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CHAP. V. — TRAVERSES. — PRÉPARATION. — PROCÉDÉS

fl&4. Procédé par une presêion faiiUe mais prolongée. — Sur la ligne de BerUn k Bambourg on a essayé, dans l'injefvtîon du sdlate de enivre en vase clos, de remplacer Fintensité de la pression par sa durée. Elle ne dépassait pas i .kil. par centimètre quarré, mais elle était soutenne pendant 5 ou 6 heures. De plus, les traverses restaient souvent pendant toute la nuit dans le bain, mais sans pression. Cette marche ne parait pas avoir donné de bons résultats, et elle avait en tous cas pour -elTet de réduire énormément la puissance de production d^un appareil dispendieux. Le titre de la liqueur, qui était d'abord ^, a été réduit à puis à j^. Le prix de revient est du reste peu élevé :

Traverses intermédiaires 0',i5

Traverses de Joint O'fTS

On a procédé d'une manière analogue sur le chemin de Magdebourg à Willenherg ; la pression limitée à 1*",5 par centimètre quarré (elle était produite par une colonue d'eau de 15 mètres) était maintenue pendant 6 à 8 heures» . ^

tW. Chhrwn de «me. — La dissolution du chlorure de zinc employée en Hanovre est au titre de ; la pression est portée à S kilog.

par centimètre carré.

Prix de la préparation de la traverse înter-f hêtre. • • • 0',6i médiaire (y compris rintérèt et amortisse-< sapin. . . . 0',40 ment des appareils) .(chêne. . . . 0',29

kVL chemin de Cotogn$ à Jlftndeii, qui a appliqué le chlorure de aine par le même procédé, ces prix sont respectivem^t i',5S et 6',d8. Sur le chemin de la haute Silésie, sur lequel ce mode est très-usité» la préparation du sapin revient à 0^9^, chiffire qui se place entre ceux de iO'tâO et l',53, dont l'écart si considérable doit tenir à plusieurs causes, et entre autres, sans doute, à une appliication plus sommaire du procédé en Hanovre.

L'opération est, en circt, très-longue à l'usine de KallowUz (chemin de la haute Silésie). L'action de la vapeur est prolongée pendant une durée variable de 2 à 6 heures, suivant le degré de dureté et d'humidité du bois; le vide est maintenu pendant 30 minutes seulement, mais la pression, portée à 7 kil. pai* centimètre quarré, est soutenue pendant 2 heures au moins et 6 heures au plus. La liqueur marque 3 degrés Baumé. L'opération dure en tout 6 heures pour le «ajun bien sec et 12 heures pour le même bols humide. Dans ces

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conditions, le bois séché à Pair absorbe plus de liqueur qm le bois humide, mais, en revanche, celni-d est pénétré plus uniformément Une traverse bien préparée doit avoir absoibé S2 à 86 kîl* de liqueur. Ce chiffre s'àève souvent à U kîL

«M. Prûcidi de M, Bim^eriê,^Cm, hicontestablement le phn

logique de tous. La liqueur, soumise à une faible pression» pénétre dans la pièce par uii seul bout, y chemine longitudinalement dansun seul sens, et chasse ainsi devant elle la séve et l'air, dont elle prend la place; mais l'oiiératiou n'est possible que pour des rondins intacts, fraîchement abattus, et non écorcés à moins que leur coupe ne soit toute récente. La dessic^tion, si favorable à l'absorption par les autres modes, surtout quand il s'agit de matières insoîiibles dans l'eau comme l'huile de goudron, est au contraire un obstacle presque absolu au succès de l'opération par le procédé Boucherie^ la dissolution aqueuse de sulfate de cuivre ne pouvant, sous la pression restreinte qui est un des caractères du procédé, pénétrer dans le tissu ligneux que lorsqu'il est humide, encore imprégné de séve. Le coeur proprement dit, ou eotif ronge, dans lequel Toblitération des canaux a sa9|»enda à peu près complètement la circulation de la séve, est, par cela même, rebelle an procédé; mais, comme on Ta vu, les autres modes ne sont guère moins impuissants sous ce rapport, si ce n'est tout au pin» avec l'huile de goudron.

Les bois, autres que le chêne, qui renferment du cœur impénétrable, sont refusés, à moins qu'il forme seulement un petit noyau. Sur l'Est, le bois à cceur peut même être absolument rejeté, aox termes du cahier des charges pour la fourniture des traverses de hêtre et de charme, préparées par le procédé Boucherie :

« Le coBiirne prenant pas la préparation, et se détériorant très-rapidemeiii « 6D terre, on rejettera toutes les traverses qui en renfermeraient >

Les nœuds, qui sont un obstacle à la pénétration, peuvent aussi être un motif de refus. Les bois qui ne sont pas parfaitement sains, notamment ceux qui sont échauffés, doivent, à forUorif être rejetés, quel que soit d'ailleurs le mode de préparation.

