‹ Vocabulaire de Haut-MaineChapitre 8 sur 19 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

Un gas point achalé est un garçon qui n'esl pas bcte ou ne s'étonne pas aisément.

Achée, s. f. Ver de terre dit lombric. C'est ce ver qui de tout temps a été employé par les pêcheurs comme appât au bout des lignes ; aussi son nom pourrait bien provenir de cet usage, âchement et âchier ayant signifié appât et appâter, (Du Cange. Allectatio. — A. Bos. Actes sous Acée.)

Achenau, s. m. Petit canal, petite rigole, petit chenal. (Du Cange. Chenalis. — A. Bos. Chenel^ 1.)

Achintre, s. f. Large haie. Voyez Chintre.

DU HAUT-MAIiXE 55

Acier, s. m. Coquilles agathisées qui se rencontrent dans divers calcaires.

Acitrer, v. a. Mettre une futaille dans un état propre à donner bon goût au cidre. — Griser avec du citre.

Acouée, 5. f. Suite de chevaux attachés à la queue Tun de l'autre. Voyez Accouer et Coue.

Acrâser, v. a. Ecraser.

Âccrasons l'infàmo. {La Croix du Maine, 3 octobre 1897.)

Aereur, s. f. Acreté. [Neuville.)

Acter, V. a. Pleurer et crier de manière à suffoquer, avoir le hoquet. C'est hoqueter que l'on devrait dire par conséquent. Voyez Nacter.

Action, s. f. On a une bonne ou une mauvaise action suivant que l'on a une figure plus ou moins rassurante, physiquement ou judiciairement parlant. [Savigné-rEvêque .)

Actonner, v. n. Anonner en parlant, bégayer. Voyez Hoquetomier et Nacter.

Adelaisi, e, adj. Bête, mou, maladroit, languissant, dégingandé. D'où vient ce mot? De lez signifiait à côté, lais ou las un homme sans force et sans énergie. (Du Gange. T.ascivus. — RayiNOUard. Lax. — A. Bos. Adolosir sous Adoler.)

Ademintiers, conj. Tandis que, en attendant. Voyez Demintiers . (A. Bos. Dementiers.)

Ademeshuy, adv. Dorénavant, désormais. Voyez Demeshuy. (A. Bos. Mais, 1.)

Adent, loc. adv. Sur le ventre ou sur les dents :

un pot est à dent quand il est renversé le creux tourné vers la terre. (Du Cangk. Indentare. 2. — Rayxouard. Adens sous Dent. 5.— Dict. de Trévoux. Adenter.) Adenter, v. a. et n. Coucher sur le ventre, la bouche ou l'ouverture contre terre. (A. Bos. Adenter.)

Elle ne s'en aperçut mie et comme elle se fu adentée sur un banc. (Chr. de Saint-Denis. Ghilpéric. ch. xix.)

Aderlaisi, e, adj. Comme Adelaisi. Nous pourrions peut-être, par cette voie, arriver à une étymologie, Du Gange donnant Adarlé, innocent, niais, sous Addicio. Adelaisi et Aderlaisi ont encore une autre acception, c'est étourdi., qui perd la tête, qui n^a pas de réflexion.

A de soir, loc. Ce soir.

A deur, adv. Durement, fortement.

Adeuser, v. a. Réunir deux par deux. Usité généralement pour indiquer les ménages illégitimes.

Adieu pas, loc. Au revoir.

Adlà, prép. Au delà.

Adoumécher, v. a. Apprivoiser, amadouer.

(Raynouard. Adomescar sous Dolz. 48. — A. Bos. Dom esc hier.)

Adresse, s. f. Sentier au moyen duquel on abrège ou redresse le chemin ordinaire d'un lieu à un autre, quand ce chemin est courbe ou en ligne par trop brisée. (Du Cange. Adrateria. — A. Bos. Adréce.)

D'aller suivant une nouvelle adresse, Hors du chemin frayé de l'ignorance,

(L'abbé Froger. Sonnet de Baïf dans les Amours de Ronsard.)

Ils alloient par un adresse et auoient laissé le grant chemin (Ghr. de Saint-Denis. Loijs-le Jeune, ch. ni.)

Il laissa ce qu'il faisoit et ramena son seigneur par une adre^^e àCompiègne.(GHR. DE Saint-Denis. Phelippe- Auguste^ ch. 11.)

Adret, adv. Au droit, c'est-à-dire en face, à la hauteur.

A d'soué. Ce soir.

A dur, adv. Durement, fortement.

Affaiter, v. a. Arranger proprement, élégamment. (Du Gange. Faitare, 2. — Raynouard. Afaitar sous Fa7\ — A. Bos. Afaitier.)

Pantagruel aperceut certaines petites andouilles affaiclécs. (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, ch. xxxv.) .... affaictié {Cent Nouvelles nouvelles, t. H, p. 68.)

Afflement, s. m. Semailles, grains de semence, plantation d'arbres, préparations diverses de la terre, et aussi récoltes. Voyez Effiements.

Affier, V. a. Planter, multiplier, semer, préparer la terre {Pontvallain et St-Germain d'Arcé). (Dict. de Trévoux et autres.) C'est évidemment ad ficare^ le verbe ficare étant, en basse latinité, synonyme de figei^e. (Du Cange.)

