CBAP, XII. — ASSAINISSEMENT ET CONSOLIDATION DES REMBLAIS
de grands vides, dans lesquels Teau s'introduit libreipent , en rendant la gla^ glissante, et même coulante ; Ja première condition est donc de protéger le corps du remblai argileux par une chemise qui l'isole.
Toutefois, cet isolement ne peut pas toujours être réalisé complètement ; quelques imperfections de détails, à peu près inséparables du mode même d'exécution des remblais, peuvent aggraver les censéjpiences d'un défaut de continuité ou d'imperméabilité de la chemise protectrice. Ainsi, quoique les terres de différentes natures fournies par la tranchée, se méîaTigent plus ou moins au déblai et au chargement, il arrive assez souvent cependant que ces différences de nature des couches superposées dans la tranchée, se retrouvent dans les couches du remblai , juxtaposées par éboulement; une tranche perméable peut ainsi se trouver intercalée entre deux ti'anches argileuses, et de faibles inliltrations peuvent alors suffire pour dét eriTiiner des él)oulements, surtout si le remblai a été mis à largeuj- par déchargement latéral.
L'action d'une sécheresse prolongée, et le tassement, suflisent d'ailleurs pour déterminer dans la chemise, des crevasses qui s'accroissent par l'ébranlement dû au passage des trains. U faut donc recueillir les eaux qui ont pu traverser la chemise, et les empêcher de pénétrer dans la masse du remblai. Les chéneaux en bois empierrés de H. Bruére sont employés alors avec succès. La fig, 15, Pl. XXXY, représente le mode d'application au remblai de Largue^ vers la > culée (côté d» Paris) du viaduc du même nom (ligne de Mulhmué), Une file longitudinale. G, G, de ces chéneaux a été posée à 1 mètre en arrière des fissures, indices d'autant plus graves que des éboulôments s'étaient produits peu de temps avant vers l'autre extrémité du viaduc (âSl). Cette file, formant une ligne brisée par des pentes et des contre-pentes de 0,03 {/ig. 17), et ayant son plafond à une profondeur moyenne de 0", 5 5 au-dessous du ballast, débouche à chaque point bas dans un chéneau de même l'ornie, mais avec couvercle en bois, suivant les inflexions de la ligne brisée du talus, à 0'",70 au moins eu contre-bas de la surlace.
881. Si la masse même du remblai a été profondément atteinte par les inhltrations, ces moyens superficiels sont insuffisants pour préveniiles éboulements. 11 convient souvent alors de recourir simultanément et à un assainissement profond, et à une consolidation extérieure. Le Kemblai, aux abords du viaduc de {alargue (culée ducùtédQ Mulhouse)
tîT. l",
offre aussi un exemple de la marclie à suivre en pareil cas. 11 avait été atteint sur ce point, où sa hauteur est de 15 mètres, par un ébouiement d'une quarantaine de mètres de longueur, et de 2 mètres de largeur au sommet. Le double système (Pl. XXXV, fig, 16) comprend : 1** un filtre générai en cailloux, de 0'",ôO d'épais^ Aeur, divisé en deux étages F, F', correspondant aux deux étages du talus, et destiné à assainir la masse non attaquée, en versant les eaux d'infiltration dans k fossé latéral par des chéneaux en bois c, c, espacés en moyenne de 10 mètres d'axe en axe ; 2* l'établissement d'un cavalier en terre pilonnée comprenant, d'une part» la restitution du profil primitif, et de l'autre, le contre-fort qui flanque ce profil
Le remblai de Moreerf (ligne de Paris k CmtUmmiers) , qui présentait, mais avec plus de gravité, des conditions analogues, a été assaini également au moyen de deux' étages de filtres longitudinaux, en substituant toutefois, aux caniveaux, des tuyaux de drainage.
sn. Les galeries démines peuvent évidemment être appliquées à l'assainissement, soit du corps du remblai, soit du terrain qui le supporte, comme à celui des tranchées (o75j. Le remblai d' lole, sur la ligne de Pistoia (kilom. 82,9) olTie un exemple de cette solution coûteuse, et à laquelle on ne doit recourir que dans les cas où l'inefficacité des expédient*! plus simples est bien établie. Le système d'assainissement du remblai d lole comprend (Pl. XXXV, fi^. 25) : 1" un î'éseau de galeries blindées et empierrées, de l^jSO sur 0"",80 dans œuvre ; 2" une galerie d'écoulement, muraillée; 3° des rechargements latéraux, réduisant l'inclinaison du talus fixée d'abord à trois de base pour deux de hauteur, et flanqués, à leur base, d'un cavalier en terre pilonnée. Il suffit de signais ici ce travail, qal sort du cadre dans lequel nous devons nous renfermer.
S8t. Le saUe pur, fin et sec, est ijuelquefois, par suite de sa mobilité, une cause d'instabilité et même de destruction pour les remblais. Ce cas s'est présenté sur quelques lignes de Hongrie, lignes d'une exécution lacile, mais qui ont dû être établies presque partout en remblai, peu âevé du reste, pour se placer au-dessus des hautes eaux. Le bas prix des terrains a permis de faire des emprunts latéraux peu dispendieux. Mais, sur plusieurs points, ces remblais, en sable pur, ont été complètement déplacés par le vent, qui les a accumulés çà et là sous forme de dunes. Une chemise peu épaisse, en terre
CHAP. XII. — SOUTERRAINS. — EXRlIPtE. ^09
suffit; au surplus, pour donner à ces remblaiSt dès le début» une stabilité qm croit avec le temps.