M. Boucherie a adopté pour titre de la dissolution 7, (15 tilog. par mètre cube) et pour pression motrice, environ i kilog. par centimètre quarré. Elle est obtenue, en installant sur des échafaudages de 10 mètres de hauteur, les cuves A, qui contiennent la liqueur

CBAP. T. — TRAVERSES. — PBÉPARATiON. — PROCÉDÉS. 187

(PL XIII» fg,ie^ 2). Un tuyau de plomb ou de cuivre I, U partant des cuves et courant perpendiculairemeiit sous les pièces à préparer, couchées sur le sol, distribue la liqueur à chacune d'elle^ au moyen . d'un petit tuyau en caoutchouc c, c, aboutissant à un petit réservoir cylindrique, dont la hauteur peut être aussi faible qu'on veut, mais qui ddt avoir pour base la presqiie totalité de la section transversale de la pièce, puisque telle doit être la section d'écoulement de la liqueur dans la bille. — L'établissement de ce petit réservoir était on de ces problèmes simple'^ en apparence, mais difficiles en réalité, qui se présentent si souvent dans l'industrie, et dont la solution, suivant ^'elle est simple ou compliquée, peut faire passer une idée juste et ingénieuse dans le domaine de la pratique, ou la laisser au contraire stérile. — Celle que M. Boucherie a imaginée i)résente le caractère de simplicité industrielle indispensable au succès du procédé.

Pour les pièces qui, comme les poteaux télégraphiques, ne doivent pas être débitées pour remploi, et pour la seconde opération à laquelle les traverses sont très*fréquemment soumises (169), le réservoir est formé au moyen un plateau drculake en bois fixé par un tire-fond placé siiivant l'axe commun, et pinçant par son bord, sous le serrage du tire-fond, une tresse de chanvre (fig. 10), renflée au milieu de sa longueur, qui forme la périphérie étanche du petit réservoir. Le tire-fond est remplacé avec avantage par trois boulons à crochet 6, 6, 6, serrant le plateau par l'intermédiaire d'un petit châssis triangu^ire ABC {fig, 12, 13 et lA).

Pour les traverses, les billes, d'une longueur double, ont le réservoir au milieu {fig. 2, lô, 16). Un trait de scie transversal laisse intact seulement un petit segment circulaire; en plaçant une cale sous ce segment, le trait de scie bâille, on y engage la tresse de chanvre, puis, la cale étant enlevée, l'élasticité des fibres, continues dans le segment, tend à refermer le trait de scie, et serre la tresse. Un trou de tarière, incliné, reçoit un petit ajutage en bois a {fig, 3), dont l'extrémité supérieur e est coiffée par le tuyau flexible c. La communication avec les cuves étant établie, la séve apparaît presque immédiate* ment à Textrémité libre ou aux deux extrémités de la pièce. Au bout d^une heure au plus, la séve est mêlée de sulfate de cuivre, et bientôt celui-d domine. Msûs comme la résistance du bois à la pénétration n'est pas uniforme, on prolonge l'opération quoique la liqueur sorttt presque pure, et sa durée atteint souvent 18 heures et même 60 heures pour les essences usuelles, hêtre et charme.

i88 • ' * Liv. 1". — VOIE.

M. Boucherie a indiqué et on a généralement adopté d'après lui 5^,6 de Bel par mètre cube comme taux normal de 1* absorption par le hêtre. Il est aaâez difficile de constater rigoureusemçnt si le chiiïre stipulé . est atteint ;* mais par suite des conditions même de l'opération, on le* eonnatt aisément par Texamaa des &ces intérieures mises à nu, si Is sel a pénétré partout (le bois dur excepté, bien entendu] , dans les tnir* verses, qui sont obtenues en sciant les billès au moins suivant un plan diamétral. La coloratioir rouge donnée par Je prussiate jaune de potasse est, ici encore, le moyen de contrôle usuel. Pour les pièces noo débitées, l'essai doit être fait surtout à la tranche de sortie de lali- * queur, et après avoii* eiiievé une épaisseiu" de bois de 0"',01 au moins^

167, Le procédé dont il s'agit a donné des résultats excellents; il en a donné aussi de très-mauvais. Il a cela de commun avec les autres, quoique pour ceux-ci les écarts soient peutr-être moins prononcés en général.

