CHAP. TL — BALLAST. — POS
La section de Naples à Capoue (chemins de fer romains) avait été balJastée en pouzzolane, qui produisait, cornine. le sable fin de nos landes de Gascogne, une poussière aussi incommode pour les voyageurs que nuisible au matériel. Ce ballast vient d'être recouvert d'une •couche de pierre cassée; mais cette mesure sera sans doute insufifisante, et la pouzzolane devra probablement disparaître tout à fait,
175. Les produits aitiiicieis sont l'argile caite«et des résidus industriels.
L'argile cuite, sorte de brique grossière qu'on casse ensuite, est usitée en Angleterre et en fipUandes trop peu cuite» eUe donne de mauvais résultats.
Les résidus industriels sont : le mâchefer, la cendrée de zinc, les laitiers de hauts fourneaux.
Le premier est un très-bon ballast; il est très-perméable et d'un bourrage facile. Les lignes de Mons à Hautmont, d' Erqueiiues a Charleroi n'en out pas d'autre; elles le tirent des usines à fer et des foyers des chaudières à vapeur, si nombreuses dans la contrée qu'elles traversent.
La ligne de ISamur à Liège est presque entièrement ballastée en cendrées provenant du démontage des fours à zinc, et contenant du mâchefer, des débris de creusets, etc. D'après M. Bernard, ce ballast est préférable encore au mâchefer.
Mais c'est surtout les laitiers de hauts fourneaux que le ballastage des voies devra utiliser. Les usmes à fer sont souvent forcées d'acheter à grands frais des terrains pour y déposer leurs crasses qui y forment bientôt de véritables montagnes, surtout dans les contrées où l'on traite des minorais pauvres.
En granulant les laitiers par l'action de l'eau (♦), M. Mitniry a réussi en mèiue temps à simplifier beaucoup l'opération du décrassage, et à amener sans frais les laitiers à un état dans lequel ils peuvent vire immédiatement utilisés pour le ballastage des voies. Les essais laits par la compagnie de Paris à la Méditerranée sont satisfaisants. L'emploi des crasses, soit sous cette forme, soit sous la forme ordinaire, c'est-à-dire après un cassage à la masse, opération coûteuse, il est vrai, peut s'étendre à une assez grande distance des
f) Voyez : Décrasscnr mccnnique établi à Praisam, par M. Minary. NolieepnUBital, iQgéiiieur des mines i Annules des mines, 6' férié, t VIII, 1866, p.
MO tIV. — VOIS.
usines, celles-ci devant intéresser les cheniins de fer, par une prime, à les débarrasser des amas de crasses qui les encombrent.
Le cube de ballast varie; sur les chemins à deux voies, avec le rail à coussinets, il est compris entre A et 6 mètres;' le premier chiûre est le plus ordinaire. U conespond à une épaisseor de 0*,dO, dont la moitié est au-dessous des traverses.
Avec le rail VUgnoU^ le cube est moindre, l'épaisseur de ballast audessus des traverses étant ordinairement- réduite à 0**,02 (PLYD, fg. 25, profil normal du Nord) et même asaes souvent nulle (S2).
En Belgique, le nouveau êàiàet des charges des chemins de fer concédés, prescrit de donner an ballast une épaisseur minimum de 0*,20 sons les traverses, et 0",05 à 0'»,10 ai»-<te8saa, suivant le mode de fixation du rail sur ses supports.
t îG. Emablenient de la voie. — Pose provisoire. — La plate-forme des terrassements étant dressée, l'axe du ciiemiii de fer est repéré en plan et en profil au moyen de piquets, espacés de lOU à 200 mètres en alignement droit et de 50 mètres en courbes, et dont la têle est arasée exactement au niveau des rails. Ues piquets plus longs sont placés à l'origine de toutes les courbes, et des changements d'indinaisoiii l'axe de la voie à poser est ensuite jalonné. •
Gela fait, les traverses sont réparties approximativement sur la plate-forme en commençant par celles de joint. On met le râil eo place, en réglant le joint d'après la température (122), on chasse les coins, si le système de voie en comporte, mms en serrant modérément, et Ton pose les édisaes en les assujettissant seulement par deux boulons serrés à la numu
Cette pose provisoire d*une voie qu'il &udra rélever ensuite a pour objet d'utiliser ses éléments, pour transporter non-seulement les mar tériauz qui serviront & la prolonger, mais aussi le ballast sur lequel reposera le tronçon provisoire lui-même. Les matériaux d'un mètre courant de double voie représentant un poids considérable (plus de 7 tonnes pour une voie à coussinets) , le Lrariisport économique d'une telle masse a une importance évidente. La dilTérence entre les niveaux de la voie sur terre, et de la voie déjà relevée qu'elle prolonge, est rachetée par un petit plan incliné. Les wagons, apportant du chantier de dépôt les rails et les traverses, et les trains debailas»'' peuvent ainsi continuer leur marche sur le tronçon provisoire.
Toutefois, une circulation un peu considérable sur cette voie, trésimparfidtement assujettie, s'il s'agit du rail Vi^U simplement po^
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sur les traverses, pourrait causer des avaries à ses éléments, et rendre ainsi l'économie iîlnsoire. Aussi rinstruction pom* la pose des voies Vignoîe sur le chemin du Nord recommande-t-elle « de conduire le «travail de manière à ne jamais faire passer plus d'un train avant « un premier reLèvement sur ballast. » Tout train de ballast arrivant sur un tronçon posé sur terre s'arrête donc dès qu'il y est engagé de sa longueur, et est déchargé sur place; dès qu'il s'est retiré, on relève la voie en refoulant le ballast sous les traverses, soulevées au moyen de longs leviers. Le ballast est posé en trois couches au moins ; les deux premières ont ordinairement de O^fiO à 0^,15 chacune; quelquefois même, sur le Nord par exemple, on procède par relevages sacceBsiÊ de 0*,00 à 0",12 au plus. La dernière couche est réglée conformément au profil type de la ligne. G est seulement lorsque to niveau définitif des rails est atteint que les boulons dédisses sont serrés à fond.
Les traverses intermédiaires sont alors placées très-exactement, au moyen d'une longue règle divisée, et leurs tire-fonds s^mt posés et serrés au moyen d'une clef. On pose ensuite les tii < -IVnids des joints. 11 est bon de commencer pour cela par enlever les éclisses; on ])eut alors employer la clef à béquille, bien plus expéditive que la clef à fourche qui sert pour l'entretien. Gela fait, les éclisses sont replacée»? et serrées avec leurs quatre boulons.
La largeur de la voie, l'ouverture des joints, et le dévers en courbe (200) sont alors vérifiés. Cette dernière vérification se fait simplement au moyen d'un niveau à bulle d'air et de la règle R (Pl. Vil* fg, 6) qui porte sur chacune de ses deux faces horizontales sbt gradins^ correspondant à autant de rayons inscrits sur ses deux faces latérales.
L'action des premiers tvains produit nécessairement quelques dérangements dans les éléments de la voie (indépendamment d'une cause grave, et souvent très-persistante, le tassement de la plateforme sur les remblais). Il convient d'attendre, pour compléter le ballastage, que ces légères altérations se soient produites, et qu'on y ait l'emédié par un bourrage soigné.
Il va sans dire que, sur les chemins à deux voies, la pose provisoire ne s'applique qu'à la première, et que celle-ci sert pour le transport des matériaux de la seconde, qui est posée de suite à sa hauteur, c'est-à-dire sur une couche de ballast de 0"*,âO d'épaisseur. Ijes wagons sont alors déchargés latéralement.
UV. l". — VOIE.