Vraiment, dist Pantagruel, quand ie seray en mon mesnaige, ïenaffiei^ay et planteray en mon iardin de Touraine. (Rabelais. Pantagruel, liv.. IV, ch. xliv.)

Affieux, se, s. m. et /. Qui affie, prépare la terre, sème, etc.

Un bon affieux de chiendent nommé Pierre Faifeu. (Bonav. Despériers. Contes et Devis, nouv. xxv°.)

Affilée, s f. Solution prompte et régulière d'une affaire, bonne et rapide marche qu'elle suit : Ça va tout cl une affilée. (A. Bos. A/lié.)

Affiler (s'), V. réf. Se dit de la tournure que prend une affaire. Çà s'affile bin ou mal. En Bretagne on dit du loup qu'il s'affile les dents. Ronsard [Suraverttsse??ieîit au Lecteur) parle des poètes si pronts à afiler (leurs dents) contre lui (L'abbé Froger).

Affiquet, s. m. Petit dé que les femmes s'attachent à la poitrine, et au fond duquel elles appuient une de leurs aiguilles en tricotant ; il est le plus souvent fait d'un noyau d'abricot. De afique, qui signifiait aiguille. (Du Gange. Affectiira. — A. Bos. A fiche.)

Affloner, v. a. Faire sortir quelqu'un de son caractère, lui faire perdre la tête. — Dans les foires de bêtes à cornes, on a souvent des malheurs à déplorer par suite des terreurs paniques qui s'emparent de ces animaux, qui deviennent alors afflonnés et courent dans tous les sens. On impute ces accidents à des gens mal intentionnés qu'on ne découvre jamais, et que l'on prétend se servir, à cet elfet, de foie de loup réduit en poudre qu'ils jettent aux narines des bestiaux. Voyez Flomier.

Affourrée,5. /. Grande bouchée. Affourrer signifiait donner du fourrage aux bestiaux. (De feurre ou fourre (foin ou paille), qui a donné fourrage. (Du Gange. Foragare. — Raynouard. Forre. — Dict. de Trévoux. Affourrer.) Furetière veut que de ce mot se soit engendrée la locution au fur [au feur) et à mesure., en passant par affeurer (mettre le prix

aux denrées), dont le sens sérail un dérivé de celui de affoiirror.

Affranchir, v. a. Châtrer. C'est aussi préparer un vase ou une barrique pour recevoir leur contenu, de manière à ce qu'ils n'en altèrent pas le goût.

Affranchisseur, s. m. Vétérinaire sans diplôme. Voyez Sàneiir et Séneur.

Affribaudi, e, adj. Frileux, qui a le frisson.

Affronteux, adj. Rester affronteux^ c'est ne pas réussir, avoir l'alTront {Tuffé.)

....afin que vous ne croyiez pas que je suis un affronicur. (Perrault, Coules, Le Petit Poucet.)

Affût, s. m. Bonne disposition. Un fjas bin Œaffiit est un garçon qui sait bien faire les choses. Un outil (n'importe lequel) d affût est celui qui est remis en bon état. (Du Cange. Affaitare. 2. — Raynouard . Fîistar. — A. Bos. Fuster.)

Affûter, V. a. Préparer, bien arranger, aiguiser.

Parquoi craignant Gargantua que il se gastast.... feist faire des arboutans a son berceau bien af usiez. (Rabelais. Pantagruel, liv. II, eh. iv.)

Il a besoingde trop de pièces... pour afusler iustement son desseing. (Montaigne. Essais, liv. II, ch. xxKVir)

Afereux, se, adj. Affreux. (A. Bos. Afre.) Afrai, s. m. Effroi. (A. Bos. Afre.)

La butte de Monlafray, à Tennie... La ferme do Monta fray a appartenu à dame Marie-Adélaïde Belia des Roches, marquise de Montesson. (Liger. La Ville Rouge.)

Agassiau, s. m. Arbre fruitier non greffé. Voyez Aigrassiaii. (A. Bos. Agret.)

Ager, Aget, s. m. Terre rejetée hors d'un fossé pour former la banquette ou le terrain sur lequel est plantée la haie. Dérivé du latin agge)\ suivant Roquefort. Voyez Jet, qui a le même sens, mais qui semble avoir une autre origine.

Ageux, s. m. pi. Enjeu ; ce qui se donne à un acheteur par-dessus le marché, pour-boire, pot-devin.

Agiot, te, s. m. et f. Qui gâte les enfants.

...agyos, bavardages, paroles trompeuses. {Cent Nouvelles nouvelles, t. I, p. 125.)

Agnelle, s. f. Agneau femelle. « Des agnelles de la Ferté-Bernard, il n'en faut que deux pour étrangler un loup. » Ce proverbe prend son origine d'une ruse de guerre imaginée par les Ligueurs de la ville de La Ferté-Bernard, en 1390; sous le commandement du gouverneur Comnène, ils se déguisèrent en femmes pour surprendre les Royalistes qui les assiégeaient ; mais René de Bouille, chef de ceux-ci, ne s'y laissa pas prendre et repoussa vigoureusement la mascarade ligueuse. Malgré cet insuccès,, le proverbe en question prit naissance.