Sur la ligne de Namur à Liège, les traverses triangulaires en sapin non préparé ont été remplacées en 1860 par du hêtre préparé;' •» au bout de ô ans, le renouvellement atteignait déjà 5 p. 100, et la durée moyenne ne parait pas devoir dépasser 8 ou 10 ans*

L'État belge a (l/iS)* complètement abandonné le procédé Boudteriêt toutes les traverses (hêtre et charme) auxquelles il l'avà appliqué n'ayant duré que 5 à d ans.

A ces exemples, qu'il serait &cile de multiplier, on peut èa opposer d'autres non moins nombreux, et qui témoignent hautement de la var leur du procédé lorsqu'il est appliqué avec les soins convenables. Es | général, les divers modeSi de préparation' se prêtent peu â reié* . ! cution par voie d'entreprise. Us doivent être aj^liqués dfe préférence en régie, et sous la surveillance d'agents très-consciencieux. La ga- • ! rantie s'appliquerait difficilement ici, parce qu'elle ajournerait les règlements de compte à une époque trop éloignée, et aussi parce que les conditions d'une bonne préparation ne sont pas encore paifaitement fixées.

L'incertitude qui règne non pas sur son efficacité possible maûs sur son efficacité pratique, son prix relativement élevé, et la nécessité d'opérer sur des bois fraîchement abattus et en grume, ont empêché le procédé ^ottcAene de recevoir des applications aussi étendues qu'on devait le supposer d'après d^ succès déjà anciens et parfaitement constatés en France; son emploi est aujourd'hui restreint '

CHAP; V. — TRAVERSES. FRÉI'ARATION. — PROCÉDÉS. 189

à peu près aux voies ferrées voisines des forets de hêtré. L'obligation de soumettre à l'opération les douet qui disparaîtront par Téquar* rissage (si on préfère les traverses éc[uames) contribue à l'^évatîon des prix, ^lAration à laquelle ômconr^t les pertes de sel, difficiles à ' éviter dans la longue circulation de la ligueur, et quoique l'excès qui .se dégage des bouts des pièces ét les fuites au milieu soient, c^ va sans dire, recudllis et ramenés aux cuves.'

, 168. Les détails de rappîication du procédé varient. Ces variantes .peuvent être justifiées par les différences de nature des bois, par celles des prix de maîn-d'oeuvre, etc. Voici, par exemple; comment j'ai vu 'procéder en 1868, danis un cbaatîer très-bien oiganisé, à OrawUsa (Hongrie), pour la préparation des travems en fiètro des chemins de la société àutrichiraè.

• L'opération comprend trois périodes :

1^ Injection» dans les conditîoiis ordin^resi da la Uqueor au titre

2« Injection d'une liqueur plus étendue (jjj), prolongée jusqu'à

ce qu'elle sorte du bois au même titre;

• 3° Injection d'eau pure, où lavage, ayant pour but d'enlever Texcè» de sel qui n'étant pa3 entré en combinaison, serait non-seulement inutile mais nuisible; d'une part, en cristallisant, il détermine des déchirements, d'autre part il attaque les attaches en fer, que la gal-

' vanisation et un goudronnage soijgntès, paraissent, du reste, protéger assez eflicacement.

L'opération dure en tout 72 heures, dont 2 heures seulement au lavage.

Le liquide recueilli à la sortie du bois, après l'expulsion de la séve, est filtré, avant de remonter au réservoir, sur une couche d'oxyde de cvdvrê deO",SO d'épaisseur afin de neutraliser l'acide sulfîiriquç rendu libre par les combinaisons oi^ganiques dans.lesquêUes le cuivre est' entré. On débamsse.eh même temps ainsi la liqueur d'une partie • des impuretés dont éQé G^est chargée par son mélaùge>avQc une partie de la séve. . • ' . '

ta». Sur l'Est français, les traverses subissent en général une double opération; toutes les billes devraient même, ^ux termes du cahier des charges, * ^ être injectées successivement au moyen de' pla> a teaux par les deux extrémités; » cette clause est motivée comme il suit par H. Gùmau^e^ ingénieur du matériel fixe de la voie :

« Nous admetlons parfaitement, comme première opération appliquée à « toutes les billes, l'injection au moyen du trait de scie pratiqué au milieu « d*ttne bille de longnénr double; mais, très-souyent, celte simple iojeo- « tion est insalBsaiite : les canaux sèveiix des branches qui sortent dn tioM c aurdessous du trait de scie (dans le sens delà hauteur de Tartre) ne reçoic vent pas le liquide antiseptique (PI. XUI» fig* 17); en outre, les parties «voisines du cœur, quoique pênétrables, opposent souvent une grande « résistance au liquide, qui suit de préférence li'S parties du bois plus c jeunes, k texture moins serrée. C'est pour cela qu'il est utile défaire t ce qu'on nomme le relancement des billes, c'est-a-dire de les préparer ff une seconde fois en introduisant le liquide par les faces de sortie, ce qui

< ne peut se faire qu*au moyen de plateaux; ces plateaux peuvent n*oeeac per que la région centrale de la blUe, si la double opération a poorbnl « de remédier à Hnégale répartition du liquide entre Taubier et le bols, « plus serré, OU cesur bktne, qui le sépare quelquefois du cœur propre^ c ment dit.

