ESNAULT
Rencoineter, v.a. Rencogner. Y.Raccoin.
Rencontre, .s. m. Résistance utile que rencontre un outil et qui lui rend la besogne plus facile, comme par exemple, de l'herbe qui ne cède pas trop aisément à la faux, du bois un peu dur et qui ne s'en fend que mieux, etc.
Rendoublé, e, adj. S'emploie superlativement et en mauvaise part. Oh ! la rendoubiée praë !
Rendouillée, s. f. Volée de coups. Dans le Vocabulaire de Chompré, on trouve Randellus^ bâton. V. Randouillée .
Rendouiller, v. n. Agiter l'eau avec la vase ou avec du purin de fumier pour pratiquer des irrigations. {Sillé-le-Guillaiime .) (A. Bos. Randir.)
Renduire, v. a. Enduire un mur. — Renduit, s. m. Enduit.
Renétir, w. a. Nettoyer. V. Nétir. Un queniot
qui n'sc r'jietti pas encore^ est celui qui fait au lit ou dans ses vêtements. (Barbeu du Rocher.)
Renferger, v. a. Remettre dans les fers, dans les entraves. (Du Gange. Disferrare.) V. Enferger.
Renrayer, v. a. V. Enrayer.
Renter, v. a. Rallonger une pièce de bois.
Renture, s. f. Pièce de bois qu'on rente au bout d'une autre.
Renverser, v. a. Vomir.
Repellir, v. a. Retourner le foin avec une fourche sans le secouer {Neuville.) V. Pellir.
Repianir, replenir, v. a. Aplanir de nouveau, raboter, planer du bois. C'est un peu la mcme chose que blanchir du bois. Replenir la table (Neuville.)
Repigeonner, v. n. Repousser du pied, recommencer. (RoB. Estienne. Repigeonner.)
Repigeonniau, y. m. Rejeton qui pousse sur les racines d'un végétal.
Réponer, réponre, v. a. Répondre. Le participe passé fait reponu. Ah ! ah ! fgui ai bin, reponu. E li vilains li resjwuneit
E les suriz li responneient.
(Barbeu du Rocher, Marie de France, Fables, pp. 394 et 397.)
... et èles reponoicnt que l'avoient adirée... (Le même. Est. DoUeau, Livre des Métiers, p. 378.)
Reporter, y. «. Ressembler. On gui a tiré son pourtrait : ça gui reporte bin.
Repusser, v. a. Repousser, c'est-à-dire rejeter, pousser loin de soi, et non commencer une nouvelle végétation. (Du Gange. /?<?/;eû?«re, Hepiilsio.) ?>' emploie le plus souvent en parlant des fusils qui se font sentir à l'épaule.
... un des compagnons donna, comme on dit, d'un repou/a; du manche de sa vouge contre le corps d'un des dits bonnes gens, et le tua. (Angot. Fortunes diverses d'une bourgeoise.)
Repussiau, s. m. Branche ou tige d'arbre courbée de manière à faire ressort. On fait aussi de petits pièges, qui sont dits repussiaiix parla même raison, pour prendre des merles ou d'autres petits oiseaux.
Réqué, e, adj. Rance, qui a odeur de relent. C'est reclus. (A. Bos. Requoi.)
Requéper, v. a. Recommencer. Nous sommes bien près de re et de cœpisse. V. Recéper.
Je r'quéperai dans huit jou. [La Croix du Maine, 10 octobre 1897.)
Requépir, requeupir, v. a. Restaurer, réchauffer, rajeunir, fortifier. Ce verbe qui exprime une action opposée à la décrépitude, doit avoir la même racine que ce substantif, et je ne serais nullement surpris qu'ont dît quelque part, dans ce pays, réquerpir (recrépir) employé dans le môme sens que requépir ; je ne l'ai cependant pas entendu.
Resâner, v. a. Réparer, recoudre, rhabiller. V. Sàner.
Résous, oude, oute, adj. Résolu, gaillard, bien portant. Il est ben résous., Vqas.
Ressaut (de), loc. adv. Lentement, mal.
Resse, s. f. Grand panier. V, Reisse.
... les hommes, assis sur le plancher de terre battue, tressaient des paniers, des corbeilles, des resses. (Descuamps L.\ Rivière. Légende de la butte de Montanyis.)
Ressier, v. a. et s. m. V. Reissier. (Rousseau. Resiaïe.)
Ressionner, v. a. V. Reissier.
Ressource, s. f. Source. (A. Bos. Resorte.)
Ressourceler, v. a. V. le suivant. (A. Bos. Sorceler.)
Ressourdre, v. n. Sourdre.
Les autres estoient si langoureux qu'ils ne se pouoicnt ressourdre ne aidier. [Chr. de St-Denis. Phelippe m. ch. vi.)
Ressuer, v. a. Retremper un outil. Ressuer un crô^un sermiau. (Dict. de l'Académie. Ressuage.)
Retaille, s. f. Morceau de pain taillé très-mince pour mettre dans la soupe.
Retiron, s. m. Piquette que l'on retire du marc de fruits en jetant de l'eau dessus.
Retouper, v. a. Boucher, reboucher. (Du Gange. Macula, 2.)
Retours, s. m. pi. Ensemencés faits deux fois de suite sur le même engrais.
Ils se font en seigle, orge ou avoine, non fumés. (Renault. Notice sur Sl-Cristophe en Champagne.)
Après le l""" octobre, le fermier sortant est obligé de souffrir l'entrant faire les hïés retours .. . (Thouhy. Usagesruraux de Monfort-le- Rntrou, 59.)
Il devra également souffrir ce dernier ensemencer des
DU UAUT-MAINE 4()7
Irélles rouges après les retours orges ou avoines... (Le même. Ibid.)
Retrouer, v. a. Retrouver.
Reugler, v. n. Vomir, avoir mal au cœur, faire le bruit que causent les efforts pour vomir ; râler. (Ray- NOUARD, Raugiielhar sous Raiic, 8. — A. Bos. Reicper.)
Rêver, V. n. Causer en gesticulant en a parte.
Revêtis, 5. m. Enduit, badigeon. (A. Bos. Vestison.)
... une salle revêtieen vermeil. {Souvenirs de. la Marquise de Créquij, t. iv, p. 203.)
Réveux, Révoux, se, adj. Qui cause tout seul.
Revue, s. f. Revoir. A la revue., f sommes de revue.
Rester, v. n. Habiter. Di-maë : ouyou don qu'i restant? (Barbeu du Rocher.)
Rhabiller, v. a. Remettre un membre cassé.
des mas et eschelles à rabiller lad. viure. (Fhoger,
Fabrique de Congé-sur-Orne, 1556.)
Rhabilloux, s. m. Chirurgien ou vétérinaire.
Rhumer, v. a. Renifler.
Riage, s. m. Le sens des sillons; Tentre-deux de ceux-ci s'appelle en frainçais la raie. V. Raize el Rion. (A. Bos. Rai, 1 et 3. — Rousseau. Rize.)
Ribaude, adJ. fcm. Vache qui est en chasse.. mais qui n'emplit plus. (A. Bos. Ribalder.)
Le Roi des Ribauds,... dissertations sur ce personnage,
4b» VOCABULAIRE
recueillies et coUationnùes. . . par L. Pichon. Paris, 1878. petit in-8.
Ribergère. Dans plusieurs paroisses, le dimanche de la Ribergère, qui est le quatrième de Carême, les jeunes gens des deux sexes et les enfants s'amusent à faire rouler des œufs durs sur un terrain en pente, et se précipitent après, se les disputant à la course ou à la dégringolade, comme on voudra. Ces jeux amènent nécessairement toute la population de la paroisse sur le lieu qui leur sert de théâtre. A Vallon, c'est la butte [mcxûie) des Vallées. On trouve dans Du Gange Riber pour folâtrer, sous Ribaldisarc. Celte élymologie, si elle est la bonne, aurait assez de rapport avec le nom liturgique de ce dimanche de Lsetare. Le dimanche et le jeudi de la Ribergère sont des époques auxquelles il est assez d'usage d'embaucher les alloués et d'organiser des réunions de famille où l'on mange des œufs durs coloriés. Barbeu du Rocher émet la forme VAribergère.
Ricard, ricas, s. m. Geai. Onomatopée comme Râcot.
Ric-à-ric, loc. prép. et adv. Bord à bord, à côté l'un de l'autre.
Chantons, saultons et dansons ric-à-ric.
(Cl. Marot. Uallade de Noël.)
Ricochet, s. m. Scorsonère sauvage, se mange en salade au printemps. Montfort-le-Rotrou. V. Cochet.
Ridé (sable.) Celui que l'eau a entraîné, lavé et assis par couches ou rides l'une au-dessus de l'autre. (A. Bos. Ridoire.)
Rifaige, adj. Revêche, mal-endurant, maussade. (A. Bos. Biffer.)
Riffle, s. f. Maladie cutanée des enfants, espèce de gourme. (Du Gange, Raffla. — A. Bos. Rafle, 1.) Pour la guérir, il î?i\iV faire un voyage où l'on fait dire une messe quètée.
Saint-Barthélémy de l'Habit (Mayenne), est un lieu de pèlerinage pour la guérison de la rijle et de la teigne ; on s'adresse aussi à Saint Ritlard et Saint Teignard, inventés par la simplicité populaire. (Anis. L'Ei-née Inférieure.)
Rifort, rifô, s. m. Rave tortillée du Mans (Vilmorin, Catalog. de graines, 1887.) Rifore frais ! rifô ! cri des marchandes de radis ou de raves.
Rignoler, v. n. Plaisanter. // /l'y a pas à rignoler. [Loué.] (A. Bos. Rigoler. — Rousseau. Regnocher.)
Riles, rillettes, s. f. pi. Viande d'oie ou de porc hachée, cuite et conservée dans sa graisse. (Du Gange. Rielle. —A. Bos. Rille, 1.)
Je vous enuoyeray du rillc en vostre chambre je vous
enuoyeray du rillé en vostre maison. (Rabklais. Panlagruel, liv. III, ch. XXX.)
Rillots, riions, s. m. pi. Gomme ci-dessus.
on réservait certains morceaux destinés à la fabrication des rillettes, désignées par le nom de rillauds (Bes-
NARD, Mémoires, t. I., pp. 85 et 296.)
Rimer, v. n. Faire le plaisant. (A. Bos. Rimer, 2.)
Rimeux, se, adj. Qui cause gaiement, qui aime à goguenarder les autres.
Rimoulets, s. m. pi. Mottes de terre molles recou-
vertes d'herbes et à cause de cela dangereuses, qui se rencontrent dans les eaux stagnantes ou les marais- V. Mollets.
Rinchoir, ronchoir, s. m. Arbre ébranché de manière à ce qu'il reste des bouts de branches qui font Teffet d'épines à une ronce. D'où son nom. (A. Bos. Ronçoï). — Pieu garni de chevilles pour mettre sécher des bouteilles, des pots à lait; on le place aussi horizontalement. {Neuville.)
Rincien, s. m. Siège, selle ou bât formés avec de la paille dans une poche pliée en deux. V. Rambin.
Rinssier, s. m. Collation (repas). V. Reissier.
Rion, s. m. Rayon.
Rocanet, s. m. Piquette, mauvais cidre.
Rolleau, s. m. Rouleau. (A. Bos. Roel.)
Roller, V. a. Rouler. Roller son lit, c^est le faire, le border. (Loué.) (A. Bos. Roëler. — Rousseau. Roler, 1.)
Romasson, s. f. Râle, mucosités qui font respirer avec bruit quand elles sont dans les fosses nasales. Ce doit être une onomatopée.
Romer, v. n. Râler. (Cotgrave. Rommeler.) Montaigne dit aussi Romineller.
Ceux que nous veoyons ainsi renuersez ou blecez en la teste, que nous entendons rommeller. {Essais, liv. II, ch. vi.^
Romionner, v. n. Murmurer, respirer avec force et avec bruit. Raynouard donne Romiar pour Ruminer.
Rompûment, adv. Un marché fait rompûinent est celui par lequel on vend ou l'on achète, sans s'arrêter à mesurei' ou à détailler. Un bail de huit ans consécutifs, sans période, est ïaMronipitment.
Ronbler, v. n. Monter le long d'un arbre.
Ronde de chaume, s. f. Chaume amassé par le pied du faucheur le long des sillons, à mesure que la faux le coupe. (A. Bos. Roonder.)
Roquet, s. m. Camisole. (DuCange. Rochetum. — Chompré. Rocchetum.) On voit que c'est le mcme mot que rocket, surplis.