Agonir, v. a. Injurier. On en fait aussi un adjectif : // ma ar/onic de sottises. [Neuville-sur-Sarthe .) — C'est sans doute la même étymologie que acanner., qui avait le même sens. (Du Cange. Acannizare. — Raynouard. Ganhar.)

On dit presque autant et aussi souvent agoniser de sottises. (Barbeu du Rochkr.)

Agousser, v. a. Agacer les enfants, les faire rire,

les chatouiller. Dans un sens plus étendu, c'est agacer tout-à-fait, contrarier vivement et jusqu'à la colère. Il doit avoir la même origine que gansant et causé .

Quarriaus qui prennent à voler Hors des deux rens qui s'enlragoucent.

(GuiLL. GuiART, vers 13.856.)

Agras, s. m. Engrais. (A. Bos. Agràs sous Agret.)

Agricher, v. a. C'est ce qu'on appelle familièrement chipper. Ce verbe a de la ressemblance avec grincher, qui a le môme sens en argot.

Agrinche, adv. De mauvais gré, en grichant, aigrement.

Agu, e, aclj. Aigu. C'est un reste de la vieille prononciation française. (Raynouard. Agut. — A. Bos. Agiit.)

Agueigner, v. a. Guigner. On dit aussi aguingner. (A. Bos. Giiignier.)

Agueignette, s.f. Regard en dessous, action de guigner.

La dame et la chambrière regardaient (ï aguignettes . (BoNAv. Despériers. Contes et Devis, LXVI.)

Aguilanleu, 5. m. et f. Etrennes du premier de l'an. Au gui l'an neuf !

La fabrique n'ayant pas toujours de quoi subvenir à ses besoins, on avait coutume de faire une quête tous les ans dans la paroisse, au premier jour de l'année. Cette quête appelée laguilanleu était adjugée au plus offrant et dernier enchérisseur ; s'il ramassait plus que ne portait l'adjudication, tant mieux pour lui, mais s'il ramassait moins tant pirfr

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{sic), car il fallait qu'il fournit la somme à la fabrique. {Chronique manuscrite de Saint-Célerin-le-Géré {Sarthe), année 1675.)

.... trois années d'aguila7i7ieuf ^2 livres.... trois années des Aguilanneufs... (Legeay. Saint-Gilles des Guérets, p. 15.)

Ahaner, v. n. Se fatiguer. Quoique reçu dans les Dictionnaires, doit être porté ici, parce qu'il s'emploie au figuré : « Ce plant, ces bouquets iy. ce mot), vont ahaner au soulei ». [Neuville.) (Du Gange. Ahanare. — Raynouard, Lexique, t. II. S'afanar. — Roquefort. Ahaner. — A. Bos. Ahener.)

Aider, v. a. S'emploie dans le sens de servir. Le bras nïfalt grand mau. je n'peu m'en aider

(Neuville).

Ma fine, Madameue, j'm' en aideue quand j'peue ! {Souvenirs de la Marquise de Créquy. Paris. 1840, t. I. p. 46.)

Aiger, 5. m. Terre-plein des fossés. Voyez Ager et Jet.

Aigneau, s. m. Agneau. (A. ^o^. Aigne.)

ung aigneaii... pour faire présent. (Froger. Fabrique

de Congé-sur-Orne, 1685.]

Au jour Saint-Vincent, des fouages de Fiée deux anyoaiscl (agneaux ?) (P. de Farcy. Aveux de Château-Goal hier au XV*

siècle.)

Aigrassiau, s. m. Pommier ou poirier non greffés. Dans tous les vieux Dictionnaires, on trouve aigruns pour toutes sortes de fruits aigres. (A. Bos. Agret, Agru?n.)

Aigrette, s. f. Aigreur. Avoir V aigrette, c'est avoir des aigreurs après les repas. (Barbeu du Rocher.)

Aigrettes, s. /', pi. Fétus de chanvre, ou chénevottes. V. Egi'ain.

Le fermier sorlanL doit employer les crjreltes à faire des litières... (Renault. Notice sur Samt-Christoplie-en-Cliampacjnc.)

Aigrin, s. m. Tige égrenée. Voyez Egrun.

Aigron, s. m. Héron. Voyez Hégron.

Aiguillard, s. m. Pièce de bois en forme de coin. (A. Bos. Aguillier, 1.)

Aiguilles, s. m. pi. Feuilles du pin maritime. V. Sapliiette.

Aiguillettes, .s. /■. />/. Pot-de-vin. J'ai entendu dire que les garçons bouchers ou charcutiers fournissaient jadis les petites aiguilles de bois ou aiguillettes nécessaires pour dresser la viande^ et que les gratifications qu'ils recevaient en retour en avaient pris le nom, qui s'était étendu à tous les genres de pourboire.

Aiguillon, Aiguiller, s. m. Champ de forme longue et en pointe. (A. Bos. Aguillier, 1.)

Aijet, s. m. Terre-plein d'un fossé. Voyez Ager et Jet.

Aillet, s. m. Ail sauvage. (A. Bos. Aillée.)

