‹ Voix canadiennesChapitre 31 sur 51 · I. — Vers l'Abîme · texte numérisé non relu

I. — Vers l'Abîme

Léon XII, ont montré par le fait qu'elles étaient les intentions du Saint-Siège ; ils ont rendu à la Compagnie rétablie les œuvres et les Biens de l'ancienne Compagnie. Plusieurs princes catholiques ont suivi leur exemple...

« Du reste, déclarez à Nos Seigneurs les Archevêque et Evêques en mon nom, que pas une obole de l'indemnité espérée ne sera employée rpour une autre fin que pour le hien de l'Eglise du Canada. »

Ces lignes résument admirablement ce qui précède et nous fournit le texte pour ce qui va suivre. Le Père Général indique comme œuvres de la Compagnie, l'Education, le Saint Ministère eit .les Missions auprès des blancs et des sauvages..

•Quels sont ceux qui pourraient le mieux remplir les intentions des donateurs que ceux qui, selon le même institut, sont liés par vœux à travailler pour les mêmes fins que les donateurs avaient en vue ?

L'impossibilité de les remplir, ces intentions, ne pourrait surgir que de deux causes : le manque de personnel ou le manque de ressources. Les hommes n'ont jamais fait défaut à la Compagnie. Si les ressources lui manquent, le remède ne serait pas de lui refuser ce qui a été légué à ses Pères, et de le transférer à ceux qui, quittant leur légitime sphère d'action, viennent s'établir à nos côtés, se livrent au 'même enseignement, et se proposent de dépenser ces mêmes biens, qu'ils réclament, pour donner plus d'éclat à leurs œuvres. Avec le monopole dans la distribution des honneurs académiques, des édifices vastes et somptueux, des ressources illimitées, toute ^concurrence deviendrait impossible. Même ,avee la meilleure réputation pour la solidité de ses études, la piété de ses élèves, et le dévouement sans bornes de s^s professeurs, le 'Collège Sainte-Marie doit nécessairement ïSuecoTnber dans la lutte.

Mais prenant les choses telles qu'elles existent aujourd'hui, est-oe nécessaire d'entrer dans bien des détails sur l'éducation classique, pour s'assurer que les établissements des Jésuites au Canada donnent déjà cette éducation à la grande satisfaction de tout le monde ? Le clergé est le meilleur juge en oes matières et

il en convient du résultat. Les protestants ajoutent leur témoignage peu suspect, lorsqu'il s'agit des Jésuites : « Je dois dire », disait le marquis de Landsdowne, Gouverneur Général du Canada, en s'adressant au Recteur du Collège Sainte-Marie à l'occasion de la séance du 24 février 1887, « je dois dire que de tous les Collèges du pays celui qui a la plus haute réputation, c'est le Collège Sainte-Marie (1). » Ces paroles sont tombées de la bouche d'un homme de lettres formé au sein des anciennes universités d'Europe et parfaitement au courant du sentiment du pays.

Quant à la philosophie, la méthode de la Compagnie est connue. D'ailleurs Son Excellence, le Commissaire Apostolique, Dom Henri Smeulders, a assisté à une séance philosophique au Collège Sainte -Marie et peut en parler avec connaissance de cause. La Compagnie ne néglige aucune occasion pour faire comprendre l'importance de cette étude pour les professions libérales. Aussi les institutions, comme l'Ecole de Médecine et ■de Chirurgie de Montréal, et les membres du Barreau qui nous sont sympathiques, font l'impossible pour la faire adopter comme une des matières nécessaires dans les examens. Pour ce qui est de Laval, dans cette question des études philosophiques, afin de ne point trop allonger ce mémoire, nous renverrons le lecteur à la seconde partie de la « Lavallensis Sucursalis », p. 168. Mais il y aurait bien d'autres faits à signaler.

Quant à l'étude des classiques, le même ouvrage est absolument à consulter (p. 178) si on veut avoir quelque idée du niveau élémentaire requis par l'Université Laval pour atteindre le degré de bachelier es -arts, et de son influence délétère sur tous les Collèges classiques qui lui sont affiliés.

