‹ Voix canadiennes (volume 2)Chapitre 35 sur 40 · Trop il se rend misérable Celui qui est ivrogne · texte numérisé non relu

Trop il se rend misérable Celui qui est ivrogne

Et aussi qui est impudique.

Et aussi celui qui se fâche.

Toute chose, etc.

4. C'est dur le mauvais esprit Toujours que l'on soit avec lui; Que l'on soit tourmenté, Toujours que l'on soit dans le

Toute chose, etc. [feu.

Millo fois Ms^ Laflèche avait entonné ce chant au milieu des sauvages qui le répétaient en chœur; cent fois depuis, en canot, quand il se rendait de l'une à l'autre paroisse, surtout en visite pastorale, il le chanta pour délasser ses compagnons de voyage. Alors, il se reportait délicieusement par la pensée sur les routes de ses missions fructueuses dans rOuest, durant ces années lointaines qu'il regardait encore comme ses plus beaux jours!

Quand cette évocation du passé parut sur la scène, lors([ue ces voix perlées prièrent en sauvage comme la clochette làbas sonnait V Angélus du soir, le bon vieillard sentit le passé monter de son cœur à sa paupière, et il pleura... du bonheur des sauvaiïes sauvés.

Le 23 mai, à la cathédrale, l'évêque officie pontificalement. Le P. Hamon S. J. fait le sermon de circonstance ; s'adressant à Ms' Laflèche, il dit :

Monseigneur, il y a 5o ans, l'Eglise remettait entre vos mains ce dépôt sacré de la vérité et vous donnait mission de la transmettre aux hommes.

La fête de ce jour nous invite à examiner celte longue carrière et à porter un jugement. Je ne veux pas être votre panégyriste, iJonseigneur, votre modestie en serait blessée ; mais je vous rendrai justice et je serai le porte-voix de tous ceux qui vous ont connu, en disant que dans votre vie sacerdotale et durant toute votre carrière épiscopaîe, toujours et partout, vous avez tenu à l'honneur d'être, avant tout, l'homme de la vérité.

Aux pauvres sauvages du Nord-Ouest vous l'avez donnée cette vérité divine avec le zèle d'un apôtre et le courage d'un martyr.

Elevé sur le siège épiscopal des Ïrois-Rivières, vous avez considéré comme votre premier devoir de lui rendre, en toute occasion, un témoignage éclatant. Par la parole et par la plume, aux citoyens de votre bonne ville et aux habitants des campagnes, vous n'avez cessé de prêcher Jésus, de faire aimer et estimer la vérité de Jésus ; et tout le monde en convient.

Vous avez connu la contradiction. Jésus et les Apôtres en furent-ils exempts '^ Vous avez subi l'icsultc de ceux qui trouvaient votre parole et trop hardie et trop pressante. C'est votre gloire! Le monde ne s'attaque qu'aux forts, il ne combat que ceux en qui il reconnaît des ennemis redoutables, capables de déjouer ses plans mauvais et de faire échouer ses entreprises pernicieuses.

Mais, amis et adversaires ont toujours rendu un hommage mérité à votre loyauté aussi bien qu'à la bonté de cœur qui se montrait dans toute votre conduite.

Dans les Saintes Ecritures, la miséricorde et la vérité vont toujours ciisemble. Ce sont deux sœurs célestes qui se présentent aux hommes en se donnant la main...

On ne peut pas aimer la vérité d'un amour ardent sans vouloir la communiquer aux hommes ; c'est un feu dévorant qui demande des aliments. Un homme de grande foi sera aussi un homme de grandes œuvres.

D'iris sa carrière, Monseigneur a fait de grandes œuvres :

Œuvres d'éducation, écoles et couvents multipliés sur tous les points de votre diocèse, pour donner aux petits enfants le trésor le plus précieux : une éducation catholique.

Œuvres de charité pour soulager les misères et consoler les souffrances.

Œuvre apostolique, surtout pour préparer des prêtres et les former.