Aiault, narcisse sauvage. (Mlle Maugeret. La Science à travers champs, ch. v.)

Aimorche, s. f. Amorce, capsule pour fusil à piston; mais principalement bourre ou petit morceau de papier. Voyez Emorahe.

Aimorcher, v. a. Bourrer un fusil, l'amorcer avec de la poudre ou une capsule.

Airai (j'j. Futur du verbe avoir.

Tez tai, j'en airons meilleure part.

(BoNAV. DESPÉRiERs.Con<e5 et Devis, nouv. XXVIII^.) Car iamais n'airont bon repos Sy nen viennent à leur desus.

[Les Langues esmoulues, Farce.)

De même pour le conditionnel y «^<;•«^■,9, qui se dit fairais.

Airaigne, s. f. Grappin à plusieurs griffes. Voyez Araigne et Iraigne. (A. Bos. Araigne.)

De tenir l'églize toujours propre la balayant souvent, en estant les eraignées. De netoyer... de poudre et ayraygnées. (GouTARD. Obligations du soubsacriste de Goiirdaine, Province du Maine, 1893.)

Airdrille, s. f. Terre brûlante argileuse mêlée de pierre et de sable. (Du Gange. Ardilha.)

Aisseleter, v. a. Yojez Essailete)'.

Aissier, s. m. Egoût de l'eau. Voyez Eissier et Essève. (A. Bos. Esseu.)

Aître, s. f. Vieux mot qui voulait dire maison^ foyei\ du latin Atrium. On le retrouve sans cesse dans les noms de lieux, pour lesquels le cadastre le change en être et même en hêtre, ce qui n'a pas de sens. On dit encore proverbialement en parlant d'une maison: « J'en connais les aitres », mais ordinairement on écrit êtres.

Aitrage et Aitrise, s. f. sont le même mot (?) Petit hameau, agglomération d'un certain nombre de

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bâtiments à la campagne. Etrages, dans le Bas- Maine, signifie issues.

L'observation de M. Anjubault {Chroniqu? de rOuest, 8 août 1859.) est parfailemeat exacte. Dans la vieille orthographe, Estre ou Etre n'aurait dû uidiquer que dos issues (de exire), et nullement la même cliose que des ailres^ mais on a si souvent écrit l'un pour l'autre, et même Hêtres au lieu de l'un ou de l'autre, qu'il en est résulté beaucoup dg confusion.

En bonne et très ancienne latinité, il est très certain que V Atrium était la principale pièce d'une habitation qu'on rencontrait de suite après le vestibule ou prolliyrum : elle contenait l'autel des Dieux domestiques et le focus ou foyer de la maison, ce qui lui a valu quelquefois d'être pris comme désignation de l'habitation même. En tout cas, en consultant Du Gange, on peut voir combien, dans la latinité moderne, il a été donné d'acceptions diverses au mot Atrium, et combien par conséquent, beaucoup de noms de lieux, peuvent offrir le mot Aitre, sans avoir tous la même origine. (A. Bos. Aitre, Estrage, Estre, 1.)

Ajeu,.s. m. Enjeu, pol-de-vin d'un marché, pourboire.

Treizième en sus de la douzaine, vingt-unième en sus de vingt. (B\RBEu DU Rocher.)

Alarme, s. f. Gaule menue, longue et flexible, qui sert à monter le filet dit carrelet : deux alarmes suffisent, croisées par leur milieu.

Alayau, s. m. Chanteau de pain bénit. Barbeu du Rocher écrit qu'il a toujours entendu dire alayau de alleu .

Alêne, s. f. Nielle, graine de mauvaise herbe.

(Bulletin du Matériel agricole^ 18« livraison, p. 33.)

Aleuser, v. «.Louer, faire l'éloge, complimentflr.

(Dictionnaire de Trévoux, Aloser. — Du Gange. Allocare, Losinga. — Raynouard. Alauzar sous Laus, 17.) Voyez Aloiiser.

Donnez joyaulx aux dames et aux seigneurs... pour estre a/osé d'eux. {Ménagier de Paris, d. i, a. III.)

Aliéner, v. a. Attaclier les animaux à leur place dans retable ou dans l'écurie.

Alingé, adj. Usé. Se dit du linge ou des étoffes.

Aliser, v. a. Donner de la régularité à une lisière ou à une bordure. (A. Bos. Alis, 1.) Voyez Eliser.

Alivrer, v. a. Mettre du beurre, ou autre denrée par morceaux d'une livre {Prlngé, Neuville). Il doit toujours y avoir cent (?) grammes en plus, qu'on appelle le trait. V. ce mot.

Aile, pron. pers. Elle. A do , pour elle dort (Le Mans) .

Alléluia, s. m. Renoncule bouton d'or ; c'est qu'elle fleurit vers le temps de Pâques.

son nom véritable est renoncule flc?'e.... , vénéneuse

par la racine seule.. .. (Mlle Maugeret. La Science à travers champs, ch. ix.)

Alleuvir, ?;. a. Affamer. Voyez Allouvir. Allevasser, alvasser, v. a. Aller et venir sans cesse sur place.

AUigions (nous)^ pour nous allassions [Neuville).