De trois à quatre cents élèves reçoivent une éducation exclusivement classique au Collège des Jésuites à Montréal, et si son influence n'est pas plus étendue, c'est qu'avec l'opposition toujours croissante de la part de Laval, ses ressources limitées ne

(1) Voir tous les journaux de Montréal, du 25: février 1887.

permettent point une extension plus considérable. Avec les Biens des Jésuites et le privilège de conférer des degrés académiques, le nombre de ses élèves augmenterait rapidement. Toutefois, même aujourd'hui, c'est l'élite de la population canadienne qui envoie ses enfants à ses cours. Les familles de la haute magistrature, des ministres, des juges, des sénateurs, des députés au Parlement, et, en général, les familles des membres des professions libérales et de toutes les classes élevées de la société, y sont représentées. Mais, en même temps, l'enfant du pauvre artisan, dès qu'on lui reconnaît la docilité, la vertu et les talents nécessaires, ne se trouve pas exclu. Et cette institution, pendant de longues années, vu la modicité de ses ressources, a fait bien au-delà de sa part pour donner l'éducation nécessaire au jeune et pauvre aspirant au sacerdoce.

Mais qu'avons-nous besoin d'autre témoignage que les paroles mêmes de M. le Recteur de Laval (1) au Père Fleck en 1877 : « Si vous aviez fondé une université et que vous eussiez recouvré les Biens des Jésuites, vous nous auriez simplement ruinés. » Il n'était pas question de ruiner Laval ni son Université à Québec ; ils y auraient prospéré s'ils y étaient restés. Mais ce qui ruinera assurément Laval comme université à Québec, ce sera sa Succursale et son Syndicat Financier de Montréal. Il nous suffit de remarquer ici que M. le Recteur admettait bien, à part cette exagération, que sous la direction des Jésuites, une Université à Montréal serait, en effet, une institution florissante.

Nous en venons à la question des missions. Personne jusqu'ici n'a trouvé à redire à la manière dont la Compagnie s'acquitte de cette tâche difficile. Aussi était-ce là le but principal des donateurs des Biens des Jésuites, qui, dans les premiers temps de la colonie, l'ont vue à l'œuvre, semant le bon grain et l'arrosant copieusement de ses sueurs et de son sang. Tout le littoral septentrional du lac Huron et du lac Supérieur est évangélisé encore par les enfants de Saint- Ignace, et chaque missionnaire de ces

il) Laçallensis Succursales, Pars II, p. 139.

peuplades éparses parcourt tous les ans au-delà de trois cents lieues. Ni les chaleurs de l'été, ni les neiges et la rigueur de l'hiver ne sauraient mettre un obstacle à leur zèle.

Ce n'est pas sur ce terrain que Laval consent à nous suivre ; mais les successeurs de l'Evêque de Québec de 1774 réclament eux aussi les Biens des Jésuites à ce titre de Mission. C'est bien nous, diseat-ils, qui, à l'extinction de la Compagnie dans le pays, avons soutenu ses missions et y avons envoyé des missionnaires. Et, en effet, indépendamment de la Compagnie, qui, après tout, ne remplissait le rôle que d'auxiliaire volontaire, cette obligation leur incomba de tout temps. Pour donner, par conséquent, une couleur d'équité à leur réclamation, ne serait-ce pas à propos, avant de réclamer ces biens, de faire l'offre de ces missions encore aujourd'hui à la Compagnie ? En cela ils ne feraient qu'imiter les Pontifes de Rome. « Pie VII et Léon XII », dit le T. R. P Beckx, dans sa lettre du 18 mars 1874, « ont montré, par le fait, quelles étaient les intentions du Saint-Siège ; ils ont rendu à la Compagnie rétablie les œuvres et les biens de l'ancienne Compagnie. »