Rote, s. f. Sentier (A. Bos. Rote, 1.)
Roieier,u. fréqiienlatif. kWer le longdes rôles, des raizes, des sentiers. (Bakbeu du Rocher )
Rôtie, .S'. /. Tranche de pain grillé ou grêlé que l'on fait tremper dans du lait, du vin ou du cidre. C'est une nourriture obligatoire (et dangereuse) pour les femmes en couches, et les vaches fraîches vêlées. On porte aussi la rôtie aux nouveaux mariés.
La mode a aboli les rôties au vin et au sucre comme un mets très-roturier. (Gakaccioli. Dict. critiq. piltoresq. et sentenciPAix.)
Rotuangier, ère, adj. Qui a l'infirmité de roter souvent.
Roturanger, v. n. Répéter ou recommencer souvent la môme chose. (A. Bos. Rotruanqe.)
Rouable, .s\ m. Longue perche garnie à son extré" mité d'une chiffe, servant à nettoyer le four. (A. Bos. Roable.)
Rouauder, v. n. Miauler, pousser des cris qui ressemblent à des miaulements. On dit des chats dans la saison des amours, qu'ils sont en rouant.
Rouaudir, v. n. Faire la vie, courir le monde. V. Raudir.
Rouaux, s. m. Matou.
Rouaziau, s. m. Forme de roue, forme ronde.
(M. BuoN.)
Rouche, s. f. Motte couverte de jonc ou de roseaux dans les marécages, et sur laquelle il est dangereux de poser le pied. V. Rousse. (Rousseau. Rouche.)
Rouche-croûte, 5. m. et f. Faiseur de mariages. Le terme est expressif.
Roucher, v, a. Ronger. (A. Bos. Rongier.)
Or est grand pidé de sa pauure couche De l'autre costé a in beuf qui rouche. (Jehan Daniel organiste dit maistre Mitou. Noelz nouueaulx.)
Rouchet, te, 5. m. et /*. Petit enfant, parce qu'il rouche ce qu'il trouve.
Rouelle, rouette, 5. f. Petite roue. (A. Bos- Roéle.)
Rougeais, s. m. Bœuf de couleur rouge. V. Beu.
Rouge, adj. des 2 g. Pour les chevaux c'est la robe bain-brun [Neuville.)
François de Bastard,... monté sur un cheval rowge.. . (Ledru. Duel dans les bois de Pescheseul.)
Rouget, s. m. Petit insecte. V. C(Hot .
Rougeule, s. f. Rougeole. [Loué.)
Rouincer, v. n. Pousser des cris aigus, comme les petits cochons, (Rousseau. Roueinche .)
Rouincher, v. a. Se dit de la 2" digestion des ruminants. V. Roticher et Runger.
Rouisson, rouissoir, s. m. Rouloir au chanvre (A. Bos. Roïsse. — Rousseau. Rodour, Rouissoir^ Roy ou.)
Rouloter (les prairies), v. a. C'est y passer le rouleau de bois ou de fonte. (Bull, du Matériel Agr., 16e Liy., p. 94.)
Roupillard, s. m. Roupie. (A. Bos. Ropios.)
Rousée, s. f. Rosée. Ronsart avait d'abord écri rousée. (Froger. OEuvres de Ronsard.)
Rouselé, rouseret, rouseriau, 5. m. Petit quadrupède carnassier de couleur rougeâtre et du genre des furets. Roserula dans le Vocabulaire deChompré.
Nule piaus de loire de roseruel ne degourpil ne doit point de ob. de tonlieu, ja soit ce que elles aient queues, .. . (Barbeu du Rocher. Etienne Boileau, 2' partie, p. 326.)
Rousine, i\ /". Résine. (Du Gange. Gema. — Raynouard. Rozina.)
Roussard, 5, m. Grès ferrugineux, fournissant la pierre de taille et maçonnale, très abondant sur la rive droite de la Sarthe. [Conlie.) Le minerai de fer gît en-dessous ; à la Bazoge les galeries d'extraction existent encore, ainsi que la perrière des Galonnés.
Item dix chartées de pierres rousses prinses aux canonnes. (Froger. Réfection de l'église de Chfvaigné en 1510.)
Rousse, s. f. Moite recouverte de roseaux ou de joncs dans les marais. Il est dangereux d'y mettre le pied. Ce mot rapelle notre manière de prononcerroseau, c'est-à-dire roii^iau. Il y a Roussière dans Du Gange, sous Roseria. 'A. Bos. Ros.)
Rousselé, e, adj. De couleur rousse.
Roussir, V. a. et n. Amaigrir, devenir rosse, affaiblir.
Rouster, roustir, v. a. (L'.^ se prononce.) Rosser, détériorer, détruire. (Du Gange. Rostum.) J'ie vas rouster. Ge verbe indique encore que l'on est perdu, sans ressource. Pas Psou ! non é rousti.
Royne, .v. /'. Reine. G'est le vieux mot tout pur. Une femme étant toujours désignée par le nom féminisé de son mari, la Royne est nécessairement le nom de toutes les femmes qui ont épousé un Leroi (A. Bos. Roïne.) Je ferai observer ici que les noms propres qui, comme celui-ci. sont de véritables substantifs, se déclinent tout-à-fait. On dit : au Roé ou au Rai, au Viau, au Chat, etc., et non à Leroi, à Leveau, à Lechat, etc. Ce dernier aurait pour femme la Chatte ; cependant les noms propres substantifs ne se déclinent pas tous à ce point, et on dirait la Legrand, la Leqris, etc. Nous prononçons Roé ou Rai pour Roi, comme Rainé pour René, comme on a dit rayner pour régner.
... la maladie contagieuse qui a rayné en lad. paroisse et rayne encores... (Froger. Fabriciue d^ Conf/é-sur-Orne, 1611.)
DU IIAUT-MAINE 473
En 1230, la reine acheta de Rionvcnue In Espalle,\\\\(i
de Jean V Espalier,. . . le domaine appelle l'Epau... (Le môme. L'abbaye de VEpau.)
... une pièce de vigne., joignant d'un côté la Mescngcsse (Marguerite-Armange, femme de René de Mesenge, écuyer.) (MouLARD. Fief de la Rivière en Gherisay, 20 mars 1492.)
Rri (hau) 'l Mol des charretiers pour faire reculer les chevaux. Hue hau! pour avancer à droite ; hue dia ! pour avancer à gauche.
Rubelaine, rubeline, rubitis, rugueille, s.
m. el f. Rouge-gorge. Suivant Troussenel (r//.9//ff. p. 130), ie rouge-gorge se dirait en anglais Beubinc., parce que c'est ainsi que se prononce Robin. V. Bezoue.
Ruette, s. f. Ruelle.
Rumer, v. a. Râler, aspirer fortement par le nez. V. Romer. — Renifler ou rhumer ; de re-humer ? (A. Bos. Rumer.)
Runger, v. a. Ruminer, ronger. V. Rouincher, Roucher. (A. Bos. Rongier.Y.)
Ruse, s. f. Nous avons pour ce mot une acceptation particulière : prendre sa reuse, c'est se reculer pour mieux sauter. (Barbeu du Rocuer el Roquefort, Reusez.)
Rusiniot, te, adj. Rustre, bêta, lourdaud.
Rusmatique, s. m. Rhumatisme. — adj. Qui est sujet aux rhumatismes.
Russe, s. f. Plante sauvage qui participe de la rave sauvage el de la moutarde, sauve, sénevé; elle pousse
principalement au printemps parmi les céréales et dans les jardins. V. Ravenelle.
Russer, V. a. Relever les cheveux du front sur la tête, arracher un objet en le redressant. V. Eriisser.
Sabot, s, m. On dit d'une fille qui s'est laissé séduire, qu'elle a cassé so7i sabot.
Sablou,.s. m. Sablon. Sablou ! (bis). Sable blanc ! Cri des rues du Mans. (A. Bos. Sabloi.) Sablonniêre est français, mais populaire, et il est curieux de retrouver son masculin :
. . . sur ung très beaulx plains et grans sablonnys (dans les landes du Grand-Bourrav.) (Ledru. P'olle de Ch. VI, ch. m, §!•)
Sâcer, sacher, v. a. Secouer, arracher brusquement en donnant des secousses ou des oscillations, et avec tiraillemenls. (Du Gange. Housia, Saccare.). Saichespée est le nom d'une ancienne famille du Maine. [Recherches sur la Paroisse de Vallon, p. p. 63-74.)
Fist Saùl à son esquier : Sache ta spée, si m'oci. (Bar BEU DU Rocher. Livre des Rois, p. 118.)
Sacre, s. m. Fête-Dieu. (Du Gange. Sacrum, 3.) La fête et la foire du Sacre d'Angers, sont célèbres.
Or, notez que le lendemain estoitla grande feste du Sacre. (Rabelais. Pantagruel, liv. II, ch. .xxii)
DU UAUT-MAINE 477
Audit M* Franroys Dyonis pour avoyr faict les tableaux en painture et une fencstre servant au Sacre.... (Moulard. Les Dienis de Fresnay.)
Sacrement, s. m. C'est, à la messe, le moment de l'élévation, et au salut, celui de la bénédiction. (Du Gange. Sacramcntiwi. — Raynouard. Sagt'ament sous Sagrar, 3. — A. Bos. Sacraison.)
... les marchez à monter au sacraire... (Froger. Réfection de l'église de Chevaignc en lôlO, et Paroisse de Lombron^ 1510.)
Sai (je). Je suis, indicatif du verbe être. Qui sayant, qu'ils soient, subj. prés, du verbe êti^e.
Par un matin mî vé levé, Mon biau lin jaune et doré !
Dans mon jérdrin iQ-sé-z entré.
(Anis. Vieille chanson Mancelle.)
Saigne-nez, 5. m. Plante.
Sainer, saineur. V. Sâner, Sâneur.
Saints de glace. Période du 10 au 20 mai qui ne
se passe jamais sans glace. Il y a dans un autre genre les trois S(fi?its du calendrier des jours gras: Saint- Piffard, Saint-Pansard et Saint-Crevard. (Barbeu DU Rocher.)
Depuis longtemps les savants ont remarqué que les gelées habituelles aux 11, 12 et 13 mai, dates qui correspondent aux fêtes des trois Saints de glace : Mamerl, Pacome (ou Servais) et Pancrace, dépendent de l'arrivée dans les latitudes océaniques correspondant à celle de la France d'énormes banquises détachées des glaciers polaires. [Nouvelliste de la Sarlhe, 11 mai 1894.) Ou encore qu'à ce moment la terre traverse un anneau d'astéroïdes qui forment écran entre elle et le soleil. [Le Pèlerin, !"■ Mai 1898.)
478 VOCABULAIHE
Saint Frusquin. Manger tout son Saint Frusqiiin, se ruiner.
Saint Julien casse la glace
Ou l'embrasse.
(27 janvier^
Sairai (je.) Je saurai, futur du verbe savoir. Le conditionnel se dit de même je sairais.
C'est pour ce que ce bâtiment Ne se sairoyt tout seul deffendre
Tel ne sairoyt un coup fraper
Qui toutefois se faict bien craindre.
Tel prent plaisir à voir paindre Qui ne sairoyt bien faire un traict.
{Les Sobres Sotz. farce morale.)
Salut de tout mon cœu (r.) Expression usuelle de la politesse de nos pères.
Sanctuel, s. m. Sanctuaire, chœur. Les curés de la paroisse de Nouans étaient enterrés dans le sanctiiel. [Marolles-les-Braults .)
Sâner, v. a. Châtrer, guérir, rhabiller. (Du Gange. Sanare. — Ménage. Saner. — Raynouard. Sanar sous San. 1. — A. Bos. Saner.) V. Sdnew\ Sener et Se7ieur.
Sélneur, 5. m. Vétérinaire, affranchisseur. (Raynouard, Sanador sous San, 6.)
Ce mot, qui signifie littéralement gitérissenr, s'applique tout spécialement aux vétérinaires sans diplôme, qui habitent la campagne, et qui sont ceux pour lesquels nos paysans ont le plus de sympathie, tendance qui s'explique par cela qu'ils les connaissent plus in-
timement que le vétérinaire légal qui habile lu ville, et encore par le talent réel que Texpérience, à défaut de théorie et de science, donne à quelques-uns d'entre eux. C'est aussi le hongreur, le mégc'ieux.le rebouteux, etc .
