‹ Voeux de bonne année [microforme]Chapitre 6 sur 7 · SE ES · texte numérisé non relu

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Mais pourquoi ces pensées lugubres et ces attristants tableaux ? Point d’inquiétudes, enfants, point de soucis, point d’alarmes. Au-dessus de vos têtes le ciel est sans nuage, autour de vous tout rit et tout chante, sur vos chemins les fleurs n’ont pas d’épines, ouvrez donc vos jeunes âmes à l’allégresse : bonne fête et bonne année !

Maintenant, Seigneur, j'ai d’autres prières à vous adresser.

O vous, protecteur et gardien des foyers comme des patries, veillez sur nos familles canadiennes, et faites-y régner la vertu, l'innocence et la paix. Donnez aux époux qui vous craignent une postérité nombreuse pour la consolation et la gloire de ieur vie ; épargnez-leur le chagrin

de voir jamais La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles, a maison sans enfants,

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ciel, il vous plaira de rappeler de nos

, +4 Réservez-leur une vieillesse honorée ; retardez longtemps pour eux L:

| l'heure de ces déchirants sacrifices et L de ces cruelles séparations qui assom- | \ brissent nos jours. Mais enfin, Ô k R mon Dieu, lorsque, pour peupler votre !

| demeures quelques-uns de vos ser- ; à viteurs et de vos amis,accordez-leur la l grâce de quitter cet exil, purifiés par | S vos sacrements, fortifiés par l’hostie à sainte, viatique de la mort, confiants !

S dans votre infinie miséricorde, sou- î r mis de grand cœur à vos adorables ; y | volontés. Prêtez l'oreille aux prières À a et aux chants de sublime espérance :

S qui retentiront sur leurs cercueils ; ne , e | permettez pas que leur souvenir s’ef- à le | face dans la mémoire d'aucun ami, et !

n | consolez vous-même ceux qui reste- 1

ront ici-bas plongés dans la douleur.

Nos familles ! nos bonnes familles !

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répandez sur elles, Ô Dieu tout-puissant, vos grâces de choix.

Que le travail y soit en honneur ; que les mœurs patriarcales de nos pères y persévèrent dans leur admirable et touchante simplicité ; que le luxe et l’intempérance en soient bannis. Que les parents y goütent la joie d’être obéis, aimés et respectés ; que les enfants y apprennent de bonne heure à joindre leurs mains et à prier ; que pas une parole coupable ne vienne souillexr leurs oreilles, que jamais des exemples criminels ne ravissent à leur âme sa blancheur virginale. Jeunes intellisences, hâtezvous de vous entr'ouvrir à toutes les clences humaines, mais nourrissezvous surtout des solides enseignements et de la sainte doctrine de l'Evangile.

O foyer domestique, sanctuaire de

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l'amour et de la paix sans mélange, après le temple où la divinité réside, c'est toi que je voudrais voir le plus aimé. Quelle fête vaudra jamais les | heures délicieuses passées au milieu à

de ces êtres chéris que le ciel luimême voulut unir par des liens k immortels? L'attachement à tes ber- L | ceaux, à tes souvenirs, à tous les ñ | trésors que tu renfermes, voilà, avec l l'amour de l'Eglise, la plus vivifiante 4 source du patriotisme ; “ car la famille, D comme l’a dit un orateur illustre, c’est  | une patrie dans la patrie: c’est la 1 p'trie des souvenirs, c’est la patrie ù des affections, c’est la patrie ducœur, 1 | c'est la patrie elle-même, abrégée et EF concentrée à ce point vivant par où L :

| l’homme tient à elle, et lui demeure EE G attaché d’un invincible attachement À L- et d’un impérissable amour. Oui, À

c'est par là, c’est par ce lien sympa-

thique qui a conquis son premier amour, qu'il se sent enchainé à la

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patrie, associé à ses malheurs et à ses prospérités, à ses gloires et à ses humiliations ; c’est par là qu'il se sent voué, lui et les siens, avec toute sa richesse, toute sa force, tout son courage, à la protection et à la défense de la patrie ; par là enfin, que tout homme bien élevé devient pour elle un glaive et un bouclier, un soldat dans la guerre et un soldat dans la paix.”

