit du pain dans la huche. (Conlie.) (A. Bos. Quoue = queue.)

Quouàmelle, s. f. Fille. [Loué.) V. Couâmelle.

Quoutaison, s. f. Assolement. V. Couatison.

Rabâter, v. n. Rabâcher, gronder sans cesse. Raynouard, sous Rabasta, assure que rabâter a été français dans le sens de chamailler. Du Cange le donne pour lutiner. (Rabes.)

Rabâttier, ère, adj. Qui rabatte. Bellaudc ! ici, vieille rabâttière! (chienne courante qui repasse sur de vieilles voies.) {Vallon.)

Rabourer, u. a. Labourer.

Gentil rabourcur de vignes Rabourez bien !

( Vieille chanson. Conlie.)

Rabouter, v. a. Raboutir.

. Race, s. m. Mauvais sujet, canaille. C'est qu'on aura souvent employé le mot ordinaire /'ace, en lui donnant un sens désavanlageux, qiieu race ! à moins que ce ne soit Raiiza, lie. (Raynouard.)

Race, t'avais bu comme un trou. (Berthod. Paris Burlesque, Chap, du compliment des harangères.)

Raccoin, s. m. Recoin.

Raccoutrer, v. a. Rhabiller.

A IVlaistre Françoys Dyenis, painclre, pour s.vo'\y racouslré

la croix de ladite église ., pour avoir rabillé l'une des

vitres (Moulard. Les Dienis de Fresnay. — Froger.

Paroisse de Lombron, en 1597, et de St-Calais.)

Râché, e, adj. Maigre, petit, languissant. De racar, dessécher, languir. (Raynouard.)

Ràchet, te, s. m. et f. C'est un petit terme d'amitié dont on se sert pour désigner un enfant, pour lui parler ou pour le gronder doucement, et qui est comme petit fou, petit bêta. Hacha, dans le Vocabulaire de Chompré, est un fou, un homme léger d'esprit. Voilà qui nous ramène au fameux racca, que saint Mathieu nous indique comme une injure anathématisée par Notre-Seigneur lui-même.

Râclon, s. m. Gratin qui se forme au fond des

casseroles .

Râcot, .s. m. Geai. Cette onomatopée nous rapproche bien du latin graculus. (A. Bos. Raicle.)

Racoui, e, adj. Malcuit, qui s'affaisse ou se durcit à la cuisson. V. ^ccom.

Racrêter, v. a. Réparer le taîte d'une maison, la crête de quelque construction. — Réparer le désordre d'une toilette. V. Accrester et Crête.

Radouille, s. f. Se dit de ce qui n'est plus bon à rien, d'un vieillard qui n'a plus sa tête. Vieille radouille ! De radoter.

Radresse, s. f. Petit sentier au moyen duquel on abrège ou redresse un chemin trop courbe ou trop brisé. V. Adresse. Les radresses du gibier^ terme de chasse. (Barbeu du Rocher.)

Raë, s. f. Raie. V. Raize. (A. Dos. Raêr.)

RafTier, v. a. Resemer, replanter, ramener à un état meilleur. V. A/fier. (Rousseau. Raffier.)

Ragon, s. un. Cancan, murmure. V. Ragot.

Ragoter, v, a. Gronder, murmurer, grogner.

Elle l'appelle panier percé, et le ragotte sans cesse de sa (lespence. (Tallemant. VI. 194.)

Ragots, s. m. pi. Cancans. (A. Bos. Ragote.)

Mot qui signifie des contes sans suite et sans liaison... (Garaccioli. Dici. critique, pittoresque et sentencieux.)

Ragrayer, v. a. Ragréer. (Neuville.)

Raie (en). A côté l'un de l'autre, comme des sillons, ou autour d'un même point comme des rayons. (A. Bos. Rée.)

Nous avons beau coucher en raye L'oreille au vent, la gueule baye.

(Villon. Dialogue de Mallepaye et Baillevent.)

En raie ou en rais (car ici je ne puis guère moiver ni préciser l'orthographe) veut dire encore en

moyenne. J'ai soixante boussiaux en rais au journal.