•94. L'exécution des souterrains présente souvent de grandes difficultés ; mais ce qui est à peu près sans exemple, c'est que les difficultés surgissent après l'achèvement complet defouvrage, et mettent
son existence même en question, et cela malgré une construction irréprochable, et qui ii avait d'ailleurs présenté aucune circonstance particulière. Tel est cependant le cas du souterrain de Géncrrewi/^e, près Lure (ligne do. Paris à Mulhouse). Il offre un exemple intéressant des difficultés inattendues contre lesquelles l'ingénieur peut avoir à lutter. Cet exemple est donc bon à citer; il se rattache d'ailleurs intimement au sujet de ce chapitre, par le remède opposé à un mal contre lequel on avait, pendant quelque temps, pu craincb'e de resterimpuissant. Ce souterrain (Pl. XXXV, fig. 1 à 14) , long de 620 mètres, traverse aux deux bouts des marnes irisées, et au milieu, une masse d'anhydrite ; il avait été revêtu suivant le type adopté pour les ternûns assez solides, c'est-à-dire que le profil se composait d'une voûte en plein cintre sur pieds^iroits verticaux, sans radier [fig. 2etd}.
Au bout d'un certain temps, on remarqua que la plate-forme se soulevait graduellement, et forçûtà abaisser d'autant la voie. Bientôt des écrasements se manifestèrent dans les pieds-droits. La cause était &cUe & trouver; l'exécution des travaux, et notamment des puits, avait troublé le régime des eaux souterraines ; cellesHsi avaient envabi la masse gypseuse qui, en s'hydratant, se gonflait
Ici encore, on commença par s'attaquer auïE eflets ; un radier B, B, fut construit, les pieds-droits furent renforcés (Jtg. à et là), mais en vain ; le radier se soulevait et les pieds-droits s'écrasaient toujours.
On luttait, en ell'et, contre une force aussi irrésistible que la force d'expansion de la glace, c*est-à dire sans succès possible.
Heureusement, la masse gypseuse n'était encore en vaille par l'eau qu'à une certaine profondeur en contre-bas du niveau de la voie. La plate-forme se soulevait en comprimant les pieds-droits; ceui-ci s'écrasaient et se fendaient, comme le fait un solide chargé debout, et trop court pour lléciiir {fig. 1). Mais la destruction aurait suivi une marche bien autrement rapide, dès l'instant où l'eau aurait atteint la
610 tIV. — VOIE.
masse gypseuse contre les pieds-droits. Ceux-ci, en effet, auraient été soumis, (le plus, à T énorme poussée horizontale provenant du gonflement dans ce sens.
On avîiit donc fait (l'a])ord fausse ronto. Mais on ne laissa pas le temps à l'eau de [gagner le niveau du ri(,)i]tt;rrain (*), et Ton chercha le remède où i! était. Pour arrêter les prop;i ès du G^nnflcment, il fallait arrêter riu d rat ation, et pour cela il n'y avait qu'un moyen : abaisser convenablement le plan d'eau, assainir la masse par un profond drainage.
La galerie d'assainissement, placée à 7 mètres au minimum en contre-bas du rail et en pente de 0,004 d'abord, puis de 0,002, a une longueur totale de 1.316 mètres, dont /i72 dans le souterrain, et 100 mètres à ciel ouvert à l'extrémité d'aval [fin. h).
Les fig,bk9 représentent les profils en travers de la galerie souterraine, d*abord boisée, puis muraOlée dans les marnes et dans le gypse. Le boisage des puits est indiqué par les fig, 12 et 13, et le blindage du prolongement à ciel ouvert de la galerie, par les fg, 10 et 11. Dans le gypse, le muraillement a été ajourné jusqu'à ce que tout mouvement ait cessé.
Ce travail, remarquable non en lui-même, mais par les circonstances toutes particulières auxquelles il a été appliqué, a réalisé tout ce qu'on pouvait en attcndi-e, et assuré l'existence de l'ouvrage, qui semblait d'abord fort compromise.
* Nous n'insisterons pas plus longuement sur le. sujet de ce chapitre. Il faudrait, pour le traiter d'une manière à peu près complète, de longs développements dans lesquels nous ne saurions entrer ici. Quelques exemples de solutions appliquées avec succès à des cas détermim s sont, malgré leur insufTisance, plus instructifs que des considei ations p;éncrales qu'il est souvent dilïicile, par suite de cette généralité mAine, d'appliquer aux circonstances très-variées qui se présentent dans la pratique.
(*) L'anhydilf prend lentement les deux équivalents d'eau qnî In consfituent à l'état de ctianx «ulratée. « On a observé, dit H. Duf^énoy (/i), des viiii<'téj> de chaux sulfot^ dans
« IcsqiTrIlps In prnpnrttnn d'ou e>t moins grande... Hps rtprtinfpi dp rottc nnttire sont " nombreux; mais 1 exoinen des échaniillons qui les fournissent établit» de la manière. « la plus errfftfne, (lu'ils préstentent un méKin^re d'anhydrite et de chaiix sulfatde. Ils o appjirtieiKienl à du p-p foimi' por I';i!l'T;ifion (rniilivlriff, qiiî n nhsnrlip' de l'erm K àl'nitnoRfilière; et suivant que raltùraUun du dernier de ci a suirates est plus ou inoiU£ « eotnplèie, l'analysé danm une plus on molai grande proportion d*6an*