En formulant ces souhaits, Je m'adresse sans doute à toutes les familles, mais je pense particulièrement à celles qui sont pauvres et délaissées.

Je parlais, il y a un instant, d’étrennes et de fêtes ; hélas ! combien de foyers pour lesquels ce premier de l'an, si joyeux ailleurs, sera sans

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sourire et sans soleil ! Il y a des mères à qui leurs enfants en pleurs demanderont un jouet, un souvenir, un frais gâteau, et qui, comme la veille et l’avant-veille, ne pourront encore leur donner qu’un morceau de pain ! Mon Dieu ! que cette pensée serre le cœur ! Chez le riche, on causera longtemps, le soir, auprès de la flamme pétillante, et pendant ce temps, dans la mansarde, songez-vous qu'il fera bien froid peut-être ? Là, on ne parle point de visiteurs ; là, point de bois pour se chauffer, souvent point de couver tures pour se protéger contre les rigueurs de l'hiver. O mes pauvres, mes bien-aimés pauvres, avec quelle ferveur je vais prier pour vous ! A vous, plus qu'à tous les autres, bonne el heureuse année ! Daigne Jésus, l'ami de tous ceux qui souffrent,

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envoyer vers vous ses anges ; ou plutôt, qu'il vienne lui-même, sous l’image d’un Vincent de Paul, vous secourir et sécher vos pleurs. Que la Sœur de charité, confidente de vos peines, adopte vos enfants malheureux. Souvent, cette année encore, elle ira frapper à la porte des riches :

oh ! qu’on ne la rebute jamais, puisque c'est pour vous qu’elle demande de l'argent ou du pain au nom de Jésus-Christ.

Au milieu de vos épreuves, murmurerez-vous ? vous laisserez-vous aller au découragement et au désespoir ? Oh ! non, mais exposez au Père céleste vos besoins et vos peines : il a promis lui-même que l’humble prière du pauvre percerait les nues, et ne pouvait manquer d’être exaucée.

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Vous, petits indigen's, dites : Jésus, c’est nous,

Les pauvres, :es petits, qui prions à genoux.

S'il passe un riche enfant, léger comme la biche, Montrez-lui nos lambeaux, notre froide pâleur ;

Qu'il donne un peu d’argent, nous rendrons du bon-

C’est l’aumône du pauvre au riche ! [heur :

Pourquoi sur l’innocent répandre les douleurs ? Nous n’avons pas de tache à laver dans nos pleurs, Car nous quittons le ciel et les, saintes phalanges, Pitié, Dieu de l’enfance et de la pauvreté |!

Nous avons la misère avec la pureté,

Les haïllons de Lazare et la robe des anges !

Mais la mort sera belle ! Au lieu d’habits fangeux, Nous prendrons l’auréole et des corps lumineux. Eh bien, sois donc béni, Seigneur ! toi qui nous gardes La foi pour adoucir notre coupe de fiel, Et nous montrer du doigt tous les palais du ciel,

Par les fenêtres des mansardes !

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Bonne année à mes amis

set \CE crains pas que je t’ovblie, | a toi dont s'éprirent tous les I orands cœurs, noble et sainte amitié | proclamée par Dieu même wr emède | de vie et d'immortalité : je te dois de | trop beaux jours !

Dès l’aurore de ma vie, tu daignas :

me sourire et me tendre la main, et, depuis cet heureux moment, nous n'avons cessé de marcher ensemble.

Sous les traits d’un pieux jeune l

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homme ou d’un saint prêtre, tu m'as dirigé, conseillé, repris avec douceur.

Oh ! qu’il y avait d’onction et de persuasive tendresse dans chacune de tes paroles, et comme tu savais toujours être victorieuse, toi qui pourtant ne commandais jamais !

