CHAPITRE VI
€94. Conditions quiï doit remplir, — Un bon ballast doit remplir des coiidiiiuiis uiiiltipliées. 11 lauL que l'eau y circule facilement, pour assurer l'assèchement de la voie; il faut que ses éléments aient une • certaine niobilité qui donne de la flexibilité à la voie, et par suite de la douceur aux mouvements des trains; il faut que ces éléments résistent à la gelée, à l'eau, aux actions mécaniques des véhicules, au travail de l'entretien; il faut qu'ils ne soient pas trop ténus; quils possèdent une stabilité suiiisante pour n'être ni soulevés par les tourbillons de vent que forme le passage des trains, ni même trop déplacés par les mouvements et les trépidations des traverses : mouvements <{ue la résistance du ballast doit précisément contenir dans des limites étroites, tout en leur laissant onç certaine liberté.
Le ballast remplit, enfin, un rdle capital : en transmettant la pression au sol naturel, à niveau ou en tranchée, et au sol remanié en remr blai. Il répartit ces pressions sur une surface plus grande que celle par laqu^le il la reçoit lui-même. De plus, il opère cette répartition en quelque sorte en raison de la résistance de chaque élément : chargeant plus ceux qui résistent, et moins ceux qui cèdent. Telle est la propriété de \ arc-boute7nent, que possède une masse d'éléments incohérents, mais dont les réactions normales développent des frottements considérables. Il suffit d' énoncer ici cette propriété; ce n'est pas le moment delà discuter. Ajoutons seulement que l'épaisseur nécessaire pour sa manifestation est d'autant plus grande que la pression à transmettre ast elle-même plus considérable.
Avec un ballast défectueux, la voie est difiicilement maintenue en . bon état, même au prix d'un entretien coûteux. La dépréciation des rails et des traverses est, en outre, plus rapide, non-seulement par suite de Tétat imparfait de la voie, des réactions plus vi( lentes des trains, m^s aussi par le &it même du travail de l'entretien. Plus U
20S . uv. I**. — voit.
hat toucher soiivent à une voie, plos, par cda aeui» ses éléments se détériorent promptemenL
Un bon ballast est d'aiUeura d*autant plus nécessaire que les oondb tiens atmosphériques sont plus wialdes. Quand le dégel survient à h suite dTune gelée prolongée, les traverses, qui n'ont pu être bourrées ' pendant un long intervalle de tempe, ont des porte-àrfaux; elles doiH Miil, les chevilles ou les crampons se rélâchent, et ces effets sont di autant plus graves que le ballast est moins perméable.
Le gravier, ou sable siliceux à grains de grosseurs variables, remplit mieux que toute autre matière l'ensemJjle des conditions; le gravier dragué en rivière est le ballast type; celui qu'on extrait des carrières est parfois trop mélangé d'argile, ce qui le rend diiEcilemeat perméable.
Les chemins dit fer qui suivent les vallées trouvent gf-néralement du gravier à proximité, surtout s'ils sont rapprochés du thalweg. II n'en est pas de même sur les plateaux. 11 faut alors suppléer au gravier par la pierre cassée, et à son défaut, par des produits artificiels.
La plupart des roches conviennent, mais pourvu qu'elles ne soient ni gélives ni trop tendresi ni cependant trop tenaces et par suite trop difficiles à casser, La craie est à peu près la seule qui doive toujours être r^etée; elle est trop friable, et se dâaye avec TeaiL
Le granité trop féldrspathique doit également être ezdns il produit bientôt une pâte argileuse qui s'oppose à l'assèchement de la voie.
La pierre cassée doit passer, en tons sens, dans un anneau de<r,06 au plus, et être débarrassée de toutes les parties terreuses et des dè* tritus du cassage. Le bourrage est moins commode avec elle qu'avec le gravier. On a quelquefois mêlé le sable et la pierre cassée; c'est une mau\ aibe combinaison ; le sable remplit les vides de la pierre, et ne sert à rien. Il est môme nuisible sous les traverses, parce qu'il cimente en quelque sorte la pierre et forme avec vlkt uhl' espèce de Ijcton compacte, dépourvu de ilexibilité. On peut cependant se trouver parfois dans la nécessité d'entretenir en sable des sections primitivement ballastées en pierre cassée, ou réciproquement. Mais la séparation doit être aussi complète que possible. Ainsi, sur les chemins à deux voies, il convient d'affecter le sable à l'une et la pierre à l'autre. Sur voie unique, on laisse le sable entre les rails, et la pierre en deborsO*
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