« L'expérience nous a montre qu'il y a lieu d'opérer comme il est ditch

< dessus, pour le plus grand nombre de billes; c'est pour cela que l'ar- « ticle 7 de notre cahier des charges en fait une obligation générale. Mais « lorsque les bois se présentent avec des qualités exceptionnelles, et qu il I est bien démontré que la simple injection est sufllsante» nos agents sosl « autorisés k ne pas exiger le reltncement; o*est d'ailleuit le cas le plus « rare, »

f «o. M. Ponize?î, ingénieur des chemins de fer du sud de r Autriche, a été cf njduit par une critique judicieuse de la méthode pneumatique et du procédé Boucherie^ à proposer un mode mixte (*), dans lequel il a cherché à réunifies avantages propres aux deux premiers. L'auteur emprunte à M. Boucherie les plateaux à joint étanche qu'il applique aux poteaux télégraphiques, mais en renversant les rôles. Le petit espace étanche sert non plus à introduire la liqueur, mais an cootnûre à soustraire à la presûon effective le bout de la pièce auquel le plateau est appliqué. La liqueur pénètre par les autres faces; il sfétablit, à peu près comme dans le procédé de M. J^oucfterie, un courant qui débouche au dehors du petit réservoir au moyen d'un tuyau adapté à chaque plateau. Tons les tuyaux se réunissent en un seul» qui traverse l'obturateur du récipient et sort à l'air libre. Cette com* binaison des deux procédés usuels est ingénieuse, mais elle présente des difficultés d'exécution évidente; et comme l'idée ne paraît pa3 avoir été mise encore à exécution, nous ne pouvons noua y arrêter plus longtemps; mais elle méritait d'être mentionnée.

(*) Nooresn praeédtfponr UniprÉigBstfoa des boii. Broeh. in-S, Vieime, 1168.

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CHAP. Y. TRAVERSES. PRllpARAllON. — PROCÉDÉS. 191

tdi . Une compagnie s'est constituée, aux États-Unis, pour l'exploitation d'un procédé {Robbin*s Palenl)^ par lequel lel>oi8 est soumis à Faction de l'antiseptique réduit en vapeur. Une grande cornue en t61e contenant du goudron de houille, et établie sur uii fourneau, communique par son col bifurqué et muni de robinets, avec deux chambres qui reçoivent les traverses empilées stir ùn wagonnet, et qui fonctionnent alternativement pour la continuité du travail. La température, dans les chambres, doit être portée à 1^9* G. (300* F.). Le premier effet de la chaleur est de chasseï* l'eau et Tair contenus dans le bois, et on admet que l'huile y pénètre ensuite plus facilement à l'état de vapeur qu'à 1 élat liquide. Il iie paraît pas probable cependant que cette espèce de fumigation puisse être aussi efïicace que le procédé pneumatique convenaiblemeiit appliqué. •

a©». Flambage des traverses, — La carbonisation supei iicielle a été appliquée de tout temps pour retarder la pourriture des bois enfouis dans le sol. Le procédé de flambage imaginé par M. de LapparetU, ôirecteur des constructions navales, pour l'assainissement des navires et la conservation de leurs coques, n'est autre chose que la torréfaction superficidle, mais rendue vraiment industrielle, et applicable, sor place, aux bois pkcés dans les conditions les plua variées. D'après les renseignem^ts qu'on m'a donnés dans qndques ports, ridée de H. de LapparetU^ accuiBiUie avec une juste foveur, parait inspirar une certaine défiance en ce qui concerne l'assainissement; on redoute les incendies; mais die semble être entrée complètement dans la pratique de la marine de l'État pour les constructions neuves et pour les refontes.

L'auteur a naturellement cherché à étendre le champ des applications de son procédé , et le rapide dépérissement des traverses de chemins de fer, l'absence d'une mi thade de préservation d'une application facile et économique, d une efficacité assurée, ne pouvaient manquer d'éveiller son attention.

Le procédé de M. de LapparetU consiste à flaml^ le bois à l'aide du dard d'un chalumeau à gaz.