Sâner et Sàneur peuvent encore, outre Sanare, avoir Saigner pour origine. V. Sener et Seneur. (Raynouard. Sangnar, Saiinador sous Sang, 3 et 4.)
Sur les confins de deux paroisses, Notre- Dame-de- Torcé et Lombron, se trouve un carrefour célèbre dans le pays, à cause de la fosse aux Saneurs. Ce nom lui est venu de ce qu'à une époque reculée, deux artistes de cette profession se battirent en duel dans cet endroit, s'y tuèrent mutuellement et y furent enterrés. Depuis lors, pendant la nuit qui suit l'anniversaire du drame, la fosse est bêchée et sarclée, sans que personne ait pu jamais voir un des êtres mystérieux qui se sont imposé ce soin de génération en génération : aussi, tout le monde ne croit pas que ce soit l'office d'un simple mortel. Gomme, au vieux temps, les saneurs passaient quelque peu pour sorciers, celui auquel ils étaient réputés s'être donnés corps et âme, devait tout naturellement intervenir dans la conservation d'un monument qui recèle une partie de sa propriété.
Sang-sue, 5. /. Rigole pour retirer l'eau.
Sapinette. 5. f. Feuille ou aiguille du pin maritime ; on la ramasse pour chauffer le four. (A. Bos. Sapinoie.)
Un feu de sapinette brillait dans latre (Desghamps-
Larivière. Légende de la butte de Muatangis.)
Les sapinclles sont considérées comme coml)ustililes. (Thouhy. Usages ruraux de, Montforl-le-Rotrou, 103.)
Saquer, saqueter, v. a. Secouer vivement, arracher brusquement quelque chose, une arme du fourreau, un objet des mains d'autrui. (Du Gange. Saccare. — A. Bos. Sachier.)
N'en ne puet entrer es osteus Sans bruscier u sacier le clenque.
(Barbeu du Rocher. Rutebeuf, t. 1, p. 34t.)
Sarché, e, adj. C'est une expression décente destinée à remplacer un jurement : car, dans son sens ordinaire et convenable, Tadjeclif sao'é n'a pas de remplaçant.
Sarches,5. /. pi. Bois très minces qu'on place audessus ou autour du linge dans le cuvier à lessive. (Du Gange. Serchellum.)
Sarge, s. f. Serge. (Du Gange. Sarga.)
Il monte après (le lit), défait le beau pavillon de sarges de diverses couleurs. (Bonav.-Despériers. Contes et Devis, Nouv. VIII«.)
Serjette. Etoffe de laine croisée que les Moines portent au lieu de chemises, ainsi que ceux qui sont sujets aux douleurs de rhumatisme. (Garacgioli. Uicl. critiq. pitlorcsq. el sentencieux.)
Sarger, sargier, 5. m. Qui fait de la serge.
François Dheaume, marchand sarger demeurant à Anvers* soubs-Monfaucon. {Hemembrances du fief de la Grange Moreau en Vallon, 26 septembre 1715.)
Sarqueul, s. m. Gercueil. (Rob. Estienne. Sarcueil. — Du Gange. Platonae., Sandapila aous Sandapeloy Sarcophagus. — A. Bos. Sarcueu.) J'ai lu
quelque part cerqucux pour cercueil. Nous disons aussi sarmon (sermon), sarpeiit (serpent), sarmiau (sermeau).
Sasser, v. a. Arracher brusquement, secouer vivement. (Du Gange. Saccore. — A. Bos. Saciei\ 2.)
Saûnière, s. f. Boîte au sel : elle se fixe au mur près de la cheminée.
Saut (de), loc. adv. Trop vite, de plein saut, brusquement. Faut point aller trop de saut. V. Mine.
Sauvageau, y. m. Sauvageon.
Sauve, s. f. Abri, refuge, cache. Dans les jeux de petits garçons, la sauve est le but qu'il faut atteindre pour ne pas être pris.
Savigné, s. m. Sabine, plante médicinale, abortive, et qui fait gâler les arbres voisins.
Sceier, v. a. Scier, couper à la faucille : on sait que celle-ci a le coupant en dents de scie. (Du Gange. Secatura. — A. Bos. Seïer^ 1.)
Les garçons qui moult an soierenl pour leurs chevaulx, {Ckr. de Saint-Denis. Phelippe Auguste, ch. XI.)
. ... les robustes filles de village sioient les bleds, comme
les garçons (Besnard. Mémoires de Marolles, 1652,
Sceieur, euse, s. m. et /. Qui scie du bois ou qui sceie du blé. (Du Gange. Selio. — A. Bos. Seëor.)
Scieur de long, s. m. Gelui qui débite les arbres en menue charpente. Les deux mots se prononcent différement : des scieurs de lotu/, des sceilleux de blé.
Jean Favier, cteur an luiiij deineurant à Saint-Mars. (De- ^MS. Minutes du nokiire de Ueaumont-le- Vicomte.)
Scionner, v. a. Donner des coups de scion. (A. Bos. Sillon sous Cillier, 2.)
Sciot, s. m. Mauvaise scie.
Secouée, s. f. Secousse physique et morale.
Se fait-i ? înterrog. Que voulez-vous ?
Ségu, e, adj. Maigre, rare, clairsemé, chétif. Se dit du grain.
Seille, s. /". Siau. s*, m. Sean. (Du Gange. Bibere. — Raynouard. Seilla sous Selh. — A. Bos. Seille., 1.)
Seilleau, s. m. Petite seille, seau de fer-blanc pour mettre le lait. V. Tire-vache.
Seillée, s. f. Ce que peut contenir une seille. (Du Gange. Selha. — Roquefort. Selge.)
Seiller, v. a. Gouper à la faucille. V. Sceier. (A. Bos. Sëaillc.)
Seilleur, euse, s. m. et /'. Scieur ou sceieur. (Du Gange. Selio.)
Seillieur, s. m. Boisselier.
Seillon, s. m. Sillon. (Rob. Estienne. Seillon.) Le sillon du Maine est étroit et relevé, forme dite à billon (et non à pignon, comme on me Ta fait dire une fois). Le sillon large et plat, au-delà de la Ferté- Bernard, se nomme pi a?ichc.
Seillonner. v. a. Gourir sur les sillons, de crête en crête.
Sein, seing, s. in. Grain de beauté. V. Si?ig. (A. Bos. Seing,)
Seiner, v. a. Signer. On fait sentir la syllabe em en prononçant ce mot et ceux qui suivent. (A. Bos. Seingnier.)
Seinner, seinneur. V. Sànei\ Sâneur eiSéne7\
Seinnot, s. in. Petit insecte, V. Célot et Sénat.
Selle, .s\ f. Petit banc pour s'asseoir ou battre le linge quand on le lave; ou pour aller à la selle.
Un jour lui commanda le roy qu'il lui forgeast untî selle d'or. [Chr. de Saint-Denis. Dagobert pf, liv. V, ch. viii.)
.... poser et placer des scelles dans lad, église. (Froger, Fabrique de Lombron, 1644.)
Sélot. .s^ m. Petit insecte. V, Célot et Se'not.
Senard, senas^ s. m. Mauvais plancher. (Du Gange. Solarium.)
Sénegrain, s. m. Cresson alenois.
Séner, v. a. Châtrer. V. Sdner, Saneiir, etc. Des Périers ou Jacques Pelletier, placent ce mot dans la bouche d'une bonne femme du Maine, adressant une requête au cardinal Philippe de Luxembourg, évoque du Mans. [Contes et Devis. Nouv. xvii«), Béroalde de Verville l'emploie aussi. [Moyen de parvenir., ch. XXIX.)
Séneur, .s\ m. Affranchisseur. Les fonctions de ces opérateurs rustiques, qui ne consistaient d'abord qu'à affranchir les animaux domestiques, ont fini' avec le temps, par s'élever à celles de véritables vétérinaires. V. Sdneur.
Sénot^ s. m. Pelit insecte de la famille des tiques et dont j'ai donné la description à l'article Célot. On prononce souvent la syllabe se comme sein dans sénot, ce qui rapproche ce mol de cincenaud ou sincenmid^ qui était le nom d'un autre insecte d'un commerce aussi peu agréable, à savoir le cousin. (Du Gange. Zinzala.)
Sensément, r/c?i'. A peu près, certainement, c'està-dire. (A. Bos. Censer.)
Sente, s. f. Odeur.
Sente, s. f. Sentier. (Rob. Esïienive. Sentr. — (Du Gange. Senterium. — A. Bos. Sente.)
Ils disent qu'il n'y (a) pas une sente toute droite pour di-'scendre partout au dedans. (Amyot. OEuv. de I^lutarque. Quels animaux sont les plus avisez.)
Mais sans bouger va en obscure sente Cacher mon dueil. . .
(Cl. Marot. Rondeau par contradiction .)
Une distance entre eulx se fait, ainsi Qu'entre deux montz une sente esgalée.
(Froger. Ronsard, 2* Livre des Hymnes.)
Sentine, s. f. Fruit violet savoureux (ou baie) de l'airelle ou myrtille; l'arbuste en porte aussi le nom. (Anjubault. Vaccinium myrtilhis). Il y en a des tapis dans la forêt de Perseigne.
Sentu, e, part. Participe passé du verbe senti?'. Tai bin sentu l'odei([r).
Séquas, s. m. Séquelle. Ge mot n'a pas toujours été pris en mauvaise part :
Sur quoi, je me recommanderai très humblement à votre bonne grâce, sans v vouloir oublier madame ma sœur avec
toute sa séquelle. [Leltre d" Guillaume du Prat, évêque de C 1er mont à son frère, 1545). La séquelle se composait de cinq enfants et trois ou quatre gendres. [Marquis du Prat).
Sequier, s. m. (Prononcez s'quier). Selier.
Plus de la moitiij des dixmes de la paroisse aux charges de donner G à 7 septiers de bled mouture aux pauvres... (Roquet. Saint-Jean de La Motte, p. 33"2).
Philippe, comte de Valloys... fait remise à Jehan r;arçonneur de cinq «es^'eri- d'avoine. (Lkdru. Philippe VI de Valois) .
Setier s'i''crivait seplier. (Froger. Etablissements de charité à Sillé-le-Guillaume, pp. 262,281.)
Serague, s. f. Couteau usé. [Tiiffé).
Serdreine, s. f. Sardine.
Sermeau, sermiau, .s\ m. Grande serpe. (Du Cange. Ccrmiïiiculum^ Fcrramentimi.)
Serpier, s. m. Grande serpe. (Du Gange. Sarpia).
Serpillière, s. f. V. Charpillère.
Serrer, v. a. Signifie non-seulement enfermer : Serrer le linge, la vaisselle, mais aussi recueillir : Serrer de V herbe, des fruits. (Barbeu du Rocher.)
Seu, .s. /. Soif, f ai grand seu. — adj. Seul. Tsai venu tout seu. (Barbeu du Rocher.)
Seu, s. m. Sureau. (Du Gange. Maïmn, Sainbussus. — A. Bos. Seû.) V. Sii.
Seuberiot, te, seubre, adj. Gourmand et surtout ivrogne ; qui tête avidement. V. Stiberiot.
Seubier, v. a. Siffler. V. Sibier et Subier (A. Bos. Snbler. — Rousseau. Subier.)
Seubiet, s. m. Sifflet. V. Sibiet.
Seule, pron. f. Celle, féminin de celui. V. Ceule. Comme on dit à la seule fin pour afin, il se pourrait que ce fût, dans ce cas, le féminin de seul.
Seur, s. m. Sureau. V. Seu. (A. Bos. Seilr.) On a prononcé seureté pour sûreté :
... et ne peut l'en parler à luy ne approcher du lieu par seureté... (Ledru. La i?ec/u5e, Ajournement de 1505).
Sez, prép. Chez. Sez nous, sez ines gens. (Neuville.) V. S in.
Sibier, sibler, v. a. Siffler. Nous avons encore ici conservé le souvenir de l'origine latine^ sibilare. Les autres verbes senbier, siibler et sabler ne présentent qu'un léger changement de prononciation. (A. Bos. Sibler.)
Il sîble ses bœufs pour les arrêter. (Bonav. Despériers. Contes et Devis, nouv. lxxi».)
Sibiet, siblet, s. m. Sifflet. V. Sibier ci-dessus, et Subiet.
Sicot, s. m. Chicot de dent ; tige sans branches.
Quant aux grosses et menues pailles, aux sicots de trèfle à graine... (Thoury. Usages ruraux de Monlforl-le-Rotrou, 61.)