Quant à leurs Séminaires, ce n'est pas à ce titre qu'ils peuvent réclamer comme un droit les Biens des Jésuites. Le Gouvernement, en aidant généreusement même les institutions protestantes, se met dans l'impossibilité de faire la sourde oreille à leurs justes réclames. Mais si la somme rendue, à titre de restitution, par le Gouvernement, est assez considérable, et en proportion avec la valeur actuelle des « Biens des Jésuites » confisqués, pour justifier la Compagnie à en faire le partage, sans porter préjudice aux intentions des donateurs qu'elle serait désormais obligée à satisfaire en stricte justice, ce n'est certes pas la Compagnie qui hésiterait un instant à leur porter secours. Si, au contraire, cette somme est déraisonablement petite, il serait, ce nous semble, plus prudent pour la Compagnie de la refuser à titre de restitution. Et en voici la raison. Le public, entendant dire que la Compagnie a été dédommagée de la perte de ses biens, concluera naturellement d'après la connaissance qu'il a de

l'étendue de ses anciennes possessions qu'elle est devenue inopinément opulente. Ge fait seul suffirait pour faire tarir la source de la charité des fidèles et, de ce jour-là, toute aumône cesserait.

Il faut aussi se rappeler que, pendant de longues années, tandis que la Compagnie, de retour, dans le pays, luttait avec la misère, les Séminaires ont joui d'une partie considérable de ce fonds d'éducation formé en grande partie par les biens enlevés à la Compagnie. L'allocation au seul Collège Sainte-Marie pendant près de cinquante ans a été bien minime, diminuant chaque année, et les Pères, rentrant de nouveau sur la scène de leurs anciens travaux apostoliques, où le Maître les avait envoyés sine sacculo, et pera et calceamentis, n'avaient, pas plus que le Fils de l'Homme, où reposer la tête.

S'ils ont pu se livrer avec ardeur aux travaux du saint ministère, c'est que de pieux fidèles, se souvenant encore de ce qu'avaient accompli leurs . anciens Pères, leur ont tendu une main secourable. De pieuses confréries se sont élevées autour d'eux,, et là où la réception des sacrements était comparativement rare, des foules pieuses se pressent aujourd'hui autour de la Table Sainte. Une certaine école leur reproche la sévérité de leurs doctrines, d'autres disent que leur morale est relâché0 ; mais en cela, comme en tout le reste, ils se sont efforcés de suivre fidèlement leur Maître pas à pas. Comme lui, ils veulent bien qu'on les déclare sans pitié pour les doctrines malsaines, maisr comme lui aussi, ils s'efforcent d'avoir des entrailles de miséricorde pour le pécheur repentant.

SECTION TROISIÈME

L'intention des Donateurs des Biens des Jésuites était-elle de venir en aide à l'Education supérieure ?

Comme toutes les autres prétentions de Laval, celle-ci est dénuée de fondement. Nous avons, dans le paragraphe premier de cette partie du mémoire, reproduit une à une les intentions des donateurs. Mais mettant à présent hors de discussion les

termes mêmes de ces donateurs ; l'état du pays, au moment où ces donations ont été faites, exclut péremptoirement toute idée d'Education Supérieure.

Comme question de fait, les Jésuites donnaient une éducation plus qu'élémentaire, mais c'était le développement du pays qui les engageait à agir ainsi et nullement le sens d'une obligation imposée. De temps en temps on a insisté, même auprès des Supérieurs généraux, sur le fait qu'au Collège de Québec le nombre des régents n'était pas suffisant pour faire face aux besoins de l'époque. Mais la réponse était toujours la même.