« Trois effets principaux, «dit M. Payen{*), « se produisent dans ce cas : « 1° les surfaces encore très-huuiideâ (lavées) soDt proniptement desséchées

(*) Assainissement des vais5<>au\ et conservation des chSLTptntes, Annales du ConseT' vatoire det ÀfU €t Métier», im, p. 357.

UT. l*. — ^OIB.

c par RTiîte de l'cvaporation presque instantanée de l'eau hydroscopiqac « superficielle; 2° les matières organiques piilrescible^ aussi bien que les « êtres microscopiques, animalcules et plantes cryptogames, éprouvent < ane torréfaction et même udc combustion partielle qui détruit toute TÎter « lité comme toute tendance à la fermentation ; 3' le tissu ligpeui lai- « roémOt à cette tr mpérature éleYée, et jusqu'à <r,<IOOS et <^,0003de profon* « deur, est partiellement distillé; il dégage les produits ordinaires de la « distillation des bois, notamment l'acide acétique, la créosote, divers car- « bures d'hydrogène» en un mot, les matières goudronneuses douées des « propriétés antiseptiques les plus énergiques. Ainsi, du même coup, on € détruit les ferments, les matières organiques putrides, et l'on imprègne « le tissu ligneux des produits goudronneux antiseptiques qui peuvent « concourir éncrgiquement k sa conservation. »

On arme ainsi le bois d'uDe sorte de cuirasse contre les ageots extérieurs de décomposition, mais la masse reste livrée aux agents intérieurs^ de sorte que Tefiicacité du procédé dépend surtout de Ténergie relative des uns et des autres. On pourrait même craindre que la carbonisation, appliquée à des bois trop frais, ne fût» dans certains cas, comme la peinture, plus nuisible qu'utile, si une pran tique plusieurs fois séculaire' ne prouvait que cette crainte n'est pas fondée.

• H. de Lapparent entre naturellemait dans des déta||s plus explicites que H. Payen sur les effets du procédé dont fl a analysé, avec beaucoup de soin, les effets complexes ; il s'attache à faire ressortir l'importance de l'action exercée sur la. surface :

cr ... La recherche des procédés de conservation des bois revient, dit-îl « à celle des moyens de neutraliser l'action des germes qui déterminent ou « acnélérenl leur décomposition... Le procédé le plus en usage est celui qui « asimplement pour objet de soustraire les faces du bois au contact de l'air, f tel est le résultat qu'on obtient en les enduisant d'une couche de pein- « tare... Hais son emploi exige certaines précautions et pourrait, si on ies « négligeait, devenir plus nuisible qu'utile. Cest ee qui arrive lorsque la . « peinture est appliquée sur.les bois dontles faces ne sont pas bien sèches...»

L' au te u r ex pi i que ensuite en ces termes l'action de la carbonisation superficielle (**) : ' *

« ...En premier lieu, sous l'action d'un jet de flamme dont la tempéra- « ture atteint 1.000 à l.SOO degrés, le bois éprouve, sur une.épaisseur très-

(•) Consenation Ues bois par la earbonùaiion de leurs faces. Broch. ln-8% page 8 — Paris, 1866« ebei ÀrtAiiu JMmtf. f *j iéttf.» page S.

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CHAP. y. — TRATEBSES.— PRÉPARATIOll. — PROCÉDÉS. iOS

e sensible, une dessiccation complète... Or, quand les &ces du bois ont été * « dépouillées de leur eau séyeuse, celle*Gi ne revient plus de intérieur, I parce qu'elle tend toiyours k s*écliapper en solvant les canaux et fibres

c longitiid?naux,

« J'ai déjà énoncé, et je répète ici, que ce sont les faces dos bois qu'il est « surtout essenlit 1 d'amener à un étal de dessiccation complète.

« D après ropiaion gènèraJement reçue, la conservatiun des bois exige- « rait que la dessiccation s'étendit à la masse entière; un examen plus ap- « profondi de. la question a beaucoup modifié mes idées k cet égard, le * crois que Ton a trop vite conclu delà pourriture des faces en contact des c bois frais, à celle de rinlérieur... Qui ignore que les bois plongés dans f l'eau s'y conservent pour ainsi dire indéfiniment? Cela tient à ce qu'ils « sont soustraits au contact de l'air. Ce n'est que quand les fibres et canaux « se sont vidés a la suite d'un dessèchement proloni^é, que l'air peuty pé- « nétrer et y introduire les ferments dont li serait cliargé. »

« .....Le second effet du jet de flamme est de détruire tous les germes « qoî, entraînés par Pair, auraient pu pénétrer et s'accumuler, comme par c une e^èce de filtration, dans L'éplderme des bois ..