Allot, te, s. m. et /. Petit domestique, petit saute-

te-ruisseau, qui fait les commissions et les courses pour la maison où il sert, qui s'occupe des détails infimes du ménage.

AUoter, v. n. Aller souvent, aller et venir, faire les courses, et les commissions d'une maison. C'est de ce verbe que nous avons fait halocer et haloter.

Allouer, v. a. Embaucher. (Robert Estienne. Alouer. — Du Gange. Allocac/ium^ Allocare^ 3. — k. Bos. Aloër, 1.)

Allouvir, V. a. Affamer comme un loup. (Robert Estienne. Allouid. — Du Gange. Glotonus. — A. Bos. Alouvi.)

Je suis allouvy et airamé. (Rabelais. Pantagruel, \iv. IV, ch. XXIV.)

Alober, v. a. Tromper. Roquefort donne Lobeur comme synonyme de trompeur.

Le plus fin des trompeurs, le renard, est nommé aloupé, dans le Bas-Maine. (L'abbé Anis.)

Alocer, v. a. Remuer, osciller, chanceler. Voyez Halocher.

Aloger, V. a. Gacher, mettre à l'ombre ou à couvert.

Alourdition, 5 . f. Etourdissement, coup de sang à la tête, apoplexie.

Alouser, v. a. Louer, faire l'éloge. Voyez Aleuser. (A. Bos. Aloser.)

Aloyau, s. m. Chante au de pain bénit qui se donne aux prêtres, aux chantres et à celui qui fait l'offrande .

A matin, lac. adv. Ce matin. // fait grand froid à matin^ ou plutôt : n'oii n a une grand [raid à matin.

mon clerc a oblyé à maim. (Ledru. Lettres Royales,

Louis XI.)

Ambale, adj. Orgueilleux, faiseur d'embaiTas. Fait-i son ambale c'gas là.

Ambiet, Amblet, s. m. Hart tordue pour fixer le joug des bœufs. V. le mot qui suit.

Ambret, s. m. Trique pour assujettir les côtés d'une charrette. Ambiet et Ambret viennent tous de Amô/«2 signifiant une claie ou plusieurs triques tordues en forme de liarts. (Du Gange. Amblaciiim.)

Ambroise, 5. /. Ciboulette.

Ameillante,«f/;'. fém. Vache proche de son terme, et bien préparée à vêler. [Neuville. ) Faut-il le rapprocher de l'adjectif aumailles qui a vieilli ? V. Bêles aumailles dans la Chasse illustrée. 5'^ année, no 41. (A. Bos. Almaille.)

Ameille, s. f. Etat de la vache ameillante. Elle a une bonne ameille, allé n'a point gii d'ameille. {Montfort-le-Rotrou.)

Ameiller, v. a. Se dit d'une vache qui est prî;s de vêler. Elle commence à ameiller. {Neuville.)

Amelette, s. f. Omelette. En faisant connaître sa préférence pour omelette, Ménage n'en avoue pas moins que amelette était fort en usage de son temps, et que son choix ne se base que sur celui de la cour.

On m'a dit qu'une fois il entra dans sa cuisine : un laquais

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y faisait une amelelte. (Tallemant des Réaux. Histor telles xxve et xxvi".)

Amener, v. a. Suivre, rattraper. Amènes ! amènes! crie-t-on aux chiens de chasse ou de berger.

[Neuville.)

Amiauler, v. a. C'est agir à l'amiable, avec douceur, être amical pour quelqu'un, lui faire du bien, le réjouir, le restaurer. On a dit autrefois amiauletnent (que je ne crois pas usité dans le Maine) pour amiahlemeyit. (Du Gange. Amicaliter sous Amicalis. — Raynouard. Amigalniens sous Ama)\ 21.)

Amignonner, v. a. Apprivoiser, calmer.

Amoiner, v. a. Tailler la culée d'un arbre abattu. V. Panner.

Amonition, s. f. Munition, poudre de guerre ou de chasse. Avant la guerre de 1870, les fusils soit à pierre, soit à piston ou cheminée, en usage dans l'Infanterie de ligne, et la Garde Nationale, étaient dénommés fusils de Munition.

Amont, s. m. Région du Nord. A matin, le vent il est dC amont. {Montfort-le-Rotrou.) V. Abas et Galerne. (A. Bos. Amont.)

A mont, adv. Gontre, le long de. V. Rapir.

Et l'on voyait errants tant beaux chevaux. Traînant leur rêne amont de leur poitrail.

{Chanson de Roland.)

Amorillonner, v. a. Ratatiner.

Amourette, s. f. Graminée, brize.

Son épillet en forme de cœur lui a fait donner le surnom à.' amour elle; on l'appelle, je ne sais pour quelle raison,

pain de lièvre (Tuffé), pain d'oiseau; enfin, sa mobilité extrême l'a fait distinguer sous le nom de gramen tremblant, ou langue de femme. (Mlle Maugeret. La Science à travers champs, ch. ix.)

Amourettes, s. f. pi. Morceau délicat, moelle du rôti de veau dans rentre-quart. [Le Mans.)

Amulonner, v. a. Mettre le foin ou la paille en meules ou jnulons. (Du Gange. Amulgare.)