Sien (le), pron. Celui. Le sien qui a fait ça, les ceux-siens qui passent par là. (Neiwille.)
Sier, siéter,,t). a. Asseoir. Siètes est la deuxième personne du plur. de l'ind. de siéter. Sièfvous don^icite. (Asseyez-vous donc ici.) (A. Bos. Siet.)
Les gens de pied lacédémoniens ne pouvant ouvrir la phalange persienne, s'advisèrent de s'escarter et sier arrière- (Montaigne. Essais, liv. !"•, ch. xii.)
Siet, s. m. Petite mesure de capacité, le quart du litre. [Neuville.) Un siet de lait.
Sieute, s. f. Suite. — Z)e .sz>z</e, de suite. (Du Gange. Secta, 12.)
Sieute, part. f. Part, passé féminin du verbe suivre, que nous disons suir. (A. Bos. Stiire sous S ivre.)
Sieuvre, v. a. Suivre. Siévyr dans Du Gange, sous Sequi. (A. Bos. Sieure sous Sivre. — Rousseau. Seguer).
Père aux écus, allez devant J'allons vous sieuvre dans l'instant.
[Noël manceau).
Signole, s. f. Fourche ou broc en fer. [Neuville.) (Rousseau. Signet.)
Sin, prép. Ghez. — S in nous, s in mes gens.
[Neuville.)
Sinard, sinas, s. m . Mauvais plancher, fait avec des gaules. (Du Gange. Solarium.)
Siner, v. a. Signer. (A. Bos. Sinier sous Seignier.)
Sing, s. m. (Prononcez sin.) Verrue ou petite tache noire du visage, que Ton appelle aussi grain de beauté. J'écris ainsi sing, dans la croyance oii je suis, que ce mot est exactement signe [signum). Le mieux serait encore seing. Suivant notre prononciation, nous avons dii dire d'abord singue, et nous avons fait ensuite un apocope. Ronsard remplaçait signe par siiine. (Froger. Etude sur les premières poésies.)
Sinton, s. m. Céton.
Siocler, sioquer, v. n. Se dit des sabots dans lesquels les pieds sont trop à l'aise, et qui font, par conséquent, du bruit à cbaque pas. On dit de même, par extension, des meubles ou autres objets, dont les parties sont mal assemblées, désunies, etc., et qui produisent un bruit analogue à celui des sabots. De Soqiiet, sabot, qui nous a donné les socques, et qu'on retrouve dans Du Gange, sous Soqiia.
Si-pialt. S'il vous plaît.
Sistez-vous. Asseyez-vous.
Sit-nomen, s. m. Ancienne désignation des écus d'argent, donnée à cause de leur exergue. Il a passé aux pièces de cinq francs.
S'ment, adv. Seulement. Nous ne nous en servons pas comme on le fait d'ordinaire ; il est, avec nous, synonyme de l'adverbe même. Tirais s'ment pas s' que-là. Ten donrais s" mentiras un.
Soignement, s. m. Soin, spécialement pour un malade.
Soigner, v.a. Préoccuper, contrarier.
Soin. ,s'. m. Angoisse, inquiétude, contrariété. (Du Gange. Essonium sous Sunnis.) Avoir du soin, être en soin, prendre du soin, tout cela veut dire qu'on a ou qu'on se donne du tourment. Essoine était synonyme d'angoisse ou d'excuse.
Pierre Esbailart à Sainct Denis Pour son amour eut cette essoine .
(Villon. )
Mais quoy ! il n'a pas grand essoine à comprendre les sacrilices. (Cl. Marot. Temple de Cupldo.)
Je suis en soing que je feray pour mon vivre... (Denis. Revue du Maine, 1896.)
Solaiger, v. a. Soulager. (A. Bos. Soagier, solacier.)
Soleiger (se), v. réf. (Pron. Soulpiger). Se prélasser au sotilei. (Rousseau. Soulalller. — A. du Peyroux. Alpes Mancelles, ch. xxii, § III, )
Soleil, s. m. (Pron. Soulei.) Ronsard écrivait souleil. (Froger. Etudes sur les premières Poésies, p. 156, et OEuvres de P. de Ronsard, 1584.)
... le sainct cyboire et soulail qui sont en lad, esglise . . (Froger. fabrique de Gongé-sur-Ornc, 1G38.)
Le lever et le coucher du soleil donnent lieu à une division du temps inconnue dans les horaires modernes. Le pàtour framenera le bestial à demi-heure de soulei (le soir).
... sans se pouvoir r'allier qu'à demy heure de soleil (le matin)... (Menjot d'Elbenne. Défaite des retires à Connerré.)
Soldart, s. m. Soldat. On dit encore partout soudart. (Du Gange. Solidarius sous Solidata.)
Celui qui sent de Mars sa poitrine échauffée
Ne pallit estonné pour la peur des bazars
Mais voit devant ses yeux, par les rangs des solda rs,
La mort.
(Ph. Desportes. Amour.s d'fh'ppolyle. Elégie.)
Fièrement marchèrent
Vers moy de front dessoubz ses estandars Bien trois cens mil piétons hardis sonldars.
(Cl. Marot. Jugement de Minos.)
Les mouches qui flotloient en guise de Soldars. (Recmer. Satyres, x" .) ... pour ferre rendreaux Mans un so/fZartumbéraaIlade... . an l'année 1786. (Denis. Foulletourte. Revue du Maine» 1893).
Solide, adj. Commode, utile.
Solier, s. m. Etage, hauteur d'étage, poutrelle qui se place en encorbellement, grenier. (Rob. Estienne. Solier. — (Du Gange. Solarium. — Raynouard. Solier sous Sol., 4. — A. Bos. Solier, 1 et 2.)
Deuant ledict logis des dames.... estoyent... les bains mirifiques à Iriple solier. (Rabelais. Gargantua, ch. lxv.)
Incontinent, le feu se print à la paille, de la paille au licl, et du lict au solier. (Le même. Pantagruel, liv. H, ch. xiv.)
Sommetière, s. m. Cimetière. On écrivait cemetière au xvu« siècle (Esnault. Lecorvaisier, p. 59.)
Item, dit celluy procureur qu'il vendit à Jehan Furet les pommes du pommier du semetière, la somme de XVIII s. (Froger. Fabrique de Courgains.)
Songer (se), v. réfl. Songer. J^me sais songé pour fai pensé. (A. Bos. Songement.]
Sorne, s. f. Scorie de fonte.
Sorner, v. a. Eplucher, nettoyer, écumer, rogner.
Souâpe, s. f. Femme de mauvaise vie. De Soana, rebut? 'R.\YN0UARD. Soan.)
Souâper, v. n. Mener une vie débauchée.
Souâtage, s. m. Communauté d'intérêts, association de travail. Le, soudtage représente principalement la possession commune d'une charrue par
plusieurs cultivateurs, et l'aide qu'ils se donnent mutuellement, soit en se prêtant leurs chevaux, soit autrement, pour que cette charrue puisse servir aux uns et aux autres. Ce mot vient de Soiste, société. (Du Gange. Soistura.)
Souâter, v. n. Se réunir plusieurs pour faire valoir la môme terre, posséder en communauté les mêmes instruments de labourage. On le dit encore d'un homme et d'une femme unis par des liens illicites, etc. V. Assouàter. — V . a. Epier et rechercher les invitations. Ici ce doit être Souhaiter. — V. a. Guetter pour voler.
Soubaud, e, adj. Qui dort toujours, paresseux, qui mange son bien tout seul sans en faire part aux autres. Peut-être faut-il rapporter ce mot à Sorbillalor, comme Suberiot, où à Sus ?
Soucié, e, adj. Triste, soucieux.
Soucier, v. a. On se sert de ce verbe principalement sous cette forme : Ça ?nr soucie, c'est bin souciant de faire telle chose, et cela veut dire : Ça m'ennuie, ça me contrai'ie de, etc. On trouve dans le Glossaire de Du Gange, sous Monture, IJ, le verbe soussier employé, comme le nôtre, dans le sens actif. (Rousseau. Suceyer.)
Soue, s. f. Etable aux porcs. (Du Gange. Sudis. — Dict. de Trévoux. Sowf'r. — Ménage. Génital.) En français, on en a fait souille pour dire la bauge du sanglier. Tous ces mots viennent de Sus, porc. (A. Bos. Seu^ 1.)
Le fils du roi passa, Il m'a tant regardée, Dans la soue aux cochons Il m'a tant bousculée
Ah ! ga !
Ah! la voilà la mariée!
Ah! la voilà!
[Chanson du pays.)
Tout à coup nous tombons sur les boulis et les souilles de notre gros solitaire. (B. de St-Paul. Souvenirs d'un Vieux Louvetier, ch. xn.)
Sougouillère, s. f. Aide de cuisine, etc. Y.SoiircoidUère.
Soui, s. m. Litière du porc, ordures.
Souille, .s. f. Taie d'oreiller, petit sac.
Soûle, 5. /. Petit ballon ou grosse balle à jouer. (Du Gange. Choulla, Houla, Sonia. — A.Bos. Sole.) On retrouve par-ci par-là des traces du jeu de ce nom ; il consistait à se diviser en deux camps pour se disputer la possession delà soûle. Il est dans tonte sa vigueur en Basse-Bretagne, et est la cause de luttes très vives entre les paroisses qui se défient à cette occasion. La soûle est mentionnée par Rabelais su nombre des jeux de Gargantua. [Gargantua, ch. xxii.) Dans l'article du Musée des familles, déjà cité au mot Branlons, il est question de la cliaulle, grosse pelote qu'on s'amuse encore à jeter, en Normandie, aux passants, ou pour mieux dire, sur les passants.
Le dernier marié... y amener sa femme, et me sont tenuz présenter. . . une souUe ou bouUe de cuir avec une cuisne ou
billard... el l)illor ladite souUe... (Frogkh. llouillon féodal, 163G.)
Soûnière, s. f. Boîte au sel. Oti l'accroche au mur près de la cheminée.
S'ou-piaît. S'il vous plaît.
Soupleur, s. f. Souplesse.
Sourceux, se. adj. Terre remplie de sources ou de surins.
Sourcer. Mot qu'on hazarde dans lo sociiHé, pour dire sortir ou venir. D'où sourcez-vous ? pour exprimer d'où arrivez-vous? (Caraccioli. Dict. critiq. piltoresq. fit senlenc.) Le vif sourf/eon (1) parannel...
(Froger. Ronsard, Ode à Michel de l'Hospital.) Sourcier, s. m. Qui fait métier de découvrir les sources au moyen de la baguette de coudrier.
Sourcouillère, sourcouquière, sourgouillère, s. f. Femme qui aide à la cuisine, qui est chargée des détails infimes d'un ménage, laveuse de vaisselle, etc. D^Siib, sous, et Coy«w^,cuisinier?(A.Bos. Soulage. — Rousseau. Sargaillon.)
Sourd, s. m. Salamandre terrestre. Un proverbe dit : Si Vauvet voyait, si le sourd entendait, nul homme ne vivrait. C'est une pure calomnie à l'endroit de ces deux reptiles peu malfaisants.
Sous-seule, s. f. Murette en briques ou en maçonnerie sur laquelle on place toute la carcasse en bois d'un hangar. {Montfort-le-Rotrou.)
Soutenance, s. f. Soutien, nourriture.
(I) Source.
Il a jeune quaraule jours Sans prendre soutenance.
{Vieux cantique, Tuffé.)
Spectateux, s. m. Témoin dans un duel.
S'piau, .'>. m. Serrure de bois. V. Crpiau. — Désigne une personne à rentendement lourd et obtus.
S'que, prép. Jusque, par aphérèse. Viens-mon s' ment s' que-là.
Svi, s. tn. Sureau. V. Seii.
Comme quand les petiz garçons tirent d'ung canon de sub, (Rabelais. Pantagruel, liv. ii, ch. xix.)
Su, hau su ! infcrj. Fait arrêter ou reculer les bestiaux.
Suâbrer, subrer, y. a. Boire ou téter gouliîment, de manière à ce que la succion soit bruyante. V. Siiberiot.
Suâ,pe,.s'. /. Femme de mauvaise vie. V. Soiiàpe.
Suâper, v. n. Mener une vie débauchée.
Suatage, suater. V. Sotiàtage et Sotiàfer.
Suberiot, te, adj. Gourmand, ivrogne- Surbeu signifiait un homme ivre, qui avait s^irbu (Du Gange. SorbiUator.), et subbibere indiquait l'action de boire un peu trop. (Chompré.)