i ...En troisième lieu, la doucbe de flamme développe sur les faces du f bois une légère couche entièrement charbonnéc qui repose imnicdiatc- « ment ?ur une surface simplement torréfiée, c'cst-a-dire qui n'a reçu que a la quantité de chaleur nécessaire à la distillation du bois, dont la croûte c se trouve par suite imprégnée des produits de cette distillation. Ces ma^» « tîères sont antiseptiques, et, dans tous les cas, la couche cbarbonnée ne « permettra pas k Taction des ferments de se propager. »

« Enfin (**} le jet de flamme racornit et durcît considérablement les

« foces du bois, et par cela seul les rend infiniment moins sensibles aux t agents extérieurs..... »

Même en admettant les idées de l' auteur, qui a fait du reste une cîtude approfuudie de la question, il ne semble pas que son procédé puisse prétendre à l'efficacité de ceux qui vont, dans la masse même du tissu perméable, neutraliser les agents de décomposition. M. de Lapparent conteste, il est vrai, la persistance de leurs eilets. « Cette « préparation, dit-il (***) au sujet du procédé Boucherie , « n'est pas « stable, quand les bois sont plongés dans l'eau ou même simplement « exposés à la pluie, n Quant aux préparations créosotées, « comme « leur eticacité réside dans un principe qui est volatil, elles ne cona statuent plus, au bout d'un certain temps, qu'une couverture a baerte. » L'auteur dénié aussi implicitement le iîdt généralement admis de la formation de composés stables et insolubles, sous l'in*

{') ConservatiùH du éot« p» ia tarhonitÊtUM de leyn fœe*, page 11.

{**) Ibid., page 12.

r*) Ibid,, page 6.

19Â 1.1V. r'. — VOIE.

flttenoe des antiaeptiqiies; fait qui paraît cependaiit établi par de lim* gues et nombreuses observatiODs. On peut reprocher aux procédés ' usuels, tantôt leur prix élevé, tantôt l'irrégularité de leurs elfet); mais leur efficacité, quand ils ont été appliqués avec les soins convenables, est hors de toute contestation*

M. de Lapparent n'a pas tardé à substituer au chalumeau à gaz d'éclairage, pour le flambage des pièces isolées, un appareil plus simple et plus économique, imité de la lampe d'émailleur, et auquel il a donné le nom de Lampe -chalumeau. M. Ifugon, directeur de l'usine à gaz comprimé de Paris., a construit plus tard un générateur de flamme forcée, auquel M. de Lapparent a donné son approbation complète. Comme c'est sous cetle forme que le principe est appliqué aujourd'hui aux traverses, il suffi iri de décrire sommairement le chalumeau à houille de M. Hugon (*}.

î/ appareil (Pl. VIL, fig, 13) comprend :

1** Un fourneau F contenant le combustible (houille flambante), muni d'une porte de chargement P, et d'un ajutage Â, formant le bec dn chalumeau.

Celbumeau est supporté par une colonne G, pénétrant dans le bâti, el permettant d'élever ou d'abusser le fourneau au moyen levier équilibré et de le &ire tourner autour de Vm vertical de h colonne;

2* Un souflQet à double vent S, lançant l'air dans un réservoir Bt puis à la partie inférieure du combustible, au moyen d'un tuyau es

caoutchouc T;

3° Un réservoir d'eau c, muni de robinets au moyen desquels on règle l'injection de l'eau qui vient se mêler à i'air dans 1 ajutage a;

h" Un support en chaipente s, portant des rouleaux r sur lesquels est installée et manœuvrée la traverse à flamber t.

Pour faire fonctionner l'appareil, on place quelques copeaux au fond du fourneau, et on le remplit de houille.

Les copeaux étant allumés, et la houille en feu, on ferme les orifices supérieur et inférieur, qui étaient l'estés d'abord ouverts pour produire le tirage. Le soufflet est alors mis en activité. Un voluminens jet de flammes sort du bec. Lorsque la houille est transformée en coke, on ouvre le robinet d'injection de l'eau, afin de remplacer, pour la production de la flamme, les éléments volatOs fournis d'abord par

(*) Cutiservation des bois par la carbonisation de leurs faces, page 36.

GHAF. V. — TBAVEBSBS FBÊPARÊES. — lEUH DURÉE. i4b

la houille. A chaque oscillation du piston, une goutte d'eau s'introduit dans le fourneau; elle est décomposée par le coke incandescent; il se forme de l'hydrogène, et de l'acide carbonique, qui, transformé par le coke en oxyde de carbone, est brûlé ainsi que l'hydrogène, soii par Tair injecté, soit par l'air extérieur, au delà du bec. Toutefois, d'après M. de Lupparent, cette addition n'est pas indisjK ri sable.