D'après l'abbé Coulard (Ste-Sabine, 1892), raie dans le sens de sillon, vient de Roie, d'où serait dérivé aussi l'adjectif Royer signifiant voisin, contigu.

Raintier, .5-. m. Les reins. Tai gran mau dans le raintier. {Neuville.)

Rais, e, adj. Ras. Employé spécialement dans tous les cas de mesurage au boisseau. (A. Bos. Rés.)

Il se souciait aussi peu des raiz comme des tonduz. (Rabelais, Gargantua, ch. xi.)

Raisiné, s. m. Boisson obtenue en jetant de Feau sur des grappes de raison. (Du Gange. Racemus.)

Raitée, s. f. Petit sillon ou rigole que tracent les jardiniers pour planter ou semer les légumes. (A. Bos. Reit sous Roit.)

Raize, s. /*. Creux entre deux sillons. (Du Gange. Rasa. — Raynouard. Rasa. — L'abbé Goutard, Sainte-Sabine, 1892.)

Ralle, adj. Rare, surprenant.

Raller, v. n. S'en aller, retourner. (Du Gange. Retornare.] Ge verbe rappelle les vers récités par les deux anges qui déposèrent une couronne sur la tète d'Isabelle de Bavière, à son entrée à Paris :

Dame enclose entre fleurs de liz

Royne estes, ie le vous dis,

De France et de tout le pays.

Nous en râlions en paradis.

(Froissart.)

Bai'beu du Rocher écrit en manceau : i s'en rali' ran, et il cite :

Halcz-vous-ent. [Théâtre français au moyen-âge, p. 235), et : Raluns-nus-cn . . (Marie de Frange, Fable XXX°)

Rallu, e, adj. Parti, retourné.

Rambin, rampin, rimbin, s. m. Bât ou panneau couvert ordinairement de peau et quelquefois de toile. De rampaille, peau. (Du Gange. Rampa.)

Ramée, s. f. Romaine ou peson en bois.

Ramender, v. n. Diminuer, baisser de prix. Si non pouvait ramender noiWbal ih-àiX). [Conlie]. (A. Bos. Ramender.)

Ramer, v. n. Râler. V. Romer.

Ramiauler, v. a. Réjouir, réconforter, rendre amiable. Ça m'ramiaule bin de vous voér. V. Amiaider. — Raccommoder, défàcher. .Psomynes bin ramiaiilés. [Tuffé.)

Ramille, s. f. Petite rame, petites branches d'arbres, très petites bourrées. (Du Gange. Ramilia. — Raynouard. Ramilia sous Ram, 4.). V. Ecoiiplètes.

Lors choisi un vilain qui taille Ramille por son four chauffer.

(Barbeu du Rocher. /?enar<, vers 29.823.)

Ramognard,ramonicham, s. m. Ramoneur (A.

Bos. Ramon.)

Rancœur, s. f. Rancune. (Du Gange. Rancor. — Raynouard. Rancor et ses dérivés. — A. Bos. RancAire). Pas pus d'rancœur qu'un igneau. V. Gueuvre.

Rancuneux, se, aclj . Rancunier. (A. Bos. Rancuner.]

Randouillée, s. f. Volée de coups. Randon indiquait la violence. (Du Gange. Rniidum. — Ray- NOUARD. Ra?idon sous Raîida, 2.) V. Rendoiiillée.

Randouiller, v. «, Agiter l'eau avec la vase pour irriguer les prés. [Sillé-le-Guillmime .) (Rousseau. Ratouiller.)

Râpe, s. f. Boisson faite avec de l'eau jetée sur du marc de fruits. La râpe est en bon français, on le sait, une grappe de raisin égrenée : c'est à elle que plusieurs crus de notre pays doivent leur nom de Rapicot. (A. Bos. Raspé.)

Rapenti, e, adj. Se dit de frères, sœurs, beauxfrères, belles-sœurs ou autres parents très proches, qui viennent à contracter une nouvelle parenté par suite d'alliance, et qui n'ont pas d'enfants de la première. Rapenti doit être une syncope de rapparenti.