Subier, subler, v. a. Siffler. (Du Gange. Sibulare. — Raynouard. Siblar. — A. Bos. Subler.)
S'il subloyt, cestoient bottées de singes verdz. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, ch. xxxii.)
Et sa langue en sifflant subie d'une voix telle Que les petits enfants se musseul soujjz l'aissele.. . (Froger. Ronsard, i° Livre des Hymnes.)
DU HAUT-MAINE 49o
Subiet, Sublet, .s. m. Sifllel. (Du Gange. Sibuliis. — RuussEAU. Sublet, suser.)
Puis se levant fait vng ped, vng sault et vng sublet. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, ch. xxvii.)
Subre, adj . Gourmand, ivrogne. V. Siiberiot. — Enfant qui tête avidement.
Sué, s. m. Seuil. [Monlfort-le-Rotrou.)
Suée, s. f. Sueur inopinée, résultat d'une fatigue ou d'une peur. (Fureïière. Suée.)
Suger, V. a. Sucer. C'est tout simplement le latin sugere. (Rousseau. Super.)
Suiner, v. n. Suinter.
Suir, V. a. Suivre. (Du Gange. Sequi. — A. Bos. Sivre.)
Et après beaucoup d'avis, il ne scet autre remède que de \a, suir. {Cent Nouvelles nouvelles, Nouv. xxvr.)
Car Henri le suioit, qui no le laissa mie. (Barbeu du Rocher, Chronique de Dugucsclm, t. ii, p. 62.)
Sujet, te, adJ. Maladif. Potiv' gas ! il est si sujet !
Sujition, s. f. Ensemble des domaines d'un même propriétaire.
Sûr, s. m. Sureau. V. Seu et Su. (A. Bos. Seur.)
Suranné, ée, part. Est français, mais nous l'employons spécialement pour une coche qui a porté plusieurs années. [Neuville.) V. Foi^anné.
Surdigan, surdigon, adj. Sourd. (Esnault.)
Surècrait, v. in. Sui-cruil, liausse sur une valeur, augmentation. (A. Bos. Becrois^i.)
Surger, surgeter, v. a. Guetter, épier. De sur et de rjaitar, guetter.
Surger, v. n. Surgir, sourdre. (Rousseau. Soiirgir.) Surgeton, s. m. Surgeon.
Surgien, .s. m. Chirurgien. (Du Gange. Surrjicus. — Raynouard. Surgier. — A. Bos. Surgien.) Frois. sard, racontant la mort de Gharles-le-Mauvais, roi de Navarre, arrivée le 1" janvier 1387, dit que ni surgien^ ni médecin, n'y purent remédier.
... veu aussi le rapport des médecin, cirurgien et barbier jurez de ladite court de la Visitation par eulz faicte de ladicte de Vendosmoys, . . . iLedru. La Recluse, p. 82.)
Surin, s. m. Source qui ne donne de l'eau que momentanément, pendant l'hiver ou à la suite des grandes plnies.
Suriner, v, a. Sourdre avec interruption et par un mince filet d'eau, un surin.
Surir, v. a. Rougir, desséciier. (A. Bos. Sorir. — Deschamps Larivière. Légende de la butte de Montangis.)
Surseniaine (en). Dans le courant de la semaine, moins le dimanche.
Sus-bout, adv. Debout. (Du Gange. Snper.) Vnpeiit sèment pas s'teni [r] sus-bout.
Elle sur bout à huaite note Rend grâces à Dieu et au saint. . .
(Angot. Vies rhylmées de St-Mélaine, 1893.)
Tacot, s. m. Reste delà lige enterre d'un végétal coupé. — A cause que Chanequines comme çâ? — Tai un tacot dans l'pied.
Tai, 'pron. Toi. Dis doUy tai, ftit gâs. [Neuville.)
Taheuder, v. a. Pousser activement, presser une affaire ou une besogne. (Rousseau. Tabuler.)
Taille, s. f. Morceau de pain taillé très mince pour être mis dans la soupe.
Tailles, s. f. pi. Bandes de papier longues et étroites, repliées en double, et dont les tailleurs de campagne se servent encore pour prendre mesure des vêtements.
Talart, 5. m. Talus. {Dn Gange. Talutum sous Taludare.)
Taloche, s. f. Planchette dont se servent les maçons pour égaliser les enduits. (A. Dos. Taloche.)
Talonette, talonière, s. f. Petit morceau de cuir qui protège le talon du pied contre le frottement du sabot.
Talvassier, ère, s. m. et f. Ouvrier et ouvrière lilassiers. Sans doute canevassier. Le talvassier était
un soldat portant un bouclier dit talvas. C'était plutôt un valet de soldat, car Rabelais emploie ce mot comme une injure {Gargantua^ ch. xxv), et ne le traite pas mieux dans le Prologue de son livre ii, oii il est question de talevassiers tout cvousteleuéz. Du Gange [Talator] le donne comme équivalent de pillard .
Les Talvaziéres, nom de lieu près Le Mans. Talvusière (la). (Bertrand de Broussillon. Gartulaire de St-Vicleur. pp. 32, 74, 138, 139, 153, 156, 161.)
Tamment, adv. Tant seulement, dont a fait tant sèment, et puis tamment. Iras-tu tamment pus viquement, grand bilan! (A. Dos. Tant, adv.)
Tan, s. m. Croûte molle des terres très humides, des tourbières, etc. Sur les côtes de Normandie on appelle tangues, des marais, des relais de mer ou sables marins de cette même nature. On sait que tanguer., dans le vocabulaire maritime, indique nonseulement certain mouvement des navires, mais aussi qu'il plongent dans l'eau par leur avant. Avec le tan que l'on pellit en saison convenable et avec des feuilles ou d'autres débris végétaux, on forme des composts assez bons, et qui se nomment aussi du tan., ce qui nous rapproche tout autant du terreau ou du tan usé, avec lequel les horticulteurs composent leur tannée.
Tanbannage, s. m. Action de tanbanner.
Tanbanne, tanbannée, s. f. Mets grossier, objets en désordre.
Tanbanner^ v. a. Tripoter, tracasser, se mêler de
tout, toucher à tout. Tapanta, c'est selon Ghompré, quelqu'un qui se mêle de tout. Tanbanner signifie encore souvent faire de mauvaise cuisine. On trouve dans Raynouard, Tabornary tourmenter, sous Tabor^ 4.
Tanbannier, ère, adj. Touche-à-tout, qui tanbanne.
Tandiment, prép. Pendant.
Tanment, adv. V. Tamment.
Tanner, v. a. Ennuyer, contrarier. (Du Gange. Tannare.) Je crois ce terme populaire ailleurs que dans le Maine. Il est bien vieux ; on lit dans les poésies de Rutebeuf, tome 1""", p. 16.
Quar le resveil Me tane assez quand je m'esveil.
Tantarra (à), loc. adv. A tâtons. De tentare, chercher à tâtons, ou de tangere, tactus. (Barbeu du
ROCHKR.)
Tantine, s. f. Diminutif de tante ^ mot d'usage au xviii" siècle. (Besnard. Mémoires, t. i, pp. 56-57. — A. Bos. Tatin.) V. Tonton
Tantonner, v. a. Remuer beaucoup, pour ne rien faire .
Tantouiller, v. a. Agiter ou rouler quelque chose dans Feau ou dans la vase. Je nisai bin tantonillc la piau.
Tant pus, tant pis, loc. adv. Plus ça va, et pire c'est .
Tapée, s. f. Grande quantité. Donnez nï n'en eiine tapée.
Tapi, s. m. Abri, refuge, cache. (Du Gange. Dehiscere. — Raynouard. Tapin. — A. Bos. Tapir.) N'on s'omet en tapi à cause de la piée.
Ledit antipape ne se osoit pas monstrer manifestement, mais s'en aloit en tapinage. (Ghr. de Saint-Denis. Plielippe de Valois, ch. ix.)
Or s'en issent li Hebrau des fosses u il se fureni tapi. (Barbeu du Rocher, Livre des Rois, p. 46.) Qui les tapiront ensemble.
(Froger. Lexique de Ronsard dans la liavue du Maine, 1895.)
Tapon, s. m. Tampon dans les Dictionnaires ; mais nous disons aussi : de V herbe en p'tit tapon.
On y met encore (dans le sol) de la chaux avec le tapé des haies. {Bulletin agricole du Maine, septembre 1896.)
Taquédent, taquident, adv. D'accord. (Du Gange^ Tanghanum ) Comme je l'ai dit à Daquedent, je crois que c'est pour dire qu'on accède.
En prononçant c'est accédant, on aura été amené à dire taccédant. V. Daquédant .
Taroube, taroupe, s. f. Paquet de filasse.
Taroupe, s. f. Grosse bosse chancreuse de certains arbres et surtout des ormes.
Tarve, adj. Mince, pâle, chétif. Je ne sais s'il ne faudrait pas rapporter ce mot à entravé ; ce qui pourrait le faire croire, c'est que nous avons enterrer, comme synonyme des deux verbes entraver et affaiblir. Entraver vient, comme on sait, de trabs (chaîne ou lien) ; or, on appelle noué (autant dire
DU HAUT-MAINE oOI
lié), ce qui est rachitique, et le sens de /«rue, est bien voisin de celui-là.
Tasse, s. f. Plant. Tasse de salade.
Tasses, s. f. pi. Herbes sauvages. N'on va serrer des tasses pour nos bêtes.
Tâton, ne, adj. Lambin, qui ne procède qu'en tâtonnant. (A. Bos. Tart.)
Taudion, s. m. Taudis. [Tuffé.)
Tauraille, s. f. Génisse.
Tavelles, s. f. pi. Deux morceaux de bois équarris qui traversent une charrette et reçoivent les brosses des hachets. (Du Gange. Tavella.) — Barres de bois qui servent à porter à deux la chaise à porteurs, les caisses d'orangers, etc. [Neuville.)
Tel, teil, s. m. Tilleul sauvage. (Du Gange. Telhonus. — Raynouard. Telh. — k. Bos. Teil.)
Panurge. Et quelz arbres encore. — Le frère. Teilz. (Ra- BELAis. Pantagruel, liv. V, ch. xxviii.)
Teigne, s. f. Pierre de nature assez dure et composée de nombreuses coquilles agglomérées ; on l'extrait comme moellon à Ballon et dans les paroisses voisines. — Cuscute ou fil d'alouette, parasite de la luzerne et du trèfle. (M"* Maugeret. La Science à travers champs, ch. vm.)
Teigneux, s. m. Teinturier.
Téjoux, adv. Toujours.
Tempérament, s. m. Patience. (Rousseau. Tempéré.)
5Ô2 VOCABULAIKE
Tempieu, s. m. Temple. — Nom de lieu. [Conlie)
Temple, s. f. Tempe. (Raynouard. Templa sou s Ten^3. — A. Bos. Temple.) Ambroise Paré n'emploie pas d'autre mot.
Les temples comme vne chantepleure. (Rabelais, liv. IV, ch. xxxii.)
Tendre, v. a. A le sens spécial de placer des pièges, collets, ou filets, pour prendre oiseaux, gibiers ou poissons.
... « tendre, chassier et prendre lièvres et conniz, goupil^ et perdriz. » (Ledru. Folie de Ch. VI, ch. III, § 1.)
Tendreur, s. f. Tendreté. (A. Bos. Tendror.)
Nostre tendreur luy apporte cette aigreur et dureté. (P. Charron. Delà Sagesse, liv. HT, ch. xxii, 7.)
Tendreté. Mot qui se dit des viandes et non tendreur^ comme l'ont prétendu certains beaux esprits. (Garagcioli. Dict. critique burlesque et sentencieux.)
Tendrier, s. m. Nom d'une variété de raisin blanc.
Tends-tu? Entends-tu?
Tend'vous? Entendez-vous? Ce sont des aphérèses dans le genre de celle qui a fait tandis,
Tènière, s. f. Terrier. (Roquefort. Tennière.) C'est tanière.
Messi'-e Gaster... les loups iecte hors des bois, les ours hors les rochiers, les regnardz hors les tesnières. (Rabelais. Pantagruel, liv. III, ch. lvii.)
Tenin. Tenez. Troisième personne du pluriel de l'indicatif de tenir. C'est seulement quand ce mot termine une phrase, qu'on le prononce ainsi. En
vourvoiis? t'nin. Anivement'û suit la règle ordinaire': Ten'voKs bin.
Terbelir, v. n. Mourir. En allemand, c'est sterben{l).