PlusifMirs de ces appareils fonctionnent sur divers points âu réseau û' Orléans. Le flambage est appliqué, sur ce réseau, à la majeure partie des traverses en chêne. Le hêti^ est préparé par le procédé Bouehtrie; quelques milliers de ces traverses préparées ont été soonuses aussi* pour essai, à L'opération du flambage.

Le prix de revient est de O'fldi par traverse, non compris les.frais généraux. Gonune le flambage ne détermine pas la production de nour velles fisiites et n'aggrave pas celles qui existent, il est probable que le résultat obtenu justifiera amplement une dépense aussi faible; le chêne équarri résistant d'ailleurs à la pénétration de la plupart des substances préservatrices, on conçoit que les ingénieurs du réseau &OrUan» n'aient pas hésité à lui appliquer la carbonisation sur une aussi grande échelle. Il serait même intéressant d'en iidre aussi Fessai sur les au lies essences non préparées.

§ m. mmwém «M tmwwnem prépmtétm.

tes. Créosote, — La longue expérience des chemins de fer anglais a mis en évidence l'efficacité de la créosote, lorsqu'il s'agit \ éritablement du produit que sous-entend ce nom, et lorsque l'opération a été bien feite. Des traverses posées il y a plus d'un quart de siècle sont encore par&itement saines (Grea^Northern, Eastem-Gounties, Stoekton à DarUngton^ etc.; pin rouge, pin sylvestre, epicea, etc.). Les traverses bim erio$otie$ ne sont remplacées que par suite de fentes produites soit spontanément, soit par l'enfoncement des chevilles, ou par suitede la destruction du bois sous les coussinets. L'efficacité du procédé est donc alors absolue, puisqu'il paralyse complètement lès actions chimiques; de sorte que la durée du bois n'est plus limitée que par sa résistance aux actions mécaniques, résistance que l'injection ne paraît pas modifier sensiblement.

11 parait cependant qu'une réaction partielle s'opère contre l'application de la créosote, dont l'efficacité était jusqu a présent incontestéé

iQ6 LIT. I". — TOIE.

en Angleterre. D'après un recueil spécial (*), auquel nous laissons d'ailleurs Ut responsabilité de cette assertion, la compagnie da Midland reDoncerait au créosotage, parce qu'il proloDgerait de quatre ans seulemeat l'ezisteDce des traverses qm» sur cette Ugne, durent en moyenne seize ans à l'état naturel. Mais comme ce chiflOre l'indique asses» il ne peut être question ici que de trawaes en chêne et» par suite, d'an cas tout particulier en Angleterre (**). Peut-être d'ailléurs la préparatioii et la qualité du goudron n'étaientpelles pas irréprochablêl.

l«4U SuifaU da eulm. — Le renouTeUëment des traverses préparées an sid&te de enivre était :

i* Pour le «opin, au bout de 8 ans s

Do 4,7Sp. iOO sur le chemin de BerUn à Potsdam et Magâibmisrg;

De 3»82 sur l'Est prussien ; de 3,00 sur le chemin de Magdebourg à Wît-

lenberg. Mais il atteignait 51 p. 100 snrle chemin de la haute Silésie. Mal- • gré ce dernier chiffre, dû sans doute a quelque cause accidentelle, on croit, sur cette ligne» pouvoir compter en générai sur une durée totale de 12 ans.

2" Pour U pta, au bout de 7 ans :

De 31 p. 100 sur le chemin d'Aix à Du^seldorf»

Pour le Aéire,. au bout de 9 ans :

De 9T p. 100 sur le même chemin.

D'après la Direction du chemin de Westphalie, l'application du sulfate de cuivre ne prolonge pas notablement la durée du chêne équarrî, ce qui est tout simple.

Le chemin de Berlin à Hambourg conclut d'une expciience de 20 ans, que le chêne équarri et non préparé, et le sapin préparé au sulfate de cuivre, ont une égale durée, quatorze ans en moyenne.

Berlin-Potsdam- Magdebourg admet le même chiffre pour le sapin.

Magdebourg à WUUnberg le porte à 16 ans, tandis que l'Est prussien le réduit à iS ans, et le Frédérie-GuiUaunM (Hesse-Ëlectoiale)

(*) Engineering, imn, ii" 20, page 47.