Amusant, adj. Qui s'amuse souvent dans les auberges, qui aime à rien faire^ ivrogne. Le père Leseul cultive bien sa terre, mais il est amnsant. {Neuville et Tuffé.) C'est bien l'une des acceptions du français amuser.

Anches, s. f. pi. Grosses racines latérales d'une souche, par opposition à celle du milieu qui est Vépée. {Neuville.) Il y a une certaine analogie avec les anches de moulin.

Ancier, adv. jjr. En attendant, avant. Anceis, anchois, ainçois^ étaient des synonymes de notre mot. (A. Bos. Ainceis, Ainz.) {Cent Nouvelles nouvelles, t. \, p. 96.)

Ancier (ou Ënsié) ce temps-là, je ferai telle chose. (Bar- BEu DU Rocher.)

Andain, s. m. Ge qu'on fauche d'un coup de faux. (Bulletin du Matériel Agricole de la Sarthe, 13^ livraison, p. 31). L'étendue de pré qu'un faucheur peut faucher à chaque pas. (Dict. de l'Académie. — A. Bos. Andain.) V. Ondin.

Aneille, s. f. Anille.

AneuillèrC;, adj. f. V. Anouillère.

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Angâ (L'), s. m. Hangar. Vh n'est plus aspirée, nous disons : FVa ti un biaii langâ. [Montfo7t~le- Rotrou.)

...Un cngard sous lequel est le pressoir... (Cte de Jans- SENS. Sainl-Pierre-du-Loroiicr, IT'Ji. Revue du Maine, 1893.)

Angelot, s. m. Petit enfant habillé en ange ou en saint Jean-Baptiste, et que l'on fait figurer aux processions de la Fête-Dieu ; de là, le nom est devenu générique pour tout petit enfant qui suit les processions soit en costume, soit simplement avec un cierge.

Item pour le fourmaiment d'icelle victre et pour la painture de troys angelotz, V s. (Froger. Paroisse de Saint- Calais.)

Angelot, s. m. Fromage ainsi nommé, dit Ménage, à cause de sa ressemblance avec la monnaie Anglaise de ce nom (il y en avait aussi de Française), ce qui lui attribuerait des proportions bien minimes et toutes différentes de celles d'aujourd'hui. L'opinion de Ménage peut néanmoins être fondée, puisque le Dictionnaire des rimes de P. Richelet traduit angelot en latin par caseus parvus. Une autre opinion qui lui donne pour étymologie Angelot, parce qu'il se fabriquait dans la Vallée d'Auge en Normandie, semble encore plus acceptable^ ce fromage étant le même que celui qu'on fait venir et qu'on nomme à Paris, de Livarot. Cependant Furetière veut qu'il soit originaire de la Brie.

Dans le Roman de la Rose :

Ou de tartres ou de flaons Ou de fromages angelons.

Il faut lire fromages en gelons.

Catalogue des Livres... composant la bibliothèque de M. E. M. Bancel. Paris. Labitte. Mai 1882, n° 55. Descry des Angelotz, ducats à la marionnette, escus de Portugal, jocondalles d'Allemaigne, Philippus d'argent, et escus nouvellement forgez à Gambray. Paris, Jean Dallier, 1566, 8 IF. tig. de monnaies.

Angevine, anjuine, s. f. Fête de la Nativité de la Sainte- Vierge, le 8 septembre. (Du Gange. Festum Nativitatis Sanctse Mariée. — Advertissemeiitz etc. du synode du Mans, du 22 octobre 1398. Veuve Hier. Olivier. 1598, p. 13.)

Le Dictionnaire de Trévoux, qui veut qu'on écrive Angeine^ fait venir le mot de Anna genuil. C'est ce qu'on peut appeler une étymologie recherchée.

Du Gange explique l'origine de ce mot par l'usage cil l'on était généralement, en Anjou, de payer les rentes (1) et cens féodaux au jour de cette fête, et rejette l'opinion qui en fondait l'étymologie sur ce que saint Maurile, évêque d'Angers, avait institué la fête.

. . . chacun an, au terme d'Angevine. . . au terme de N.-D. d'Angevine. (Moulard. Assises de Boisbrault, 1747. Revue du Maine, 1893.)

Angeviniers, anjuiniers, adj. m. pi. Se dit des porcs de lait tardifs qui ont 3 à 6 semaines à Vanjuine. [Ballon, Montfort-le-Rot7'ou.)

Anguiâs, s. m. Marmelade ou pâté de prunes. V. Enrjoillâs et Languiàs.

Anicler, v. a. Faire une mauvaise croissance.

(1).V. Besnard, Mémoires, t. I, p. 146.

DU IIAUT-MAINE 73

Aiiichiler, qui dérivait de nihil (on écrivait jadis nichil)^ et qui signifiait réduire à rien, doit avoir engendré son quasi-équivalent manceau. [[)\5 Gange, Adnichilare .) S'anicler c'est s'écouter, s'engourdir dans sa paresse, se croire malade (Loué) ; dans le Bas-Maine, s'annecer. (M. Anis.)

Anne, s. m. Récolte ou revenu d'une terre pendant une année ; ensemble de la récolte avant la moisson. (Du Gange. Annata, 3. — A Bos. Anne.)