Terbenteine, s. f. Térébenthine.
Terbin, adv. Très bien.
Terfaut, terfouet, s. m. C'est le plus gros morceau de bois du bûcher. (Du Gange. Torres.) On le tient en réserve pour en faire une bûche de Noël, et on le met au feu la veille de cette fête en chantant des noëls. Si le terfouet dure trois jours au feu comme son nom le promet, toutes les filles nubiles de la maison se marient dans l'année qui va suivre.
Tergouse, .<?. f. Guêtre ou plutôt houseau en étoffe. V. Tricoiise.
Le père, malgré son haut rang, N'est pas pus fier que ma tergouse.
Ces saintes gens nous appernunt A n'pas nous estimer grand'chouse.
(Noël manceau.)
Terieux, s. m. Mari avare, qui se mêle trop de la dépense du ménage, qui fourre son nez partout. C'est Trieiix, qui trie.
Terjoux, adv. Toujours.
Termelle, .s. /*. Affaire de justice embrouillée dans laquelle les coupables se déchargent les uns sur
(1) Les mots commençant en Ter se prononcent aussi comme si c'était Tre.
les autres. [Montfort-le-Rotrou.) (A. Bos. Trume-
ler.)
Teroigna, téroaésse^ s.f. Souche ordinairement
creuse. Le premier de ces substantifs est le même que trogne^ et le second est la trouésse.
Terper, v. a. Repousser violemment des pieds et des mains. De même soui-ce probablement que //rpigner. (A. Bos. Treper. — Rousseau. Treper.) On disait étreper pour arracher.
Diogènes... desployant ses bras, le tournoit, cuUebutoit, trépoit. (Rabelais. Pantagruel, liv. II, Prologue.)
Les espines de nos pieds fussent escarlés et estrepés. (Ghr. de St-Denis. Charlemagne, liv. III, ch. vu.)
Terpelle, s. f. Escalier extérieur d'une maison. (Anis. Un coin du Bas-Maine.)
Terreautée (chaux), adj. f. Chaux mélangée de terres neuves, ou de forières de haies, curages de fossés, de rivières, etc.
Terre douce. Celle qui, étant mouillée, se lie facilement, et sans casser. (Neuville.)
Terrée, s. f. Nid de lapins. (A. Bos. Terrer.)
Terre franche. Terre végétale sans sable ni cailloux. (Barbeu du Rocuer.)
Terriers, s. m. pi. Ce sont des terreaux préparés pour amender les prés. (Rousseau. Terrait.)
Terrouin, s. m. Terrain.
Tersaller, v. n. Trépasser, être même déjà en c'/Orruption. (Du Gange. Tressalitiis. — A. Bos. Tresalcr.) De trans ire, comme trépas qu'on fait venir
de trans passtis. Il ne faut pas oublier que ter est la prononciation de tre.
La voulenté qu'il avoit d'elle se Iresalloit et passoit. {Ménagier de Paris, D. I. A. V.)
Tersaut, s. m. Tressaillement.
Tersauter, v. n. Tressaillir.
Tressaillir. Il faudrait conjuguer : je Iressauts, lu tressants, il Iressaul -, mais hiS bons Ecrivains ne se servent point de ce verbe aux trois premières personnes de riniii'îatif. (Caraccioli. Dict. criliq. pittoresq. et sentenc.)
Tertin-tertous, adj . pi. Tous, ensemble ou l'un après l'autre. V. ci-dessous.
Tertout, s, tes, adj . Tout. (Raynouard. Trastot sous Tôt, 4, — Rousseau. Tretous.) Sur tretoiis est employé par Ronsard pour pur sur tous. (Fkoger. Les quatre premiers livres des Odes.)
Qu'ils viennent hardiment trestouts, et s'assemblent pour disner de luy. (Montaigne. Essais, liv. I, ch. xxx.)
Ils font Ireslouts la ligne extresme de nostre faculté. (Le même. IbicL, liv. II, ch. xvii).
J'avons prins chacun chin nous De quai bailler à c'bon sire.
Vous parlerez pour lertous, Car j'n'avons rin à gui dire.
{Noël manceau.)
Terve, «rf/.Mince, pâle,chétif. V. Tarve. [A.. Bos. Tenve.)
Terzau, terziau, s. m. Groupe de trois personnes battant la gerbe. (A. Bos. Tercier, 2. — Rousseau. Treséa.)
... la douzième gerbe, que j'avais le droit de choisir dans
le trezau, tas de trois gerbes... (Besnard. Mémoires, t. I, p. 73.)
Pour faire danser les filles,
Toutes les filles du hameau,
Les belles et les laides
Toutes sur le même terziau.
[Vieille chanson.)
Têt à, porcs, s. m. Etable à porcs. D'Âubigné raconte qu'en 1570, Henri IV se sauvant de la cour, se réfugia sous un têt à porcs, près de Montfort-l'Amaury, et qu'une vieille femme pensa l'y tuer. (A.. Bos. Teitier.)
Sus, grans laureauz, et vous brebis petites, Allez au lect, assez auez brouslé.
(Cl. Marot. Ef/logue sur le trépas de Louise de Savoie.)
Têtard, y. m. Barbeau musqué owhaneu (plante), à cause de sa grosse tête, (Rousseau. Têter.) — Souche. (Perrot, de Laval.)
Tête blanche, s. f. Nom que l'on donne aux femmes à cause de la couleur de leur coiffure toujours blanche de quelque forme qu'elle soit. Aussi voit-on aux champs des perdrix coiffées. {Tuffé.)
Tête-de-chat, .s. /". Calcaire qui se rencontre par petites masses rondes. [Neuville.)
Tête d'orillier, s. f. Taie d'oreiller. Peut-être serait-ce aussi bien de dire test(\\\Q taiel
Têtée, s. f. Branche d'une famille, estoc. V. ce mot. (A. Bos. Testée.)
Tette, s. f. Tétine chez les animaux.
Teuiller, v. a. Tousser avec force et sans cesse. (Esnault.)
Teûner, teûnier, s. m. Terrier. V. Tanière.
Teûner, teûnir, v. n. Terrer. — Hésiter, avoir peur, s'arrêter court par suite de surprise ou d'effroi. C'est la même chose que tunner. Quand on entend une parole blessante, ou que l'on est saisi par une histoire surprenante ou navrante, quand on recule brusquement devant un danger, le mouvement ou le geste que l'on fait en se redressant tout-à-coup, est rendu par teûner ou tunner. De même quand au lieu de persévérer dans une action, un incident donne à réfléchir et fait hésiter. Cette expression s'emploie aussi pour les animaux : ainsi lorsque les moutons voient un chien, ils s'arrêtent, se redressent, se serrent les uns contre les autres, frappent du pied, etc. Tout cela c'est teûner ou tunner.
Teurbanteine, s. f. Térébenthine.
Teurte, s. f. Tourterelle. V. Tourte. (A. Bos. Tortre.)
Teurve, adj. Chétif, pâle. V. Tarve.
Teuzer, v. a. Tondre, raser. V. Touser et Tousoire. (A. Bos. Toser.)
Les appelans trop diteux... tez-é.t. (Rabelais. Gargantua, ch. XXIV.)
Teuzoire, s. f. Grands ciseaux à tondre. (Du Gange. Tezoyra.)
Texier, tixier, .'^. m. Tisserand. (A. Bos. Tessier.)
Jacques Dubaiit <me7' pauvre malade..., Gervais Besnier texier,... Louis Busson texier... (Legeay. St-Gilles-des- Guérels, pp. 18-21).
... employant des tessiors plus nombreux... (ângot. Tisserands à Laval.)
Tibitaba, adv. A tort et à travers.
Tiche, s./". Tarte de fruits ou de confitures pardessus lesquels on a placé de minces filets de pcâte s'entrecroisant comme une grêle. V. ce mot.
Tiendre, v. a. Tenir. Tous les composés de tenir font de même. On dit aussi quiendre.
Tignoux, s. m. Teinturier.
Tignoux, se, adj . Teigneux. On disait tigne pour teigne, au temps passé.
Nous des premiers y fusmes pour y bruire
Où ly en vint de sainct genoulx
Et d'uulre de sainct iehan des choulx
Et cinq ou six vilains tignoulx
Qui estoient de sainct cyre.
• (Biblioth. du Mans, n- 3657. Vieux no'el fvançais-poêlevin.)
De ligne espesse de six doigts.
(Cl. Marot. Epitre des excuses d'avoir fait les adieux nouveaux .)
Il est singulier que dans le Maine, où. Vi devant le ^ et surtout devant gn se remplace communément par ei, ce soit ici précisément l'inverse.
Tillon, s. 771. Terme caressant dont on se sert pour les enfants. V. Tion.
Timonner^ v. a. Pousser, donner de l'action.
Tinard, e, adj. Enfant ou animal qui tette. (A. Bos. Tine.)
Tinbancer, v. a. Laver, fourbir les ustensiles de
DU UAUT-MAINE 509
ménage. Est-ce à cause du bruit |de timbale ou de cymbale que fontlesdits ustensiles, quand ils sont en cuivre ? ou une forme de tlnbanner?
Tinbanner, tinbannier. V. Taiibanner et Tanbannier.
Tiner, v. a. Téter son pouce ou son mouchoir. (A. Bos. Tiiie.)
Tinette, s. f. Mouchoir d'enfant, parce qu'ils tinent avec. (A. Bos. Tinel, 2.)
Tinterra (à), loc. adv. A tâtons. De lentare, comme Tantarra.
Tins, e, part. Participe passé du verbe tenir^ dont tous les composés suivent la même règle.
Tion, s. m. Terme affectueux et de tendresse pour désigner les petits enfants. C'est comme tiot au lieu àQ petiot.
Tiquer, v. n. Faire un geste de surprise ou d'effroi. De tic, mouvement convulsif.
Tire-arrache. s. f. Petite grive dite ordinairement rousserolle, parce qu'elle fréquente les rouches ou touffes de joncs sur le bord des eaux. Ce nom de tire-arrache lui vient de son cri, qui en d'autres pays, lui fait donner celui à'effarvache. (Buffon.)
Tire-larigot, s. m. Abus de boisson. Il faudrait dire : Boire à tire-la-Eif/aiide. (Morancé, La Vallée-du-Loir, p. 143.)
Tire-pais, s. m. Jeu d'enfants où le gagnant //re les pais aux autres. [Loué.)
Tirer en portrait. Le sens moderne est photographier.
Tiret, te, s. m. et /. Lacet, cordon. Au temps de la crinoline, les élégantes relevaient leur rohes par des tirettes.
Tire-vache, s. m. Seau en bois ou en zinc muni d'un bec pour vider le lait. (Rousseau. Tiraïe.)
Tirière,s. f. Tarière.
Tiruée, s. f. Truie.
Titure, s, f. Tissure. (A. Bos. Tistor.)
Toc, tocquart, s. m. Tocque, s. f. Ces mots désignent les corps qui font du bruit en éclatant ou en crevant quand on les presse; ainsi les baguenaudes, les vessies de poissons, etc.
Tohâner, v. a. Rosser, battre à coups de trique, de bâton ou de houssine. De /o^«, robe, comme //dper vient de flôpe ?
Toît-à-porcs, s. m. Etable à porcs. V. Têt. (A- Bos. Toitier.)
Tollir, V. a. Enlever, diminuer. S'emploie le plus souvent ainsi : tollir la lumière., le jour. Ce verbe bien voisin du latin, a été français ; il tombait déjà en désuétude du temps de Furetière. Nous lui donnons pour participe passé tollu, comme le voulait aussi Tancien usage. (A. Bos. Tolir.)
Ha maie mort, tu nous as tollu le plus parfait des hommes. (Rabelais. Pantagruel, liv. II, ch. xxx.)
Ton parlement m'a non vne fois tollu tout autre pensement. (Le même, Ibid., liv. IV, cli. m.)
Si ne vouldroy ie pas entrer en lice... pour ne pas tollir ce bel estât où se pourra fort escrimer nostre poésie françoise. (Est. delaBoetie. De la servitude volonlaire.)
On ne le scauroit dire sinon qu'ils veulent desplacer ou plustost iollir du tout et perdre les communes conceptions. (Amyot. OEuv. dePlutarque. Des communes conceptions.)
Tollir— prendre, enlever {Cent Nouvelles nouvelles. 1. 1. p. 215.)
Tombelle, s. f. Motte.
... sur le sommet de la tombelle (de Troo). (Morancè. Vallée-du-Loir, pp. 155-161.)