Le semeur de vérités est un homme de sacrifices et de dévouement, mais Jésus lui a promis, dès cette vie, une récompense qui le dédommagera amplement de ses travaux et stimulera sans cesse son ardeur.... Tous les historiens en conviennent : « Les évéques ont fornié la nation française comme les abeilles forment leur ruche. » Tous ceux qui savent l'histoire de la Nouvelle-France l'avoueront. Les évêques ont sauvé le berceau de la nationalité canadienne et les évêques seuls pourront lui assurer un avenir.

En 1763, la Nouvelle-France changea de destinée politique. L'on a coutume de remercier la Providence d'avoir soustrait le Canada aux horreurs de la révolution française et cette reconnaissance est légitime, je l'admets. Mais ce péril n'était pas le seul qui menaçait alors l'existence de ce jeune peuple. 11 y en avait un autre bien autrement redoutable et qui eût tué fatalement toutes les espérances de ce peuple.

Ce péril était tout intérieur.

Il est bien connu aujourd'hui qu'en 1768 la brillante mais frivole société qui se trouvait à la tête du pays, s'était laissé fortement entamer par l'impiété de Voltaire et de J.-J. Rousseau. Les livres de ces mécréants circulaient dans la colonie, la bourgeoisie des campagnes les lisait. Le poison avait déjà contaminé la tête et le cœur de la nation, il allait bientôt se glisser dans les entrailles mêmes du peuple. La vérité, la vérité catholique était menacée de périr. Dieu la sauva par un coup de tonnerre et en même temps il sauva l'avenir de la Nouvelle-France.

Enervés par leurs lectures mauvaises et leurs mœurs trop faciles, les gentilshommes n'eurent pas le courage de regarder le malheur en face comme des hommes, encore moins de le supporter avec résignation comme des chrétiens. Ils repassèrent en France. Le peuple seul resta, mais ce peuple, heureusement, gardait encore intactes sa foi et sa virilité chrétienne. Avec lui on pouvait refaire une nation.

L'Angleterre el!o-même y contribua à son aise, en refoulant les Canadiens catholiques dans leurs églises et dans leurs paroisses et en les éloignant ainsi de tout contact avec l'hérésie. Et le travail des catacombes recommença sur le solde la Nouvelle-France.

A ces multitudes abandonnées, l'Eglise donna des évêques qui furent, à la fois, grâce aux circonstances, des Pères dans l'ordre spirituel, et dans Tordre politique des conseillers et des guides.

Pour accomplir cette double tâche, ils avaient à leur disposition la grande force qui existe sur terre, la vérité catholique.

Bientôt les paroisses se multiplièrent, les fidèles se groupèrent autour de leurs prêtres, ceux-ci autour de leurs évêques, tous unis dans la même vérité catholique, disant d'un cœur et d'une voix le Credo catholique et le Credo national. Après 100 ans, la jeune nationalité canadienne avec ses diocèses et ses paroisses fortement organisés, se montre

au monda comme une phalange rangée en bataille, bien résolue à repousser énergiquement toutes les attaques contre sa foi, et à maintenir ses droits de citoyens libres et de chrétiens...

Pour le p3upîc canadien l'adolescence est passée ; la jeunesse commence, mais avec la jeunesse est venue aussi, à l'intérieur, l'effervescence des passions impatientes du joug quela vérité leur impose ; tandis qu'à l'extérieur, l'ennemi jaloux de la vigueur et de la beauté de ce jeune peuple s'est levé pour lui ravir ses libertés et lui donner des fers.

En face de ce double péril, la grande voix de l'épiscopat canadien s'est élevée, majestueuse et unanime. Elle a dénoncé avec vigueur les menées de l'ennemi : le mauvais livre, la mauvaise presse, le mauvais théà'requi ne fleurissent que chez les peuples en corruption ou en train de se corrompre.

Avec la dignité mais aussi avec la force qui conviennent à la vérité, elle a proclamé des droits de Dieu et réclamé les libertés les plus chères à des hommes et à des chrétiens ; la liberté de donner à leurs enfants une éducition catholique et de leur faire parler la langue de leur mère.