J’ai vécu loin de ma patrie, tu ne m'as pas quitté. De mes joies et de mes épreuves tu fis tes épreuves et tes joies. Tu fus une lumière au milieu de mes doutes, un encouragement dans mes luttes, une force aux heures de l'abattement ; et, quand tu me vis désolé priant auprès d’un cercueil, alors, tendre amitié, tu versas sur mes plaies saignantes un baume salutaire et tu pleuras avec moi. |

Comment te remercierai-je, 6 céleste bienfaitrice, de toutes les faveurs dont tu m'as comblé ?

Les sceptiques qui te méprisent ne t'ont jamais connue : pour moi, je ne puis douter ni de ta vertu, ni de ta fidélité.

Les années succèdent aux années les splendeurs de l'été font place aux tristesses de l'hiver, les fronts ne tardent pas à se couvrir de rides, et l’ardeur de la jeunesse s’éteint bientôt.

* Mais toi, tu ne changes ni ne meures :

dominant le temps, tu sembles le défier. Tu tiens à l’âme même de l’homme, et, lorsque cette immortelle captive brise les liens qui l’attachent à la terre, tu t’envoles avec elle dans Sa patrie qui est aussi la tienne.

À mesure que les événements passent sur la vie de deux amis, leur fidélité s’affermit par l'épreuve.

Comme deux rochers suspendus au

bord des mêmes vagues, et leur Oppo-

sant une résistance qui ne fléchit Jamais, ainsi regardent-ils le flot des années attaquer en vain l’immuable correspondance de leurs cœurs. L'âge ne Sauraït affaiblir un tel commerce, car l’âme n’a point d'âge. L'amitié vit par elle-même et par elle seule : libre dans sa naissance elle le demeure dans son cours. Son aliment est une convenance immatérielle entre deux .

âmes, une ressemblance mystérieuse entre l’invisible beauté de l’une et de l’autre, beauté que les sens peuvent apercevoir dans les révélations de la physionomie, mais que l’épanchement d’une confiance qui s’accroît par elle-même manifeste plus sûrement encore, jusqu'à ce qu’enfin la lumière se fasse sans ombre et sans limite, et que l’amitié devienne Ja possession réciproque de deux pensées, de deux vouloirs, de deux vertus, de

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deux existences, libres de se séparer toujours et ne se séparant jamais.”

En transcrivant cette admirable page d'un grand maître, j'ai voulu vous rendre hommage, ô mes pieux amis ; maintenant agréez les souhaits que affection m'inspire.

Frères aînés ou compagnons d'âge, Vous qui vivez à mes côtés ou dun je regrette l’absence,que Dieu répande sur Vos jours l'abondance de ses grâces, qu’il vous accorde les biens les plus précieux et les plus durables.

Bonne santé ! Le travail est si facile et si doux quand on se sent plein de force et de vie ! Bonne santé du corps, mais surtout bonne santé de la conscience et du cœur. Ah !si pendant cetteannée il vous arrivait de souffrir dans ces parties les plus intimes de l’âme, recourez à l’ auguste médecin dont vous avez expérimenté

si souvent la Puissance. Vous ne l'ignorez pas, d'une parole il a guéri des malades déjà aux portes de la tombe ; il a rendu l'innocence à bien des coupables, et la paix à bien des Cœurs troublés.

Cherscompagnons de collège, vous Souvenez-vous de nos rêves de quinze ans ? L'avenir était alors un impénétrable mystère, et, pourtant, avec quel enthousiasme nous nous portions vers lui ! Tous nos beaux projets inspirés par l’amour de la vérité, de la patrie et de nos frères, nous sommes-nous efforcés de les réaliser 2 Je n'ose répondre, mais au moins, en ce jour, au pied des saints autels, jurons de les reprendre et de leur consacrer nos forces et nos travaux. S1 Dieu vous met une plume à fla main, écrivez Pour sa gloire ; s’il:vous accorde le sublime don de l’éloquence, publiez

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