Prenons, par exemple, ce qui est arrivé en 1670. Aux archives du « Gesù », a Rome, se conserve encore aujourd'hui une lettre du Révérend Père Jérôme Lalemant, résidant alors à Québec. Cette lettre, du 14 septembre de cette année-là, est évidemment écrite en réponse à, quelques renseignements demandés par le Père Général. Après avoir parlé de quelques sujets étrangers à cette question, voici, selon le Père Félix Martin, la substance de ce qui suit :

« Le Collège de Québec d'après le texte de sa fondation est pour le secours et V instruction spirituelle, c'est-à-dire catéchisme, des Canadiens, c'est à dire des sauvages, voilà à quoi on est tenu en justice. Mais peu à peu on a introduit les Français (v. Ducreux)... car aucune autre école. Nous avons donc appris à lire et à écrire, puis un peu de latin à la demande des parents parce qu'il n'y avait pas d'autre collège ; et enfin les cours complets, car sans cela, nous disait-on, à quoi serviraient les commencements faits... Quand l'Evêque arriva, il demanaa, vu l'impossibilité d'avoir des prêtres de France, qu'on enseignât la philosophie et la théologie scholastique et morale... et depuis, cinq ou six ont été formés à la prêtrise... L'Evêque a réuni de douze à quinze élèves au Séminaire... et ils suivent nos classes- outre nos pensionnaires et les externes. Quoique nous ne soyons -pas tenus en justice à enseigner toutes les sciences, comment les abi ndonner ?... en faire revenir des Pères des missions pour enseigner ?

Cette lettre réduit à néant l'assertion que les Biens avaient été donnés à la Compagnie pour quelqu'autre fin que l'instruc-

tion religieuse. Soixante-trois ans plus tard, un autre document la confirme, il est consigné dans les Archives de la Marine de Paris : 1733... (Beauharnois, Gouverneur Général ; Hocquart, Intendant).

Le Gouverneur et l'Intendant présentent une requête au Ministre pour obtenir un troisième régent pour le Collège. Des trois régents qin s'y trouvent, l'un (1) professe alternativement la Philosophie et la Théologie. Si les jeunes gens qui sortent des humanités trouvent le cours de Théologie ouvert, il faut qu'ils attendent deux ans pour leur philosophie, ce qui les dégoûte et ils quittent les études. Les deux régents (2) des basses classes ne peuvent suffire à c^use de la différence de force de leurs élèves. Ils devraient être séparés. Donnez un professeur de philosophie avec 300 lt. et les Jésuites mettront trois professeurs de basse classe à leurs frais. Ils méritent cela pour le soin qu'ils donnent à l'éducation de la jeunesse. Ils entretiennent un frère (3) qui enseigne gratuitement à lire, à écrire et V arithmétique aux enfants de Québec (4), sans qu'il y ait de fondation pour cela. »

Avec un peu plus de recherche nous trouverions probablement d'autres documents de ce genre, mais les deux que nous venons de citer suffisent amplement pour mettre fin, une fois pour toutes, à cette assertion, qui revient si souvent, que les Biens des Jésuites leur étaient donnés pour l'instruction publique.

SECTION QUATRIÈME

Les réclamants pensent-ils que le Saint-Siège pourrait, dans les circonstances actuelles, interpréter, sans les violenter, les intentions des donateurs dans le sens : qu'ils seraient contents de voir ces biens

(1) Le Père François Bertin Guesnier (en 1732).

(2) Les scholastiques Pierre d'Incarville et Jean Baptiste Maurice. Le premier enseignait la Rhétorique et la seconde. Le second enseignait la troisième, quatrième et cinquième (en 1732).

(3) Le Frère coadjuteur Pierre Le Tellier.

(4) Dans la lettre obituaire du Père Guesnier (mort le 18 décembre 1734) écrite en 1735 par le Père Pierre de Lauzon, Supérieur, et conservée aux Archives du « Gesù » à Rome, nous voyons qu'il se chargea « de catéchiser ce qu'on appelle icy la petite « école, qui sont plus de cent petits enfants qui apprennent à lire et à écrire, etc. »

refusés à la Compagnie; comme n'étant pas aussi capable que d'autres institutions de remplir leurs intentions ?

Assurément, si telle est la pensée de ceux qui réclament les Biens de Jésuites « à titre d'intentions des donateurs », ils sont loin de réaliser l'inviolabilité des volontés de ceux qui disposent <le leurs biens en faveur des oeuvres pies. « Voluntates piae disponentium ad unguem sunt servandae, eisque, auctoritate apostolica, non amplius derogatur, quam justa causa exigat » (Acta S. Sedis VI, 420).