Bien au dessus des sphères inférieures oii se meuvent les ambitions personnelles, où s'agitent les intérêts privés, où la prudence humaine, en face des dangers qui menacent les droits de l'homme libre et du chrétien, se demande s"il faut parler ou s'il serait plus avantageux de se taire, la grande voix de l'épiscopat a retenti d'un bout à l'autre de la Puissance, loyale et courageuse comme la vérité qu'elle proclame.

Les Canadiens catholiques l'entendront, ils la graveront dans leur cœur, et quand le temps sera venu, la grande voix du peuple unie à la voix de ses Evêquss demandera avec énergie et persévérance justice et liberté.

Jamais encore^ l'histoire le proclame, jamais on n'a réussi à désagréger un peuple uni de tète et de cœur à son épiscopat catholique. Voyez l'Irlande, voyez même l'infortunée Pologne, voyez le Canada depuis tantôt 126 ans de lutte.

La victoire de l'avenir est là, dans la force de la vérité catholique proclamée par les Evêques et par les peuples unis à leurs Evêques...

... Eglise des Trois-Rivières, réjouis-toi en ce grand jour! Tressaille d'allégresse, fais monter vers Dieu tes chants de reconnaissance ! Nous fêlons aujourd'hui l'un des plus intrépides champions des droits de l'Eglise et de la vérité.

La proclamer fui sa mission, la faire pénétrer partout dans les têtes et dans les cœurs a été sa gloire, la voir porter ses fruits de paix et de bénédiction est sa récompense.

Anges des nombreuses paroisses fondées par ce grand semeur de vérités, unissez-vous à l'ange protecteur de ce diocèse pour chanter gloire à Dieu et gloire à son dévoué serviteur, offrez -lui vos actions de grâces, présuntez-Iui vos prières.

Puissions-nous, durant de longues années encore, entendre cette

voix qui parle si bien de Religion et de Patrie. Puissions-nous, longtemps encore, jouir des bienfaits que répand autour de lui cet infatigable semeur de vérités, cette colonne inébranlable de la foi catholique, ce grand Evêque et ce grand Patriote.

Cependant la question scolaire au Manitoba s'aggravait. Les évoques, en 1890, avaient déjà saisi les autorités supérieures par leur requête collective. On se demandait si i'épiscopat ne devait pas revenir à la charge et se montrer encore plus pressant, Ms'' Laflèche et quelques autres prélats de même tempérament conçurent le projet d'une nouvelle intervention et en saisirent leurs collègues qui s'y montrèrent favorables.

W Emard, évéque de Valleyfield, fut délégué auprès de Ms"' Taché, de plus en plus souffrant et désolé, par tous les évêques et archevêques pour concerter avec lui leur action commune.

L'évêque de Valleyfield arriva à Saint-Boniface, le jeudi 5 avril ; il eut avec Ms"" Taché et Ms'' Grandin de longs entreliens et rédigea, sous l'inspiration du premier, en quelque sorte sous sa dictée, le projet d'une pétition qui devait être

ignée par tous les évêques. La mission de M^'' Emard rëonforla Tâme anxieuse du défenseur des écoles catholiques.

La visite de Ms"^ Emard, écrit-il quelques jours après à sonami d es Trois-Rivières, m'a apporté une grande consolation. Merci aux vénérés prélats qui ont pensé à ce moyen de soutenir mes vieux ans et de m'encouragcr au milieu de la lulte. M"' Emard vous présentera la pétition à laquelle nous nous sommes arrêtés. J'espère qii'eîlesera signée par tous, parce qu'une action partielle n'aurait pas le même résultat. Puis une fois engagés, il faudra poursuivre le but pour l'atteindre : un effort d'un moment, c'est bien bon ; mais il ne peut avoir de résultat. » Il ajoute : « Gomment vous remercier assez pour ce que vous faites en faveur de la cause de nos écoles? Les lettres que vous m avez adressées, que vous avez écrites à M. Dernier, sont venues comme un baume salutaire adoucir l'amertume de l'épreuve subie. La guerre contre Dieu et son Eglise est bien adroitement organisée, et il est bien regrettable que nos hommes d'Etat n'en voient pas le danger ou n'aient pas le courage d'en enrayer les combinaisons. La politique ne m'a jamais paru renfermer tant de dangers pour des hommes d'ailleurs bons et honnêtes. »

Datée du 10 avril 1894, voilà la dernière lettre de Ms' Taché à son ancien compagnon de mission, demeuré jusqu'à la fin son frère d'armes et ami préféré.