Annelet, s. m. Poulain de l'année.

Annoblesser (s'), v. réf. Dormir, ne rien faire, se laisser aller. De noble. V. Beu et Nobiais.

Anouillère, .s. f. Vache stérile, celle qui n'a pas eu de veau pendant une année.(A'^e2<m7/e.)(RAYN0UARD. AnnaiUar sous Nul. )

Ans (Dix), loc. Pour un vieillard c'est soixantedix ans, car à partir de soixante ans, on compte l'âge comme pour un enfant.

Le garde de ma grand'mère, Jean-Constant, m'accompagnait. Malgré ses 12 ans, qui lui en valaient 72, suivant l'usage du pays de décompler les années à partir de la soixantaine sonnée... (Deschamps la. Rivière. Légende de la butte de Montangis. Bulletin de la Société des Arts de la Sarthe, 1892.)

Antenas^ s. m. Poulain d'un an. D'antan {ante annum), suivant l'ancien langage. Les zoologues disent Antanois pour les animaux de cet âge. (Du Gange. Annicidus. — A. Bos. Antenois). On dit aussi, dans le Perche, Anteîiin ou Antenais^ qui signifie un poulain de 12 à 14 mois ; on emploie la

même expression pour l'agiieaii de l'année précédente. (Chapuy, Chasse illustrée, 1873.)

Ante, s. f. Greffe, manche de fouet et de faux [Neuville). En français Ente. (A. Bos. Hanste.)

Anuit, adv. Aujourd'hui, en hiiy. (Du Gange. Ennutigium.) D'un usage autrefois universel. Arinuyt signifie aussi pendant la nuit. [Cent Nouvelles nouvelles, t. I, p. 240. — A. Bos. Anuit.]

Aoûteron, s. m. Travailleur qui se loue pour le temps de la moisson. C'est surtout à ceux qui, vers le mois d'août, émigrent en Beauce (et en Brie, les Briciens) que s'applique cette dénomination.

Ouvrier loué pour les travaux du mois d'août. [Dict. de rAcadé?nie.)

A part, s. m. Part. Etre à son apart, c'est être à son compte. Je misais dit à mon apart, c'est : je me suis dit à 7?ioi-mê?ne, comme un aparté (?)

Le 7 avril 1416, le Parlement de Paris ordonna que Jeanne Marcelle (ou La Marcelle)... serait, enfermée « en un lieu seur, honeste, à par soy »... (L'abbé Ledru. La Recluse Renée de Vendôinois, ch. vni.)

... et le roy chevauchoit assés à par luy pour luy faire moins de pouldrière. (Le même. Folie de Ch. VI, ni, § 1.)

Apercevant, e, adj. Peureux, défiant. Peri:evante "^ovlY clairvoyante. [Cent Nouvelles nouvelles., t. II. p. 16). Les chevaux hongres voient clair [Neuville). Ce serait plutôt le contraire ; ne seraient-ils point myopes, ce qui les rendrait apercevants ?

Apiets, aplets, s. m. pi. Gros harnais. (Du Gange. Aploidum. — A. Bos. Aploit.)

Apiper, v. a. Piper, leurrer, amadouer.

Appêter, v. a. Tenter, faire envie. Elen ne m" appelé, dit un malade. Désirer par instinct. (Dictionnaire de l'Académie.)

Appétit, s. m. Espèce de cive.

Appette, s. f. Petite illle qui se mêle de ce qui ne la regarde pas.

Apprendre, v . n. .T'indique le sens neutre pour ce verbe, que nous employons elFectivement de celte manière, quand il s'agit des travaux d'un jeune élève dans un collège ou une autre institution. Quand ses maîtres sont contents delui, on dit qu'zY apprend bin.

Après ce temps-là. Locution qui remplace d'ordinaire les mots après tout.

Aproux, se, adj. Apre, acre.

A quant et. Avec. V. Quant et.

Aquédent, s. m. Accord, bonne entente. Je crois que c'est accédant. V. Daguédent qui est beaucoup plus usité.

A que faire, loc. adv. Pourquoi ?

A quoy faire fuit on la servitude des cours, si on l'entraîne iusques en sa tanière. (Montaigne. Essais, liv. I, ch. xiv.)

A quoy faire nous allons nous gendarmant par ces efforts de la science. (Le même. Ibid., liv. III, ch. xii.)

Je ne me jugequepar vray sentiment, non par discours : à quoy faire ? puisque je n'y veulx apporter que l'attente et la patience. (Le même Ibid., liv. III, ch. xiii.)

A que faire me faites-vous ainsi muser ? (Bonav. Despk- RiERS. Contes et Devis, nouv. XYI*.)

Aquemoder, v. a. Accommoder.

Aquetonner, v. a. Anonner en parlant, bégayer. V. Narter.

Aquident, s. m. Accord. V. Aquédent et Daqvédent.

Arable, s. m. Erable.

Araigne, s. f. Grappin à plusieurs griffes. V. Airairjne et Iraigne.

Mais gardez-vous de faire comme l'araigne qui convertit toutes bonnes viandes en venin. (Reine de Navarre, Nouv. xxxvr.)