Tomber, v. n. Devenir. Il tombera bon, c'est dire qu'il deviendra, qu'il finira par être bon.
Tonton, s. m. Diminutif d'oncle, mot d'usage au au xvni'' siècle parmi les Messieurs et Dames. (Bes- NARD. Mémoires., t. i, p. 56.)
Topette, s. f. Petite bouteille. Une tapette d'eaude-vie. (A. Bos. Topin.)
Le Marquis de la Topette. (B. de St-Padl. Souvenirs d'un Vieux Louvetier, ch. x.)
Torché, ée, adj. Qualité d'une chose bien ou mal faite. V^ld d'I'ouvraige bin mal torchée ! (A. Bos. Torche.)
... ce qu'on appelle des oreilles (de chien) bien torchées. (B. DE Si-Paul. Souvenirs d'un Vieux Louvetier, ch. ii.)
Tornoille, toroille, s. f. (Mouillez les //.) Maîtresse de maison qui va eUe-même au marché, qui inspecte de près la dépense de sa cuisine, les actes de ses domestiques, qui tournaille sans cesse autour d'eux et de ce qu'ils font. (A. Bos. Tornoïer.)
Torte^, féminin de tors [ta], tordu et to?'tu. (A. Bos. Tort, — e.)
512 VOCABULAIHE
Torter^ v. a. Tordre, tortiller. (A. Bos. Tor-
ser.)
Tortillard, s. m. Variété d'orme noueux et torlu. (A. Bos. Tortil.)
Tortoir, Tortouèr, s. m. Bâton ou petit morceau de bois, au moyen duquel on serre fortement un lien ou un nœud en corde, en les tordant. (Du Gange. Tortor. — A. Bos. Tortoir.)
Touaille, s. f. Touaillon, s. m. Serviette, essuiemains. (A. Bos. Toaille .]
Ilem, pour porter benistre au Mans lesdites chasubles et les tûuailles de l'église, \l\ II''. {Vkqq-e.k. Fabrique de Cour gains.)
Touâner, v. a. Battre, rosser. V. Tohaner.
Touche, s. f. Fouet de charretier pour ^owcAer les chevaux. [Neuville.)
Touche-mouille. V. Qui touche-mouille.
Toucheux, s. m. Qui est doué de la faculté de guérir par le toucher. C'est encore une croyance de nos campagnes, oii Ton attribue cette vertu à certains individus. Elle peut trè? bien ne pas paraître extraordinaire aux adeptes du magnétisme.
Toucheux de marchandise, s m. Conducteur de bestiaux. Dans les fermes, le toucheux est un jeune domestique qui a bi spécialité de conduire les chevaux. [LeLude.)
Touffe, s. f. Pivoine.
Touffe blanche, 5. f. Boule-de-neige, variété cultivée de la viorne-obier des bois.
DU UAUT-MAINE 313
Touillasse, s. f. Lieu où se touillent des animaux. V. Vannasse. Les perdrix, poules, se touillent dans la poussière pour se débarrasser des parasites.
Touillement, s. m. Action de touiller. (A. Bos. Toellier sous Taillier, 2.)
Là ou li rois sainz Lois passe A merveilleus louoillement.
(GiuL'.. GuiAiiT. Tome II, vers 1002.)
Touiller, v. a. Souiller, salir, traîner dans l'eau ou dans la boue. V. Vanner. (Du Gange. Cotnpie- (jnium^ Sordulentus.) Robert Estienne le donne pour synonyme à mêler., mettre en désordre. Ménage donne de nombreux exemples de l'emploi de ce verbe dans le même sens que le nùtre. Ronsard employait touiller pouv dépouiller. (Froger. Les quatre premiers livres des Odes.)
Ses longs cheveus touillera.
(Froger. Ronsard. Le Ravissement de Céphale.)
Cil qui resont es tours montés Les revont forment touoillant Car ils leur gietent plomb boillant.
(GuiLL. GuiART. tome i, vers 3639.)
Ayant touillé voz mains au faict plus odieux Qui se soit oncq admis à la face des Dieux.
(Luc Percheron. Tragédie de Pyrrhe, acte v.)
Touine, s. f. Tabatière en forme de cornet, fermée par un petit bouchon ou toupin. Peut-être est-ce venu de toupinel (A. Bos. Topi?i, 1, Topon.)
Touiner, v. n. Prendre du tabac à priser.
Toûnier. s. m. Terrier. V. Tènière.
Toupin, s. m. Demi-quart de busse. (Du Gange. Tupina.) Dans le Lexique de Raynouard, Topina est une marmite, un pot.
Nonobstant ces remontrances, elle en mangea seize muiz, deux bussars, et six lupins. (Rabelais. Gargantua, ch, IV.)
Toupin, s. m. Petit bouchon en forme de capsule. Du bas-latin stupare, boucher, dont nous avons fait aussi étouper. (A. Dos. Topin., 2.)
Elles considérans cette complexion divine, pour le résiouir
au matin, faisoyent devant luy sonner des flaccons avec
leurs toupons. (Rabelais. Gargantua, ch. vu.)
Touret, s. m. Petite alouette dans le parler des uns, petite grive d'après celui des autres. En ce cas, c'est un diminutif de lourd ou toiirdelle^ variété de grive. Néanmoins, elles volent toutes par grandes bandes. Suivant Anjubault, touret est uniquement la grive proprement dite {turdiis miisicus.) (Rousseau. Touré.)
Tournailles, s. f. pi. Coins des champs où le laboureur fait détourner son attelage. {La Flèche.) Les tournailles ne sont pas labourées.
Tournant, s. m. Tablier de toile dans lequel les vachères mettent l'herbe et la portent sur leur tète.
Tourne, x. /. Désignation de certains lieux qui^ dans notre province, étaient d'une paroisse pendant un temps, et d'une autre ensuite pendant une autre période, à tour de rôle. Le vrai sens de tourne était échange. (Du Gange. Torna, Turna. — Raynouard Torna sous Tor., 4. — Chron. de Saint-Célerin-le- Géré, Tessé.)
DU HAUT-MAINE ol5
Tourne, 6-. f. Masure, taudis. (Du Gange. Torwa, 4.)
Tournebolle, .s. f. Culbute, jeu d'enfants. C'est littéralement tourneboyau.
Tournée, s. f. Echange, mutation. V. Tourne.
(Du Cange. Tornare.)
Tournée, s. /. Rasade de vin qui se boit à la ronde.
Tournefiehe, s. m. Culbute, sens dessus dessous.
Tournemoelle, s. f. Même sens que ci-dessus.
Tourner, v. n. Mûrir, s'aigrir. Resté français, très usité à la campagne.
Il est fort à tourner du vinaigre ce p'iit (vin) dégourdi-là
(MoRANcÉ. Histoire des Mobiles, 3° édit., p. 276.)
Tournerie. V. Tourne.
Tourneure, s. f. Panaris ; entorse.
Tourneure, 5. /. Présure à cailler ou faire tourner le lait.
Tournevire, s. f. Culbute, sens dessus dessous, remue-ménage.
Tournevirer, v. a. Culbuter, tourner en tous sens, bouleverser.
Les moindres choses du monde le lournevircnt. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. xu.)
Tourte, s. f. Résidu des graines oléagineuses, qui provient de l'extraction de Thuile ; en bon français tourteau. (Rousseau. Tourtelle.)
Tourte, tourtre, s. f. Tourterelle. (Du Gange.
Tardera, Turturella. — Raynouard. Tortre. — A. Bos. Tortre.)
Mais cependant la palombe enrouée, La tourte aussi, de chasteté louée Ne laisseront à gémir.
(Cl. Marot. Première Eglogue.)
Touser, V. a. Raser, couper la barbe ou les cheveux. (Du Gange. Tonsona. — A. Bos. Toscr.)N. Teuzer.
Aussy tousez qu'un moine ou capelain.
(Cl. Marot. Rotideau de ceux qui atloient sur mulle au camp dAttigny.)
Il se fait plus souvent touzer
Le vrai mot pourtant, c'est raser.
(LoRET. Muze historique, 23 juillet 1653.)
Touseux, .?. m. Perruquier, barbier. (Raynouard. Tozoirier sous Tondre, 6.)
Tousoire, s. f. Ciseaux à tondre. (Du Gange. Tezoyra. — Raynouard. Tozoyra sous Tondre, 4.)
Toussir, V. n. Tousser.
Esternuer, sanglouter, toussir, cracher, etc. (Rabelais. Pantagruet, liv. III, ch. ii.)
Tout (en), loc. adv. Du tout. J' n'en vieux point en tout.
Tràe, traie, s. f. Truie. (Du Gange. Troia.)
Train, s. m. Empreinte sur le sol du pied d'un homme ou d'un animal. V. Piquet.
Traine, s. f. Habitude, train ordinaire.
Trainée, s. f. Femme de mauvaise vie. Traînée de fumelle, va !
La veuve de Jean de Saint-Berthevin s'entendit condamner à estre traynée (sur la claie) et arse au marché aux pourceaux. (Ledru. La Recluse, p. 82.)
Traînier, ère, adj. Vagabond. C'est une grave insulte.
Trainiot, s. m. Racine qui court ou traîne à la surface du sol.
Trait, s. m. C'est le surplus sur chaque livre ou coin de beurre, qui doit se trouver, lorsqu'on pèse au détail. [Monlfort-le-Rotrou.)
Traître, esse, adj. Cruel.
Tranche, s.f. Houe, souvent à deux branches. V. Passe-partout. (Du Gange. Trancheia, Trencheia.)
Transonner, v. a. Causer de vives douleurs physiques.
Trapir (se), v. pron. V. Rapir. Trapis tai bin, mon gas^ au rasibiie de la liae^ de poue quia boe t'cotisse amont lespattes. [Tuffé.) (A. Bos. Treper. — Rousseau. Tréper.)
Tras, adj. numér. Trois.
Tras, s. f. Grive de passage à l'automne, très friande des graines de gui des peupliers. (A. Bos. Trade. — M. Sarcé, à Pontvallain.)
Travelée, s. f. Vipérine (plante.)
Traverse (à la). Un marché se fait à la traverse, quand on prend les objets en bloc sans compter ni détailler.
Traveucher, v. n. Marcher en zig-zag, aller d'un sillon à l'autre, dans un champ. Même origine que
trébucher. (Du Gange. Trabucare. — Raynouard. Trabiicar sous Trabiic.)
Travoué, travouil, s. m. Machine qui sert à mettre le fil en écheveau. (A. Bos. Troillier, 1. — Rousseau. Troidller.)
Trayer, v. a. Trier.
Tout l'été à sa belle maison de Choisy avec bonne compagnie, mais décente et trayée (Moulard. Vancé avant la
Révolution, Bulletin de la Société des Arts.)
Tréfant, s. m. Petite bêche. De transforare. (Du Gange. Transforatus.)
Trefouet, .s', m. Grosse bûche, bûche de Noël. V. Ter faut. (A. Bos. Tre/", 1, poutre.)
Trémes, .s. f. pi. Tuyaux en bois sur lesquels on enroule du fil et qu'on place dans la navette du tisserand. Le va et vient de celle-ci conduit ce fil entre les fils de la chaîne et opère le tissage. Le tuyau en bois seul se nomme à Dollon un tuau, et une buzelle au Breil. (Deschamps La Rivière. Légende de la butte de Montangis.)
Trempaige, s. m. Action ou manière de tremper la soupe, miottée, rôtie au vin ou au cidre. (Rousseau. Trempage, Trempine.)
Trempaiger, v. a. Tremper, la soupe principalement.
Trésaller, v. n. Passer, trépasser, être presque à l'état de corruption. (Du Gang. E. Tressalitus. — A. Bos. Trésaler.) — V. Tersaller.
Treûler, v. n. Vagabonder. (Furetière. Troller.
— Roquefort. Trauller.)
Treûlier, ère, adj . Vagabond.
Tribouiller, y. a. Secouer, battre. (Du Cange. Tribulare. — Raynouard. Trebolar sous Turba, 12.
— A. Bos. Tribler.) De Tribitlare^ tourmenter.
Trie pour troc, s. m. Échange pur et simple.
Trichard, e, adj . Qui triche. (A. Bos. Trichement.)
Tricoter, v. a. Donner des coups de trique.
Tricouse, s. f. Guêtre en étoffe qu'on passe pardessus le pantalon. S'écrivait en vieux français triquehouse. (Du Gange. Hoiisellus.) V. Tergoiise.