C'est le P. Lacombe qui alla d'évêché en évêché, portant la pétition rédigée à Saint-Boniface ; tous les évoques, au nombre d'une trentaine^la signèrent. M?' Taché écrit encore le 16 mai 1894 à M?-" Grandin et il n'écrira plus d'autres lettres : « Notre cher ermite (le P. Lacombe) doit partir ce soir de Montréal. Il a certainement bien mérité et a accompli bonne besogne. L'épiscopat canadien, sans une seule exception, a signé notre requête, et ce document ne devra pas manquer de produire de bons résultats. »

Cette unanimité faisait pousser un cri d'espérance à M'"" Laflèche. « Les tempêtes et les cyclones, écrivait-il à M^'' Taché dans la dernière lettre qu'il lui faisait parvenir, peuvent ravager quelques coins de la terre ; mais faire disparaître le beau ciel bleu, jamais ! Courage, cher Seigneur, travaillons à couronner nos cheveux blancs par une lutte qui soit un encouragement à ceux qui viendront après nous. »

Ms^ Taché lut et espéra. Mais Dieu vint presqu'aussitôt cueillir son âme sainte : le vendredi 22 juin.

Il n'en est pas moins vrai que personne, pas même les mieux informés, etMs'' Laflèche encore moins que les autres, ne s'attendait à la fin de W de Saint-Boniface. A Trois- Rivières on s'y attendait si peu qu'à l'instante invitation des Sœurs Grises de Saint-Boniface, qui projetaient de fêter le cinquantième anniversaire de leur installation sur la Rivière- Rouge, M«' Laflèche répondait le 16 juin 1894:

Mes très honorées soeurs. — Ce serait un véritable bonheur pour moi de pouvoir me rendre à votre bienveillante invitation d'assister aux fêtes du Jubilé de votre arrivée à Saint-Boniface, dans la nuit du 20 au 2 1 juin i844. J'étais le conducteur de l'humble et courageuse coî aie qui venait planter, sur les bords de la Rivière-Rouge, 1 étendard de la vie religieuse et seconder l'œuvre de l'Apôtre de ces vastes régions M^"" J. N. Provencher, dheureuse et sainte mémoire, en travaillant à la régénération de ces populations par l'éducation chrétienne des jeunes enfants et surtout des jeunes filles.

Il y aura donc 5o ans. le 20 juin au soir, que ce grain de sénevé a été planté dans cette terre où avaient vécu depuis des siècles des peuplades plongées dans les ténèbres de l'infidélité et assises à l'ombre de la mort.

Vous allez constater avec bonheur la bénédiction et l'accroissement qu3 le Seigneur a donné à ce grain de sénevé qui étend aujourd'hui ses rameaux jusque dans les fertiles et lointaines vallées de la Saskatchewan et les glaciales régions du Me Kenzie.

Si je ne puis être présent de corps, pour rendre avec vous de justes actions de grâces au Seigneur d'une si merveilleuse protection sur

votre Institut, j'y serai d'esprit et de cœur et je charge votre Vénérable doyenne, la seule survivante de vos fondatrices, la Sœur Saint-Joseph et la Sœur Gonolly, qui a été le premier fruit de cette fondation, de voua raconter tous les détails, et de vous redire le vif et sincère intérêt que j'y ai toujours porté. Qui sait si le Seigneur ne me réserve pas la consolation d'assister à deux autres jubilés qui auront lieu l'an prochain, l'arrivée des Pères Oblats, et l'Ordination Sacerdotale de votre Illustre Archevêque et Père, qui n'a cessé depuis cette époque d'être l'un de mes plus sincères et véritables amis de cœur et d'esprit.