Rapide, adj . Fortement enclin à un plasir quelconque. Cfistun gas eune miette trop rapide à la baite. — Courageux, prompt, décidé, entreprenant.

Rapir (se). ?;. re/. Se serrer, se ranger contre un mur, une haie, dans un coin, etc. ; s'aplatir pour tenir le moins de place possible. Rapis tai viqiiement à mont la haë. De repo^ ramper, se glisser. (Raynouard. Rapar sous Reper. — A Bos. Rampir.

Rasibus, rasibue (au), adv. Contre, auprès, le

plus près possible. {Tuffé.) (A. Bos. Rés.)

... comme il passait rasibvs du chastel... (Barbeu du Rocher, Commines, ch. iv, p. 22.)

Ràsière, s. f. Mesure pour les grains : elle n'est pas la même partout, mais le plus communément, elle contient 50 litres. Elle s'entend aussi d'un boisseau mesuré ras, par opposition au comble, qui contient plus haut que les bords. (Du Gange. Rasellus, Raseria, Resa.) Ras était une sorte de mesure, suivant Ray- NOUARD, SOUS Raive, 2.

Par ma fy. .. je vous donneray six rosières de blé. — Parbleu, vous passerez par mes mains... se ie n'ay douze rasiércs. {Cent Nouvelles nouvelles, Nouv. XLIIIe)

Rataponner, v. a. Ramasser en boule, en tapon.

Râtelle, rât'le, s. f. Grand râteau pour le foin.

{Neuville.)

Râtiau, s. m. Le râteau de l'échiné est l'ensemble des nœuds ou parties saillantes des vertèbres dorsales.

Raudir, v. n. Faire la vie, courir le monde, rôder.

(A. Bos. Rauder.)

Elle auoit raudy et couru le pays, tant que du monde ne scauoit que trop. {Cent Nouvelles nouvelles, Nouv. LXXVI".)

Ravenelle, s. f. Moutarde à fleurs jaunes, rave sauvage, russe. — Giroflée jaune qui pousse sur les vieux murs. (M^'^^Maugeret. Château des Ravenelles, Science à travers champs.)

Ravirer, v. a. Ramener. Ravirer les bêtes. {Neuville.) (A.. Bos. Ravir sous Ravoi.)

Ravois, s. m. Remue-ménage. (A. Bos. Ravoi.)

Ravouillaige, s. m. Action de ravouiller.

RavouiUer, v. a. Agiter l'eau avec la vase. Une

ravoille était une grenouille. (Du Cange. Ravola. — Rousseau. Ratouiller.) — Ravoidller du vin, c'est remplir un tonneau de vin. — On dit encore ravouiller du vin, du lait, etc., quand on en ajoute quelque peu après la mesure faite.

Rayée, s. f. Moment où le soleil est très chaud, ou bien quand il brille entre deux ondées. (A. Bos. Raiier.)

Le soleil estoit bel et clair et resplendissant à grans rais et si plains de force et de challeur... (Ledrii. Folie de Ch. VI, Gh. III, § 1.)

Rebas, s. m. Abaissement, humiliation, ruine, diminution de forces. Cent les grans fieuvres qui Vont niins de rebas.

Rebellu, s. m. Grosse farine qui tient le milieu entre la belle farine et le son. (Du Gange. Rebidetum . )

Rebinder, z). a. Recommencer.

Rebinder (se), v. réf. Se rebiffer.

Rebouetter, v. a. Reboucher un trou, un boiiel, et par extension, faire une réparation ou restauration quelconques.

Rebouiser, v. a. Comme rebouetter : la conformation de ce mot semble annoncer qu'on l'a emprunté au vocabulaire des jardiniers, qui s'en servent pour indiquer qu'ils réparent les bordures de buis ou bouts. — Le diminutif rebouisotter est pris en mauvaise part, réparer avec négligence. (Barbeu du Rocher.)

