GHAP. IX. — PASSAGES A NIVEAU
femme, pins ou moins préoccupée du soin de son ménage) pourrait oublier de rappeler le signal mis à l'arrêt, et troubler ainsi la marche des trains ; ou bien,— -ce qui serait bien plus grave, — ^tourner le disque trop tard, quand le mécanidea l'aurait déjà dépassé, et rendre ainsi une rencontre inévitable.
•S9. L'exception admise pour les passages à niveau est donc, en gtoéral, trës-justifiée* Mais il n'en est pas moins nécessaire d'appliquer des mesures spéciales, et même, au besoin, des disques, aux passages dont les gardes ne peuvent pas constater par eux-mêmes
et à coup sûr (235) , qu'un attelage plus ou moins long, plus on moins chargé, a le temps de les franchir avant qu'un train survienne.
Sur pîusieure chemins allemands, tous les trains sont annoncés à tous les agents permanents delà voie au moyen d'une sonnerie électrique placée dans leur guérite, et qui e^i mi.sr^ en jeu h l'instant où le train quitte la station la plus voisine. 11 y a là un luxe inutile, nuisible même, les gardes devant s'écarter très-peu de leur guérite pour que le agnal arrive à son adresse. D'ailleurs, on tend cbaque jour davantage en France, comme on l'a fait depuis longtemps en Angleterre, à supprimer ce personnel presque sédentaire et à peu près inutile. Mais l'objection ne s'applique pas aux gardes-barrières, et le système allemand pourrait leur être utilement appliqué. . On trouve du reste, en France, quelques applications de l'annonce des tfains aux gardes-barrières voisins des stations, autrement que par le cornet. Ainsi, sur la hgne de Strasbourg à Wissembourg^ le garde d'un passage situé près de Haguenau est averti au moyen d'une sonnette manœuvrée par un fil de tirapre. Sur la ligne de Sirasbourg à Bâle^ près de Coimar, les gardes de deux passages très-rapprochés se signalent réciproquement les trains au moyen de deux sonnettes reliées par un seul fil. La distance est faible (436 mètres), mais elle suûit, tous les trains s* arrêtant à Colmar et n'ayant plus ou pas encore de vitesse au moment où ils û^chissent les deux passages. Entre Giwt et la fix>ntière belge, vers Namur (tronçon exploité par la compagnie du Nord), les trains sont annoncés à deux ; gardes au moyen de sonneries électriques. Stc.
L'expérience des chemins allemands prouve qu'on peut compter, en paml cas, sur les appareils électriques. L'objection qui se présente à première vue, céUe du danger résultant d'un dérangement des appareils, d un signal non transmis, a doue moins de gravité qu'on l'a
SDA UT. 1". VOIR,
ditsouvent; pour dos circuits d'une ftiiijie longueur, les perturbations provenant des influences atmosphériques sont peu à craindre. Néanmoins;, le principe de l'annonce des trains aux gardes-barrières n'est appliqué largement qu'en Allemagne, où, comme on Ta vu, il fait partie d'un système plus général encore. £n France, dans la plur part des cas où Tapplication dlune mesure spéciale a été reconnue indispensable, c'est l'autre principe qu'on préfère, c'est-à-dire la mise à la disposition du garde de disques à distance au moyen desquels il doit couvrir le passage avant de laisser un véhicule s y engager. Ainsi, la compagnie de l'Est a supprimé des sonneries électriques établies il y a quelques années aux passages à niveau de Vhaumont (Haute Marne), et qui signalaient aux gardes-barrières le départ des trains. Ces sonneries, fjui ne fonctionnaient pas avec toute la régularité nécessaire, ont été remplacées par des disques que les gardes maintiennent à l'arrêt lorsque les barrières sont ouvertes, et qu'ils ouvrent, (jiiand un train est attendu, nprès avoir fermé les barrières. Mais si une voiture se présente, et si rien n'indique l'arrivée immédiate d'un train, le» gardes ferment les disques, ouvrent les barrières, laissent passer la voituie,'referment les barrières et rouvrent les disques*
<' L'expérience, » dit M. Lrdru^ « a démontré que ces disques ne sont pas R une ^^eni' pour la circulaliou des trains; depuis quatre ans qu ils soatplaa cès, jamais un seul Lrain n'a été arrélè. »
On pourrait, il est vrai, inférer de là que ces appareils sont médiocrement ut"les, car ils sont faits précisément pour ari éter les trains au besoin. Mais (juand ils n'auraient que l'avaiiiage d'inspirer de la sécurité aux agents, ce serait déjà un grand point; la compagnie reconnaît d'ailleurs elle-même qu'ils sont iiéceâsaii-es dans le cas dont il s'agit :
€ Des passages k niveau, » poursuit son habile ingénieur, a les gardes € ne voient pas la gare de Chaumoat. Le son seul, soil du sifflet, soit de c la marche du train, leur indique son arrivée; les disques sont donc < indis|)*^nsables pour assurer lat>éeurité du passage des voitures sur ces f deux passages a niveau.
« Si le service de IVxploilalion, qui m'envoie un avis chaque fois qu'un « train i n ukun lie a clé ;u ) été par le fait des airenls do la voie, ne m'a ja- « mats signalé {l an et aux pas>ages à niveau de (^huamout^ cela est dû à a raplitude spéciale que les gardes acquièrent au bout d un certain temps « pour reconnaître l'approche de» traius.