Baillez-moi mes deux sabots Avec mes deux tricouses Ma culotte de quinepeut Avec ma vieille veste rouge Ma grand'blouse bin rac'modée J'aurai l'ai' d'un officier.
[Cliansun mancellc.)
Trifer, trifier, v. a. Bien habiller, orner, ajuster. Ce doit être une corruption de attifer.
Trigaud, e, adj. Enjôleur. {Tuffé.)
Trigauderie, s. f. Enjôlerie. (Tuffé.)
Trignot, s. m. Trognon de pomme.
Trincle, trinque, .s\ f. Petit lait, lait caillé, sérosité.
Trion, ^o ?ii. Tas de gerbes par trois.
Triquu, e, adj. Qui contient un bon nombre de grosses triques.
Trochetée, s. f. Trochet. (A. Bos. Trosse sous To7's, 1. — Rousseau. Trochelas.)
Toutes têtes (de cerf) ne portant que quatre et trois, les espois estant plantez en la forme d'une trochée de poires ou de nouzilles, se doivent nommer teste portant Irocheures. (Barbeu du Rocher. Vénerie de J. du Fouilloux,p. 21 verso.)
Trogne, s. f. Souche, tronçon d'arbre. (Du Gange. Tronus.)
Trôler, v. n. Vagabonder. (Furetière. Troller. — Roquefort. Traidler. — Rousseau. Tricoler.)
Trôlier, ère, adj . Vagabond.
Trompe, s. f. Erreur, menterie.
Tronce, s. f. Tronçon, grosse bûche. (A. Bos. Tronc, — che. Irons.)
Tropdiseux, se, adj. Bavard.
Les appelans trop dileux. (Rabelais. Gargantua, ch. xxiv.)
Troquette, s. f. Ti-oêne. C'est pour Trochet.
Trot de bonhomme, s. m. Mauvaise herbe.
Trou, s. m. Trognon, tronçon, de chou principalement. (Raynouard. Tros. — A. Bos. Tors, 2.) De Trudo.
Après s'escuroit les dents auecques vng troxi de len-
tisce. (Rabelais. Gargantua, ch. xxui.)
En sa dextre tenoit vng gros trou de chou. (Le môme. Pantagruel, liv. V, ch. xvii.)
Trouée, s. f. Truie.
DU IIAUT-MAINE 521
Trouer, v. a. Trouver. Troues-tu rin? (A. Bos. Trovëor.)
Trouésse, s. f. Souche d'arbres sur les haies. (Loué.) De trou^ parce que nos souches sont généralement creuses (?), ou du manceau^/'Oi/, tronçon, parce qu'elles sont aussi de cette nature.
Souches, truisses ou Irouesses. (Renault. Notice sur Saint- ChristôpIie-en-Champacjne.)
Trouille, s. f. Personne grosse et courte.
Trucher, v. a. Mendier. Ce doit être le même mot que truchcmder ou truhandei\ mendier ou faire le métier de truand. (Du Cangk. Trutamis.) L'Académie le donne comme ayant vieilli.
Truchotter, v. n. Eternuer.
Truée, s. f. Truie.
Trugalle, s. f. Ce nom, que portent quelques localités de ce pays, signifiait auberge, cabaret, passage. (Du Gange. Triculus. — Rousseau. Tricoler.)
Trugnot, s. m. Trognon.
Truisse, s. f. Souche creuse. V. Trouésse.
Truffle, truffieu, s. f. Pomme de terre. Dans un
ouvrage de 1752, intitulé VEcole du Potager., il y a un chapitre consacré à la truffle, devenue depuis la pomme de terre.
Trute, s. f. Tourterelle. V. Tourte et Turtre.
Tuaige, s. m. Action de tuer le cochon. NouV gorin sera bon pour le tuaige de divers Noël. (A. Bos. Tuaison.)
Tuassier, s. m. Petit boucher.
Tuau, s. m. Tuyau. Tz^e/ suivant Du C ange. {Tuellus) V. Tréme.
Tuffeau, s. m. Tuf ou tuffe, pierre de taille très tendre. On en fait aussi des chaudières. [Pontvallain. )
Le tuffeau ou la tuffe, pierre calcaire, blanche et tendre, qui durcit à l'air Besnard, Mémoires, t. I., p. 13.)
Tunier, s. m. Terrier. V. Tênière.
Tunner, v. n. Réfléchir, hésiter. V. Teûner.
Tupin, s. m. Petit bouchon. V. Toiipin. (A. Bos. Top on.)
Turbantine, s. f. Térébenthine.
Turcs, teurs, s. m. pi. Vers de terre blancs, mans.
apprécier les pertes et dommages causés par les vers
de terre, il résulte que les orges sont coupées en grande partie... (Renault. Notice sur Sainl-Christophe-e?i- Champagne.)
Turet, s. m. Petite butte naturelle ou artificielle. (Du Gange, Tiirella. — Dict. de Trévoux. Tureau.) — Chemin escarpé, monlueux, raviné. Le Turet de Mauny est le plus mauvais passage du vieux chemin de Lombron à Tiiffé^ près le château de La Ramée.
Turne, s. f. Maison mal tenue, barraque. Tome était un taudis. (Du Gange, l'orna., 4.)
Turpin, s. m. Petit bouchon. V. Toupin.
Turquis, s. m. Maïs, blé de Turquie. V. Blé d'Inde, (A. Bos. Turcois, 1.)
Turtre, s. f. Tourterelle. (Du Cange. Tardera, Turturella. — Raynouard. Tortre.) C'est à peu près comme si l'on prononçait turtur.
Uet, s. m. CEil. On trouve quelquefois ueil. (Du Cange. Eussinus. — Raynouard. Hueil sous Olh. — Rousseau. Usse.)
Uge, s. f. Huche. (Du Cange. Hucha. — A. Bos. Huc/e.)
Uit, s. m. Œil. V. Uet.
Ursiaux, s. m. pi. Mes ursiaux équivaut à ma vaisselle {Loué .)
Usaigé, e, adj. Personne qui a de l'usage ; outil qui se manie ou se manœuvre bien. (A. Bos. Usance. — Rousseau. Usager.)
Usiner, v. n. Terme que les ouvriers emploient pour dire qu'un échafaudage ou une pièce qui en fait partie, se sont rompus. C'est probablement qu'ils se 'èoni usés , consommés.
Usurier, ère, adj. Qui use promptement ses effets.
Vacabonner, v. n. Vagabonder. (Du Gange. Vagabîinditer .)
Vacabon, ne, adj. Vagabond.
Vaissiau, s. m. Le vaisseau n'est pas seulement un vase à contenirles liquides, mais c'est aussi une armoire, un bahut, un buffet, un bois de lit, etc. Il s'estditpour un cercueil ou un tombeau. (Raynouard. Vas^ 2. — Cent Nouvelles nouvelles, t. I., p. 34, t. IL, p. 87.)
Vaissier, v. n. Se dit du bois qui se gontle ou se voile à l'humidité, qui se contourne comme un vase ou un vaisseau.
Valaison, s.f. Pente d'une colline ; torrents d'eau. (A. Bos. Valer.)
Vallée (Terres de). Désignation de terrains propres au jardinage.
Les planches enclavées des jardins, vallées ei co\ivi\\s communs s'exploitent, en été, par le fond ou sur le bord des rigoles de dessèchement. (Thoury. Usages ruraux de Montfor t-le-Ro trou.)
Valeter, v. n. Aller et venir sans cesse, comme un valet aux ordres de son maître.
Valenteur, valisanee, s. f. Valeur, prix d'un objet, nombre.
Vannasse, s. f. Lieu où se sont vannés ou roulés dans la poussière, des oiseaux ou de grands animaux.
Vanner (se), v. réf. Se dit d'un animal qui s'agite dans la poussière ou dans l'eau, surtout d'un oiseau qui les bat avec ses ailes.
Vannetée, s. f. Tourbillon de poussière, action de se vanner.
Vanneuse, adj. f. Terre sujette aux mauvaises herbes. [Ballon) V. Bourrier.
Vanquiers, vantiers, adv. Peut-être, probablement. Dans le Dialogue des trois Vigjierons du Maine., Renault dit velantiers ; comme la volonté est pour lui, ainsi que pour beaucoup de ses contemporains, la vêlante, doit-on en conclure que notre mot soit la même chose que volontiers ? Dans quelques localités, on dit vontiers^ ce qui rendrait cette conclusion encore plus spécieuse^ sinon plus juste. On dit souvent aussi : Tvenx vanquiers bin.
Si monsieur nostre curé vous oyoil aiiihin parlez, y ne seret velentiers guère content de vous. {Dial. des Trois Vignerons. Edit. de 1629, p. 184.)
Notre hôtelier se mit à rire: « Ah ! ce n'est pas la saison, vantié! Il fallait venir au mois de février. » J'ai remarqué qu'à chaque instant les gens de l'auberge disaient ce mot : vanlié ou vanquié, ou quelque chose d'approchant. Un des convives nous expliqua que ce mot signifie certainement, peut-cire, j'affirme ou je ne sais pas,... (Yzeux. De Paris au Mans par le coche en 1764.)
Vapeu(r), s. f. Rot, vent de l'estomac.
Vaque, adj. Vacant. (Du Gange. Vacantes terrae.)
Les maistre d'hoslel et fourrier dudict seigneur de Painensac, pour scauoir si ailleurs en la maison estoyent estables vacques, s'adressarent à Gargantua. (Rabelais. Gargantua, ch. XII.)
Un jeune homme nouvellement admis à la cour était recommandé au Maréchal de Noailles, et il le priait de lui donner ses conseils sur la manière dont il devait s'y conduire: « Vous n'avez que trois choses à faire, lui dit le Maréchal^ « dites du bien de tout le monde, demandez tout ce qui « vaquera, et asseyez-vous quand vous pourrez. » (Paris, Versailles et les Provinces au 18' siècle, Ed. de 1817, t. III. p. 168.)
Vaquer, v. Ji. S'affaisser, s'écrouler, se laisser aller.
Vaquer, v. n. Vaguer.
Les malades... quand ils sont convalescents.. . sortent de cette maison pour vaquer dans les rues et même dans les cabarets. . . (Froger. Etablissements de charité à Sillé-le-Guillaume, p. 283.)
.... à Robert Véron (échevin du Mans en 1494)... tant pour
faire un voyage à Paris , auquel voyaige il a vacqué
par ung mois (Triger. Maison dite de ta Reine Bcren-
gère.)
Varanne, varenne, s. f. Le Dict. de l'Académie indique sous ce mot, des terres incultes oii les bestiaux trouvent quelque nourriture, et où le gibier abonde. Je l'ai entendu appliquer dans le Maine, à des contrées dégarnies d'arbres et qui ont quelquefois l'aspect aride, surtout quand l'automne est très sec, mais qui sont bien cultivées et fertiles en grains. Varanne m'a toujours paru désigner spécialement de vastes étendues de ce que nous appelons des (iroies : jenedispas, pour cela, qu'iln'aitsouventaussi son sens
régulier dans notre province. (Rousseau. Varainant. — LePaige. Varanne.)
Varier, t;. n. Faire un faux pas.
Varieure, s. f. Entorse, foulure.
Variner, v. a. Se dit d'un talus ou de toute chose qui s'éboule, se dégrade ou se laisse aller par la pluie, la gelée ou la vétusté. V. Varanne.
Varoquet, varoquiau, 6'. m. Gros bâton, gros rondin. (Du CA^GK.Garrotiis, Varoc/iium.)
Varouassier, s. m. Marécage. Je ne suis pas bien certain de ce mot.
Vase, s. f. Queue de renard (plante).
Vase (je.) Pour^V z;o /se autrefois employé comme subjonctif du verbe aller. Nous formons ainsi les personnes de ce temps : que je vase., que tu vases, qu'il vase^ que nous agions, que vous agiez, qu'ils vasiaint ou agiaint. Nous sommes du reste plus rapprochés du vieux verbe vazer, aller, que si nous disions i;owe. Vazer a légué au verbe français aller une partie de son indicatif, yet)«/.s, tu vas, il va^ ils vont.
Voisent les bœufs à leur ouvrage.
(Cahier. Proverbes français. )
Et qui d'eiitreulx l'hoiiiiesteté demande Voise orendroit vcoir de Mouy la bande.
(Cl. Marot. Epislrc du camp d'Atigny à madame d'Alençon.)
Qui est morueulx si se voise moucher.
(Le même. Cri/duieu de V empire d' Orléans.)
Vaspasien, s. ?n. Vantard, querelleur, balail-