La nouvelle de la mort de M^"" Taché surprendra donc le lutteur des Trois-Rivières. Il lui semblait bien que le défenseur des Ecoles du Nord-Ouest ne pouvait disparaître avant d'avoir vu la victoire dans la bataille qu'il avait engagée dès longtemps et qu'il endurait si vaillamment au service de son Dieu. Sa douleur est donc d'autant plus grande qu'elle l'atteint sans être attendue, et, dans sa tristesse, il se demande comment ce héros a péri, nécessairement, les armes à la main. Il vole à Saint-Boniface qui lui donne le spectacle grandiose de sa désolation. On le prie de faire l'éloge funèbre de son compagnon des bons et mauv^ais jours, de l'ami de toute une vie d'efforts, de souffrances cordialement partagés et il tire de son cœur meurtri l'oraison funèbre, si émouvante, que nous avons donnée dans ses Œuvres Oratoires.

Pas plus à l'aller qu'au retour M^"^ Laflèche n'a pu encore s'arrêter à Ottawa, et Sœur Marie du Précieux Sang attend la fête patronomyque de son bon et vieil oncle pour lui offrir ses souhaits, tout en s'informant de sa santé.

AP'" Laflèche ne trouve un moment pour lui répondre que le 26 août 1894 et il lui dit :

Ma chère Nièce. — Merci des bons souhaits que tu me fais à l'occasion de la Saint-Louis. C'est la soixante-seizième fois que je la rencontre sur le chemin de la vie, toujours propice et me disant : en avant ' Oui, en avant ! comme le soldat sur le champ de bataille. Il le faut bien, puisque la conquête du royaume de Dieu ne peut se faire qu'à Cette condilion, et qu'il n'y aura que celui qui aura combattu légitimement et persévéré jusqu'à la fin d être couronné. Dans le cours de cette dernière étape, la mort a frappé deux coups qui sont tombés bien près de moi : l'un sur mon vénérable grand vicaire, M^"" Gharlet-Olivier Garon, ami de collège et collaborateur fidèie et assidu dans le champ confié à ma sollicitude ; l'autre sur mon vénérable compagnon d'armes, dans les lointaines missions du Nord- Ouest, M^' Taché.

Ces deux coups sont un avertissement solennel de me préparer au départ, qui ne peut manquer de sonner bientôt, à l'heure qu'il est.

Aussi, je sens les fils de la vie se détacher l'un après l'autre et se briser en sorte que le départ se fera avec d'autant plus de facilité. Pauvre monde ! quand on le connaît tel que je l'ai vu et expérimenté, on lui dit volontiers adieu et on le laisse sans regret.

Ma santé se soutient à merveille, malgré les pesanteurs et les infirmités delà vieillesse qui ne laisse pas de s'avancer toujours graduellement et de nous dire : « J'aurai finalement le deinier mot et je l'emporterai ! » Oui I mais pour nous faire arriver plus sûrement à l'élernelle jeunesse qui ne connaît plus le déclin de la vie ni les déceptions du temps.

A mesure que le vide se fait; en arrière et autour de nous, l'avenir grandit et s'enrichit des conquêtes que l'on peut faire, tous les jours, sur les choses du temps et que la rouille et les voleurs ne pourront plus nous enlever.

IM^*" Taché eut cependant le bonheur d'avoir pour successeur et continuateur de ses œuvres, l'admirable P. ObJat de Marie Immaculée, Adélard Lange vin, recteur de l'Université d'Ottava.

Les Oblats sont les pionniers évangéliques de l'Ouest; rien de ce qui intéressait ces pays nouveaux ne leur restait étranger ou les laissait indifférents. Le nouvel élu connaissait Mê'' Laflèche de vieille date ; tous ses travaux lui étaient familiers. En mettant à son tour les mains aux mancherons de la charrue qui aida ses prédécesseurs à tracer si largement de profonds sillons, sa pensée alla tout naturellement à ceux qui y semèrent le bon grain et d'abord au vétéran des Trois-Rivières, dont il sollicita la bénédiction, les conseils, aussi l'aide qu'il savait généreuse autant qu'inlassable.

Page 1