Rebourcer, v. a. Hérisser, rebrousser le poil ou

la plume, retrousser la peau ou les habits. (Du Cange et GnoMPKÉ. Rebumis. — A.Bos. Beborser).h?i langue française a gardé le substantif 7?e6owr5',

Ne font-ils pas ces contes... qu'ils s'en retourneroyent et rebourseroyenl derechef en arrière d'eux-mesmes. (Amyot. OEuv. de Plutarque. De la face qui apparaît dans la lune). Mes le chiens saut qui 11 reborse La pal du dos jusqu'au crépon.

(Barbeu du Rocher... Renart, vers 29. 878.)

Rebouteux, s. m. Vétérinaire de campagne, qui sert aussi souvent de chirurgien. V. Mégéicux, et dans les Dictionnaires Bebouteur et Renoueiir.

Rebrasser, v. a. Retrousser, relever, rebrousser. (Du Gange. Rebrachiatorlmn — A. Bos. Uebracicr).

Il ïa.\\i rebrasser ce sot haillon qui cache nos mœurs. (Montaigne. Essais, liv. III, ch. v.)

Reburbe, s. /'. Petit instrument de musique ordinairement appelé guimbarde . Nous sommes meilleurs ici que le français du côté de l'onomatopée. (A. Bos. Rebébe.)

Recaupir, v. a. Restaurer, regaillardir, réchauffer, réjouir. Cte rayer de soidei m'a tout recaiipi. V. Requepir. (A. Bos. Reçuoi.)

Récent, «c(/'. Calme, rassis. [Tuffé).

Recéper, v. a. Recevoir un objet lancé. On ne peut pas plus approcher de recipere. — Se recéper, V. pron. Se relever d'un faux pas : un cheval qui butte,, se recépe bin tout seul, quand ses genoux ne touchent pas terre,

...baillé cinq sols à Malhurin Rahet (maczon) pour avoir recepé un pilier... (Froger. Paroisse de Lombron, 1515.)

DU nAUT-MAINE 457

Rechalir (se), v. prou. Se reposer quand on a chaud, se rafraîchir. [Tiiffé). {Rousseau. Recaler.)

Récit, s. m. Eloge de quelqu'un. On en fait bin du récit.

Récionner, v. a. Goûter (repas). V. lieissier. (A. Bos. Reciner. — Rousseau. Réçitner.)

Reclus, e, adj . Rance, qui a goùt de relent.

Reconduiseux, s. m. Maître de cérémonies, bedeau.

Recoquuaige, s. m. Seconde couvée quand la première ponte a été détruite. (Barbeu du Rocher.)

Recoquué, e, adj . Enfant venu longtemps après les autres ; oiseau pondu le dernier ou le moins gros de sa couvée, resté en coque. N . Coquuau.

Recouistir (se), v. pron. Se réveiller, se débarbouiller. 5e recouisti la goule pour ne pas s'anicler. (Loué.)

Recouper^ v. a. Recevoir un objet lancé. De recipere, comme receper.

Recourcer^ v. a. Retrousser un vêtement, rebrousser le poil ou la plume. (Du Gange. Rebrachiatorium. — A. Bos. Recorcier, 2.)

Diogènes... comme excité d'esperit martial... recoursa ses manches iusqiies es coubtes. (Rabelais. Pantagruel, liv.III, Prologue.)

Tout recoursé, ie devaile le bras... (Froger, Ronsard, Ode à Gaspard d'Auvergne.)

Recourir, v. a. Secourir, délivrer. (Du Gange. Resciiere. — A. Bos. Recovrier.)\\ y a le vieux cri :

A la rescousse ! — Rescoitrre pour secourir. [Cent Nouvelles nouvelles^ t. II, p. 2-4.)

Il s'est veu... le premier à recourir Théramènes que les trente tyrans faisoient conduire à la mort. (Montaigne. Essais, liv. III, ch. xiii.)

Récraire, v. a. Récréer, égayer. Le participe passé est recrait ou recraié.

Récrèpiment, s. m. Réparation du crépi.

... enfin au récrèpiment des murailles entières dans les bâtiments ruraux... (Thoury. Usages ruraux de Montforl-le- Rotrou.)

