GIUP. TU. — VOIES SOU OÉ
raîls et des traverses sur les chemins du Nord-sud et de l'Ouest, les anciens dés des rails à deux champignons furent utilisés pour le nouveau rail, type Vignole, et de ncMveaux dés, soit en granité, soit en grès, furent substitués aux traverses.
les ingi'nleurs bavarois déclarent que ces sections se sont toujours parfaitement comportées ; que ce mode de pose exige fort peu d'entretien ; qu'il n'est, sous aucun rapport, inférieur aux autres, de sorte qae les avantages qu'il possède évidemment, c'est-à-dire la durée des supports et leur plus grande «nasse, doivent tiancher la question en sa &veur.
. n faut reconnaître qu'on n'ést nulle part mieux placé qu'en Bavière pour iaîre des comparaisons de ce genre, puisque toutes les formes Y sont représentées*
(Test à la suite de cette comparaison que fadfiiînistration des che* mins de fer de TÉtat a adopté comme voie normale le rail Vignc^ posé sur dés.
n y a bien, cependant, quelques restrictions.
Ainsi, tout en posant ce piincipe que la voie sur des est en général très-stable, qu'elle ne se tasse pas, que l'inclinaison et l'écartement des deux files de rails se maiiUieiinerit bien malgré l'absence de toute liaison entre elles, les ingénieurs bavarois ne vont pas jusqu'à prétendre qu'il en soit ainsi même sur les rembiais récents et dans Ifs courbes. Ils accordent sans difliculté, d'une part, que les traverses sont préférables aux dés tant que la plate-forme n'est pas bien conso* lidée sur les remblais, ou lorsque son assèchement est imparfait; de l'autre, que Tentretoisement des deux files de rails et par conséquent l'emploi tout au moins partiel des traverses est nécessaire dans les courbes, quand le rayon s'abaisse au-dessous d'une certaine limite. Inutile d'ajouter que remploi des dés est subordonné à une autre condition, ceQe de trouver Êunlement, àbasprix, des roches dures, tenaces et saines.
La pose sur dés est donc limitée, en Bavière, aux sections déjà anciennes, à remblais bien consolidés, à ballast de bonne qualité, gravier ou pierre cassée, à plate-forme bien asséchée. — Dans les courbes,
les dés sont remplacés par une traverse, au joint, et parfois même au milieu.
Les dés ont 0"',335 à 0™,365 d'épaisseur et pour base un carré de 0",61 de côté. Les deux faces supérieure et inférieure doivent être, autant que possible, bien dressées et parallèles. Le dé, solidement calé, est placé diagonaiement pour suppoiter le rail sur une plus
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grapde langueur; il est percé au joint de quatre trous, et partout ailleurs de deux trous, de 0"',0à de diamètre, qui reçoivent des fourrures en bois dans lesquelles on enfonce les chevilles en fer. L'attache est le point délicat; la pierre éclate quelqiiefoîs dès le premier hiver. Du reste, on ne se préoccupe pas autrement de cet accident» pourvu qu'il n'affecte pas plusieurs dés consécutifs.
Les fourrures, en chêne bien sain, sont trempées dans l'huile de goudron ; les trous bien nettoyés et séchés sont emplis à moitié de goudron chaud, et après renfoncement OQ coule oicore dtt goudron sur la surûice du dé.
Lorsqu'on substitue les dés aux traverses, en conservant provisoirement le coussinet, lès trous sont nécessairement plus espacés <iue pour le rail Yignok. Pour éviter d'avoir à percer ultérieurement, quand viendra la substitution de ce rail, de nouveaux trous qui sendent trop rapprochés des premiers, on fore ceux-ci sur une ligne parallèle aux cAcés et on pose le dé d'équerre sur Taxe de la voie. Ces mêmes trous Berviront ensuite pour le rail Vigmle, la position diagonale qui sera donnée alors au dé, les rapprochant du rail.
L'expérience a prouvé qu'on peut se dispenser des intermédiaires coiiipiessibles, feutre, planchettes, etc., dont on a IdiL usage pendant longtemps. On ne les applique plus qu'aux vieux dés en grès tendre; on en ajoute aussi accidentellement, en hiver, quand il s'est formé des dénivellations qu'on ne peut racheter par le bourrage, tant que la gelée se prolonge.
Kn Bavière, où les dés coûtent au plus 2^50, l'économie est en leur faveur si on les compare aux traverses de chêne, et en faveur des traverses, s'il s'agit de hêtre ou de sapin. Mais les ingénieurs affirment que les chevilles ne résistent pas assez, dans ces deux bois, pour empêcher l'élargissement de la voie en courbe; assertion difficile à concilier avec l'expérience acquise sur un grand nombre d'autres lignes, et avec celle des chemins bavarois eux-mêmes, qui a constaté Tinsuffisance des dés, et la nécessité de remploi partiel des traverses, dans les courbes.
On accorde, d'un autre cêté, que la pose proprement dite est un peu plus chère avec les dés et que Tentretien est aussi un peu phis dispendieux pendant la première année; mais bientôt, dit-on, les éléments se consolident et l'avantage change de sens.
Quoi qu'il en soit, les voies des cliemins de l'État, en Bavière, contiennent maintenant plus de 500.Û0Ù dés, et leur substitution aux traverses suit son cours.
CHAP. TU. — VOIES SDR DfiS, 215
En admettant que la mesure adoptée en Bavière soit parfaitement justifiée, on ne saurai i lui reconnaîu e d autre portée que celle d'un fait local. Indcpeiidamment des conditions de prix des dés et du bois, il ne faut pas perdre de vue que les trains marchent, en Bavière, avec une sage lenteur, si ce n'est tout au plus (et encore!) un train quotidi' n pour le parcours direct entre Paris et Vienne. Or, quand la vitesse passe de àO à 45 kilomètres à 70, 80 et au delà, les conditions que la voie doit remplir changent du tout au tout. Ajoutons, d'ailleurs, que l'exemple des chemins de l'État en Bavière n'a pas jusqu'ici entraîné les compagnies. Le chemin du Palatinat lui-même, qui a fait usage des dés, entre Ludwigskafen et Btxbaeht et qui y a renoncé, ne parait pas disposé à y revenir*
i 9S. Ûn a appliqué au rail VignoiUt dans le remaniement des voies du chemin Badois (entre CarUruhe et IHirlach) , tm mode de pose particulier, suggéré par le désir d'utiliser des matériaux dont on n'aurait pu sans cela tirer parti (Pl. YI, fig, hi et A2). Les longrines reposaient, comme on Ta vu (116), en tranchée, sur des dés en grès espacés de 1">,Ô0, et à niveau sur des dés alternant avec deâ traverses. On a combiné ces deux éléments ; les blocs les plus sains, entaillés sur 0"\10 de hauteur, ont reçu les lougrliies, débitées en tronçons de G™, 57; ces supports mixtes étaient espacés de 0",56. Ce mode de pose était coûteux, à cause du refouillement des dés; et d'ailleurs 1 expérience ne l'a pas sanctioimé.
tî». Quelques essais ont été faits pour employer la pierre sous forme de traverses. Ainsi, dès 1847, on posait, près de Gôrlitz (Prusse) , quelques traverses de granité; mais, comme on pouvait s'y attendre, elles se rompaient vers le milieu, et la tendance au déversement était alors beaucoup plus prononcée qu'avec les dés. Sous cette forme, la flexion intervient plus ou moins, et cette considération suffit pour faire repousser l'emploi de la pierre même dans les cas, très-rares d'ailleurs, où on trouverait à bas prix et presque à pieds d' œuvre des Uocs ayant les dhnensions nécessaires*