« Nés Supremus Pontifex solet conditionibus adjectis in fundatione, utendo sua potestate suprema contrarie, nisi légitimée adsint ac necessarise causae, prœsertim si agatur de jure tertii. (Ibid., XI, 493).

Si les réclamants allèguent que d'autres institutions soient plus capables de remplir les intentions des donateurs, de sorte que la commutation ne serait qu'un changement pour le mieux, ceci ne les avancerait que peu devant les S. Congrégations Romaines ; quand même que cette prétention, toute mal fondée qu'elle soit, serait accréditée. Car la S. Congrégation Concilii Tridentini Interpretum a, le 2 mai 1868, décidé dans un cas analogue, mais de moindre importance, où cette raison a été mise en avant : Servandam omnino esse donatricis dispositionem (Ibid., IV, 38). Au point que les savants modérateurs des Acta, dans leur Index général, 1881, p. 27, ont intitulé le cas : « Donationis in piam causam, in qua inculcatur principium, voluntatem pii donatoris, neque in melius posse mutari. »

Dans les circonstances actuelles, si familières à tout le peuple canadien, ce serait faire injure au Saint-Siège s'ils s'imaginaient pour un moment, que le plus auguste et le plus juste tribunal sur la terre consentirait à détourner, en leur faveur, ces biens de leur but primitif. Les exigences d'une raison péremptoire ne le réclament pas, tout au contraire. Car, la même Compagnie de Jésus (qu'elle ait été ou n'ait pas été supprimée au Canada), existe encore dans ce pays et s'occupe des mêmes œuvres. Or,

ce fut en faveur des personnes et des œuvres de la Compagnie de Jésus que ces donations ont été1 faites. On s'accoutume trop facilement à regarder le bénéfice du pieux legs qui revient aux ■personnes comme un but tout à fait secondaire, et l'œuvre indiquée comme devant être accomplie par leur entremise comme lé but principal '■; puisqu'on suppose qu'il peut être atteint également bien par toute autre classe analogue de personnes. Mais vu l'insistance qu'ont mise les donateurs à réclamer le secours spirituel des prières, etc., de la Compagnie, tant de leur vivant qu'après leur mort, il serait bon d'arrêter l'attention sur cet autre fait qui ressort des termes des divers actes de donation cités plus haut. Il s'agit de l'intention de la part des donateurs d'avoir part aux immenses prières et messes que la Compagnie offre par toute la terre pour ses bienfaiteurs, comme aussi de participer aux mérites des nombreux saints et martyres de la Compagnie, et même de tant de membres dispersés partout, aujourd'hui au nombre de 12.000.

Par conséquent, rendre les biens à tout autre qu'à elle serait un changement d'intention plus que modal. Or, même ce changement ne se fait que lorsqu'il y a un obstacle insurmontable qui empêche l'exécution fidèle de la volonté du pieux testateur : « Modalis legati transformatio, ob urgentia rerum adjuncta facta appellari non potest voluntatis commutatio, sensu juridico accepta : sed potius voluntatis exsecutio prout ihiqua rerum adjuncta patiantur » {Acta S. Sedis, VI, 397). Ces circonstances déplorables ou fâcheuses n'existent pas, et ne pourraient surgir que d'un refus formel du pouvoir civil de restituer ces biens à leurs vrais propriétaires. Combien de temps les dispositions favorables du Gouvernement provincial dureront-elles, nous ne le savons pas. Mais tout nous porte à croire que ce moment propice étant venu, si on le laisse passer, il ne se présentera peut-être plus dans un siècle ; et le monde moderne n'aura pas le spectacle édifiant et peu ordinaire d'un Gouvernement constitutionnel, obtempérant à la voix de la conscience et faisant restitution de biens d'Eglise injustement détenus.

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