Recrêter, v. a. Orner, parer, réparer le faîte d'un loît ou la crête d'un mur. V. Accrêter.

Recrue (de). Etre de recrue, c'est manquer d'action ou de finesse comme un conscrit. Tu crais ça! Hélas! qu'fes core de recruel (A. Bos. Recreiï = vaincu . )

Recuilli, s. m. Récolte. Ce grain-lâ, il est d'mon fcuilli-li. {Nt>uville.)

Redévaller, v. a. Redescendre. V. Devallée.

hedévallons sous l'ombrette, Le soulei y m' fait mau.

(Anis. Vieille chanson de cueillerie.)

Redevant, s. m. Devant, quand il y a mouvement. Aller au fd'vant de quelqu'un, prendre le r'd'vant.

Refait, refuit, s. m. Pente extérieure d'un mur qui soutient des terres. [Montfort-le-Rotrou.)

Refeint, refin, s. m. Fente ou défaut dans une

pierre ou dans un morceau de bois, veine terreuse dans le marbre.

Refoui, s. m. Part qui revient à chacun, après un compte fait.

Refraidisson, r'ferdisson, s. m. et /". Refroidissement du corps, pleurésie, chaufroidie,

Regancier, s. m. Eglantier. V. Arcancier.

Reganciau, s. m. Comme Regancier.

Regardant, e, adj. Intéressé, avare. [Neuville.)

Regardant. Epithète qui convient à tous les avares, et à la plupart des vieillards, et qui supposent (sic) de l'amour pour la lésine. (Caraccioli. Dicl. critique piltoresq. et sentencieux . )

Regricher, v. a. Résister ou répondre avec aigreur.

Regu, e,part. (Prononcez, r'gu). Participe passé du verbe ravoir.

Reguayer, v. a. Aiguayer. — Passer du linge à l'eau froide. — Raviver le feu. Kguaye-mon la braise . V . la citation à Péteriaii .

R'guayer. Est-ce pour re-égailter ou régaler = niveler ? (Barbec du Rocher.)

Rehaut, s. m. Progrès, enchère, amélioration.

Reicher, v.a. Frotter en égratignant, en rayant, en faisant un bruit désagréable : dans ce dernier cas, l'agacement qui en résulte s'exprime ordinairement par ces mots : « Ça tire les dents », expression qui rend la souffrance nerveuse endurée.

Reintier, s. m. Reins.

... et pis elle a, pour seur, sur Vreintier, eune espèce de hosse..., {La Croix du Maine, 10 octobre 1897.)

Reisse, s. f. Grand panier en forme de coque de noix, muni à chaque bout d'un trou pour tenir lieu des anses. La syllabe rest ou ret est, en latin, la racine de plusieurs mots indiquant des objets qu'on peut entrelacer à mailles ou autrement, comme vpte (rets, filet), restis (corde), restellus (herse dans Du Gange), et 7'etœ (arbrisseaux aquatiques dans Ghompré). Ges derniers, ainsi que les ronces, entrent principalement dans la confection de nos reisses.

Reissier, s. m. Gollation (repas), heure à laquelle elle se fait, temps qui s'écoule depuis ce moment jusqu'au souper. Faire une chose de reissier, c'est la faire pendant ce temps-là. J'ai prins eune chemime de reissier. Autrefois ressiner. (Du Gange. Hora. 3, Recticiniîim.) — V. a. Faire la collation : de recœnare, redîner, suivant quelques étymologistes. (Rob. EsTiENNE. Reciner.)

Puis entrarent en propos de reciner ou propre lieu. (Rabelais. Gargantua, ch. v.)

S'il rechinoyt, c'esloit pieds de porc au son. (Le même. Pantagruel, liv. IV, ch. xxxii.)

Vous dites qu'il n'est ressiner que de vignerons... De ?T5sincr il s'est abstenu depuis qu'il eut sa forte colique. (Le même. Ibid. ch. xlvi.)

Gomme i'ay veu en mon enfance les desieusners, les ressiners et les collations feussent plus Fréquentes qu'à présent. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. ii.)