Le chiffre de aos, indiqué pluâ haut daprès plusieurs ingénieurs,

comme durée probable du sapin de la Baltique eréoioté, employé sur les cherafitt de rinde, est contesté par d'autres Ingénieurs. H. Danver<^ (Rapport sur les chemins Indiens ta 1862-6^ le réduit même h 6 ans, comme pour les hois Indigènes. Quel que soit Véast, deaembiAfalw dlvwgeiieei «'eipUquaot jusqu'à on oertain point par le degré de fibioiptlon, Il ntlaU» wuttmA am la oiéofoltt

CBAF. V. — TlUTERSES PBÊPAB&ES. — LEUR. DURÉE. lOt

à 10 ans, quand on procède par la pression, et à 5 ans seulement par l'immersion dans le bain boiiillanL {Kochen),

Àix-Dusseïdorf-Ruhrort et le chemin Rhénan regardent le sulfate de cuivre comme peu efficace, quel que soit le mode d'application, et y renoncent; en Bavière, an contraire, on lui donne maintenant la préférence, ainsi qu'au procéda Boucherie^ jusqu'ici peu répandu en Allemagne. L'opinion des ingénieurs allemands est, en somme, peu favorable aujourd'hui à l'antiseptique qui est le plus usité en France, parce qu'il y a fait ses preuves. S'il n'en est pas de même en A]Ieinagne« ^est nécessairement aiix modes d'application qu'on doit s'en prendre.

1 05. Chlorure de zinc, — La proportion du renouvellement des traverses préparées au chlorure de zinc, par le vide et la pression, a été :

Pour U chénet an bout de 16 ans:

De 8,66 p.' 160 m les andens 'diemins de Hanovra, '

Au bout de 13 ans :

De 8,33 p. iOO sur le chemin de Brème à Wunttorf,

Au bout de 10 ans :

' De i,60 p. 100 sur les chemins les plus récents de Hanovre,.

— 0,85 — — sur le chemin dé ^Brunswick.

Pour le sapin, au bout de 8 ans :

De 0,60 p. 400 sur les chemins de Hanovre,

— 0,33 — — seulement jiur les chemius de Brunswick.

Pour le hUrêi au bout de 7 ans :

De S9,69 p. 160 sur le chemin de Colojfnek Mtnâen^ cblffire siuguliè*

ment défavorable en présence des résultats obtenus en Hanovre.

Au bout de B ans :

De 5,50 p. 100 sur les chemins de BruoswielL

Au bout de 10 ans :

De 4,9 p. 100 sur les chemins de Hanovre, Pour le pûi» au bout de 7 ans :

De 25,25 p. 100 sur le chemin Budois.

— 41,50 — — sur le chemin du Kord de TEmperear Ferdinand

(Autriche).

Quoîcpie l'expérience des ingénieurs hanovriens tende à établir que le cœur même du chêne est pénétré par le chlorure de zinc, non pas

10$ ' m. 1". — VOIE.

dans de simples essais (ce qai ne Mi pas une question), mais dans des conditions tout à fait industrielles ; quoiqu'on ait constaté aussi une pénétration superficielle du cœur par le sulfate de cuivre, il ne parait pas qu'il y ait lieu de soumettre le chêne équarri à une préparation par un procédé aussi compliqué que le vide et la pression. L'huile de goudron, qui imprègne beaticoup plus facilement le bois dur que les dissolutions salines, pourrait seule, tout au plus, être employée alors avec quelque avantage. La prolongation pendant quelques années de la durée d'un bois qui, à l'état naturel, dure dcjà une douzainp d'annéos, ne représente, d'ailleurs qu'une très-faible valeur actuelle, et ne pourrait dès îors justifier qu'une (u''pr:;se iiiiiilnie de préparation, et par suite qu'un procédé très-simple, comme l'immersion.

f La préparation est généralement en l iveur sur les chemins allemands; quelques-uns, cependant, celui de ia basse Silésie et de la Marche, par exemple, y ont renoncé systématiquement, et par suite aussi à l'emploi des essences qui ne peuvent s'en passer que dans des circonstances toutes particulières. Cette ligne n'emploie plus que du chêne, et elle a soin de ne le mettre en place qu'après une dessication prolongée à l'air. Il en est de même sur les chemins du Wurtemberg; . le chêne domine, il est vrai, dans cette contrée; mais elle possède aussi du sapin et du pin. La préférence donnée au premier est, au surplus, justifiée par l'expérience (136).

La réunion de Dre«d« (*], tout en déclarant qu'il est impossible de tirer des conséquences bien nettes des résultats, fort peu concordants, obtenus sur les chemins allemands, pense qu'on peut admettre, pour les bois à l'état naturd et pour les bois bien préparésy les durées approximatives suivantes :

DDBÉB aOTENirE.

non préparé.

préparé.

14 à m ans.

20 4 25 ans.

i*) Referaie ûàer die BeantutortungtHt etc., grand in-4*. Hanovre, 180S, chat JUntett frères.

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