Arcancier, s. m. Eglantier. Cet arbuste, surtout quand sa pousse est rapide, se recourbe souvent en arc ; on peut croire que son nom vient de cette particularité ? V. Argancier. (A. Bos. Arcage.)

Arcanier^ s. m. Mauvais garnement. V. Arquanier.

Arcelet, s. m. Volige que l'on superpose l'une à Tautre, de manière à garnir un pignon, une ouverture de toit, etc. (A. Bos. Arceler.)

Arçonner, v. a. Entourer un objet d'un cercle qui le lie. On dit aussi arsonner^ qu'il faut sans doute écrire arçonner, comme venant aussi de arc. (A. Bos. Arçoner.)

Ardelle, s. f. Jeune fille. V. Hardelle. (A. Bos. Hardel, 3.)

Arder, ardre, v. a. Brûler. Le Dictionnaire de l'Académie l'accepte, mais comme ayant vieilli. (A. Bos. Ardoir.)

La veuve de Jean de Saint-Berlhevin s'entendit condamner « à estre traynée et arse au marché aux pourceaux » de Paris. (L'abbé Ledru. La Recluse, p. 82.)

Ardrille, 5. /. Terre argileuse mêlée de cailloux ou de sable, et par conséquent brûlante, comme le dit son nom. (Du Gange. Ardillia.)

Ardrilloux, se, adj. Argileux. (Du Gange. Ardillia.)

Argancier, s. m. Eglantier. Rosa Canina. Linn. (Amb. Gentil. Répertoire des roses Sarthoises .) V. Arcaiicier .

Argelêtre, s. m. et f. Argile schisteuse, ou schiste argileux.

Tout le sol de Bazougers est sur cosse grisâtre, vulgairement appelée Erge-à-V AUre. (Bellée. Cahiers de plaintes et doléances des paroisses, 1. 1., p. 152.)

Argelette, roche schisteuse assez dure, présentant ses failles verticalement. (Ghappée. Sépultures de l'abbaye de Champagne. 1895.)

Argélie, s. f. Argile, terre argileuse.

Armana, s. m. Almanach. Gette prononciation est fréquente dans nos provinces méridionales. Uarmana de Mathieu Leinsberg et le Double Liégeois sont les plus recherchés dans le Maine, à cause de leurs pronostics réputés infaillibles.

Le pluriel armenawa; est très usité. (Barbeu du Rocher.)

Arolle,s. /. Arroche (plante).

Arondalle, s. f. Hirondelle. (Du Gange. Hirundella, Arondela. — Raynouard. Arondeta sous Hyrun-

da.) On disait si convenablement arondelle autrefois que, dans le français d'aujourd'hui, on entend par queue d'aronde une pièce de bois taillée en forme de queue d'hirondelle. [Bict. de VAcad.)

Puis en frotta vng coin de cendres d'vn nid d'aro7idcUes. (Rabelais. Pantagruel, liv. If, ch. xxiv.)

Jeveoy bien que les brochets et les arondes se treuvent bien d'elle. (Montaigne. Essais, Liv. II, ch. xxxvii.)

Arouir, V- a. Faner, étendre le foin surlepré pour le bien sécher ; ce verbe vient évidemment de arere. (A. Bos. Aroër, 2.)

Arpent (L') du Maine était de cent perches carrées et valait (35 ares 93 centiares.

Arquanier, arquelier, 5. m. Débauché, libertin.

Arquahot, suivant Du Gange, au mot Arlotus. (A,

Bos. Harlot sous Herlot.) Arquebeu, s. wz. Arrête-bœuf (plante). [Tuffc-] Arquener, v. a. Entourer un objet d'un cercle

quelconque.

Arrias, s. m.. Embarras, tumulte, désordre, contrariété. On l'emploie comme adjectif féminin, Arrlarde, pour qualifier une personne d'un caractère difficile, une petite fille criarde. V. Arrier.

Arrie, s. /. Talus d'une haie, rive surplombant au-dessus d'un cours d'eau.

Arrier, v. a. Exciter désagréablement, contrarier. (Du Gange. Harrare, Harela. — Roquefort. Arrie, Harier.) V. Harier.

Arrière, adv. S'emploie pour donner plus d'ex-

pression à une épithète désagréable. Exemple : Cest core arrière eune sarchée bête, au respé de vous. — Le Dictionnaire deRichelet indique, pour ce mot, dans certains cas, un sens analogue au nôtre.

Arrocher, v. a. Jeter des pierres au loin, lancer, ruer un coup. Tvas t' arrocher . (M. Buon, Ministère des Beaux-Arts.) Se trouve dans Ménage et dans Roquefort. (A. Bos. Arochier.) On dit aussi s' arrocher sur quelqu'un ou sur quelque chose.

Arrondeler, v. a. Mettre le foin soc en lignes épaisses pour le charger dans les charrettes. {Neuville.) V. Ronde de chaume.

Arrossir, v. a. etn. Maigrir, devenir à rien.

Arrouter, v. a. Mettre en train, en route. — Apprendre aux enfants à marcher. (M. Anis.)

El c'est chose difficile de fermer un propos et de le coupper depuis qu'on est arrouté. (Montaigne. Essais, liv. I, ch.

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