Dans toutes les grandes maisons bien réglées, on faisait cinq repas, savoir : le matin des jours qu'on ne jeûnait pas, le déjeuner; le repas de dix heures (1) ou décim-heure, par

(D Les faucheurs le font encore.

abrévation le décimer, par plus grande abrévialion le diner ; le deuxième diner ou le deuxième décimer, le redécimer, par abréviation le rescimer, le souper et le repas de la nuil. (MoNTEiL. Histoire des Français de divers états. xiv° siècle, épître 82.)

Réiu, e, pari. Participe passé du verbe ravoir.

Rejit, s. m. Rejet, rejeton. [Montfort-le-Rotrou.)

Relaissé, s. m. Excréments d'une bête sauvage, terme de chasse. (A. Bos. Relais.)

Relaisser (se), v. prou. Se dit du gibier, qui après avoir été longtemps couru, s'arrête de lassitude. (A. Bos. lielaison, 1.)

Le sanglier, presque sur ses fins, 5e relaissa dans un fourré impénétrable. (St-Paui,. Souvenirs d'un Vieux Louvetier, ch. X.)

Relève, s. f . Grande éclisse que Ton enlève le long d'une pièce de bois brut lorsqu'on l'équarrit. {Mont fort- le-Rotrou . )

Relieher. v. a. Orner, parer. Au figuré, rosser. — Manger ou boire avec gourmandise. V. Lichoux.

Relis, relit, s. m. Rebord ou lisière d'un fossé.

... pour le coust du benoistier et d'un reles par bas.... (Froger. Fabrique de Gongé-sur-Orne, 1524).

La jouissance du relit est réservée au propriétaire limitrophe... (Renault. Notice sur Sainl-Christoplie-en-Chauipagne,)

Rembeuger, rembouger^ rembouter, v. a.

Rejoindre par les deux bouts, refaire un bouL

Rembloyer, v. a. Remblayer.

Rembrôner, remprôner, v. n. Murmurer, répondre avec insolence. Rcmprosner., c'était railler

avec aigreur, tourner en dérision. (Du Gange. Rampogna. — Roquefort. Ramprosner, Ranpronery Ranpodneiz. — (A. Bos. Rampognier.)

Reméieux, reméjeux, s. m. Vétérinaire de campagne (qui remet). V. Mégéieux.

Remenette, s. f. Action de reconduire, de remener les gens au lieu d'où ils viennent. C'est une galanterie des jeunes garçons pour les jeunes filles, après les soirées d'hiver, surtout quand ils sont promis et promises, et tout de même aussi sans cela.

Rémille, s. f. Menue branche d'arbre. V. Ramille.

Remué de germain, adj. Cousin issu de germain. (Du Cange. Reynutare.) On disait jadis yTm«gier^oMY proche parent. (Le même. Ramagimn. — (A. Bos. Ramaghim.)

... vous, cousine remuée de germain du roi de Sicile, «le. (Ledru. Mariage clandestin.)

Remuette, s. f. Action de remuer la terre, de la préparer à la pelle ou à la houe.

Remoulet, s. m. Motte de terre molle recouverte d'herbe, dans les eaux stagnantes, et sur laquelle il est dangereux de mettre le pied. V. Mollets.

Remoulette, s. f. Rotule du genou. V. Moulette.

Renâfier, v. n. Renifler.

Renâré, renâsé, e, adj .¥\i\, madré. De nez fin. (A. Bos. Renardie.)

Renâselle, s. f. Grenouille. De Rana.

Renasquer, v. n. Renâcler. (Furetière. Renasqiier.)

Toujours peste, toujours renasque. (Berthod. Paris burlesque, chap. de la femme d'un armurier).

Renauder, v. n. Y. Rouauder.

Renchaussement, s. m. Elévation d'un mur de bâtiment au-dessus du sol du grenier.

Renchausser, v. a. Rehausser un mur, relever la terre autour d'une plante. Allons renchausser nos truffieu.

Rencherdir, v. a. et n. Renchérir, augmenter.

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